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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Monsieur Charpy, vous êtes viré !

Monsieur Charpy, vous êtes viré !

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Un communiqué de SUD-Anpe du 7 avril 2006 : CHARPY, UN AN ÇA SUFFIT !

Monsieur Christian CHARPY,

Nous sommes au regret de vous annoncer que suite à notre entretien du jeudi 30 mars dernier, nous ne renouvelons pas votre période d’essai d’un an à la tête de l’ANPE.

Nous tenons à vous faire connaître les «causes réelles et sérieuses» qui justifient votre licenciement.
En effet, depuis votre arrivée le 7 avril 2005 au poste de Directeur Général de l’ANPE, vous n’avez cessé de commettre des erreurs manifestes d’appréciation et de nuire gravement aux missions de Service Public de notre Etablissement :

• Une des premières décisions importantes que vous avez prise a été de casser GEODE, le joujou informatique de votre prédécesseur. Dans un premier temps, nous nous sommes félicités de cette décision qui semblait très sage tant cet outil tenait de l’usine à gaz. Et ce malgré des millions d’euros gaspillés depuis des années à sa conception, son développement et sa promotion dans le réseau ANPE. Mais, nous nous sommes rapidement aperçus que votre décision n’était en fait motivée que par la perspective de liquider notre indépendance logistique au profit des seuls intérêts financiers des Assedic, agences d’Intérim et autres intervenants de droit privé sur le Marché (bradé) du Travail. Votre intention réelle est de permettre un accès libre aux données confidentielles contenues dans les dossiers informatiques des demandeurs d’emploi au travers du Dossier Unique (DUDE). Ce nouveau dispositif informatique autorisant la «libre circulation non faussée» de ces données ne serait plus sous le contrôle du Service Public de l’Emploi. Vous prévoyez aussi de restreindre les moyens et les interventions des techniciens informatiques ANPE (CISI) au profit de sous traitants privés.
Il s’agit d’une faute grave intentionnelle de votre part.

• Depuis votre arrivée à l’ANPE, vous n’avez cessé de multiplier les déclarations et les actions visant à soutenir les mesures gouvernementales contre l’Emploi, voire à en rajouter. Ainsi, à plusieurs reprises, vous avez déclaré que les diverses mesures et contrats aidés (depuis les Contrats d’Avenir jusqu’à Feu le CPE !) étaient de bonnes mesures qui «créaient de l’emploi» et permettaient de «lutter contre le chômage». Alors que n’importe lequel de vos conseillers sait évidemment qu’il ne s’agit au mieux que de changer l’ordre dans la file d’attente devant les rares emplois créés et quasi systématiquement de généraliser la pauvreté et la précarité.
L’été dernier, vous avez été jusqu’à prendre l’engagement auprès de vos amis du gouvernement de faire recevoir par vos agents plus de 57.000 jeunes et des dizaines de milliers de bénéficiaires de l’ASS durant la période estivale alors que nous n’avions aucune solution sérieuse et durable à leur proposer en terme d’emploi ou de formation.
Vous avez enchaîné au début de l’hiver 2005, en proposant au premier Ministre de mettre en place le Suivi Mensuel (dit «personnalisé» !) en sachant pertinemment que ce «suivi» ne pourrait que consister à généraliser des pratiques de contrôles et de sanctions accentués à l’égard des demandeurs d’emploi dans un contexte économique de raréfaction des offres d’emploi et de formation de qualité.
Le saupoudrage de créations de postes à l’ANPE que vous avez négocié ne masque en rien vos intentions réelles de transformer les conseillers en simples agents de contrôle de la docilité et de la servilité des demandeurs d’emploi vis à vis de leurs futurs employeurs. Il s’agit de votre part d’une vision idéologique libérale des rapports économiques et sociaux qui est totalement contradictoire avec les valeurs et missions de Service Public de notre Etablissement. De plus, votre obstination à refuser de rencontrer les représentants des Organisations de Chômeurs qui cherchent à vous contacter, est bien la preuve de votre mépris à l’égard des demandeurs d’emploi qu’ils défendent et représentent.

