Sont concernées les 3,8 millions de bénéficiaires de minima sociaux : revenu minimum d'insertion (RMI), allocation de parent isolé (API), allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droit, allocation adultes handicapés (AAH), minimum vieillesse... Cette mesure, d'un coût de 760 millions d'euros [à rapprocher des 370 milliards d’€ de prestations sociales versées en 2007 — ndlr d'Actuchomage], anticipe la mise en place, en juin, du revenu de solidarité active (RSA) et représente un complément de ressources ponctuel, après la prime de Noël de 220 € versée fin novembre à 1,5 million d'allocataires.
En dehors de cette disposition nouvelle et ponctuelle, le président de la République a, par ailleurs, repris l'essentiel des annonces et des promesses formulées antérieurement, assorties pour certaines d'entre elles d'un coup d'accélérateur. Le minimum vieillesse, la garantie de ressources des retraités qui ont peu cotisé, sera augmenté de 6,9% en avril. La hausse de cette prestation, qui concerne 600.000 personnes, devrait atteindre 25% en cinq ans d'ici à 2012. Cette mesure, inscrite au budget de la Sécurité sociale de 2009, a toutefois suscité une polémique au Parlement : pour le gouvernement, en effet, elle ne concerne que les personnes seules et non les couples. Autre confirmation d'une promesse de campagne : les pensions de réversion devraient elles aussi bénéficier d'un coup de pouce pour atteindre 60% du Smic dès 2010 au lieu de 2011.
[...] Au vu de ces annonces, le Secours Catholique a relevé que «l’aide alimentaire ne peut en aucun cas servir de politique sociale face à la crise. Ce sont bien l’ensemble des minima sociaux qu’il faut augmenter pour que les plus pauvres puissent subvenir par eux-mêmes à l’ensemble de leurs besoins».
(Source : Le Monde)
ATTENTION : cette «PSA» n'a rien à voir avec la prime de Noël => Lire en commentaire…
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Commentaires
Un cas exemplaire est celui du RMI. (…) Le pouvoir d'achat des RMIstes n'a cessé de décrocher, depuis 1990, par rapport à la richesse économique par habitant et au niveau de vie moyen. Et même par rapport au seuil de pauvreté.
Entre 1990 et 2004, le produit intérieur brut par personne a progressé de 20,1% contre seulement 4,6% pour le pouvoir d'achat du RMI - une divergence spectaculaire. En 1990, le niveau de vie moyen en France représentait environ 3,8 fois celui d'un RMIste. En 2002, ce rapport était passé à 4,2 ; et il a encore progressé depuis cette date.
Le RMI a décroché aussi par rapport au seuil de pauvreté, défini comme la moitié de la "médiane" des revenus. En 1990, le montant du RMI pour une personne seule représentait 70% du seuil de pauvreté. En 2001, il n'en valait plus que 66%. Il est certain que les années 2002 à 2004, pour lesquelles on ne dispose pas encore de données, vont encore creuser l'écart. Dernier chiffre : en 1990, le RMI mensuel équivalait à 67 Smics horaires brut. En 2004, ce chiffre n'est plus que de 50. Comparé au Smic, le RMI a perdu 25% de sa valeur !
Les salariés et les retraités ont pour eux des organisations syndicales disposant de pouvoirs reconnus de grève et de négociation, et qui les défendent lorsque le patronat et le gouvernement refusent de "partager les fruits de la croissance". Les plus pauvres, eux, n'ont rien de tout cela, en dehors de réseaux associatifs qui s'efforcent, avec des moyens limités, de faire connaître leur situation et leurs exigences de dignité.
Les revalorisations annuelles des minima sociaux sont décidées par des gouvernements qui, au cours de cette période, ont été obsédés, d'une part, par la baisse des prélèvements obligatoires et, d'autre part, par la crainte non fondée que le RMI n'incite les pauvres à la paresse (la "désincitation" au travail). La dégradation continue du pouvoir d'achat du RMI s'est produite sur un fond idéologique de culpabilisation des pauvres, qu'il fallait remettre au travail en leur montrant que celui-ci "paie". Cela devait réduire le chômage. Or, en contradiction complète avec ce raisonnement, le chômage a progressé alors que l'écart s'est nettement creusé entre RMI et bas salaires.
Enfin, puisqu'il est beaucoup question de relancer la consommation des ménages (le "moral des ménages") au nom de la croissance et de l'emploi, rappelons une évidence : contrairement aux 10% des ménages les plus riches qui épargnent 40% de leur revenu, les pauvres le dépensent en totalité. Ils sont les meilleurs acteurs d'une relance de la consommation !
La "cohésion sociale" est partout invoquée. Un ministère lui [fut] même consacré. Sa première priorité ne devrait-elle pas consister à éviter que le pouvoir d'achat des plus pauvres ne décroche par rapport au niveau de vie moyen ? Augmenter fortement les minima sociaux, c'est bon pour l'emploi, c'est une exigence morale et c'est, aujourd'hui, une urgence sociale.
Jean GADREY pour Le Monde du 23/03/05 Répondre | Répondre avec citation | Citer
Elle concernera les personnes qui "remplissent les conditions de ressources des différentes aides au logement", qui perçoivent "un revenu équivalent au SMIC ou légèrement supérieur" pour une personne seule, "jusqu'à deux SMIC pour un couple avec deux enfants, ou trois SMIC pour un couple avec quatre enfants". D'un montant de "200 euros", soit "l'équivalent de deux mois de RSA" (c'est donc bcp moins que la prime de retour à l'emploi actuelle, qui est de 150 € par mois pour une personne seule ayant repris un travail), elle sera également attribuée aux "allocataires du RMI" et de "minima sociaux", a précisé le Haut commissaire.
Lèche-cul en diable, il a déclaré : "Au total, sur l'année 2009, nous injecterons 800 millions d'euros pour cette prime, auxquels s'ajoute 1,5 milliard d'euros pour le RSA. Face à la crise, ce sont 2,3 milliards d'euros qui sont redistribués aux 25% des Français les plus modestes. La France est l'un des rares pays à le faire"…
Quant à la suppression de la demi-part fiscale à un parent ayant élevé seul(e) son/ses enfant(s), M. Hirsch n'est pas contre. Il estime simplement que "la question est de savoir si cet argent est bien utilisé"… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Attention, on ne rase pas gratis : le décret du 19 décembre 2008 qui crée la prime de solidarité active (PSA) comporte des clauses restrictives qu'il vaut mieux connaître…
LIRE ICI… Répondre | Répondre avec citation | Citer