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Accueil s'informer La revue de presse Les seniors en entreprise jusqu'à 70 ans, quelle blague !

Les seniors en entreprise jusqu'à 70 ans, quelle blague !

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Le 1er janvier 2010, les salariés pourront rester en activité jusqu'à 70 ans. En attendant leurs départs, qu'ils soient "volontaires" ou non, s'accélèrent...

Pendant que gouvernement fait la promotion de l'emploi des seniors et que le Medef se félicite de la réforme de la mise à la retraite d'office (MRO, qui porte de 65 ans à 70 ans l'âge à partir duquel cette mesure peut être appliquée par un employeur), des entreprises continuent à utiliser leurs personnels âgés comme une variable d'ajustement prioritaire de leurs effectifs.

Les directions disposent d'une panoplie d'outils, dont la mise à la retraite d'office entre 60 ans et 65 ans. Celle-ci peut encore intervenir si le salarié a suffisamment cotisé pour percevoir une retraite à taux plein, et s'il relève d'une branche ayant signé un accord prévoyant cette mesure. La métallurgie, les assurances, etc… : plus de 120 branches ont signé de tels accords. Les sociétés concernées ont ainsi mis à la porte des bataillons de seniors.

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Un cas concret

Le 31 décembre, à 62 ans, Serge prendra sa retraite. Une retraite bien méritée, mais pas désirée. Cadre supérieur chez XL Insurance (société d'assurance auprès de grandes entreprises, filiale du groupe bermudien XL Capital), il voulait travailler jusqu'à 65 ans. Ayant été victime de graves problèmes de santé et sa fille poursuivant ses études à Montréal (Canada), "ça coûte cher", déplore-t-il.

Mais son employeur en a décidé autrement. D'abord, celui-ci emploie la manière douce. En février 2008, alors que Serge vient d'avoir 60 ans, le directeur des ressources humaines lui demande s'il veut poursuivre son activité. Oui, jusqu'à 65 ans, lui répond Serge. "Mon DRH m'a donné son accord par courriel", affirme-t-il.

Un an plus tard, nouvelle tentative du DRH, même réponse. Alors le DRH change de méthode. Pour lui, il y a urgence à clore ce dossier car, au 1er janvier 2010, l'accord de branche des sociétés d'assurance permettant la mise à la retraite d'office (MRO) d'un salarié ayant suffisamment cotisé (160 trimestres validés) pour bénéficier d'une retraite à taux plein ne sera plus applicable.

A plusieurs reprises, le relevé de carrière est demandé : un document que seul le salarié peut obtenir auprès de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (CNAV). Puis, dans un courriel, il est exigé sous quinze jours. Mais Serge part en vacances...

A son retour, le 12 juin, deux lettres l'attendent : une convocation pour le 17 juin à un entretien préalable à sa MRO; une assignation de son employeur, pour le 10 juillet, devant les Prud'hommes de Paris, afin d'obtenir la communication du relevé. Sous le choc, Serge est mis deux semaines en arrêt maladie. Mais sa société n'en a pas fini avec lui.

"ON NE VEUT PLUS DE TOI"

Un jour, deux policiers débarquent dans mon jardin. "La grille n'est pas fermée, la porte de la maison est ouverte, le chien jappe, il y a tous les signes de la présence d'un mort...", m'ont-ils dit en m'expliquant que mon employeur, inquiet pour ma santé, leur avait demandé de se rendre chez moi. Mais c'était pour me pousser à bout."

Les Prud'hommes, auquel Serge a indiqué qu'il pensait avoir cotisé 160 trimestres, lui ont ordonné de fournir son relevé à son employeur. Le dossier est clos. "Le DRH m'avait prévenu que s'il n'obtenait pas gain de cause, il me licencierait. ”On ne veut plus de toi”, m'avait-il dit. Quelle violence !, lance Serge. En fin de carrière, être traité ainsi, c'est honteux."

XL Insurance n'a pas souhaité faire de commentaires.

(Source : Inventerre)

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Mis à jour ( Jeudi, 03 Septembre 2009 02:38 )  

Commentaires 

 
0 # arnaud.i 2009-12-27 14:44 Il ne faudrait pas qu'il se plaigne Serge ! Car, même en étant harcelé par son DRH, il s'en sort plutôt bien. Il n'y a pas eu mort d'homme…

(A l'intention des pourfendeurs : Bien entendu que je considère cette histoire comme étant grave et symboliquement affligeante, mais il s'agit là seulement d'une petite note d'humour noir…)

Chez moi, dans ma p.tain d'usine de m.rde, (et c'est une histoire vraie que je vais vous conter, malheureusement ) ils n'ont pas été aussi tendres pour se débarrasser d'un sénior indéboulonnable . Ils ont "bricolé" l'escabot sur lequel il avait l'habitude de grimper pour aller chercher les pièces nécessaire à son ouvrages.

Résultat, l'escabot s'est brisé, rupture des ligaments croisés sur un genou, un scaphoïde de fendu au poignet, arrêt maladie et retraite forcée. Boum, au revoir le vieux ! Lui qui courait partout malgré son grand âge et son profil de sportif, il a maintenant du mal à marcher correctement pour aller du lit à la TV.

C'était mon pôte !…
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