Le Figaro a la nostalgie du sécuritaire

Mardi, 24 Juin 2008 12:45
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Voici le dernier marronnier du Figaro : publier, alors que c'est un peu passé de mode, un palmarès de la violence ville par ville pour rappeler au bon bourgeois que la racaille peut toujours le détrousser, crise du pouvoir d'achat aidant...

Verdict : «les communes les plus sûres» ne sont pas en Seine-St-Denis ou dans le Pas-de-Calais. «Les risques d'agression varient de 1 à 20 selon que l'on vit à Marly-le-Roi, dans le 78, ou à Saint-Denis, dans le 93», nous dit Le Figaro. Du blah-blah sur «des villes qui souffrent», mais pas un mot sur les causes de cette souffrance. On évoque du bout des lèvres la «dégradation du climat social […] sur fond de chômage et d'alcoolisme». Laissons les gueux s'étriper entre eux, c'est dans les villes les plus riches qu'on se sent le mieux ! Car le quotidien de Serge Dassault n'est pas un journal de gauche : dénoncer le chômage, la pauvreté et les ghettos, c'est pas son truc. Rappeler que la violence économique engendre la violence physique et que le désespoir menace la paix sociale, ça la fout mal.

Surtout pour un journal dont le propriétaire crache ouvertement sur les chômeurs...

Mais, s'interroge un rédacteur d'AgoraVox, comment, au Figaro, a-t-on réagi aux propos de M. Dassault ? Ses journalistes ont-il relaté, commenté voire critiqué l’information ou le propos concernant leur patron ?
Que nenni... pas un mot !!! Indépendance journalistique et lien de subordination sont-ils compatibles ? Au Figaro, où l'ambiance est plutôt stalinienne, la réponse est non.

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Mis à jour ( Mardi, 24 Juin 2008 12:45 )