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L'Allemagne de Hartz

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Le compte-rendu de notre ami Stephan, privé d'emploi d'origine allemande, qui nous explique comment son pays - 4ème puissance économique mondiale malgré (ou grâce à) ses 5 millions de chômeurs - tente de résorber son chômage de masse en maltraitant ses allocataires... Edifiant !

Qui est l’homme dont la plus importante réforme concernant le marché du travail en Allemagne depuis les «Trente glorieuses» porte le nom ?
Peter HARTZ
, manager et membre de la direction de la Volkswagen AG jusqu’en juillet 2005, ami de l’ancien manager du groupe Skòda Helmut Schuster, que la justice a condamné pour détournement de fonds et escroquerie dans le scandale de corruption du groupe Volkswagen. Pour sûr, Peter Hartz sait comment on affronte les problèmes économiques...

De plus en plus dans la ligne de mire de la presse, qui se questionne sur son implication dans le scandale de VW, se sont multipliés des articles au sujet des voyages luxueux de certains membres de la direction dont il a fait partie, remboursés de frais de déplacement exorbitants (on parle de quelques millions d’euros…) agrémentés par la compagnie de prostituées.
Depuis 2003, le groupe Volkswagen en Allemagne affiche des pertes à hauteur de quelques milliards d’euros, mais ce n’est pas le fiasco financier qui chasse ce haut responsable : c’est sa mauvaise image dans la presse qui a poussé M. Peter Hartz à un départ soi-disant volontaire. Malheureusement, la multinationale ne lui a pas accordé ce «parachute en or» que les managers qui génèrent de grosses pertes ont pourtant l’habitude de recevoir : il a du se contenter d’une simple indemnité de 3 millions d’euros correspondant au salaire fixé par son contrat chez Volkswagen et qui a pris fin en 2007.

Voilà un homme modeste, qui connaît l’économie de marché et qui savait comment un demandeur d’emploi célibataire peut vivre avec 359 € par mois !

Il est l’homme de la situation : en 2002, le gouvernement allemand le charge de travailler sur le développement de réformes du marché du travail. Peter Hartz prend alors la direction de la commission «Prestations modernes de service au marché du travail» et les réformes se précipitent : de «Hartz I» en 2003 en passant par les stades II et III, arrive «Hartz IV», entrée en vigueur depuis janvier 2005, dont voici les grandes lignes :

• Réduire le coût du chômage pour les caisses de l’État
• Rendre plus efficaces les efforts de la «Bundesanstalt für Arbeit» (Agence fédérale pour l’emploi - dont les statistiques accablantes avèrent que 90% de son personnel travaille en administration et seulement 10% s’occupe du suivi des demandeurs d’emploi…)
• Fusion des allocataires de chômage Alg2 (comparable à l’ASS) et de Sozialhilfe (comparable au RMI)
• Encouragement financier des entreprises qui créent et sécurisent l’emploi (ce qui n’empêche pas l’encouragement financier des grandes entreprises qui en détruisent…)

Monsieur Hartz et l’ancien chancelier Gerhard Schröder courent les caméras et crient victoire avant la bataille : les 4 millions de chômeurs officiels de l’époque seront réduits à 2 millions en l’espace de quatre ans, durée de la législature ! Schröder promet, sûr de lui, qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections s'il n'atteint pas cet objectif ô combien ambitieux.

En 2005, quand la coalition SPD/Les Verts a perdu l’élection dans le dernier Land et que le chiffre du chômage fut à son apogée, Schröder posa la question de confiance, mesure de dernier recours pour une démocratie en crise, son gouvernement n’étant plus crédible et n’ayant plus de majorité dans aucun des länder. La SPD a mis en place une politique anti-sociale que jamais encore la CDU/CSU n'a osé pratiquer auparavant. Voilà l'addition, et malgré sa promesse on n’oublie pas la hargne avec laquelle Schröder s’est accroché à sa place de chancelier en septembre 2005 face à Angela Merkel et face aux 4.650.000 chômeurs, ayant raté son but de quelques 2.650.000...

