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Quand on a exercé un "métier de pute" peut-on diriger la France ?

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Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge !, nous apprend l'adage. Ce sont en effet les soutiens de notre futur président qui en parlent le mieux.

altAlors que 40% des électeurs se déclarent indécis à un mois du premier tour des élections présidentielles, les sondages désignent deux finalistes en puissance : Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Dans cette configuration, l’issue du second tour tournerait à l’avantage du candidat d’En Marche qui bénéficierait alors de ralliements venus de tous les horizons : Robert Hue, ex-Président du Parti Communiste, Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou, Manuel Valls, Jean-Yves Le Drian et tant d’autres dignitaires de gauche, du centre et de droite qui s’apprêtent à le rejoindre.

Le 24 mars, Benoît Hamon se désolait de toutes ces trahisons déclarées et à venir dont il ne pouvait imaginer l’ampleur au soir de la primaire socialiste.   

Les intentions sont également très obscures chez Les Républicains. Il est probable qu’au premier tour nombre d’entre eux se porteront discrètement sur Emmanuel Macron tant leur « champion » semble avoir perdu tout crédit à la suite des soupçons d’enrichissement personnel et familial qui pèsent sur sa candidature. Il ne fait aucun doute que celles et ceux qui ont lâché Fillon dès les premières révélations du Canard Enchaîné, l’invitant à se désister en faveur d’un autre candidat LR/UDI, hésiteront à lui accorder leur confiance donc leur suffrage. Ils seront nombreux.

L’affaire semble donc pliée… si l’on ne tient compte des 40% d’électeurs qui n'ont pas arrêté leur choix. C’est à ceux-là que je m’adresse.

Tout est encore possible !

La qualification d’un candidat aujourd'hui écarté de la finale d'après les instituts de sondages, est envisageable. Fillon bien sûr, sous réserve que ses troupes ne se délitent pas plus encore. Hamon, dont la sincérité du propos et de la posture ne peut être contestée. Mélenchon qui, lors du grand débat organisé sur TF1, a marqué des points par sa détermination et son charisme affûtés depuis plus de 5 ans.

Les six derniers candidats pourraient aussi bénéficier de l’indécision des électeurs sans pour autant leur ouvrir les portes du second tour.

La confusion régnant chez Les Républicains profitera certainement à Nicolas Dupont-Aignan qui grapillera quelques pourcents. François Asselineau s’appuiera sur l’émergence de son mouvement (l’Union Populaire Républicaine) qui se structure depuis 2012. En l’absence d’un candidat ouvertement centriste, le sympathique Jean Lassalle séduira des électeurs du Modem déboussolés par le renoncement de François Bayrou et son ralliement à Macron. Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ne feront probablement pas mieux que leurs illustres prédécesseurs : Olivier Besancenot et Arlette Laguiller. Jacques Cheminade est condamné à la figuration.

Je ne suis pas de ceux qui se résignent à l’abstention. J’estime que la présidentielle 2017 est très ouverte. Son offre électorale embrasse quasiment toutes les sensibilités politiques, mise à part l’écologie orpheline d’un candidat désigné. Partant de ce principe tout électeur désirant se faire entendre n'a que l’embarras du choix : Du « prolo fauché » Philippe Poutou (qui déclare 22.000 € d’épargne et de disponibilités sur compte courant), au plus riche des prétendants : Nicolas Dupont-Aignan (près de 2,5 millions de patrimoine).

Si je n’affiche ici aucune préférence pour tel ou tel candidat, je désigne en revanche celui pour lequel je ne voterai pas. Je n’irai pas chercher chez ses détracteurs la motivation de ce rejet. L’un de ses soutiens de la première heure, l’ineffable Alain Minc, me la fournit. Voici ce qu’il confiait à l’équipe d’Envoyé Spécial, l’émission de France 2, en décembre 2016 :

« J’ai dit à David de Rothschild : Il faut prendre Macron à tout prix ! Parce qu’il était exceptionnellement charmant et intelligent, et que ce sont les qualités d’un banquier d’affaires. Un banquier d’affaires doit être intelligent, souple, rapide. Si en plus il est charmant, parce que c’est quand même un MÉTIER DE PUTE ! ».

