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Accueil s'informer La revue de presse L’UMP n'est pas chienne avec ses niches

L’UMP n'est pas chienne avec ses niches

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Pendant la crise, les cadeaux fiscaux continuent. Jusqu’à semer parfois le malaise au sein de l’Assemblée nationale, qui examine le volet recettes du budget 2009. Alors qu’on s’attendait à voir supprimer certains avantages fiscaux, la majorité UMP a causé la surprise en créant une nouvelle niche fiscale — dont on ignore le coût — lors de la séance de nuit de mercredi à jeudi.

A la manœuvre le député UMP des Hauts-de-Seine, Frédéric Lefebvre, seul signataire d’un amendement octroyant des avantages fiscaux — avec effet rétroactif — aux particuliers et aux entreprises investissant… en Afrique. Un amendement redoutablement complexe que son auteur dit avoir rédigé «avec Bercy». Pour le justifier, Frédéric Lefebvre a mis en avant de nobles causes. Le but est de favoriser l’expansion «du tissu économique des pays en voie de développement et plus particulièrement en Afrique» et booster le «codéveloppement».

Vigilance. Sur les bancs de la gauche, on a surtout vu dans cet amendement, la main «de la Françafrique». «Qu’est-ce qu’il y a derrière tout ça ?» a questionné Dominique Baert (PS). «Cet amendement est une proposition étrange», a commenté Jean-Pierre Brard (PC). Jérôme Cahuzac (PS) s’est interrogé sur la rétroactivité de la mesure et ses bénéficiaires : «Qui a investi ? Combien ? Où ? Qui demande au Parlement de défiscaliser cet investissement ?» Continuant sur sa lancée, il a souligné la «gêne» des ministres Eric Woerth et Christine Lagarde, qui ont donné un «avis favorable» à l’amendement. Il a aussi appelé à la vigilance des députés.

Sur les bancs de l’UMP, personne n’a moufté. Sauf Frédéric Lefebvre, qui a trouvé ces propos «assez choquants». Avant de passer au vote, Didier Migaud, le président (PS) de la commission des finances, a fait observer que l’Assemblée s’apprêtait à créer «une nouvelle niche fiscale» [1]. En vain. L’amendement a été adopté avec les seules voix des députés UMP.

Généreux. Une demi-heure plus tard, nouveau bouillonnement dans l’hémicycle. Le gouvernement propose au vote un amendement, distribué à la hussarde dans les rangs. Il prévoit de porter de 12.000 à 12.400 € le plafond de réduction d’impôt au profit des ménages qui emploient du personnel à domicile. Cerise sur le gâteau : ce plafond sera indexé sur l’évolution du «barème de l’impôt sur le revenu» et «le montant obtenu est arrondi à la centaine d’euros supérieure».

Une première que la gauche a aussitôt dénoncée. Un moindre mal en réalité : cet amendement venait contrer un amendement encore plus généreux présenté par… Frédéric Lefebvre, qui souhaitait, lui, porter le montant du plafond de réduction d’impôt de 12.000 à 15.000 €. Cette fois, même à droite, certains se sont rebellés. Le rapporteur général de la commission des finances Gilles Carrez (UMP) a contré à coup d’arguments affûtés l’amendement Lefebvre, mais aussi celui du gouvernement. Sentant qu’il risquait d’être mis en difficulté par sa propre majorité, Eric Woerth a du coup décidé de repousser l’examen du texte «en seconde partie», lors de l’examen du budget… de l’emploi.

(Source : Libération)

[1] Alors qu'en 2003 on en comptait déjà 418, elles sont maintenant 486 à permettre à des contribuables aisés — si ce n'est millionnaires ! — d'échapper à l'impôt. En 2007, elles ont constitué un manque à gagner de 73 milliards d’€ pour les caisses de l'Etat, soit 27% de ses recettes fiscales nettes et 3,8% de notre PIB. Grâce à Frédéric Lefebvre, qui soutient mordicus que bouclier fiscal profite aux plus modestes, on en comptera donc bientôt 487 !

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Mis à jour ( Dimanche, 26 Octobre 2008 03:27 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-10-27 10:14 C'est un rebondissement inattendu : les députés ont rejeté, jeudi 23 octobre, l'amendement défendu par Didier Migaud, le président (PS) de la commission des finances, qui visait à empêcher les plus hauts revenus de pouvoir cumuler les avantages procurés par certaines niches fiscales et par le bouclier fiscal.

Cet amendement, qui avait obtenu le soutien d'élus de l'UMP lors de son examen en commission des finances, a été rejeté en séance par 45 députés de ce parti. Le Nouveau Centre (NC) s'est abstenu. 18 socialistes et communistes ont voté pour.

Le ministre du budget, Eric Woerth, a reconnu qu'il y avait une "anomalie" dans le calcul du revenu retenu pour appliquer le bouclier fiscal : il s'agit non pas des revenus réels mais du revenu fiscal de référence qui est minoré. M. Woerth s'est engagé à ce que le problème soulevé par cette anomalie soit réglé lors de l'examen de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2009.

Mais du fait de cette décision, il faudra attendre un an de plus pour que les contribuables les plus aisés n'aient plus la possibilité d'avoir, selon le mot d'un élu UMP agacé, "le beurre et l'argent du beurre". Le bouclier fiscal, qui plafonne à 50% la somme des impôts directs et des prélèvements sociaux, pourra donc, la première année, se cumuler avec l'avantage procuré par certaines niches.

Le gouvernement dit avoir pris cette décision pour éviter des problèmes de rétroactivité. Gilles Carrez (UMP), rapporteur général du budget, qui se dit convaincu du bien-fondé de l'amendement Migaud, a également souhaité s'assurer de la cohérence du règlement du problème de justice soulevé par son collègue socialiste avec les mesures de plafonnement individuel et global des niches fiscales.

(Source : Le Monde)
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