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7 millions de travailleurs pauvres

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En 2005, plus de 7 millions de salariés percevaient un salaire inférieur à 722 € par mois et se trouvaient dans l’incapacité de se nourrir, de se loger ou de s’habiller décemment de même que leur famille.

Plus de 12 millions ont moins de 843 € de revenu mensuel. Plus de trois sans domicile fixe sur dix ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1.300 €, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 € par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90% des familles monoparentales...

Bienvenue dans le monde des travailleurs pauvres ! Alors que jamais le pays n’a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 - la précarité s’est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l’intérim a augmenté de 130%, le nombre de CDD de 60%, les CDI de seulement 2%. Plus d’un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 400.000 de l’allocation solidarité.

Cela n’arrive qu’aux autres ? Erreur ! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du "Peuple d’en bas" de Jack London ou de "Dans la dèche à Paris et à Londres" de George Orwell, Jacques Cotta a rencontré des personnes qui le savent bien : André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n’aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu’ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.

Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n’en parlent que rarement. Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des «SDF», sans autre précision. Puis l’information est reléguée au second plan.
Le thème sera sans doute au cœur des débats dans la perspective des élections de 2007. L’occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l’ambition...

Journaliste, Jacques Cotta a collaboré à Radio France, à divers supports de presse écrite ainsi qu’à plusieurs émissions de télévision (Droit de réponse, Envoyé spécial...). Réalisateur de nombreux films d’investigation, dont "Front national : la nébuleuse" récompensé par un 7 d’Or, il est actuellement en charge de la série de documentaires Dans le secret de... sur France 2.

Jacques COTTA, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes - Arthème Fayard (2006) - 19 €

=> A lire l'interview de Jacques COTTA pour Actuchomage...
Mis à jour ( Jeudi, 06 Août 2009 14:57 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2006-10-14 18:37 Bains-douches municipaux : + 200% de fréquentation

C'est un signe, discret mais réel, de la pauvreté galopante : 900.000 personnes ont franchi la porte des bains-douches municipaux parisiens en 2004 contre 300.000 en 1999.
Le public qui a utilisé les 19 établissements de la capitale a donc été multiplié par trois, une augmentation fulgurante qui déjoue tous les pronostics. Les plus optimistes prévoyaient en effet que la généralisation des salles de bains dans les appartements provoquerait une baisse régulière et durable de leur fréquentation. C'était faire fi de la réalité sociale et de la pauvreté qui atteint des couches de plus en plus importantes dans des milieux jusque là épargnés, loin des cités, en plein cœur des centres prestigieux des grandes villes.
Certes, on recense à Paris 6% de logements non équipés d'eau courante. Mais la population qui fréquente les bains-douches est hétérogène, même si elle se compose essentiellement de mal-logés, de travailleurs pauvres et de sans domicile. Par exemple l'établissement du VIIIe arrondissement, dans la rue du Rocher - quartier chic à côté de la gare St Lazare - reçoit chaque semaine plus de 1.200 personnes (dont quelques bourgeois radins qui profitent de la gratuité). Certains usagers viennent aussi de banlieue : La Garenne-Colombes ou Neuilly-sur-Seine, car dans ces communes les douches municipales ont été fermées et, surtout, les logements sociaux ne sont pas une priorité…
D'autres constats - aussi étonnants que désastreux - à découvrir dans le livre de Jacques COTTA, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes.
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0 # superuser 2006-10-26 22:41 Les sans-domicile "ne constituent pas un monde coupé de la société" et près d'un tiers ont un travail, majoritairement comme ouvrier ou employé sans qualification, selon une enquête de l'INSEE rendue publique jeudi.

Cette vaste enquête sur les sans-domicile fait aussi ressortir que 800.000 personnes ont dû séjourner au moins une fois dans la rue ou dans un centre.

Dans la préface de cet ouvrage, Marie-Thérèse Join-Lambert, ancienne présidente de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale, note que les "sans-domicile ne constituent pas un monde coupé de la société" et que "près du tiers ont un travail (plus dans l'agglomération parisienne) majoritairement comme ouvrier et employé sans qualification".

Elle note aussi que la population des sans-domicile est plutôt masculine et jeune. On y compte quatre fois plus d'étrangers que dans le reste de la population, dont un dizième de non-francophones, près d'un tiers de jeunes adultes de 18 à 29 ans (un quart dans l'ensemble de la population), des femmes jeunes (égalité hommes-femmes chez les 18-24 ans) et des personnes accompagnées d'un ou plusieurs enfants (un quart).)

L'enquête a été effectuée en janvier 2001 auprès de 4.000 personnes francophones de 18 ans et plus fréquentant les services d'hébergement ou de distribution de repas chauds dans 80 agglomérations.

La définition retenue pour les sans-domicile est que la personne ait, la nuit précédente, eu recours à un service d'hébergement ou ait dormi dans un lieu non prévu pour l'habitation, ce qui représente un groupe plus large que les seuls sans abri.
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