Quand on a exercé un « métier de pute », peut-on prétendre à diriger la France avec probité en renonçant à servir les intérêts de ceux qui furent ses proxénètes et ses clients ?

Emmanuel Maquereau

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Mis à jour ( Samedi, 25 Mars 2017 07:03 )  

Commentaires 

 
+1 # Yves 2017-03-25 21:12 Extrait d’une interview de François Henrot, Directeur de la banque Rothschild.

Je lui ai dit : Écoute, ne cherche pas plus loin ! Considère que tu es associé dans cette maison. On apprend vraiment l’art de la négociation. On est beaucoup amené à communiquer et c’est - j’allais dire heureusement ou malheureusement - utile en politique, c’est-à-dire à raconter des hist… une histoire.

Donc on y apprend d’une certaine façon aussi des techniques de… euh… pas de manipulation de l’opinion mais de… euh… un petit peu.

Source : www.youtube.com/watch?v=j6JXHXmsdVU
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0 # Yves 2017-03-26 05:35 Si un supporter d'Emmanuel Macron tient à s'exprimer ici qu'il n'hésite pas à nous adresser sa chronique (signée ou anonyme). Nous la publierons sur Actuchomage.

Pour cela une seule adresse : contact@actucho mage.org
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+1 # Yves 2017-03-26 14:29 Et en piqûre de rappel, notre article de février 2015 :

Un "immunisé du chômage" se permet de donner des leçons… aux chômeurs

«Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d'abord» (1), qu’il nous dit l’autre petit banquier bien propre sur lui. Mais ferme-la Macron !

Emmanuel Macron a vraiment le profil du ministre socialiste de l’Économie comme on les aime. Carriériste, dents qui rayent les parquets des palais de la République, portefeuille bien garni, tout plein de copains dans les hautes sphères de la finance internationale. Un homme de gauche pur jus quoi !

«Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre !». Mais Macron, y’a belle lurette que les chômeurs n’attendent plus grand-chose des comme toi, des Moscovici, Rebsamen, Montebourg … qui se succèdent aux ministères en charge de l’Économie et de l’Emploi.

Les 3,5 millions d’inscrits en catégorie A, et tous les autres qui croupissent dans les oubliettes de Pôle Emploi, ont compris depuis des décennies qu’ils ne devaient compter que sur eux-mêmes pour se sortir de la mouise.

«J’essaierais de me battre d'abord !», ajoute le Macron. On s'étonnera ici que cette possibilité ne soit en rien une certitude pour notre valeureux ministre. «Je me battrais !» aurait été plus volontaire, plus conforme à la haute opinion que ce grand personnage porte à sa petite personne.

Comme si se retrouver au chômage n’imposait pas à celles et ceux qui y galèrent de se battre tous les jours pour en sortir.

Fils de médecins (donc issu d’un milieu favorisé), énarque et Inspecteur des Finances (voie royale pour ne jamais connaître les affres du chômage), Macron est l’archétype du mec plein de certitudes qui ne connaît pas grand-chose de la vraie vie mais se pose en donneur de leçons.

Macron est de ceux qui n’ont qu’un incontestable talent : Se tracer une belle carrière (non sans réussite). Pour les idées, l’innovation, les prises de risque, il est en panne comme tous ses congénères. Sa loi n’invente rien. Elle est inspirée des travaux de la Commission pour la libération de la croissance française (dite «commission Attali»), dont il fut rapporteur en 2007.

Macron ne révolutionnera pas l'économie, tout simplement parce qu’il n’a ni le profil ni l’itinéraire du type qui a créé de l’activité, déposé des brevets innovants, développé des entreprises, connu des traversées du désert qui forgent un esprit novateur et, plus encore, courageux.

Macron, comme ses prédécesseurs, ne fera que passer à l’Économie avant de se consacrer à d’autres postes qui le mèneront vers des sommets de rémunération et de reconnaissance sociale. C’est écrit !

