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La «lente progression» du chômage s’accélère !

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C’est avec ce titre, «La lente progression du chômage», que Le Figaro.fr a commenté les derniers chiffres, ceux de septembre : + 21.600 chômeurs en catégorie A et + 23.300 en catégories B et C. Ce titre symbolise une banalisation répugnante !

Les mois se suivent et se ressemblent pour les chiffres du chômage : Aussi vite publiés, aussi vite enterrés sous des faits divers bien plus "urgents".

Pourtant, chaque mois, c’est l’équivalent d’une ville moyenne française qui est touchée directement ou indirectement par l'augmentation du chômage. Quand on annonce 20.000 nouveaux inscrits à Pôle Emploi en catégorie A, ce sont en réalité 60.000 à 80.000 personnes (conjoints, enfants, parents…) qui sont impactées par le licenciement d’un proche (ou le non renouvellement de son contrat).

Un phénomène anodin que Le Figaro.fr nomme la «lente progression du chômage»...

Grosso modo, cette «lente progression», ce sont 500.000 chômeurs de plus en un an dans la seule catégorie A, soit 25% d’augmentation ! Et entre 1,5 et 2 millions de personnes directement ou indirectement impactées. Et cette «lente progression» sévit aussi dans les autres catégories de demandeurs d’emploi. On peut le mesurer en septembre : +23.300 inscrits en catégories B et C.

Aujourd’hui, plus personne, même au plus haut sommet de l’État, ne conteste que cette «lente progression» va se poursuivre les 9 prochains mois, et sans doute au-delà. Avec 20.000 inscriptions mensuelles dans la SEULE catégorie A, on peut estimer que 200.000 chômeurs supplémentaires viendront grossir les rangs des demandeurs d’emploi d’ici juin 2010, soit 600.000 à 800.000 personnes directement ou indirectement impactées, comme nous l’avons vu plus haut. Une «lente progression» que la CGT, par la voix de son Secrétaire général (lire notre article : «Bernard Thibault, entre colère et impuissance»), évalue à «300.000 destructions d’emploi prévues dans l’industrie à brève échéance», soit 900.000 à 1,2 million de personnes directement ou indirectement impactées.

Ce chômage qui détruit et qui tue

Et les conséquences de tout ça ? Qui s’en soucie en cette période où la souffrance et les suicides au travail font débat ?

Parmi les 12.000 personnes qui, chaque année, mettent fin à leurs jours, combien y sont poussées par le découragement, les conflits familiaux et les problèmes de santé physiques ou psychiques engendrés par le chômage ? Quelques milliers sans doute ! Mais cela ne semble guère susciter l’intérêt des éditorialistes.

Et les conséquences financières de ce désastre, qui s’en préoccupe en cette période où se creusent les déficits ?

Les comptes de la Sécu et de l’Unedic plombés plus encore

Comment l’Unedic va-t-elle faire face à cette «lente progression», à l’indemnisation de ces centaines de milliers de chômeurs supplémentaires, elle qui croule déjà sous le poids d’un déficit abyssal ? Comment la Sécu, privée des cotisations sociales de ces centaines de milliers de salariés licenciés, va-t-elle gérer l’explosion de ses dépenses et la raréfaction de ses recettes ?

Que va-t-il se passer quand ces centaines de milliers de nouveaux chômeurs arriveront en fin de droit et basculeront dans les minima sociaux (RMI, RSA, ASS…), avec à peine de quoi survivre ?

Car, pour enrayer la spirale infernale du chômage, il nous faut atteindre entre 1,5 et 2% de croissance, pour autant qu’elle se traduise par une reprise des embauches (ce qui n’est même pas garanti). Et pour voir le chômage reculer durablement, ce sont 2,5 à 3 points de croissance qu’il faut réaliser. Une perspective inenvisageable dans les 12 mois qui viennent, et même au-delà.

On ne «dégraisse» pas, on détruit les emplois

Nous ne mesurons pas encore les dégâts de la «crise» et ceux de cette «lente progression» du chômage. Ils perdureront d’autant plus longtemps que nous assistons à la casse de l’outil industriel français. Depuis 12 mois, on ne fait pas que «dégraisser» les effectifs, on ferme des usines, on ferme des ateliers, que l’on délocalise parfois discrètement.

Dans l’industrie, ce ne sont pas des emplois qu’on supprime momentanément, mais des postes de travail qu’on détruit définitivement. Une destruction qui s’accompagne de la disparition de métiers, de compétences et de savoir-faire.

La «lente progression» du chômage se traduit par une «progression accélérée» du déclin industriel de la France et du creusement des déficits sociaux. Cette «lente progression» du chômage conduit à la «progression accélérée» de la pénurie d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail…

Et de «lente progression» en «progression lente», la dégradation s’accélère.

Yves Barraud
Mis à jour ( Samedi, 07 Novembre 2009 22:33 )  

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