Les demandeurs d'emploi sont de moins en moins nombreux à entrer en formation. C'est ce qu'indique une note de la Dares (ministère du Travail) publiée le 21 juillet 2011. Au total, 576.000 entrées en formation de demandeurs d'emploi ont été enregistrées en 2009, soit 5% de moins qu'en 2008. Une baisse qui s'inscrit dans une forte augmentation du chômage, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B ou C inscrits à Pôle emploi en France métropolitaine ayant augmenté de 18% entre fin 2008 et fin 2009.
Le gouvernement a pourtant misé fortement sur la formation et la reconversion professionnelle pour contrer les effets de la crise et la montée du chômage, mais les moyens investis, notamment dans le cadre du Fonds d'investissement social (Fiso) créé en février 2009 "se sont surtout déployés en direction des salariés menacés de licenciement (formation des salariés en activité partielle et des salariés peu qualifiés, extension du contrat de transition professionnelle, hausse des moyens alloués au FNE-Formation…)", détaille la note du ministère. Au final, 8% seulement des demandeurs d'emploi étaient en formation en 2009.
Un net désengagement de l'Etat
Côté financement, ce sont les régions qui sont au premier plan. Conséquence de la décentralisation en matière de formation professionnelle, elles ont ainsi financé 62% des coûts pédagogiques, "soit une part en nette progression depuis 2004", précise la note.
Les régions financent davantage des formations en direction des jeunes. 51% des 355.000 stages qu'elles financent ont ainsi bénéficié à des jeunes de moins de 26 ans, contre 44% de l'ensemble des stages.
Pôle Emploi, deuxième financeur, a contribué à hauteur de 15% au financement des coûts pédagogiques des formations débutées en 2009 tandis que l'Etat, qui poursuit son repli, y a participé à hauteur de 12%, contre 36% en 2004.
(Source : Localtis.info)
NDLR : Les demandeurs d'emploi en stage, en formation ou en convention de reclassement figurent dans la catégorie D de Pôle Emploi. Or, à l'heure actuelle, les effectifs de celle-ci ne cessent de baisser (-8% en glissement annuel, selon la dernière note de la Dares/Pôle Emploi) malgré le «plan sans précédent pour l'emploi» annoncé en grande pompe par Nicolas Sarkozy sur TF1 en février dernier… où il promettait, notamment, des «formations qualifiantes». Pour rappel, les chômeurs "seniors" (plus d'un million avec les "dispensés de recherche") et de longue durée (2,2 millions) constituent aujourd'hui plus de la moitié des inscrits à Pôle Emploi.
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Commentaires
Hey, faudraient qu'ils commencent à comprendre que malheureusement les écoles sont de plus en plus privées ou semi-privées et donc chères ! C'est une reconversion qui me semblait acceptable et un investissement cohérent avec de fortes chances d'aboutir!! Cela leur coûtera plus cher en maintenant mon RSA des années…pffff
Bye bye l'accès aux formations en énergies renouvelables !
Qui pense encore que la mer contient nos créations futures ?! :( Répondre | Répondre avec citation | Citer
Pour infos, il faut savoir que pour son "éventuelle future retraite" l'on ne cotise en formation que sur une base forfaitaire horaire. Son montant est tellement faible qu'il ne permet de valider qu'un trimestre par an contre 4 trimestres/an si l'on est demandeur d'emploi bénéficiaire de l'ARE ou de l'ASS. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Le risque avec l'obligation pour le chômeur d'accepter que le PPAE soit "adapté" de 3 mois en 3 mois, n'est-il pas que les formations disparaissent des PPAE ? Resterait comme "adaptabilité" celle des salaires …
Les statistiques sur les chômeurs seniors peuvent difficilement être une surprise pour qui est rationnel, non ? Répondre | Répondre avec citation | Citer
C'est une mesure d'économie qui aurait pu être annoncée mercredi… si elle n'avait déjà été programmée. L'Etat a décidé d'amputer de 300 millions d'euros le budget du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) pour 2012. La disposition a été annoncée aux partenaires sociaux en début d'été.
Cette ponction, qu'on «ne confirme ni n'infirme» dans l'entourage du ministre du Travail, ne sera pas une première. Le même scénario s'est déjà produit il y a un an pour le budget de 2011 du FPSPP.
A l'époque, la mobilisation d'«une partie des excédents du fonds, résultant d'une montée de ses dépenses modérée pour sa première année de fonctionnement» pour financer des dépenses de l'Etat «dans le domaine de la formation professionnelle », avait été annoncée dans le document d'orientation budgétaire, suscitant une violente réaction du patronat et des syndicats, sans résultat. Sur cette première ponction ont été programmés au début de cette année le versement de 124 millions d'euros à Pôle Emploi pour prendre en charge une partie des mesures pour l'alternance, l'affectation de 50 millions d'euros à l'Afpa; enfin, 126 millions d'euros devaient financer la rémunération des chômeurs en formation ayant épuisé leurs droits à l'assurance-chômage, jusque-là assumée par l'Etat.
L'Etat bafoue la loi… en douceur
Cette fois-ci, la méthode choisie est plus douce : aucune trace du prélèvement de 2012 dans le document d'orientation budgétaire publié en juillet. Il aurait été dit aux partenaires sociaux que l'idée était d'en arrêter les modalités dans la concertation. Il est peu probable que cela suffise à calmer les esprits alors que, pour la seconde fois en trois ans d'existence du FPSPP, la précaution prise par la loi de 2009 transposant l'accord paritaire et qui interdit à l'Etat de ponctionner les excédents de trésorerie, ne sera pas respectée.
Au-delà des protestations d'usage que la ponction va provoquer, c'est l'existence même du FPSPP, créé par l'accord signé entre le patronat et tous les syndicats sur la formation professionnelle en janvier 2009, qui risque d'être en jeu. L'idée qui a prévalu à la création du fonds était de mutualiser une partie de l'argent collecté par les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés) pour développer la formation des chômeurs et des salariés les moins qualifiés. La loi prévoit que patronat et syndicats décident chaque année d'y affecter entre 5% et 13% des fonds collectés par les OPCA.
La première année, en 2010, la contribution a été fixée au maximum, apportant au total 830 millions d'euros, l'Etat y investissant 230 millions d'euros. Mais, en réponse à la première ponction des pouvoirs publics, le patronat a exigé de limiter la contribution des partenaires sociaux à 10% pour 2011, soit 650 millions d'euros environ. Ce taux pourrait encore être réduit l'année prochaine.
www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201581673739-nouvelle-ponction-de-300-millions-d-euros-sur-les-fonds-de-la-formation-208989.php Répondre | Répondre avec citation | Citer