Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC), le MNCP (Mouvement National des Chômeurs et Précaires) et l'Agence Nouvelle des Solidarités Actives (ANSA, association créée en janvier 2006 par Martin Hirsch avant qu'il ne devienne Haut commissaire pour Nicolas Sarkozy. Parmi ses membres fondateurs, on trouve aussi… Laurent Wauquiez) ont organisé un colloque «avec le soutien de Pôle Emploi», intitulé :«La participation organisée des demandeurs d’emploi à Pôle Emploi : bilan, enjeux et perspectives»
Ce colloque aura lieu mercredi après-midi à Bercy, au ministère de l'emploi. Nous qui rêvions de visiter ce haut lieu de l'économie française, c'est chose faite : comme nous, nos camarades des associations de défense des chômeurs (AC!, APEIS, MNCP, CGT-Chômeurs…) ont été conviés.
VOIR L'INVITATION... Ça en jette !
Parmi les prestigieux participants, on note Martin Hirsch, Laurent Wauquiez ou Christian Charpy (qu'on ne vous présente plus…), ainsi que le nouveau médiateur national de l'emploi Benoît Genuini (chargé de traiter les réclamations sur le fonctionnement de Pôle Emploi, ça tombe bien !). La crème de la langue de bois sera donc au rendez-vous : tout juste pourra-t-elle, peut-être, se délier lors du cocktail de clôture dont nous ne louperons pas une cacahuète.
Mais, nous direz-vous, c'est quoi, la «participation organisée des demandeurs d’emploi à Pôle Emploi» ? On pense d'abord aux comités de liaison, instaurés par la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 et qui servaient de relais entre les organisations représentatives des usagers du service public de l'emploi et celui-ci. Avec la fusion ANPE/Assedic et l'hydre qui en est sortie, un bilan et une amélioration s'imposent.
Surtout, il y a urgence : dysfonctionnements, paiements en souffrance et évitement, sans compter le nouveau système de traitement des dossiers qui génère de regrettables erreurs, le nouveau système de rapprochement des offres qui multiplie les propositions inadéquates, ou l'odieux 3949. Tout cela s'est fait sans nous, à grands renforts de milliards dont on se demande à qui ils profitent.
Pourtant, d'habitude, quand on se vante de vouloir offrir un meilleur service à ses «clients» — car c'est bien comme cela que l'on veut nous appeler, et c'est bien comme cela que cette «réforme» nous a été vendue — on procède, justement, à une enquête préalable afin de définir au mieux leurs besoins et leurs souhaits. Or ici, rien de tel. Même schéma avec les négociations Unedic où le sort des chômeurs se scelle sans que leurs représentants soient conviés : en fait, ces indésirables restent dehors à manifester sur le trottoir de l'avenue Bosquet sous l'œil vigilant des CRS.
Bref, un privé d'emploi est habituellement traité avec soupçon ou condescendance, et on lui demande juste de subir, d'obéir et se taire. Dans de telles conditions, aggravées par la politique de Nicolas Sarkozy, à quoi peut bien servir un tel colloque puisque tout a été planifié sans nous ?
Une seule façon de le savoir : y aller. Nous y serons, et on vous racontera.
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Commentaires
• La remontée brutale du chômage, conséquence principale de la crise financière majeure que traverse aujourd’hui l’économie mondiale. Cette situation, avec les effets délétères qu’elle risque de provoquer en termes de précarité et d’insécurité sociale, justifie la recherche d’approches et des solutions nouvelles.
• Ce colloque se tient alors qu’en France le service public de l’emploi tente de se moderniser avec, notamment, la création d’un nouvel opérateur public visant à mieux coordonner l’indemnisation du chômage, la recherche d’emploi et l’accès à la formation de l’ensemble des demandeurs d’emploi.
• Dans une dynamique de plus en plus affirmée, dans les diverses politiques publiques, pour prendre en compte le point de vue et l’implication réelle des usagers ou des bénéficiaires.