Jusqu’ici pas grand chose à dire, on connaît la musique, ou au moins on reconnaît certaines mélodies. Voyons de plus près comment ces mesures se traduisent concrètement.

Pour savoir de quoi on parle, tout d’abord UN PETIT GLOSSAIRE :

Le Plan Hartz «x» est un ensemble de mesures, résultat de concertations de la commission prestations modernes de service au marché du travail, validé et mis en œuvre par le gouvernement et les administrations compétentes. (Le «x» étant un entier naturel qui vaut 4 aujourd'hui et augmente avec le temps…)

L'Alg1 (abréviation de Arbeitslosengeld 1) est l’allocation que reçoit un salarié qui a perdu son emploi «durable». Le montant se calcule en fonction du salaire brut et de sa durée : il correspond à peu près à l’ARE en France. Sauf que le versement de cette indemnisation se limite à… un an.

L'Alg2 est l’allocation qui remplace l’Alg1 arrivée à son terme. Elle est similaire à l'ASS ou au RSA en France. Un demandeur d’emploi peut être obligé de recourir directement à l'Alg2 s’il n’a pas travaillé suffisamment longtemps avant la perte de son emploi. En 2009, l'Alg2 compte 6,7 millions d'allocataires.

La Sozialhilfe est, comme feu le RMI, une allocation qui est censée protéger le citoyen de la pauvreté. Dans le passé, il n’y avait pas de lien direct entre le travail et la Sozialhilfe qui devenait opérante uniquement si une personne n’avait pas ou peu de ressources.

La Bundesagentur für Arbeit (BA) est l'équivalent de notre Pôle Emploi.

Le Marché premier du travail (Erster Arbeitsmarkt) est l’ensemble des emplois correctement payés avec des cotisations sociales, non subventionnés par l’état.


Maintenant, LES IDÉES :

• Pour minimiser les dépenses de gestion de la Sozialhilfe et de l’Alg2, Monsieur Hartz et sa commission ont eu l’idée de fusionner les deux administrations en une, ce qui revient à inclure la notion de travail dans la Sozialhilfe. Publiquement, il explique cette mesure par une meilleure efficacité et une meilleure réactivité, mais sans avouer son vrai sens : faire travailler à tout prix les allocataires de la Sozialhilfe.
Depuis la réforme, on ne distingue plus Alg2 ou Sozialhilfe, sinon des personnes aptes ou inaptes à travailler. Pour les personnes aptes au travail il n’y a plus de Sozialhilfe mais l’Alg2, donc l’obligation de s’inscrire à la Bundesagentur für Arbeit avec tout ce que cela implique. Officiellement est "apte au travail" une personne qui peut travailler au moins 3 heures par jour. Depuis 2005, ce critère a été modifié : seulement des malades chroniques, des préretraités, des enfants et des personnes temporairement inaptes seront considérés dans le dispositif de la Sozialhilfe. Tous les autres se retrouvent en Alg2.

Cette modification de critère a été courageuse dans la mesure où elle a gonflé les statistiques du chômage, et ces personnes auparavant invisibles dans un contexte de travail sont devenues visibles. Mais l'impact sur la vie réelle est que même des personnes gravement dépendantes de drogues, des malades mentaux et des invalides avec un taux de handicap au dessus de 80% se retrouvent devant un conseiller de la Bundesagentur für Arbeit qui exprime envers eux des exigences totalement irréalisables. Cette exigence génère soit une grande souffrance chez ces personnes incapables de répondre positivement aux projets demandés, soit elle les expulse du dispositif (radiation) ou diminue significativement leur allocation. Cela représente donc une baisse de qualité de vie énorme, du côté financier comme du côté humain.

