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Virée à cause de son blog

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Catherine est une Britannique vivant et travaillant à Paris depuis plusieurs années. Elle tient depuis longtemps un weblog, "Petite Anglaise", dans lequel elle raconte avec un talent certain sa vie de mère célibataire et d'expatriée à Paris. Seulement ce weblog, qui attire plus de 3.000 lecteurs quotidiens, lui a coûté son travail.

Catherine a effectivement été licenciée par son employeur, la société britannique de comptabilité Dixon Wilson, pour avoir "nui à l'image de sa société" et tenu son blog pendant ses heures de travail. Elle a aussitôt saisi les Prud'hommes.

Car certes, Catherine a relaté sur son blog quelques épisodes de la vie de son entreprise : la soirée de Noël pendant laquelle un employé a commis la maladresse d'ouvrir son "cracker" avant le patron, par exemple. Mais elle n'a jamais donné son nom, celui de Dixon Wilson ou d'un quelconque employé ou dirigeant de l'entreprise, qui reproche à Catherine… d'avoir publié une photo d'elle sur son blog qui permettrait à un client de faire le lien.

"Dooced"

"I was dooced", estime donc Catherine, reprenant un néologisme britannique : être "dooced" c'est avoir été licencié en raison de son blog. Ce verbe est un dérivé de "Dooce", nom d'un weblog de l'américaine Heather B. Armstrong, qui avait été licenciée pour y avoir parlé de son travail. Le blog Dooce.com n'en avait été que plus populaire par la suite.
La même chose est en train d'arriver à Catherine. Son licenciement, d'abord relaté par le Daily Telegraph, a été évoqué par l'ensemble de la presse britannique. En France aussi, les messages de sympathie affluent. Même rédigé en anglais, son blog avait de nombreux lecteurs français, avec parmi eux des blogueurs qui se disent offusqués par la décision de Dixon Wilson.

Sur Cens et Chézine, Tehu estime que cette annonce fait de 2006 "une année grise pour le blog en France. (...) Il faut pourtant que ces auteurs qui relatent à mots couverts leur milieu professionnel continuent à pouvoir publier. Dès qu'on franchit la porte de son bureau, on ne range pas sagement sa vie intime au placard, on n'abdique pas sa personnalité".
Maître Eolas, qui tient le blog Journal d'un avocat, est plus véhément : "Et Dixon Wilson se ridiculisant en virant une de ses employées pour des motifs dont chacun peut constater la futilité en lisant le blog incriminé. Comment se tirer une balle dans le pied, à voir cette réaction impulsive et un rien paniquée face à la découverte que les employés, notamment les femmes, d'une part ont une vie privée en dehors du travail, et d'autre part ont un esprit critique qui s'exerce même au travail".

(Source : TF1/LCI.fr)

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Mis à jour ( Jeudi, 20 Juillet 2006 06:23 )  

Commentaires 

 
0 # Oliviegntchik 2006-07-20 17:35 la petite anglaise virée pour cause de blog ? je n'achète pas.


L'affaire pourrait avoir des relents de Queen of sky.

C'est par un article du Monde que j'ai découvert cette "affaire" qui sent trop la com pour être honnête. Le Telegraph nous livre une photo de la belle, et un texte fortement identique.

La promptitude à soulever l'émotion dans la blogosphère est souvent proportionnel au minois de l'intéressé(e). Les difficultés se vivent mieux en dot com aurais-je même envie de chanter.

Plusieurs éléments font que je n'achète pas cette histoire : d'abord attendre quatre mois pour parler de son licenciement sur son blog après avoir orchestré une campagne de presse du plus bel effet ne provoque pas chez moi une solidarité à tout crin. Je ne peux que lui souhaiter de décrocher un nouvel emploi, si ce n'est déjà fait.

Car sur le fond du dossier je me garderai bien de tout jugement : blogger sur ses histoires amoureuses durant des heures de travail expose il est vrai à de petits tracas lorsque la chose est découverte. Et non, je ne prend pas ses vérités dans ce contexte pour paroles d'évangile.

