Le taux de chômage de la zone euro a atteint 10,9% en mars, indique ce mercredi l'institut officiel des statistiques européennes Eurostat. Ce chiffre marque une hausse de 0,1 point (soit 169.000 personnes) par rapport au mois précédent. Sur un an, le taux de chômage a également augmenté d'un point, puisqu'il était de 9,9% en mars 2011. Ce sont ainsi quelque 17,365 millions d'actifs qui sont sans emploi dans la zone euro.
"Compte tenu des enquêtes sur les intentions d'embauche, tout semble indiquer que le chômage va continuer de grimper dans les mois prochains et il ne devrait pas attendre longtemps avant de dépasser les 11%", indique Martin Van Vliet, économiste pour la banque ING, qui n'exclut pas un pic à 11,5%.
Dans l'Union européenne à 27, le taux de chômage s'affiche à 10,2% en mars, stable par rapport à février et en hausse de 0,8 point par rapport à mars 2011. Au total, Eurostat estime à 24,772 millions le nombre d'hommes et de femmes au chômage dans l'UE.
L'Espagne et la Grèce restent lanternes rouges
Parmi les États membres, les bons élèves restent l'Autriche, le Luxembourg et l'Allemagne qui affichent des taux respectifs de 4%, 5,2% et 5,6%. Aux Pays-Bas, malgré la crise politique, le taux de chômage reste faible à 5,2%. La France se trouve dans une position médiane avec un taux de chômage estimé de 10%.
En revanche l'Espagne et la Grèce, dont les économies ne cessent de s'enfoncer, affichent des taux édifiants de 24,1% en mars pour le premier, et 21,7% en janvier pour le second. "Les taux de chômage exceptionnellement élevés dans l'Europe du Sud sont en partie liés à des facteurs structurels, mais ils illustrent aussi les sacrifices infligés à court terme par les plans de rigueur", développe l'analyste d'ING.
Dans l'UE27, sur un an, l'évolution n'a pas été la même partout puisque 8 États membres ont vu leur emploi s'améliorer quand, pour 19 États, la situation s'est détériorée. Sans surprise, ce sont encore la Grèce et l'Espagne qui ont accusé les plus fortes hausses, gagnant chacune environ 7 points. Les améliorations les plus sensibles ont été, en revanche, notées en Lettonie, Lituanie et Estonie : les pays baltes ont vu leurs taux de chômage chuter de 3 points en moyenne entre les quatrièmes trimestres 2010 et 2011, pour atteindre tout de même respectivement 14,6, 14,3 et 11,7%.
(Source : La Tribune)
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De 202 millions en 2012, le nombre de chômeurs devrait croître à 210 millions en 2016, selon l'OIT. L'organisation genevoise déplore des stratégies politiques qui se sont détournées de l'emploi pour «se concentrer sur la réduction des déficits budgétaires à tout prix».
Si l'économie mondiale poursuit dans la voie actuelle en matière d'emploi et de réforme du marché du travail, elle va dans le mur. Telle est en substance la conclusion, alarmiste, du rapport annuel de l'Organisation internationale du travail publié dimanche soir. «Il est peu probable que l'économie mondiale croisse à un rythme suffisant ces deux prochaines années pour, simultanément, combler le déficit d'emplois actuel [50 millions] et fournir du travail à plus de 80 millions de personnes qui devraient arriver sur le marché du travail au cours de la même période», affirme le rapport. Si on ajoute à cela que plus de 40% des demandeurs d'emploi des économies avancées sont au chômage depuis un an ou plus et que le travail à temps partiel contraint s'est accru dans deux tiers des pays émergents et en développement, on comprend le diagnostic peu réjouissant de l'OIT.
Les signes de reprise économique dans certaines régions donnent-ils des raisons d'être optimiste ? La réponse de l'OIT est cinglante : «La situation mondiale de l'emploi est extrêmement inquiétante et ne laisse entrevoir aucun redressement dans un avenir proche». Le nombre de demandeurs d'emploi, de 202 millions cette année, devrait croître à 210 millions en 2016.
«Changer d'approche»
L'organisation genevoise dénonce un «piège de l'austérité qui est en train de se refermer». Car, selon elle, «depuis 2010 et malgré les déclarations favorables à l'emploi […], la stratégie politique s'est détournée de la création d'emplois et de l'amélioration des conditions de travail pour se concentrer sur la réduction des déficits budgétaires à tout prix». Or, «l'austérité s'est traduite par une faible croissance économique, une volatilité accrue et une détérioration des bilans des banques qui débouche sur une contraction supplémentaire du crédit, une baisse de l'investissement et, par conséquent, de nouvelles pertes d'emploi».
Pour échapper à ce «piège», l'OIT suggère de «changer d'approche». En augmentant les salaires au même rythme que la productivité. En envisageant «une hausse mesurée et coordonnée du salaire minimum». Ou en suivant l'exemple du Brésil, de l'Indonésie et de l'Uruguay qui ont réussi à augmenter le taux d'emploi tout en faisant reculer le travail informel.
A défaut, l'OIT prédit une détérioration du climat social. Dans 57 des 106 pays étudiés, les troubles sociaux se sont d'ailleurs déjà accrus entre 2010 et 2011. Afrique subsaharienne, Moyen-Orient et Afrique du Nord en tête, mais les pays développés ne sont pas épargnés.
www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202035727711-emploi-l-oit-blame-le-piege-de-l-austerite-318479.php Répondre | Répondre avec citation | Citer