• Sachant que l’Alg1 coûte cher à la BA, la réforme à réduit considérablement les droits dans la durée. Avant la réforme, une personne qui avait travaillé pendant 5 ans ou plus pouvait prétendre à l’Alg1 jusqu’à 3 ans. Maintenant, c’est terminé. Vous pouvez avoir travaillé et contribué à l’assurance chômage pendant 20 ou 30 ans, à la perte de votre emploi, vous aurez l’Alg1 pendant un an maximum : après, c’est la dèche.

• Une autre «astuce» du plan Hartz 4 est un système de "motivation à la réussite" pour les agences de l’emploi par une sorte de punition. Si les agences de l’emploi (rebaptisées Job Center comme en Angleterre, ça sonne plus professionnel…) ne réussissent pas à insérer le demandeur d'emploi dans le Marché premier du travail dans les 12 mois qui suivent, elles doivent s’acquitter d’une somme de 10.000 € aux länder. L’allocataire Alg1 coûte donc doublement s'il reste au chômage au-delà des douze mois. Cette épée de Damoclès fait l’effet d’un coup de bâton dans une fourmilière. On s’excite entre des entretiens, des formations à la va-vite et des carottes en forme de récompense : pour chaque lettre de motivation, le demandeur d'emploi recevra 5 € (dans un nombre limité quand même pour éviter qu'il ne pose sa candidature que dans le but de les recevoir).

• La grande réforme vise à accélérer la reprise de l'emploi. Le salarié est obligé d’informer la Bundesagentur für Arbeit de son licenciement même s'il effectue un long préavis. Egalement, s’il n’y a que présomption de perdre son travail, le salarié doit en informer son agence sous peine de voir passer à la baisse ses allocations si cette menace se réalise !

• Ont été définis de nouveaux critères d’acceptabilité d’un emploi au niveau géographique, matériel, fonctionnel ou social. La situation de famille sera prise en compte. On demandera une mobilité géographique quasi-totale à un célibataire sans enfant, ce qui ne sera pas le cas pour un chômeur qui a une responsabilité familiale.

• Pour encourager l’embauche des chômeurs plus âgés, deux possibilités :
=> une baisse des charges sociales des entreprises qui recrutent un "senior" + un complément de salaire par l’État si le "senior" accepte un emploi à basse rémunération,
=> une sorte de préretraite où le "senior" ne sera plus suivi par la BA (comme nos DRE, dispensés de recherche d'emploi) et recevra une allocation - de misère - d’un autre organisme, en gardant la sécurité sociale.
Donc, dans les deux cas, le chômeur âgé (+ de 58 ans) disparaît des statistiques.

• Les encouragements des "SARL solo" ou des "SARL famille" n’ont pas fait leur preuve. Beaucoup ont essayé, désespérés ou dégoûtés du suivi musclé et arbitraire de la BA, pour déposer le bilan l'année suivante et se retrouver au même point de départ avec un échec en plus.

Vous n'avez pas réussi l'objectif de retrouver un emploi dans les douze mois : votre vie va changer. Votre conseiller vous en veut, car il n’a pas empêché la perte de 10.000 € à «sa boîte», son directeur l’en tient personnellement responsable et lui fait la gueule, ce qui ne vous sera pas favorable pour la suite.


LA VIE D'UN «HARTZI» en Alg2

Vous êtes apte à travailler et vous avez besoin de l’aide de l’État pour vivre :

• Lors de votre demande d'Alg2, vous devez vous mettre à nu. On vous posera plein de questions sur votre vie personnelle, votre famille, vos relations et vos ressources. On vous demandera des extraits de vos comptes, parfois sur les 6 derniers mois (ce qui est illégal mais si vous n’obtempérez pas, le conseiller peut vous bloquer le dossier et le temps d’obtenir raison juridiquement, vous avez le temps de crever de faim).

