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Accueil Mobilisations, luttes et solidarités Avec les Casseurs Gilets Jaunes à Paris le 1er décembre

Avec les Casseurs Gilets Jaunes à Paris le 1er décembre

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J'étais avec les Casseurs Gilets Jaunes dans les rues des VIIIe et XVIe arrondissements. Compte-rendu texte et vidéo.

altJ’ai suivi pendant quatre heures les «casseurs Gilets Jaunes» dans les artères des VIIIe et XVIe arrondissements de Paris : Avenue Kléber, au Trocadéro, rue Boissière, Place Victor Hugo, avenue Foch…

Des groupes se sont attaqués au mobilier urbain (principalement des abris bus) et aux vitrines de banques. Ils ont dressé quelques «barricades» à l’aide de matériels de chantiers et de ravalements. Arrivés avenue Foch, ils ont incendié plusieurs véhicules et se sont heurtés aux forces de l'ordre. (Voir la vidéo en bas de page).
 
Ces dégâts jugés inacceptables pour beaucoup, furent néanmoins limités dans cette zone et sur cette période (entre 13h00 et 15h30). Les casseurs étaient pourtant en situation de supériorité, en capacité de dévaster toutes les boutiques (très nombreuses et rutilantes dans ces arrondissements cossus de Paris), les forces de l’ordre étant alors totalement dépassées par les événements, occupées ailleurs… donc absentes. 
 
Les groupes auxquels je me suis joint ont évolué en toute liberté dans les rues commerçantes pendant près de trois heures. Les images saisies sur le parcours témoignent de destructions finalement limitées au regard du nombre de personnes présentes et de leur détermination à en découdre. 
 
Je tiens donc les autorités pour co-responsables des débordements du 1er décembre dans le sens où elles ont dissuadé les manifestants d’accéder aux Champs-Élysées. Toutes les rues adjacentes étaient barrées par des grilles de 3 à 4 mètres de haut. Seuls d’étroits corridors encadrés de CRS et de gendarmes mobiles permettaient aux Gilets Jaunes de pénétrer dans le périmètre. Cet encadrement était forcément dissuasif pour des gens qui souhaitaient manifester leur colère vis-à-vis du pouvoir en place et des forces de l’ordre qui en sont, malgré elles, un symbole. Ils ne pouvaient accepter de se plier à leurs contrôles et fouilles. On peut le comprendre. 
 
Ces Gilets Jaunes refusant d'être parqués n’avaient alors plus qu’à se disperser dans les quartiers alentours et y semer non pas le chaos mais des destructions. Quand les gens ne peuvent manifester en nombre quelque part pour se faire voir et entendre, ils cassent. Que pouvaient-ils faire d’autre ?
 
Par ailleurs, le maintien de l’ordre a été défaillant car des centaines de CRS et gendarmes furent attachés toute la journée aux barrages d’accès qui ne servaient à rien puisque personne ou quasiment ne s’y présentait. Les effectifs mobiles se trouvèrent insuffisants pour encadrer celles et ceux qui commirent des déprédations. Livrés à eux-mêmes pendant des heures dans des quartiers où rivalisent grosses berlines et commerces de luxe, les dégâts auraient pu être considérables. CONSIDÉRABLES ! 
 
Il aurait été plus prudent de laisser les Gilets Jaunes librement manifester sur les Champs-Élysées sans entraver leurs déplacements, et contenir ainsi les casseurs dans un périmètre déterminé, sous surveillance. Samedi 1er décembre, les autorités ont encouragé la diffusion des métastases de violence dans une multitude de quartiers. Je tiens à le souligner une fois encore : La casse aurait pu être plus sévère qu’elle ne l’a été. 
 
Il ne faut pas chercher à encadrer la colère. Mieux vaut y répondre autrement que par des grenades assourdissantes et lacrymogènes. 
 
Texte, Images & Montage : Yves Barraud
 
Si la vidéo ne s'affiche pas, y accéder par ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=ybRWZ7sHV1A&t=4s&frags=pl%2Cwn
 
Mis à jour ( Mercredi, 05 Décembre 2018 16:37 )  

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