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A Pôle Emploi, les chômeurs sont des «clients»

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C'est ce qu'a affirmé son directeur général, Christian Charpy, estimant que «le terme d'usagers […] n'est pas un beau terme».

En effet, Christian Charpy a jugé hier «important d'avoir un contact direct avec nos clients», récusant sur RMC le terme d’«usagers» car «ce n'est pas un beau terme»... Et de préciser : «Les clients de Pôle Emploi, entreprises ou demandeurs d'emploi [là aussi, on ne dit pas «chômeurs»…], ne paient pas nos services mais nous leur devons la même qualité de service que s'ils payaient», a-t-il ajouté.

Pourtant, n'est-ce pas la même chose pour les «usagers» du service public (écoles, hôpitaux, mairies…) ? Les «services» de Pôle Emploi sont financés par nos cotisations salariales et patronales, et les services publics — qu'ils soient plus ou moins gratuits selon les secteurs et les citoyens — sont financés avec nos impôts ou notre système de protection sociale par répartition : dans les deux cas, il s'agit du modèle social français basé sur nos principes de solidarité républicaine et qu'on nous envie tant en cette période de crise...

M. Charpy oublie une chose : un client, c'est quelqu'un qui vient dans la boutique de son plein gré, qui achète ce qu'il veut quand il le veut et ne revient que s'il est satisfait, le tout sans avoir de comptes à rendre. Dans l'absolu, comme on l'inculque dans les écoles de commerce, un client ça se respecte, ça s'écoute et ça se fidélise. Imagine-t-on la fréquentation obligatoire de telle ou telle enseigne sous peine d'être privé de toutes ressources ? L'usager, lui, n'a pas le choix de son fournisseur. Le chômeur non plus. Le chômeur est donc, bel et bien, un «usager» et non un «client».

Bras armé d'un gouvernement ultra-libéral qui poursuit droit dans ses bottes sa politique de «laisser-faire capitaliste» tout en prônant le contraire, l'homme qui gagne autant que notre Premier ministre verse dans l'esthétisme afin de nous faire avaler la pilule d'une privatisation rampante de l'organisme fusionné qu'il dirige en plein chaos. Une nuance sématique qui en dit long sur l'avenir du service public de l'emploi, et des services publics en général.

En tous cas, jouant la (fausse) transparence, Christian Charpy a donné ouvertement son adresse électronique à l'antenne… Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. : un pieu mensonge puisque c'est une adresse de com’ et que son mail véritable comporte son prénom en entier.

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Mis à jour ( Vendredi, 24 Juillet 2009 23:30 )  

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