Le passage à vide professionnel, il ne le connaîtra jamais étant assuré de trouver pour le restant de ses jours une place bien au chaud à l’Inspection des Finances ou ailleurs.

Ainsi, une fois de plus, une fois encore, un «immunisé du chômage» se permet d’asséner des leçons à celles et ceux qui, moins bien nés, moins bien lotis, moins chanceux, savent ce que veut dire perdre son job, galérer pour en retrouver, et se désespèrent d’entendre un Macron leur prodiguer ses conseils de bourgeois de province.

Le Père Siffleur

(1) Propos tenus face à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV. Mercredi 18 février.
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0 # Yves 2017-04-03 13:55 Une contribution de Max qui a répondu à notre appel :

Vous tapez sur le bonhomme avec une rare élégance, pute de banquier, soit. Mais quid de ses propositions ?

Prenons la pire : supprimer l'ISF et aligner les impôts sur le capital des entreprises sur la moyenne européenne.

Les actionnaires sont-ils les grands gagnants ?

Il est absurde de rester actionnaire d'une entreprise en France, si on n'y exerce pas des fonctions dirigeantes. Il vaut mieux vendre ses parts pour aider ses enfants à acquérir leur appartement.

Un actionnaire familial est quelqu'un qui est salarié, fonctionnaire ou retraité et qui conserve ses parts pour garder le contrôle de l'entreprise chez les fondateurs. Progressivement ces actionnaires vendent à des groupes étrangers qui bénéficient de conditions qui mettent les nationaux hors-jeu !

Alors, on a bien le PEA en France pour investir. Le PEA est suffisant pour un épargnant salarié, fonctionnaire ou indépendant qui fait sa pelote pour sa retraite, mais il est ridiculement insuffisant pour couvrir les besoins de financement des entreprises, surtout dans les secteurs gourmands en capitaux ou innovants.

Songez qu'il faut au bas mot 150.000 € de capital investi pour chaque emploi industriel. Ça en fait des PEA au taquet pour financer une ETI de 1.000 salariés ! Et que dire d'une industrie automobile ?

Je ne parle même pas des investissements énormes et risqués nécessaires pour les biotechs ou les nouvelles technologies comme l'internet des objets.

Il faut donc des investisseurs bien plus gros que des PEA, même s'ils ne sont pas aimés en France, et eux se prennent le racket fiscal dans la tête même s'ils ne sont que des "familiaux" pour 3 ou 4 millions d'euros de parts dans une pme de 50 personnes.

3 ou 4 millions qui sont imposés à l'ISF et ne rapportent rien, tous impôts payés, mais peuvent être perdus ou amputés si les affaires tournent mal. Ce sont ceux-là qui sont le plus pénalisés car ils ne peuvent pas s'expatrier. ils disparaissent tout simplement au fur et à mesure des successions ou des rachats. La fidélité au cousin qui a fondé la boite s'efface devant la dureté de la vie, le chômage, les enfants qui cherchent à s'installer…

Les plus gros, avec quelques dizaines ou carrément centaines de millions, ceux-là peuvent organiser leur expatriation, ils sont déjà partis ou partent, quelques centaines par an. Ce n'est pas un problème parait-il, mais les emplois suivent, et aujourd'hui ils drainent aussi les plus jeunes, stagiaires sans le sou mais avec talent, ingénieurs formés, commerciaux doués… Pas un problème non plus ?

Le drame est que cela transforme la France en un état de prolétaires - qui vendent leur travail - dans un monde capitaliste ou la propriété de l'entreprise est un enjeu stratégique. Quand on pense que la Chine "communiste" l'a parfaitement compris, on a envie de crier "Au secours" !

Les "zélites" n'ont pas d'actions (consultez leur patrimoine), elles ne savent pas ce que c'est ou elles pensent que c'est mal. Il n'y a que l'état qui est légitime. Donc on taxe et on se retrouve fort démunis quand les Chinois rachètent tout ce qui est intéressant. Mais c'est ne pas les connaître que croire qu'ils vont financer notre système social si souvent célébré, ainsi que les rentes à vie de nos "zélites" fonctionnaires ou assimilés, salariés privilégiés des machins para-publics.

