Actu Chômage

jeudi
17 mai
  • Connexion
  • Créer un compte
    Enregistrement
    *
    *
    *
    *
    *
    (*) Les champs marqués avec astérisque sont requis.
    Captcha plugin for Joomla from Outsource Online
     
  • Recherche
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil s'informer La revue de presse Salaires, pouvoir d'achat : l'explosion des inégalités

Salaires, pouvoir d'achat : l'explosion des inégalités

Envoyer Imprimer
Le pouvoir d'achat est un sujet de controverse récurrent en France depuis que le passage à l'euro, en 2002, a amplifié l'écart entre ce que disent les chiffres et ce que ressent l'opinion. Le chef de l'Etat en fait une "priorité nationale" et le gouvernement lui consacre, mardi 23 octobre, une conférence sociale.

Les statisticiens de l'INSEE sont formels : le pouvoir d'achat devrait, selon eux, progresser pour la troisième année consécutive : + 1,7% en 2005, + 2,3% en 2006, + 2,8% en 2007. Quant à l'inflation, elle reste historiquement basse malgré une légère remontée en septembre (+ 1,5%). Les ménages ont néanmoins du mal à se convaincre de la sagesse des prix quand ils voient valser les étiquettes de la baguette ou des yaourts. Et ils sont nombreux à penser qu'avec l'euro leur pouvoir d'achat s'est réduit comme une peau de chagrin.

Un net ralentissement depuis 2003. Qu'en est-il vraiment ? Sur une longue période, le pouvoir d'achat des ménages - c'est-à-dire l'ensemble de leurs revenus, net d'impôts et corrigé de la hausse des prix des produits consommés - a eu tendance à augmenter de moins en moins vite. Il a évolué grosso modo au même rythme que la croissance du produit intérieur brut (PIB) : à vive allure entre 1959 et le premier choc pétrolier (+ 5,7% par an), beaucoup plus modérément depuis 1975 (+ 2,1% par an).
Si l'on s'en tient aux dix dernières années, le constat est plus net encore. De 1998 à 2002, relève l'INSEE dans l'édition 2007 de L'Economie française, le pouvoir d'achat a augmenté d'environ 3,4% en moyenne par an, avant de retomber à 1,9% par an entre 2003 et 2006. Autrement dit, les années Jospin ont été plutôt fastes et le quinquennat chiraquien a constitué une période de vaches maigres. Ce ralentissement s'explique par la modération salariale mise en place dans les entreprises à la suite des deux chocs pétroliers et du tournant de la rigueur de 1983, puis des 35 heures, mais aussi par la persistance d'un chômage massif. Conséquence : dans le revenu disponible brut des ménages, le poids des revenus d'activité, salaires en tête, a baissé, passant de 77% à la fin des années 1970 à 70% depuis le début des années 1990.

15,1% de smicards. Au fil du temps, la société s'est "smicardisée". La proportion de salariés rémunérés au niveau du salaire minimum est passée de 8,6% en 1991 à 15,1% en 2006, ce qui constitue un record. A cette date, 27% des travailleurs à temps complet des secteurs privé et semi-public, cantonnés aux emplois bénéficiant à plein des allégements de charges, touchaient moins de 1,3 Smic. En ajoutant à ce stock celui des précaires (intérimaires, CDD, temps partiels), on n'est probablement pas loin du chiffre de 37,8% de salariés percevant moins de 1,3 Smic retenu par l'INSEE en 2002.

42,6% d'augmentation des plus hauts revenus. Cette "smicardisation" du salariat, d'une ampleur inédite en Europe, ne suffit pas toutefois à rendre compte de la réalité de l'évolution des revenus. Un chercheur de l'Ecole d'économie de Paris, Camille Landais, a montré que les hauts revenus avaient très fortement augmenté entre 1998 et 2005, à la différence des revenus moyens et médians. Ainsi, les 3.500 foyers les plus riches de France - sur un total de 35 millions de foyers fiscaux - qui ont déclaré, en 2005, un revenu moyen de 1,88 million d'euros, ont vu leur revenu réel progresser de 42,6% au cours de ces huit années.
Pendant la même période, a établi M. Landais, 90% des foyers fiscaux ont dû se contenter d'une hausse de leur revenu réel de 4,6%. Cette "explosion des inégalités", liée à l'envolée des revenus des capitaux mobiliers et des plus-values boursières mais aussi à celle des très hauts salaires, a nourri dans une partie de la population, à commencer par les classes moyennes, le sentiment d'un déclassement.

75% de dépenses contraintes pour les ménages modestes. Dans le même temps, la part des dépenses contraintes - logement, primes d'assurances, impôts, remboursements de crédit, etc. - est passée de 22% à 45% du budget des ménages entre 1960 et 2006. Et il ne s'agit que d'une moyenne, car ces dépenses absorbent 75% du revenu courant des ménages modestes, ceux-là mêmes qui sont les plus exposés, du fait de leur structure de consommation, aux hausses des prix du tabac, des loyers, du fioul ou des produits de première nécessité.

