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Accueil s'informer La revue de presse 185 milliards pour l'armée… malgré la crise

185 milliards pour l'armée… malgré la crise

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Une information à garder en mémoire, à l'aune du «Plan Emploi» que Nicolas Sarkozy va présenter demain à Rethel...

Les industriels de l'armement n'ont pas de souci à se faire : la crise financière ne remet pas en cause la mise en œuvre de la Loi de programmation militaire en France, a affirmé le Premier ministre François Fillon.

Selon nos informations, l'Etat devrait leur passer des commandes pour 101 milliards d'euros. C'est en effet la part réservée aux dépenses d'équipement dans la loi relative à la programmation militaire 2009-2014, examinée mercredi prochain en Conseil des ministres avant d'être transmise au Parlement.
L'Elysée a procédé aux derniers arbitrages : Hervé Morin, le ministre de la Défense, disposera de 185 milliards d'euros pour mettre en œuvre ce texte qui fixe la stratégie militaire de la France pour les six prochaines années; 65 milliards d'euros pour couvrir les frais de personnel, une vingtaine de milliards pour les coûts de fonctionnement, et donc une centaine supplémentaire pour renouveler les équipements de l'armée. Pour ce dernier poste de dépenses, Michèle Alliot-Marie avait eu droit à 88,8 milliards d'euros lors de la précédente loi de programmation militaire, votée en 2002.

L'industrie des satellites, qui fournissent de précieuses images au renseignement militaire, est l'une des grandes gagnantes de ce nouveau cru. Le système actuellement utilisé, Helios 2, arrivera à bout de souffle vers 2015. La relève devrait être assurée via un programme appelé "Musis", dont l'appel d'offres n'est pas encore lancé. Ce marché ne devrait toutefois pas échapper à Astrium (EADS) et Thales. Les travaux de conception du satellite sont d'ores et déjà lancés. L'Etat devrait, selon un spécialiste, y consacrer un peu plus d'un milliard d'euros.

Les suppressions de postes confirmées

L'industrie navale n'a pas non plus à se plaindre. Certes, la construction d'un deuxième porte-avions, que Jacques Chirac avait jugée "indispensable", est reportée aux calendes grecques. Mais la commande au groupe DCNS de six sous-marins nucléaires, baptisés "Barracuda", est confirmée. Montant de la facture : 7,9 milliards d'euros.

A l'arrivée, la loi de programmation militaire devrait être proche des propositions contenues dans le Livre blanc sur la défense, rendu public le 17 juin dernier. "Tout le Livre blanc, rien que le Livre blanc", confirme-t-on dans l'entourage d'Hervé Morin. Pour ce faire, la Grande Muette a dû dégager des marges de manœuvre budgétaires. Et donner des gages à Bercy : la suppression en six ans de 54.000 postes sur 326.000, ainsi que le regroupement des personnels dans 90 "bases de défense" et un "Pentagone à la française" à Paris.

(Source : Le Journal du Dimanche)

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Mis à jour ( Lundi, 27 Octobre 2008 21:19 )  

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0 # superuser 2008-10-27 20:30 Une urgence chasse l'autre : après les banques, puis les entreprises, place aux salariés. Demain, à l'occasion d'un déplacement dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy ouvrira la troisième séquence de sa riposte à la crise, consacrée au traitement social de la récession. Le chef de l'Etat devrait annoncer des mesures sur l'emploi et, peut-être, le pouvoir d'achat. Il se sait attendu.

Peu consultés depuis le début de la crise, les syndicats sont montés au créneau la semaine dernière. Avec un message très clair : si les salariés ne sont pas soutenus, leur «inquiétude» et «sentiment d'injustice» (CFDT) tourneront vite à «la colère» (CGT) et à «l'incendie social» (FO). Aujourd'hui, le sentiment général, c'est surtout que «le travailleur va payer pour le spéculateur», déclarait samedi dans Libération le directeur de l'Institut de recherches économiques et sociales Jean-Louis Levet.

Tous les syndicats soulignent ainsi que les salariés restent les grands oubliés et les perdants annoncés de la crise. «On crée les conditions pour qu'ils paient la facture à la fois sur les règles sociales et en qualité de vie», analyse Bernard Thibault (CGT). «On découvre un Nicolas Sarkozy qui a quelques accents étatistes au niveau économique mais qui, socialement, s'inspire beaucoup du thatchérisme», dénonce François Chérèque. Assouplissement des 35 heures, travail le dimanche : pour le leader de la CFDT, «la réglementation qu'on donne aux finances est contrecarrée par une dérèglementatio n sociale».

La tension monte d'autant plus qu'aucune mesure n'est encore venue soutenir le pouvoir d'achat. Au contraire, les salariés voient les parlementaires remettre en cause la prime transport ou les incitations fiscales au développement de l'intéressement… Interloqués par les montants vertigineux débloqués pour voler au secours des banques et des PME, ils attendent à leur tour des gestes forts. FO réclame ainsi un «plan de relance sur la consommation», pivot de la croissance française. «Le partage dans la valeur ajoutée s'est déplacé de 10% au détriment du travail», rappelle Maryse Dumas (CGT).

Mais pour le gouvernement, la priorité est avant tout d'endiguer la remontée du chômage. Chute de l'intérim, plans sociaux, arrêts de production : faute de financement et de perspectives, des employeurs sont contraints de réduire la voilure. A défaut de pouvoir empêcher ces réactions en chaîne, l'exécutif souhaite en limiter l'impact. Relance des contrats aidés, généralisation du contrat de transition professionnelle (CTP), développement de la formation professionnelle : les mesures évoquées jusqu'ici mettent l'accent sur le maintien en activité ou, tout au moins, sur l'aide à un retour le plus rapide possible à l'emploi.

«Ce sont des mesures de type curatif», a réagi Jean-Claude Mailly (FO). «Et ça laisse complètement vierge la nécessité et l'urgence de modifier la politique économique et sociale.»

Le gouvernement souhaite également favoriser les emplois dits «de demain» dans des secteurs en expansion comme les services à la personne, le numérique ou l'environnement. «Si on investit dans la recherche pour les emplois de demain, il faut aussi penser aux emplois d'aujourd'hui», rappelle François Chérèque.

Beaucoup dépendra des négociations en cours sur l'assurance-chômage, la formation et la gestion prévisionnelle des emplois. Le gouvernement tente d'encadrer au maximum les discussions mais les syndicats comptent profiter de la crise pour regagner en poids. «L'unique moyen de faire valoir les intérêts des salariés face à la logique financière est de renforcer le rôle des partenaires sociaux et la place du dialogue social», insiste la CFDT. Plus que jamais, les syndicats arguent de l'urgence de la situation pour pousser le patronat à des gestes envers les salariés. Mais l'argument est à double tranchant et laisse beau jeu aux employeurs de rétorquer que la crise ne fait qu'accentuer leur besoin d'air et limite leurs marges de manœuvre…

(Source : Les Echos)
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