Les Chinois vont piller idées et technologies, ils vont se former et ne laisser aux petits Français que le rôle de salariés corvéables à merci. La CGT n'y pourra rien ! Aucun blocage n'atteindra les patrons Chinois qui ne vivent pas sur le territoire, et la France ne représente qu'un si petit morceau de leur immense empire que cela ne les chatouillera même pas.

Alors, moi, je préfère des actionnaires français qui vivent sur le territoire, qui partagent le destin commun. Je veux que mes fils deviennent actionnaires en plus d’être salariés. Je veux qu'ils possèdent leur destin avec le plus possible d'autres Français.

Actionnaire, c'est bien, c'est faire des choix et assumer ses risques. J'aime les dirigeants actionnaires, les salariés actionnaires, les retraités actionnaires, français, sur le territoire.

Alors que faire ?

Si on n'aime pas les millionnaires, il faut des fonds de pension "populaires" qui pourraient être des fonds de pension de retraite. Mais en France, c'est Non ! à cause de syndicats qui vivent sur la bête publique et ne veulent pas lâcher leur bout de gras. Alors il ne reste que les Allemands - Premiers investisseurs en France en 2016 -, les Chinois et bientôt les Indiens.

Dernière solution, tout étatiser : Votez Mélenchon et viva El Che ! Ça n'a jamais marché. Mais peut-être que lui va y arriver ?

Alors, Macron, le candidat de l'argent ? Allons donc, si ses supporters sont tous millionnaires, la France est plus riche qu'on le dit. Et s'ils sont tous idiots, pourquoi le seraient-ils plus que les fans des autres candidats ?

Moi, Macron me plaît. Je ne suis ni millionnaire ni idiot, mais petit actionnaire avec un PEA et néo-retraité à 739 € après une fin de carrière au chômage non indemnisé. C'est pour cela que je connais ce site.

J'ai besoin d'espoir pour la France, pour voir mes enfants et leurs cousins revenir, au moins certains. Ils sont tous partis, pas pour planquer leur fortune, mais bien pour chercher fortune ailleurs justement, en Inde, en Nouvelle-Zélande, au Luxembourg, en Suisse, en Uk, en Allemagne chez mes voisins.

Macron nous dit que le monde est vaste et la France petite, qu'il faut serrer les rangs en Europe pour exister, que la France a encore du potentiel si on veut bien la libérer des vieilles lunes.
Moi, ça me parle, mais c'est vrai que je suis né sur la frontière, en "bord de France", que j'ai travaillé ailleurs, vu le monde et ses habitants, que mon fils me raconte le boom économique en Inde, toutes les semaines, dans sa petite ville au centre de l'Inde où la 4G fonctionne mieux que chez moi à 12 kilomètres du Parlement européen.

Pour les asiatiques, Chinois ou Indiens, l'argent c'est bien, pauvre c'est méprisable. Je ne partage pas leur culture, même si je pratique le chinois. Mais si on les laisse devenir propriétaires de notre économie, on va avoir du mal à leur imposer la nôtre.

Je crois qu'ils sont un peu plus nombreux que les électeurs de Mélenchon.

Max, ex-chômeur, petit actionnaire, petit retraité et supporter du banquier Macron.

Rajout de Yves d'Actuchomage :

Je mettrai prochainement cette intéressante contribution en avant sur le site. Mais je précise dès à présent trois aspects :

- On doit à Alain Minc, fervent supporter d'Emmanuel Macron, la formule "banquier d'affaires = métier de pute", laissant entendre que Macron "faisait la pute" quand il bossait à la Banque Rothschild.

- Le "patriotisme économique" ne semble pas une valeur ardemment défendue par Macron qui, plus que d'autres, favorisera le dépeçage de ce qui reste du tissu industriel français, comme il l'a démontré avec la branche énergie d'Alstom cédée à General Electric (entre autres braderies).

- Pour ce qui est d'encourager l'actionnariat français en France, je vous rejoins. Une question cependant : Dans la déclaration de patrimoine de Macron qu'elle est la part de ses investissements dans des entreprises françaises ?
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