Actu Chômage

mercredi
22 novembre
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil

Déficit Unedic : supprimer le 23e mois ?

Envoyer Imprimer
A l'approche des négociations sur l'assurance-chômage, face au déficit abyssal de l'Unedic, le MEDEF avait déjà proposé cet été le retour à la dégressivité. Puis, tout récemment, le CERC (Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale) a suggéré la baisse du plafond maximal des allocations. Hier, le directeur général de l'UNEDIC y a aussi été de son grain de sel en envisageant la suppression pure et simple du 23e mois d'indemnisation des demandeurs d'emploi !

"Passer de 23 mois à 22 mois d'indemnisation serait une source d'économie de 370 millions d'euros" pour l'assurance-chômage, a ainsi affirmé Jean-Pierre Revoil. "Mais pas en 2006", a-t-il précisé, "cette fois-ci, il n'y aurait pas de recalculés !" ha-ha… Alors que les négociations sur la nouvelle convention de l'assurance-chômage doivent s'ouvrir bientôt (sans doute début novembre), l'Unedic a travaillé, à la demande des partenaires sociaux, sur des simulations de réduction de la durée de l'indemnisation "jusqu'à 18 mois", a expliqué M. Revoil.

Il a rappelé que le déficit cumulé de l'Unedic était "voisin de 14 milliards d'euros" (13,6 au 31 décembre 2005), les prévisions de déficit pour l'année 2005 s'élevant à 3,4 milliards. Les partenaires sociaux, qui gèrent l'Unedic, devront résoudre une difficile équation financière pour le réduire : "Il s'agit de savoir si on touche ou pas aux paramètres réglementaires", a dit M. Revoil, évoquant notamment une proposition syndicale de taxe sur les emplois précaires, ou celle du Medef de revenir à la dégressivité des indemnisations supprimée en 2001 en contrepartie du PARE, plan d'aide au retour à l'emploi. Evoquant l'hypothèse avancée par un pré-rapport du CERC qui suggère une baisse des allocations des chômeurs les mieux indemnisés, il a mis en garde : "Plus on baisse le montant d'indemnisation, plus les gens feront appel à des assurances privées complémentaires"... Une non-phrase caractérisée, car si on se demande quels chômeurs pourront s'en offrir une, on peut également supposer que cette manne privée arrangerait bien leurs affaires !

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Samedi, 08 Octobre 2005 19:07 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2005-10-08 18:35 SUPPRIMER LE 23e MOIS => 370 millions d'euros

RÉDUIRE LE PLAFOND MAXIMAL À 1.500€ => 2,75 milliards d'euros

Ces deux mesures cumulées, l'économie réalisée sur une année serait de 3,1 milliards d'euros.

DÉFICIT UNEDIC 2005 => 3,4 milliards d'euros

DÉFICIT CUMULÉ = 14 milliards… A ce régime, en supposant que le chômage diminue, il faudra 5 ans pour rétablir les comptes.

Le retour à l'équilibre des comptes de l'Unedic va se faire sur le dos des chômeurs qui seront - d'une manière ou d'une autre - moins bien indemnisés. Tous semblent oublier que la première cause du déficit de l'Unedic est le taux de chômage inacceptable qui ne fait qu'enfler depuis 3 ans ! (tout comme les profits des entreprises françaises…)

Constatons aussi que les premiers concernés par les négociations de l'assurance-chômage, LES CHÔMEURS, ne sont toujours pas conviés à la table des discussions. L'Unedic, le Medef et les partenaires sociaux ont une curieuse conception du dialogue social et de la démocratie. Ils n'ont visiblement pas retenu la leçon tirée de l'affaire des "Recalculés de l'Assedic" qui a défrayé la chronique sociale en 2003/2004 (rappelons ici que la justice, puis Jean-Louis Borloo, ont donné raison aux dizaines de "courageux" qui avaient porté plainte contre le "recalcul" de leurs indemnités, en réintégrant plus de 800.000 Recalculés dans leurs droits initiaux).

Une fois encore, nous - APNÉE/Actuchomage - déplorons que les chômeurs, les intermittents du travail et leurs représentants, soient exclus des organismes qui gèrent une assurance pour laquelle nous cotisons tous quand nous sommes en activité.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Monolecte 2005-10-10 10:19 La réduction du temps d'indemnisation va se traduire par le basculement accéléré de chômeurs dans des dispositifs type RMI, et ce alors que le temps nécessaire pour trouver un autre emploi (pour ceux qui parviennent à en trouver un autre) s'allonge de plus en plus. Autrement dit, ce sont les Conseils Généraux qui vont être sollicités encore plus, et ça ne va pas leur plaire. Il faut donc inviter des Conseillers Généraux à s'incruster dans ce débat, puisqu'ils seront les payeurs des décisions prises.

Je pense pour ma part qu'on va plutôt s'orienter sur une nouvelle restriction des conditions d'accès, nettement plus efficace en ces temps de précarité et qui se voit moins : demander plus d'heures travaillées pour mettre en place des critères très excluants.

Surtout que l'idée des critères choque moins de monde : "- ha ben non, vous n'avez le droit à rien, il vous manque 80 heures de travail sur les 10 dernières années" et hop, au-revoir les ASS, donc la prime de retour à l'emploi et tout et tout. En plus qu'est-ce que tu veux répondre à ça? C'est totalement arbitraire et personne ne remet en cause les exclusions sur critères restrictifs "Ben oui, qu'est-ce que tu veux, c'est dommage, mais tu n'as pas cotisé assez!" : pourtant, on cotise quand même, même sur les boulots qui n'ouvrent aucuns droits!
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2005-10-13 17:18 Finalement, les négociations démarreront le 8 novembre à 15H30, a annoncé le Medef aux syndicats. Les partenaires sociaux ont jusqu'au 31 décembre 2005 pour définir les nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs pour les trois ans à venir et pour une application dès le 1er janvier 2006.

Une fois de plus, les associations de chômeurs ne sont pas conviées.

Ce sont les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, CGT-FO ) et patronales (MEDEF, UPA, CGPME) qui vont se réunir pour décider du sort des chômeurs. Leur pouvoir d'intervention se joue sur les champs suivants :

- durée d'indemnisation et conditions d'accès
- hauteur des cotisations
- montant des allocations

Plus de détails sur www.inter-emploi.org
Répondre | Répondre avec citation |
 

Votre avis ?

La fin programmée des contrats aidés vous inspire quoi ?
 

Zoom sur…

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Pôle Emploi abandonne enfin la rétroactivité des radiations

A partir du 1er janvier, la décision de radiation prendra effet à compter de la date de sa notification au demandeur d'emploi, et non plus à la date du «manquement». Le décryptage de Recours-Rad...

Soutenir Actuchomage