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CPE : enfin une issue ?

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Alors que la mobilisation n'a pas molli depuis les grandes manifestations du 4 avril, le gouvernement s'apprête à "sceller le sort du CPE" demain matin lors d'une réunion au sommet à l'Elysée, prémices d'une semaine qui s'annonce cruciale dans la crise politique et sociale qui secoue le pays depuis plus de deux mois.

Selon un sondage CSA pour le Parisien publié hier, 86% des Français jugent que le Premier ministre sort "affaibli" de la crise du CPE, et 85% des Français pensent la même chose du président de la République... Egalement, selon un sondage IPSOS réalisé pour LCI, le Figaro et RTL, 57% des Français estiment que le gouvernement et l'UMP sont les "principaux responsables du blocage" sur le CPE et se déclarent solidaires du mouvement de contestation. 56% se déclarent favorables à l'abrogation de ce contrat. Même Valéry Giscard d'Estaing estime que "la désorganisation des institutions a atteint un niveau inconnu depuis le début de la Ve République" !

Lundi à 9 heures, Jacques Chirac recevra donc l'ensemble des responsables "ayant contribué à la mise au point d'une proposition" sur le CPE. Ensuite, Dominique de Villepin "prononcera une allocution" dont il a le secret à 10h30 à Matignon. Puis "la décision sera prise à l'issue de cette réunion", selon l'entourage de Jacques Chirac, visiblement soucieux de reprendre la main sur ce dossier face à Nicolas Sarkozy qui s'est imposé en "sauveur" de la majorité. De source parlementaire, "l'idée est de présenter au plus tôt une décision de sortie de crise afin de pouvoir apporter les éléments d'informations aux syndicalistes avant l'intersyndicale qui doit se tenir à 16h30"... A suivre !

=> Le CPE est remplacé par un dispositif "en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté" : lire en commentaire.

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Mis à jour ( Dimanche, 09 Avril 2006 20:22 )  

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0 # superuser 2006-04-10 15:27 Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont annoncé ce matin le remplacement de l'article de loi créant le contrat première embauche (CPE) par un dispositif "en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté". Une décision immédiatement saluée par les syndicats.

"Sur proposition du Premier ministre et après avoir entendu les Présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le Président de la République a décidé de remplacer l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté", a annoncé l'Elysée.

Quelques minutes plus tard, le Premier ministre déclarait : "J'ai proposé au président de la République, qui l'a accepté, le remplacement de l'article 8 de la loi pour l'égalité des chances par des mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes les plus en difficulté". Il a précisé que "la nouvelle proposition de loi sera présentée dès ce matin".
Il a également admis que "les conditions nécessaires de confiance et de sérénité" n'étaient "réunies ni du côté des jeunes, ni du côté des entreprises pour permettre l'application du contrat première embauche". Il a indiqué dans son allocution qu'il avait voulu "agir vite", en raison de la "situation dramatique" du chômage des jeunes. "J'ai voulu proposer une solution forte, parce que j'ai la conviction qu'au-delà de l'engagement nécessaire de l'Etat, seul un meilleur équilibre entre plus de souplesse pour les entreprises et plus de sécurité pour les salariés nous permettra de rompre avec le chômage dans notre pays", a-t-il expliqué. "Cela n'a pas été compris par tous, je le regrette".

Cette annonce est intervenue au terme d'une réunion au sommet d'à peine une heure à l'Elysée, à laquelle participaient les principaux responsables de ce dossier : outre MM. Chirac et de Villepin, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, favorable au remplacement du CPE, les trois ministres concernés et les présidents des groupes UMP au Parlement, Bernard Accoyer et Josselin de Rohan, qui avaient été chargés de discuter avec les syndicats et organisations étudiantes et lycéennes.

Les organisations anti-CPE avaient donné au gouvernement jusqu'au 17 avril pour l'abrogation pure et simple de ce dispositif qui concerne les jeunes. Les syndicats ont applaudi vigoureusement la décision du gouvernement et de M. Chirac.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré que "l'objectif de retrait du CPE était atteint", même s'il attendait de connaître "le contenu détaillé de la nouvelle proposition de loi".

Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, a salué "le retrait" du CPE comme un "succès" de "l'action convergente des salariés, étudiants et lycéens ainsi que de l'unité syndicale".

Bruno Julliard, président de l'UNEF, syndicat leader de la contestation étudiante, a pour sa part annoncé le maintien de la journée d'action de mardi, tout en estimant que la suppression du CPE constituait une "première victoire déterminante".
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0 # superuser 2006-04-10 16:00 Relevé des réactions syndicales dans l'actualité :

Le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a déclaré : "Nous sommes maintenant en sortie de crise. Le temps est aux négociations. Tout n'est pas réglé pour autant. Il faut une discussion de fond sur les problèmes d'insertion professionnelle des jeunes (…) Il faut aussi que le gouvernement engage des discussions avec les lycéens et les étudiants sur leurs propres revendications. Et je n'oublie pas que la question du CNE reste posée".