Il existe une juridiction qui fera toute la lumière sur cette affaire où seront produites toutes les pièces du dossier et pas seulement les déclarations bien tardives d'une prétendue victime. Parfois utile le droit du travail …

Je concluerai en trouvant pour le moins "humoristique" de voir les thuriféraires du CPE/CNE d'il ya quelques semaines et son absence de motivation au licenciement se tourner soudain vers les Prud'hommes plus remontés qu'un Jaurès devant les mineurs de Carmaux. Très blogosphérique en résumé.
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0 # superuser 2006-07-20 23:43
A lire les réflexions de Maître Eolas sur son blog "Journal d'un avocat" : La lettre de licenciement de Petite Anglaise, où l'auteur publie et décortique la pièce centrale du procès et propose à ses lecteurs de se faire leur opinion, ou de partager la sienne…
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0 # Oliviegntchik 2006-07-21 01:27 Le document en question ne modifie en rien mon opinion.
La lettre de licenciement est pour le moins circonstanciée, je ne savais pas que les plaidoiries se faisaient désormais par commentaires sur les blogs et c'est aller pour le moins un peu vite en besogne que de présumer du jugement final.

Je ne retiendrai que la dernière phrase de cette analyse :

Je maintiens ma première impression : si Dixon Wilson a deux grammes de jugeotte, il transigera rapidement pour éviter la crise en matière d'image qu'ils se sont provoqués tout seul et que Petite Anglaise puisse écrire sur son blog "Tout est bien qui finit bien, je me suis réconciliée avec Dixon Wilson et nous nous quittons bons amis, je vous écris depuis mon yacht à Saint-tropez".

Cette solution aurait en effet été de loin la meilleure. Il n'est jamais trop tard qui sait. Au passage cette transaction ne remet pas en cause le licenciement et l'impossibilité pour l'employeur d'entretenir des relations de travail acceptables avec une bloggeuse disons imaginative.

Quant au yatch a st tropez, j'aimerais que l'avocat en question nous donne les montants d'indemnités attribués au prud'hommes dans ce genre de cas.
Tous les dossiers dont j'ai eu la connaissance ne permettaient pas de s'offir le yatch a st tropez, meme pas un zodiac a dunkerque.

A moins que l'aventure débouche sur la vente d'un scénario d'une jolie serie tv dans une boite de consultants britanniques exilés a Paris ou une secretaire nymphomane serait confronté au quotidien a une hierarchie tres "oxbridge", où l'on s'apercevrait au dernier episode que le dit responsable tirait ses substantiels revenus de la gestion de ses sites homosexuels qu'il gerait depuis son bureau :)

On entrerait alors dans le domaine de la fiction, et c'est bien connu , toute ressemblance avec …



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0 # Monolecte 2006-07-22 15:00

L'affaire de la Petite anglaise est un peu l'arbre qui cache la forêt.
Derrière, il y a une véritable atteinte à la liberté d'expression, l'inquiétude des dépositaires du droit de s'exprimer face à l'explosion des expressions. Alors que l'on se gargarise de "transparence" et d'ouverture, le monde de l'entreprise est un monde fermé, cotonneux, d'où rien ne doit filtrer, où le salarié doit laisser ses oripaux de citoyen à l'entrée.

Dans la même veine, il y avait eu la tentative d'intimidation de Bereno, l'auteur de l'excellent carnet d'un inspecteur du travail, lequel a le gros défaut de montrer les coulisses de l'entreprise heureuse et triomphante.

Ces attaques du monde de l'entreprise contre les blogs montrent, s'il le fallait, qu'il existe bien des pratiques en entreprise qui préfèrent l'ombre à la lumière…
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0 # YVES780 2006-08-07 18:50 Je suis d'accord sur le fait que l'objet du "délit" est un peu ridicule.
Cependant, je pense qu'on est obligé de mettre des formes particulières dans ce cas vis-à-vis des personnes qui nous connaissent, connaissent l'existence du blog que l'on tient, et peuvent, régulièrement ou occasionnelleme nt, nous lire, en supplément des précautions légales à prendre vis-à-vis des inconnus.
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0 # politis 2006-07-23 12:49 Autant je suis pour la liberté d'expression, autant cette histoire me laisse pour le moins sceptique.

