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Accueil Social, économie et politique Les revalorisations de salaire en temps de crise, c'est possible

Les revalorisations de salaire en temps de crise, c'est possible

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La preuve avec le nouveau patron d'EDF dont la rémunération, par rapport à celle de son prédécesseur, équivaut à une hausse de 45%.

Le gouvernement ne connaît pas la crise : il a désigné Henri Proglio, ex Pdg de Veolia (et proche de Nicolas Sarkozy), pour succéder à Pierre Gadonneix. Et assume son choix.

Quoi de plus naturel ? Pour mener à bien cette nouvelle mission, Henri Proglio a demandé que son niveau de rémunération soit proche de celle qu'il recevait dans ses fonctions précédentes. Alors que Pierre Gadonneix n'a perçu que 1,1 million d’€ en 2008, Henri Proglio, lui, émargeait à 1,6 million chez Veolia : il serait donc impensable de lui infliger un déclassement salarial et une perte de pouvoir d'achat de 500.000 € à l'année.

Si la Commision des rémunérations d'EDF accepte ses conditions, cela équivaudra à une augmention de salaire de 45% pour ce poste. D'ailleurs c'est comme si c'était fait, puisque le ministre de l'Industrie Christian Estrosi et le Premier ministre François Fillon, qui estiment l'exigence d'Henri Proglio tout à fait justifiée, le soutiennent fermement.

Une fois de plus, le fossé se creuse entre les Français et ceux qui les dirigent. Dans la vraie vie, quand vous perdez votre emploi, vous devez faire l'effort d'accepter un salaire inférieur : c'est même stipulé dans la loi sur «les droits et les devoirs des demandeurs d'emploi», au chapitre de l'offre dite «raisonnable». Si vous êtes précaire, votre protection sociale est réduite. Si vous cumulez plusieurs emplois, c'est parce qu'un seul ne vous permet pas de vivre. Si vous êtes à plein temps, vous subissez le sous-effectif et devez jongler avec les moyens qu'on vous donne. A cause de la crise, vous devrez vous passer d'une augmentation de salaire. Si vous avez 40 ans, vous êtes déjà trop vieux. Si vous n'avez pas le profil, on ne vous recrute pas.

Mais à l'Elysée et au gouvernement, il en va autrement : on tient compte de la précarité inhérente à la fonction d'élu, le cumul des mandats est courant, on ne lésine pas sur les moyens et on embauche en offrant de bons salaires, on ne discrimine pas les seniors (bien au contraire), et on donne même une chance à ceux qui n'y connaissent rien en les nommant à des postes de prestige. Bref, l'exact contraire de ce que vit la majorité de nos concitoyens.

Que voulez-vous : ce qui est admis pour certains ne l'est, visiblement, pas pour tout le monde.


Mis à jour ( Mardi, 01 Décembre 2009 11:41 )  

Commentaires 

 
0 # José 2009-11-30 00:43 Aujourd'hui, seulement 850 000 bénéficiaires du TPN.

3 millions de foyer auraient droit au TPN !

Le TPN est payé par tous les consommateurs d'électricité.
Vous qui lisez ces lignes, moi… tous nous payons cette contribution pour que les plus pauvres puissent se chauffer cet hiver.

Alors que le gouvernement continue de pratiquer sa politique de quota et ne cesse de dire qu'il faut du temps pour arriver à ce que le système fonctionne correctement, il soutient fermement l'exigence d'Henri Proglio.

Vous qui lisez ces lignes, moi… tous nous allons payer l'exigence de ce monsieur qui se prétend indispensable. Le gouvernement et Henri Proglio oublient que nos cimetières sont remplis de gens qui eux aussi se croyaient indispensables.

Une hausse de 45%, soit 500 000 euros. Ce n'est pas rien.
4 237 familles composées de 4 personnes pourraient bénéficier de leur droit au TPN ou 7 042 personnes seules.

Au lieu de cela, elles auront froid cet hiver.
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0 # superuser 2010-01-22 15:20 Deux cents fois zéro = zéro

Le Pdg d’EDF, Henri Proglio, qui cumule cette fonction avec celle de président du conseil d’administratio n de Veolia, va percevoir un double salaire : 1,6 million d’euros d’un côté et 450 000 de l’autre, soit plus de 2 millions par an, c’est-à-dire près de 200 fois le Smic.

La justification d’un revenu aussi élevé qui revient en boucle dans la bouche des ministres chargés de faire passer cette pilule auprès des citoyens (Lagarde, Woerth, Estrosi…) et dans celle des commentateurs « voix de leurs maîtres » est qu’il faut attirer et retenir les talents.

Donc, raisonnons. Puisque le talent se mesure par le revenu, Proglio est 200 fois plus talentueux qu’un Smicard. Or le Smicard jouit d’une considération à peu près nulle dans notre société puisque son talent présumé est nul. Le talent de Proglio est donc égal à 200 fois zéro.

Jean-Marie Harribey pour Alternatives Economiques
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