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Accueil Social, économie et politique Smic : + 2,3% au 1er mai

Smic : + 2,3% au 1er mai

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Bonne nouvelle pour les 15,1% de salariés français condamnés au salaire minimum : leur maigre pitance va bénéficier d'une revalorisation anticipée de 2,3% dès le 1er mai, inflation oblige.

D'habitude, la hausse du Smic s'opère le 1er juillet et à ce moment-là, en fonction de considérations politiques, le gouvernement est libre de donner ou non un «coup de pouce» aux près de 2,5 millions de salariés concernés, payés actuellement 8,44 € brut de l'heure, soit 1.279 € brut ou 1.000 € net mensuels s'ils travaillent à temps plein... Avec cette indexation automatique, qui n'a pas été déclenchée depuis 1996, ils gagneront 23 € de plus : un vrai festin !

Le Code du travail impose un relèvement immédiat du salaire minimum dès lors que les prix - hors tabac - augmentent d'au moins 2% par rapport à l'indice du mois de mai de l'année précédente. Au mois de mars, le taux d'inflation a atteint 0,8% selon l'INSEE, soit plus que prévu et son plus haut niveau depuis janvier 1987. Au total, les prix ont bondi de 3,2% sur un an, battant un record qui datait de novembre 1991. Ces 2,3% de rattrapage sont donc loin d'être un luxe.

Le Smic n'échappera pas à la «réforme»

Une fois n'est pas coutume, Laurence Parisot, la patronne des patrons, s'est réjouit de cette revalorisation non politique, uniquement basée sur des «critères économiques repérables et incontestables». Mais certains estiment que 2,3%, c'est trop : on songe notamment à Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, farouche opposant à tout salaire minimum qu'il accuse de nuire à l'emploi et nourrir l'inflation. Et, dans le même esprit, le gouvernement planche sur une réforme du Smic (lire en commentaires) avec, en ligne de mire, les modalités de fixation et la double indexation. De la part d'un chef de l'Etat qui s'est empressé d'augmenter son salaire de 172% à peine arrivé au pouvoir, l'initiative serait particulièrement inélégante mais, avec Nicolas Sarkozy, «tout devient possible»… même l'impensable.

SMIC = 8,63 € brut de l'heure, soit 1308,88 € brut pour 151,67 heures travaillées (JO du 29 avril 2008)

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Mis à jour ( Mardi, 15 Avril 2008 19:15 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-04-15 18:19
SMIC : questions-réponses par l'économiste Philippe Askenazy.
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0 # superuser 2008-04-15 20:03 Dans un rapport que le Conseil d’analyse économique n’a pas encore publié mais que l’on peut télécharger sur le site Mediapart, trois économistes, Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, recommandent au gouvernement de remettre en cause les règles d’indexation du salaire minimum.

C’est la charge la plus violente qui ait jamais été menée contre le Smic. Dans un rapport, encore confidentiel, dont Mediapart a obtenu une copie dans une version préliminaire en date du 18 mars (document PDF de 1 Mo que l’on peut télécharger), trois économistes siégeant au Conseil d’analyse économique (CAE), Pierre Cahuc - chargé de mission au Crest-INSEE et professeur à l’Ecole Polytechnique -, Gilbert Cette - économiste à la Banque de France - et André Zylberberg - directeur de recherche au CNRS - proposent de modifier radicalement les règles actuelles d’indexation du salaire minimum.

Intitulée «Smic, revenu minimum et coût du travail : quelle articulation pour combiner justice sociale, incitation au travail et compétitivité ?», cette étude risque d’attiser une vive controverse, qui couve déjà depuis que le gouvernement a lui-même fait savoir, en décembre 2007, qu’il réfléchissait à modifier les règles actuelles du jeu et qu’il était demandeur de suggestions.

En se saisissant de ce dossier, les membres du CAE (une assemblée d’une trentaine d’économistes de différentes sensibilités, chargée d’éclairer le Premier ministre sur les grandes questions économiques) savaient, certes, qu’ils avançaient en terrain politiquement sensible.