Conscient de ces difficultés, le gouvernement veut mener à terme la réforme de la loi Galland, qui régit les relations entre la grande distribution et les producteurs, pour obtenir une baisse des prix. Côté salaires, il ne mentionne plus l'idée de conditionner les allègements de charges patronales à une politique salariale dynamique, évoquée par le candidat Sarkozy et réclamée par les syndicats. L'exécutif, qui a fait voter en juillet une baisse historique de la fiscalité au bénéfice des plus riches, s'en tient pour le moment à la détaxation des heures supplémentaires. La CGT lui prête aussi l'intention de vouloir supprimer l'indexation du Smic sur les prix et le pouvoir d'achat du salaire horaire ouvrier.

(Source : Le Monde)

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Mardi, 23 Octobre 2007 16:51 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-10-23 15:56 Une grand messe sans rien de concret, du moins dans l'immédiat, dans le porte-monnaie des Français. Lors d'une conférence à Bercy, le gouvernement a lancé mardi un cycle de travail avec les partenaires sociaux sur le pouvoir d'achat sans annoncer grand chose de neuf.

Concrétisant deux annonces de Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Xavier Bertrand ont confirmé le lancement de concertations sur la révision du mode de fixation du Smic et la "conditionnalité " des allégements de charges des entreprises, qui doivent déboucher au printemps 2008.

Cette conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat, deuxième des trois conférences sociales promises par le chef de l'Etat, portait sur un sujet au cœur de sa campagne et des préoccupations des Français, au moment où les prix du pétrole et de l'agro-alimentaire s'envolent. Le candidat Sarkozy n'a cessé de répéter pendant sa campagne qu’"il y a un problème de pouvoir d'achat".

Christine Lagarde a rappelé la situation "paradoxale" de la France. "Le coût du travail reste élevé" et "le pouvoir d'achat des revenus d'activité stagne", a remarqué la ministre de l'Economie. La locataire de Bercy a attribué cette situation à l'héritage des 35 heures. "S'il y a un problème de pouvoir d'achat, c'est d'abord et avant tout parce qu'il y a un problème d'emploi. C'est une erreur d'avoir cru que l'on pouvait traiter les deux questions séparément", a-t-elle estimé.

Après avoir dressé ce constat, le gouvernement s'est contenté… d'ouvrir des chantiers déjà annoncés par Nicolas Sarkozy dans son discours du 18 septembre devant l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS). Le chef de l'Etat avait annoncé que les entreprises qui n'engageront pas de négociations salariales verront leurs allègements de charges supprimés. Il avait également fait savoir qu'une commission indépendante serait désormais chargée de proposer la hausse annuelle du Smic.

Sur ces deux sujets, le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé que le gouvernement allait soumettre des "scenarii" en décembre au conseil d'orientation pour l'emploi. Un projet de loi sera présenté "au plus tard au printemps 2008" à la commission nationale de la négociation collective (CNNC). Xavier Bertrand a également réaffirmé le souhait du gouvernement qu'il n'y ait "plus de minima de branche en dessous du Smic". Aujourd'hui, 71 branches professionnelle s sur 160 ont un salaire minimum inférieur au Smic, dont 53 pour des questions de calendrier.

Pour remédier à ce problème de calendrier, le ministre du Travail a proposé d'avancer du 1er juillet au 1er janvier la date de revalorisation annuelle du Smic. Ce changement pourrait intervenir au 1er janvier 2009. "Le gouvernement n'a pas vocation à rester inactif sur ces sujets", a assuré M. Bertrand.
Dans l'après-midi, Luc Chatel (Consommation) devait présenter aux partenaires sociaux son projet de loi de réforme des marges arrière de la grande distribution, qui sera présenté la semaine prochaine en conseil des ministres.

A la sortie de la réunion, les syndicats ont déploré l'absence de mesures concrètes. "Le gouvernement, le président de la République ont trouvé les moyens de débloquer cet été 15 milliards de paquet fiscal pour les plus riches (…), mais ils n'ont pas un centime pour les salaires", a déploré Maryse Dumas (CGT). "Les salariés ne peuvent pas se contenter en matière de pouvoir d'achat ou de devoir bosser plus, ou d'attendre que les prix baissent", a dénoncé Jean-Claude Mailly (FO).
Plus mesuré que ses collègues, François Chérèque (CFDT) a cependant jugé "positif" l'ouverture du chantier de la conditionnalité des aides.

(Source : Le Nouvel Obs)
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Votre avis ?

François Hollande a été élu. Pensez-vous...
 

Zoom sur…

 

Chômeurs «fainéants» et «fraudeurs» : la fabrique d'un discours d'Etat

Etienne Penissat, chargé de recherches au CNRS et membre du CERAPS (Université Lille 2), s’intéresse à une catégorie souvent mobilisée par nos gouvernants : celle des chômeurs «fraudeurs» ...

 

Convocation pour «entretien téléphonique» : pas de sanction possible

Zoom sur une pratique qui se répand, source d'angoisse supplémentaire pour les chômeurs. Une dérive du système aux motifs peu avouables que ses victimes peuvent aisément contrer… à leurs frai...

 

En finir avec l’«assistanat», c’est possible !

Ce week-end, le Figaro Magazine remet le couvert et s'acharne contre «la France des assistés». Riposte.

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...