Malgré cet excellent bilan comptable, en décembre dernier, à cause de "la crise", il est signifié aux salariés (près de 300 personnes) que la production va être délocalisée en Slovaquie, donc que le site haut-garonnais va fermer et ses salariés goûter aux joies du tout frais et "dysfonctionnant" Pôle Emploi.
Des salariés qui vont progressivement découvrir que, depuis 2004 soit depuis le rachat de leur entreprise par le groupe américain MOLEX, leur savoir-faire a été disséqué, étudié, dupliqué même, afin de l'exploiter et de l’implanter ailleurs, dans un pays (la Slovaquie, donc) où la main d’œuvre est bien meilleur marché qu’en France.
Bref, les gars se sont fait entuber copieux.
Et l’on voudrait qu’ils restent sages et tranquilles ?
Qu’ils encaissent en silence et sans moufter ?
Comment veux-tu que leurs souffrances, leur colère ne s’expriment pas ? Et comment avoir le culot de déclarer la comprendre (la colère) tout en la condamnant (quand elle s’exprime) ?
Ah qu’ils soient en colère, passe encore, mais diantre, en venir à séquestrer un gérant et une DHR, là, c’est trop, c’est inacceptable, mais c’est quoi cette histoire ?
Et pourquoi c’est inacceptable ? M’enfin parce que c’est de la violence, madame !
De la VI-O-LEN-CE !
Et pourquoi pas du terrorisme, non plus ?
De la violence, tu dis ?
Et ce qu’on leur a fait, ce qu’on leur a mis profond dans le cul, c’est quoi ? Un acte de bienveillance, peut-être ?
Quoi qu’il en soit les gars de MOLEX, le 20 avril dernier, ont retenu en leur usine (qui ne leur appartient plus depuis maintenant 5 ans) 26 heures durant le co-gérant de la filiale française du groupe (le célèbre Marcus Kerriou qu’on a vu partout à la télé) et la directrice des ressources humaines (Coline Colboc).
Ils ne les ont pas giflés, fouettés, molestés, pas même violés.
Ils leur ont, en revanche, fourni matelas et nourriture. Puis les ont "libérés" le lendemain soir venu. Le mardi 21 avril 2009 à 21 heures.
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La réunion entre le fabricant américain d'engins de chantier et le comité d'entreprise a tourné court lorsque la direction française a refusé d'aborder en préalable la question du sort des 19 salariés grévistes poursuivis pour entrave au travail. Les représentants syndicaux ont alors décidé de quitter la table des discussions sans aborder la question de l'aménagement du temps de travail demandée par la direction en échange d'une réduction de nombre de licenciés de 733 à 600.
"Compte tenu de l'impossibilité d'obtenir un accord sur l'aménagement du temps de travail, les 733 suppressions de postes annoncées ne pourront être ramenées à 600, ce qui aurait permis de sauver 133 emplois et d'accroître le montant des indemnités versées à chaque personnes concernée par le plan", écrit la direction de Caterpillar dans un communiqué.
La direction de l'entreprise déplore "l'attitude d'obstruction et de blocage" des membres du CE, qui ont refusé de se prononcer sur le plan social d'entreprise ainsi que sur la mise au vote de la proposition de la direction de prolonger la période de volontariat et d'en faire profiter les salariés ayant des dossiers recevables en cours".
Les syndicats paraissaient quant à eux désarmés face à cette annonce de leur direction. "On va voir comment on peut réagir sur le plan juridique", a dit Nicolas Benoit, délégué CGT, qui craint que "pour la direction, cette décision soit ferme et définitive".
"La direction sera la seule responsable de ce plan de licenciement de 733 personnes. En trois mois elle n'a pas fait un seul pas , il n'y a eu aucune avancées", a-t-il regretté.
Le 7 mai dernier, les salariés avaient déjà refusé de valider le protocole d'accord proposé par Caterpillar prévoyant 600 licenciements en échange d'un aménagement du temps de travail. Répondre | Répondre avec citation | Citer
"Les analyses du cabinet Syndex montrent qu'avec un chiffre d'affaires annuel de 32 millions d'euros (contre 42 en 2008), les performances industrielles du site permettent d'assurer l'équilibre économique et le maintien de 260 emplois sur les 282 actuels", dit le communiqué du CE de Molex.
Depuis la fin 2006 et jusqu'en février 2009, le rapport montre, chiffres à l'appui, que "l'usine de Villemur a généré le plus fort taux de résultats parmi l'ensemble des sites de la division auto de Molex".
Le site de Villemur, un des plus rentables
On apprend même dans le rapport que les sites de Kosice en Slovaquie et de Villemur, sont les plus rentables de la division automobile du site. La plupart des déficits est en fait enregistrée aux Etats-Unis.
D'après le CE, la crise économique actuelle pourrait réduire ses résultats de 10 à 15% au maximum. Le cabinet d'analyse Syndex a confirmé la teneur des propos du communiqué.
La direction de Molex dénonce pour sa part la non-prise en compte du "contexte de crise économique grave" par le rapport. Elle estime que pour atteindre les objectifs présentés par celui-ci, "il faudrait une progression de la marge brute de 150% sur 3 ans (…). Or à ce jour le site de Villemur-sur-Tarn enregistre une perte de 3,5 millions d'euros sur les 9 derniers mois." Le texte de la direction "réaffirme (…) la non-viabilité du site de Villemur-sur-Tarn compte tenu des difficultés rencontrées par le Groupe", en conclusion de son communiqué.
Le CE attend que l'Etat fasse pression
Denis Parisse, secrétaire du CE, s'est réjouit de ce rapport qui "conforte" l'ensemble des salariés. Il ajoute que les "raisons invoquées pour la fermeture" ont été "démontées une par une". Le délégué syndical attend que la direction reconnaisse "que cela fait partie d'une stratégie" et qu'elle ne prétende pas que "c'est une question de viabilité économique".
Selon le rapport, 48% de la production de Molex (connectique) arrive dans les usines de PSA (Peugeot-Citroën) et 20% chez Renault.
Le CE espère que l'Etat fera pression sur les constructeurs français pour sauver leur usine. Les salariés de Molex s'étaient fait remarquer le mois dernier en séquestrant pendant 24 heures deux dirigeants de leur entreprise. Ils souhaitaient protester contre la fermeture de leur usine, mais aussi contre la décision de créer une usine identique aux Etats-Unis sans que le CE en ait été informé. La justice doit se prononcer sur un éventuel "délit d'entrave" au CE le 19 mai.
(Source : Le Nouvel Obs) Répondre | Répondre avec citation | Citer