Des débats qui ont eu lieu le 18 mars dans cette enceinte autour du rapport des trois économistes, rien n’a filtré dans la presse. Et des consignes très strictes ont été données à tous les membres du CAE pour qu’ils ne diffusent pas le fameux document. Une fois qu’on l’a lu, on comprend mieux pourquoi : sur le fond, ce rapport se distingue par sa radicalité.

Tout au long de leur étude (85 pages), les auteurs multiplient les critiques contre le salaire minimum. Estimant qu’il «couvre en France une proportion de salariés plus importante que dans les autres pays de l’OCDE» et déplorant qu’il soit «fixé par voie légale, de manière uniforme», ils font ce constat central : «Le salaire minimum n’est pas un instrument efficace de lutte contre les inégalités.» «L’idée selon laquelle le salaire minimum réduit les inégalités à un coût moindre pour la société que des politiques fiscales distributives (qui prélèvent des impôts et versent des prestations sociales) est erronée. En réalité, la politique du salaire minimum légal uniforme et élevé comprime la distribution des salaires et contribue à réduire le dialogue social, sans grande efficacité pour lutter contre la pauvreté», écrivent-ils.

De ce constat, qui ne manquera sans doute pas d’être discuté et récusé par d’autres chercheurs, les trois économistes tirent des propositions, elles aussi, radicales. D’abord, ils reprennent à leur compte une proposition déjà formulée le 6 février 2008 par le Conseil d’orientation pour l’emploi (un autre organisme consultatif regroupant des experts, mais aussi les partenaires sociaux) visant à la création d’une commission d’experts indépendants chargée de suivre les évolutions du salaire minimum et de faire des recommandations à la puissance publique.

Mais les trois économistes vont beaucoup plus loin. Ils suggèrent de modifier les règles d’indexation. Actuellement, l’obligation légale est que le salaire minimum soit revalorisé au 1er juillet de chaque année du montant de l’inflation, plus de la moitié des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO). Le gouvernement a par ailleurs la faculté d’accroître un peu cette revalorisation (par exemple en prenant en compte non pas 50% mais 100% du SHBO) : c’est ce que l’on appelle communément un «coup de pouce».

Clin d’œil de l’histoire : si ce rapport sur le SMIC peut être très favorablement accueilli par le patronat et les milieux de droite les plus libéraux, il n’en a pas moins été co-rédigé par un économiste de la Banque de France, Gilbert Cette, réputé de gauche, qui a aussi été l’un des experts consultés par Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle.

Reste une inconnue – et elle est de taille : quelle suite le gouvernement voudra-t-il donner à ces recommandations ?

Officiellement, donc, rien est tranché. Et puisque la loi veut que le Smic soit revalorisé sans attendre le rendez-vous habituel du 1er juillet dès que l’inflation atteint 2% depuis la précédente revalorisation. Mais peut-être s’agira-t-il de la dernière revalorisation du Smic suivant les règles anciennes d’indexation !

(Source : Inventerre)
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0 # superuser 2008-04-15 20:26 La hausse des prix pourrait obliger à relever le SMIC dès le 1er mai. La menace d’une «réforme» du salaire minimum se précise.

(…) Grâce à cette disposition légale, près de 2,5 millions de travailleurs smicards pourraient donc voir leur rémunération relevée d’au moins 2%. Pas de quoi sauter au plafond, certes, sachant que la hausse des prix s’accélère de mois en mois et atteint, en tendance, un rythme annuel proche des 3%. Sachant aussi que cette fièvre touche tout spécialement des postes de dépenses difficilement compressibles (énergie, logement, assurances, transport, denrées alimentaires de base) et impacte d’autant plus les petits salaires. Pour la CGT, une juste revalorisation du salaire minimum devrait tenir compte de ces contraintes.