Le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri s'est félicité de cette décision, y voyant un succès du mouvement social : "Cela va nous renforcer pour la suite car tout n'est pas fini, au delà du CPE, restent la loi sur l'égalité des chances et l'apprentissage à 14 ans et aussi le CNE, la loi Fillon même. Nous allons mettre tout cela sur la table".

Le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Bruno Julliard a déclaré : "D'autres thèmes, d'autres revendications sont apparues pendant cette mobilisation. Je pense à la suppression du Contrat nouvelle embauche, je pense à d'autres aspects de la loi sur l'égalite des chances. Nous n'avons pas obtenu satisfaction sur ces éléments-là, et les questions restent entières sur ces revendications. Nous souhaitons envisager avec les salariés les conditions d'une poursuite de la mobilisation sur ces revendications-là".

Le président de l'Union nationale lycéenne (UNL) Karl Stoeckel a estimé qu'"il va falloir maintenant parler du CNE puisque du désaveu du CPE découle un désaveu de la politique économique et sociale du gouvernement comme le contrat nouvelle embauche."

La CGT, la CFDT et la CFTC n'ont pas cité clairement le CNE dans leurs propos. Rien non plus de la bouche des politiques, sauf Marie-George Buffet (PCF) qui s'y déclare ouvertement opposée et estime qu"'il faudra continuer à se mobiliser, se battre pour l'emploi stable".

L'intersyndicale des Douze doit toujours se réunir cet après-midi à 16H30. Et les manifestations prévues demain sont pour l'heure maintenues.
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0 # superuser 2006-04-11 15:59 L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé sur Europe 1 que le contrat nouvelles embauches (CNE) allait "nécessairement" être "remis en cause", notamment devant les tribunaux, après l'"échec" de la droite sur le CPE.

Qualifiant de "vrai problème" le CNE, M. Fabius a rappelé que ce contrat destiné aux entreprises de moins de 20 salariés fonctionne suivant "le même principe que le CPE", qui lui s'adressait aux jeunes de moins de 26 ans.

"Ça va déboucher sur des problèmes juridiques", a-t-il assuré. "Lorsque l'affaire viendra devant les tribunaux, les tribunaux ne vont pas accepter que l'on puisse renvoyer les gens sans motif et qu'il y ait une période probatoire de deux ans", les deux caractéristique s du CNE et de l'ex-CPE.

"Nécessairement le CNE va être remis en cause, et ça va encore une fois faire qu'avec ce gouvernement on aura perdu énormément de temps", a-t-il affirmé sans toutefois se prononcer sur une suppression du CNE.

"La droite a échoué", selon M. Fabius. "Le CPE est retiré, tant mieux, quoiqu'il faille rester vigilant sur la loi jusqu'au bout". Les mesures annoncées lundi en remplacement du CPE sont "des rustines", a estimé le responsable socialiste, indiquant qu'"on ne peut pas être contre le fait d'accompagner davantage les jeunes et d'aider".

"Mais pour trouver réellement des solutions au problème de l'emploi des jeunes, il faut d'abord relancer la croissance", a-t-il insisté.
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0 # superuser 2006-04-11 16:09 Voici des déclarations de responsables syndicaux, lors d'une conférence de presse lundi soir à l'issue d'une réunion de l'intersyndicale anti-CPE :

• Maryse Dumas (CGT) : "Il faut que la proposition de loi qui sera déposée demain au Parlement soit adoptée et que la loi soit promulguée. Ensuite nous verrons la question des négociations".

• Gérard Aschieri (FSU) : "Ce qui s'est passé aura été une expérience extraordinaire" qui "va marquer les individus et les organisations et tous ceux qui ont été dans l'action". "J'espère que pour les jeunes ce sera de remarquables travaux pratiques de citoyenneté".

• Kart Stoeckel (UNL) demande "au Premier ministre de clarifier la situation". "Après avoir reconnu ses erreurs sur le CPE, il doit aujourd'hui les reconnaître sur le CNE et sur l'ensemble de la loi sur l'égalité des chances. Je tiens ici à appeler à la libération dans les meilleurs délais de tous les lycéens interpellés".

• Coralie Caron (FIDL) : "On peut voir aujourd'hui qu'avec la victoire sur le CPE, toute la France reprend confiance en son avenir".

• Bruno Julliard (UNEF) : "La bataille commence seulement pour ma génération". L'Unef appelle à "maintenir la pression par tous les moyens d'action décidées en assemblées générales, ce qui peut vouloir dire la poursuite de la grève dans les universités".

• Thierry Lescant (Solidaires) : "La mobilisation est toujours à l'ordre du jour car il nous reste beaucoup de choses à combattre, notamment le CNE, la loi sur l'Egalité des chances avec ses mesures agressives, et la levée des sanctions judiciaires contre les lycéens et étudiants qui se sont investis dans ce mouvement".
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