• Votre dernière erreur d’appréciation - ou plutôt manifestation de vos arrières pensées politiques - est bien légère au regard de celles que nous venons d’énumérer. Il s’agit de votre décision de ne pas reconnaître notre Organisation Syndicale représentative du personnel de l’ANPE. Il est vrai que, visiblement, nous ne partageons pas «les mêmes valeurs» ! Néanmoins, vous étiez tenu pour cette décision de prendre en compte un certain nombre de paramètres objectifs énoncés dans le Code du Travail : notre ancienneté à l’ANPE (près de 10 ans !), notre audience électorale (en moyenne de + de 10% dans les 7 régions où nous avons pu présenter des listes ADASA !), nos implantations (dans 15 régions sur 22), notre indépendance (tant financière que vis à vis de la direction !) et notre activité militante. Vous auriez aussi dû intégrer à votre appréciation la présence et le militantisme de nombreux syndicats de Solidaires reconnus représentatifs depuis de nombreuses années… Mais là aussi vous avez fait le choix de privilégier une décision politique : celle de nous refuser les moyens de fonctionner normalement et de nous développer.

Pour toutes ces raisons, erreurs d’appréciation, décisions contraires aux intérêts et missions de notre Etablissement Public, fautes graves… nous vous confirmons que nous vous demandons de cesser immédiatement vos fonctions de Directeur Général à l’ANPE.
Dans le cas contraire, vous nous trouverez toujours sur votre chemin comme des adversaires résolus.

Veuillez recevoir, Monsieur Christian CHARPY, nos salutations syndicales.

PS : Vous comprendrez que nous ne vous inviterons pas à fêter nos dix ans de présence et d’actions à l’ANPE en décembre prochain !

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Mis à jour ( Mardi, 18 Avril 2006 19:02 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2006-04-20 20:06 Dans ce pays il n’y a toujours que 200.000 emplois non pourvus , pour près de quatre millions de demandeurs d’emploi mal ou pas du tout indemnisés. Mais pour nos gouvernants, nos revenus de misère, c’est encore trop d’argent dépensé.

Tous les moyens légaux sont aujourd’hui réunis, non seulement pour contraindre à accepter n’importe quel emploi, mais surtout pour imposer des stages bidon et non rémunérés, du travail gratuit en entreprise, d’innombrables ateliers de rédaction de CV.

Et pour ceux qui refusent de se prêter à des démarches absurdes à longueur de journée : la radiation.

La lettre retransmise ci-dessous n’est pas un faux grossier : il s’agit d’un courrier adressé par une directrice d’ANPE, à un demandeur d’emploi infographiste de son métier, justifiant sa radiation de quinze jours de la liste des demandeurs d’emploi. On radie donc ce chômeur parce qu’il n’est pas resté jusqu’au bout d’un atelier rédaction de CV : d’une part il avait indiqué n’avoir pas besoin d’aide, maitrisant déjà la technique. Il a tout de même participé à l’atelier, mais l’animatrice s’étant absentée, il a fini par partir.

Mais ce n’est pas tout : Monsieur X est radié parce qu’«il a pris une attitude blasée» ce qui est intolérable à l’ANPE, Monsieur étant «un demandeur d’emploi de longue durée» : il appartient donc à une caste honteuse, dont même l’attitude dans un entretien devrait certainement être empreinte de soumission et d’enthousiasme.
Et ce n’est pas fini : Mr X, lors de son dernier entretien «a regardé par la fenêtre plutôt que l’agent du service public qui était en face de lui».

Chômeurs, surveillez vos regards, regardez où vous mettez vos mains : baissez les yeux, vous pourriez être radié pour arrogance mais relevez la tête on pourrait vous enlever vos allocations pour attitude trop passive.

Salariés de l’ANPE, pensez à filmer discrètement les entretiens, il vous faut faire du chiffre, on pourrait très vite vous reprocher de ne pas avoir remarqué qu’un chômeur regardait par la fenêtre…

Et si vous n’avez envie ni d’être une serpillière, ni de vous transformer en auxiliaire de police, reste la lutte et la solidarité.

AC! Paris ira en tout cas très prochainement et collectivement exiger l’annulation de cette radiation et surtout qu’il soit mis fin à cette politique d’humiliation massive.

(Source : AC!)
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