Auditionné par la commission des Affaires sociales sur les difficultés de mise en œuvre de la fusion ANPE-Assedic, quinze mois après son vote par l'UMP, M. Charpy a reconnu que le numéro d'appel unique 3949 "avait connu des difficultés", parlant d'une "situation aujourd'hui à peu près stabilisée".
"Il y a des départements pas encore totalement satisfaits et l'Outre-mer a de graves difficultés", a-t-il ajouté. M. Charpy a par ailleurs rappelé qu'il faisait face à "25 à 30% d'inscriptions en plus chaque semaine par rapport à l'année précédente" du fait de la crise.
Evoquant le prix de la communication, "on aura un sujet particulier à traiter et qu'on va traiter prochainement pour les personnes qui ont très peu de ressources, n'ont plus de téléphone mobile et utilisent des cartes prépayées", a-t-il poursuivi. "J'ai l'intention de demander au conseil d'administration, pour ces demandeurs d'emploi, que nous puissions leur fournir des cartes prépayées pour appeler le 3949 sans avoir à acheter des cartes dans les bureaux de tabac."
Téléphoner à Pôle Emploi depuis une ligne fixe France Télécom coûte 11 centimes d'euro quelle que soit la durée. Depuis une ligne fixe type "box", c'est 11 centimes d'euro la minute. Les appels passés depuis un portable reviennent encore plus cher car les minutes de communication sont décomptées du forfait (tarif variable selon l'abonnement) ou de la carte prépayée. Depuis fin avril cependant, l'appel n'est plus surfacturé, 5 minutes au téléphone avec Pôle Emploi coûtant le même prix que 5 minutes de conversation ordinaire.
(Source : L'Expansion)
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Commentaires
Comme il est anormal de devoir payer pour pouvoir accéder à son argent (ceux qui font de l'argent avec tout ont rendu presque incontournable la possession de cartes bancaires), il est aussi anormal de devoir payer pour téléphoner au Pôle-emploi.
Ce numéro surtaxé n'est qu'un prélude à la réalisation des désirs de ceux qui veulent faire de l'argent avec tout. Un prélude à devoir payer pour trouver un emploi… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Pôle Emploi, organisme qui regroupe les ex-Assedic et ANPE, envisage de fournir des cartes téléphoniques prépayées aux demandeurs d'emploi disposant de «très peu de ressources» pour contacter ses services au 3949, son numéro surtaxé. A cette occasion, liberation.fr a demandé à François Carlier, directeur des études à l'UFC-Que choisir, ce que son association de défense des consommateurs pensait de cette pratique de surtaxation des numéros des services publics.
Comment se fait-il que les numéros de téléphone des services publics soient surtaxés ?
A l'UFC, on a étudié cette question quand les entreprises ont commencé à mettre en place ce genre de numéros surtaxés. Et on s'est rendu compte qu'elles ne réalisaient pas de marge particulière, que cette pratique n'existait pas pour faire du profit, mais juste pour couvrir le coût économique lié au travail du centre d'appel. J'imagine que c'est la même chose pour les services publics.
C'est-à-dire que cela ne vous choque pas ?
Si. Pour les entreprises, cela nous choquait déjà parce qu'on pensait que cela devait faisait partie du service après-vente. C'est-à-dire que ces appels de consommateurs devaient être soit gratuits, ou alors à un tarif raisonnable. Parce qu'en plus, comme dans le cas des fournisseurs d'accès Internet (FAI), les gens qui appellent cette ligne attendent très longtemps. Et c'est totalement anormal de payer pour attendre.
Concernant les services publics, cette problématique est encore moins justifiable, non ?
Evidemment. Parce qu'il s'agit souvent de services essentiels aux citoyens qui sont assurés par l'Etat. Il faut que le citoyen ait accès à des infos sans payer une note salée. C'est une entrave à la connaisssance de ses droits. Et c'est encore plus injustifié que par rapport à l'entreprise. Autrement dit, on facture du service civique. Et cela peut dissuader les gens les plus modestes d'appeler.
Cette pratique est-elle en train de se généraliser dans les services publics ?
Là, on parle du Pôle Emploi mais c'est aussi le cas à la CAF, qui travaille avec des populations en grande difficulté financière, comme les RMIstes. Mais cette pratique existe aussi avec certains hôpitaux dans des grandes villes. Pourtant, on n'appelle pas l'hôpital pour son plaisir. D'autres organismes sociaux, comme la HALDE, sont en 08. Pourtant, quelqu'un qui a un souci et va passer une heure à l'expliquer, ça coûte cher. Et donc cela peut le dissuader d'appeler alors qu'il en a besoin.
Comment l'Etat justifie-t-il cela ?
C'est une décision qui se prend établissement par établissement.
Vous voulez dire qu'il n'y a pas de politique globale d'établie par l'Etat ?
Oui et non. Ils voulaient harmoniser tout cela. Eric Woerth, du temps où il était ministre de la Fonction publique, voulait le faire en 2007. Il l'a fait pour tous les services qui dépendaient de sa tutelle. Il y a eu également un rapport de l'inspection des finances qui dénonçait ces pratiques.
Est-ce que l'UFC a déjà engagé des actions contre cette pratique ?
Non, pas pour l'instant. Mais on y réfléchit. On s'est pas mal battus pour la question des hotlines, notamment chez les FAI. Là, on y réfléchit au niveau des pouvoirs publics.
(Source : Libération) Répondre | Répondre avec citation | Citer