Le gouvernement, le «président du pouvoir d’achat» entendront-ils ? Une mesure significative sur le SMIC aurait à coup sûr du sens et du poids dans le contexte du bras de fer, chaque jour plus musclé qui oppose les salariés et leurs patrons sur les rémunérations : des Trois Suisses à Monoprix, en passant par la Fnac, la Snecma et tant d’autres entreprises, les conflits se multiplient, faisant éclater le scandale de rémunérations qui ne permettent plus de «vivre». Hélas !, c’est un vent contraire qui souffle sur les hautes sphères du pouvoir. Dès son entrée en fonction, le président Sarkozy a donné le signal d’une attaque contre le SMIC, accédant ainsi à l’une des attentes du patronat. La menace d’une «réforme» en la matière se précise. Le Conseil d’analyse économique (CAE), instance d’experts largement acquise aux théories libérales, s’apprête à remettre au gouvernement un rapport sur le sujet. Cité par des médias, il préconiserait de modifier le mode de calcul de l’augmentation annuelle du salaire minimum. Cette revalorisation est actuellement établie, le 1er juillet, en fonction de la hausse des prix et de la moitié des gains de pouvoir d’achat du salaire ouvrier. Au motif que cela conduit à un tassement global des salaires, le CAE envisage de supprimer cette seconde référence, alors qu’elle permet aux smicards de profiter des fruits de la croissance.

Autre axe de «réforme» : la création d’un «SMIC jeune», sous prétexte de faciliter l’entrée des moins de vingt-cinq ans dans l’emploi. En 1994, un gouvernement de droite, dirigé par Édouard Balladur, avait déjà tenté d’instaurer un salaire minimum au rabais pour les jeunes. Avant d’être contraint de retirer son projet devant le soulèvement de la jeunesse étudiante et lycéenne…

(Source : L'Humanité)
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0 # tristesir 2008-04-15 20:30 On nous fait croire par ailleurs que c'est très généreux de revaloriser le SMIC
de + 2,3%.

mais la hausse des prix serait de 3,2% entre Mars 2007 et 2008.

Il n'y aura pas de revalorisation en Juillet, et j'ai bien peur que cette augmentation soit un leurre car si la hausse des prix reste aussi élevée, les salariés assujettis au SMIC vont voir leur pouvoir d'achat chuter à court terme malgré cette hausse de leur salaire net.
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0 # Yves 2008-04-16 01:23 La droite au pouvoir est contrainte d’augmenter le Smic le 1er mai, avec trois mois d’avance sur la date habituelle (en juillet), pour tenter de contrecarrer les effets de la valse des étiquettes et l’inflation qui bat tous les records depuis 17 ans. Cette augmentation est le signe avant-coureur de la récession économique qui va toucher la France dans les prochains mois.

On l’attendait sur d’autres terrains, pas sur celui d’une revalorisation anticipée du Smic. La droite au pouvoir, guère accoutumée aux «cadeaux» à destination des petits revenus, est contrainte d’accorder un coup de pouce au Smic le 1er mai (+ 2,3%) pour tenter de minimiser l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des salariés (15% d’entre eux sont smicards).

Une augmentation qui traduit la baisse du pouvoir d’achat

Cette augmentation dont se réjouiront celles et ceux qu’elle concerne, n’est que la reconnaissance explicite de l’échec de la politique économique menée en France depuis 2002, quand l’UMP de Chirac puis de Sarkozy a pris les commandes du pays. Cette augmentation du Smic annonce une prochaine récession accentuée par l’effritement constant du pouvoir d’achat d’une majorité de nos concitoyens.

Gagner plus pour dépenser plus

Tout concoure à rendre la situation économique plus tendue encore. Le baril de pétrole flirte avec les 114 dollars, la crise des subprimes n’en finit pas de plomber le système bancaire états-unien, et par répercussions les banques européennes et l’ensemble des places boursières occidentales, quand les cours des matières premières poursuivent leur flambée. D’ici la fin de l’année 2008, l’augmentation des produits alimentaires, des prix du pétrole, du gaz, des loyers… qui dépasse très largement les maigres revalorisations salariales accordées, va éroder plus encore le pouvoir d’achat des Français. Nos concitoyens vont peut-être gagner plus en travaillant plus, mais ils devront aussi apprendre à dépenser plus.

Gad Abramovitch pour Rénovation-démocratique
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