Le Web offre un formidable espace de liberté d'expression mais cela ne décharge pas le bloggueur de ses responsabilités : s'il commente, voire dénigre son employeur sur un espace d'expression aussi large que le Web, il doit bien se douter qu'il y aura des conséquences à un moment ou à un autre !

C'est un peu facile de déverser sa hargne contre sa boîte sur le Web pendant ses heures de travail et ensuite d'attaquer celle-ci aux Prud'hommes parce qu'elle vous a licencié. Je serais curieuse de savoir si l'entreprise a pu obtenir un droit de réponse aux allégations de cette salariée.

Je ne nie pas les problèmes inhérents à la vie de l'entreprise mais il ne faudrait pas perdre de vue que la liberté d'expression implique d'assumer aussi les conséquences de ses dires. Ca s'appelle le sens des responsabilités et ça se perd, messieurs-dames !
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0 # YVES780 2006-08-07 18:21 Je suis d'accord : quand on tiens un blog public sur le web, on est responsabilité de ce qu'on écrit et on doit donc peser ses mots. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # superuser 2007-03-31 18:33 Les Prud'hommes ont condamné l'ex-employeur de Catherine, licenciée pour avoir tenu un blog dans lequel elle évoquait sa vie privée et son entreprise.

Un an après, la voilà "soulagée et très contente". Catherine Sanderson, alias "Petite anglaise" sur son blog à cause duquel elle avait été licenciée en avril 2006, a gagné son procès. Le conseil des Prud'hommes de Paris a condamné son ex-employeur, le cabinet d'expertise comptable Dixon Wilson, à lui verser près de 44.000 € de dommages-intérêts - l'équivalent d'un an de salaire. Les motifs du jugement seront rendus publics dans une quinzaine de jours. En attendant, l'ex-employeur s'est refusé vendredi à tout commentaire et a un mois pour faire appel.

"J'ai toujours eu l'impression que mon licenciement avait constitué une sanction beaucoup trop rude et clairement les Prud'hommes sont allés dans mon sens", s'est-elle félicitée, tout en reconnaissant qu'elle avait eu tort. Interrogée en juillet par LCI.fr, elle avait expliqué comment son employeur avait "étudié son blog très scrupuleusement " pour pouvoir la licencier de son poste de secrétaire de direction.
La jeune femme de 34 ans écrivait de temps en temps pendant ses heures de travail et se moquait à l'occasion de son chef mais sans le nommer ni mentionner la société sur son blog petiteanglaise.com. Cette célibataire, mère d'une fille de trois ans, y avouait également qu'il lui était arrivé une ou deux fois de donner de faux motifs d'absence à son employeur. L'affaire avait fait grand bruit, notamment dans la presse anglaise. Depuis, Catherine a signé des contrats avec des éditeurs britannique et américain pour écrire des livres autour de son blog.

(Source : TF1/LCI)
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# Violaine 2 Kalligo 2011-05-25 19:59 En effet, on ne peut pas licencier un salarié parce qu'il parle de son travail, tant que ses propos ne sont pas diffamatoires. Or cette secrétaire blogueuse n'est pas non plus une blanche brebis…
Une secrétaire qui, pendant ses heures de travail, se consacre à la rédaction de son blog, commet une faute professionnelle : www.kalligo.com/rh/636-reseaux-sociaux-blogs-salarie-peut-il-tout-ecrire.htm
Par ailleurs, cette secrétaire écrit que, par deux fois, elle a menti à son patron en prétendant qu'elle devait quitter son travail avant le début de l'après-midi pour chercher sa fille, alors qu'en fait elle allait retrouver son amant à l'hôtel.
Son patron a perdu confiance en son assistante… Au lieu d'opter pour une sanction disciplinaire, il a choisi le licenciement pour atteinte à l'image de l'entreprise. Grosse erreur ! Un licenciement qui finalement rapporte à sa secrétaire 40K euros de dédommagement, l'édition d'un livre et le début de la gloire !
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