La création récente de Pôle emploi a été l’occasion d’introduire une innovation pour mieux appréhender les situations individuelles des chômeurs avec la création d’un Médiateur avec ses déclinaisons au niveau régional.
Cette meilleure prise en compte des situations individuelles doit impérativement être complétée par une reconnaissance du rôle qui peut et doit être joué par les associations qui se sont créées depuis de nombreuses années pour regrouper les demandeurs d’emplois, leur permettre de s’exprimer collectivement et participer ainsi effectivement à la définition, à la conduite et à l’évaluation des politiques qui les concernent. Elles pourront ainsi devenir parties prenantes de l’offre de service qui est adopté par le Conseil d’administratio n du nouvel opérateur où sont représentés les partenaires sociaux, les administrations et les collectivités locales.
Il y a plus de dix ans déjà, suite au mouvement des chômeurs de 1997, la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 a instauré des comités de liaison auprès des échelons locaux de l’ANPE qui visent à recueillir le point de vue des demandeurs d’emploi. Ces comités sont composés «de demandeurs d’emploi représentant les organisations syndicales représentatives sur le plan national et des organisations ayant spécifiquement pour objet la défense des intérêts ou l’insertion des personnes privées d’emploi». Malheureusement , le bilan que l’on peut tirer de dix années de fonctionnement de ces comités se révèle aujourd’hui décevant.
L’objet du colloque sera d’en analyser avec précision les raisons, en se référant à l’expérience concrète des acteurs de terrain, en mettant en valeur les «bonnes pratiques» qui ont pu se révéler et en échangeant sur les conditions qui permettraient de les développer de manière optimales, afin de donner de nouvelles perspectives à cette initiative, toujours inscrite dans la loi.
Une telle démarche est à la fois un gage d’efficience pour Pôle emploi mais également une condition éthique permettant de mieux asseoir la démocratie sociale dans notre pays.
Qui mieux, en effet, que les bénéficiaires eux-mêmes peuvent apprécier la qualité et l’efficacité des services offerts ?
N’est-ce pas en mettant sur un même pied d’égalité ceux qui ont la responsabilité de mettre en œuvre cette offre de service et ceux qui l’utilisent, qu’un véritable dialogue peut s’instaurer en vue d’améliorer les conditions de la recherche d’emploi ?
ANSA - Luc Jerabek
MNCP - Bruno Trubert
SNC – Jessica Holc Répondre | Répondre avec citation | Citer
Les chômeurs sont la matière première de l'entreprise Pôle-emploi qui doit livrer ses stocks de "chair à patrons" conditionnés et triés pour aller mener la guerre économique. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Tristesir, j'ai supprimé ton commentaire : tu parlais d'un "petit-déjeuner" qui devait avoir lieu mardi matin à la mutuelle de la RATP 62 (???)… rien à voir avec le sujet !
Pili, tu affirmes que tous les chômeurs peuvent y participer…
En théorie c'est exact, à condition qu'ils soient membres d'une association/organisation œuvrant autour du chômage et de la précarité.
En pratique, non. D'abord, la salle où aura lieu le colloque est petite et on nous a spécifié que le nombre de places est limité. Nous aurions pu annoncer ce colloque à l'avance pour qu'un maximum de gens s'inscrivent avant la date limite, question de bousculer le gratin et foutre un peu le souk dans cette petite sauterie. Mais nous avons renoncé à cette idée afin de respecter la démarche et le travail du MNCP.
Désolée si ça fait happy few mais pas besoin d'être 36.000 : les gens qui seront là pour se confronter à Hirsch, Wauquiez, Charpy ou Genuini et défendre le point de vue des chômeurs sont sincères et tout à fait à la hauteur. Répondre | Répondre avec citation | Citer
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On sera, je pense, une trentaine entre représentants des orgas de chômeurs et précaires (CGT, AC!, APEIS, Apnée, CIP-IdF, Stop Précarité, L'Appel et la pioche, etc) : c'est déjà pas mal. Répondre | Répondre avec citation | Citer