Vous devez accepter n’importe quel travail, que vous soyez capable de l’effectuer physiquement, psychiquement ou moralement (et c'est d'abord le conseiller qui en décide)…

Vous devez accepter toutes les mesures d’insertion proposées par votre conseiller (des stages non rémunérés, des ateliers d’écriture de CV => on vous prépare consciencieusement au marché des bas salaires, l’Allemagne étant l'un des six pays européens de l'UE27 qui n’a pas de SMIC).

Si vous ne suivez pas les ordres de votre conseiller, votre allocation sera baissée de 30% (sont imposées 30 lettres de motivation par mois, désormais sans soutien financier contrairement aux allocataires de l'Alg1 - donc avec une allocation de misère vous devrez payer de votre poche vos CV, LM, photos, enveloppes et timbres, recherche d’une nounou, stage non rémunéré, etc…). Les possibilités pour vous pousser hors du système sont quasiment illimitées.

• Vous vivrez avec 359 € par mois. Votre loyer et les charges seront payés si votre appartement est "conforme" aux exigences de la BA (beaucoup ont très froid en hiver)…

Vous devez répondre présent dans les 24 heures suite à une convocation par courrier. Encore un bon moyen de radier car si la lettre arrive un jour plus tard, vous ne pouvez pas venir à la convocation et c'est fini : lire plus bas.

Vous devez vendre votre voiture si elle a une valeur supérieure à 5.000 € pour en acheter une moins chère, et vous vivrez de la différence car votre allocation sera suspendue à hauteur de l'excédent.

Vous habitez dans un appartement trop grand aux yeux de la BA (environ 45m² pour une personne seule), alors on vous demandera de trouver un appartement plus petit sur une période de 6 mois. On a vu des aberrations de déménagements payés par la Bundesagentur pour des appartements plus petits, donc conformes aux exigences de superficie, mais plus chers que l’ancien appartement trop grand !

Vous avez économisé pour votre retraite comme le gouvernement vous le demande depuis des années : on vous laisse vos économies à hauteur de 200 € par année de vie. Exemple : Vous avez 43 ans et vous avez demandé l’Alg2. De votre capital retraite vous pouvez garder 43 x 200 = 8.600 euros. Tout capital supérieur à cette somme doit être consommé avant de pouvoir prétendre à une aide financière. Donc si vous aviez un bon emploi et économisé 50.000 € pour votre retraite, vous devrez dépenser 41.400 € avant de pouvoir toucher l’Alg2.

Vous avez un petit boulot pour mettre un peu de beurre dans les épinards : vous avez le droit de garder 20% du fruit de votre travail, les 80% restants seront déduits de votre allocation Alg2. Si vous travaillez plus de 15 heures par semaine, vous ne recevrez plus l’Alg2 (peu importe combien vous gagnez) car vous ne serez plus considéré comme demandeur d'emploi !

Votre conseiller vous demandera d’effectuer un job à 1 euro. C’est soi-disant un travail d'intérêt général (qui souvent créé de nouveaux chômeurs, car il remplace celui qui était auparavant effectué par de vrais salariés) rémunéré 1 € de l'heure et que vous avez généreusement le droit de garder en complément de votre Alg2. Vous n’avez pas le droit de grève, vous n’avez pas de contrat de travail, vous n’avez pas de vacances, et vous n'avez pas le droit de décliner cette "offre" d'activité sous peine de voir vos 359 € amputés de 10 à 30%…

Plus de secret bancaire. La Bundesagentur für Arbeit peut se renseigner - et se renseignera - sur les mouvements de tous vos comptes, sans que vous en soyez informé. Si la BA découvre un versement que vous n’avez pas déclaré, vous serez puni par une baisse d’allocation et on vous accusera de frauder. (Il vaut mieux ne pas avoir d'activité sur e-bay : vous vendez l’armoire de cuisine de votre mère-grand et lui donnez l'argent de la vente => pour la Bundesagentur c’est un revenu non déclaré, donc baisse d’allocation. Vous vendez un truc dont vous n'avez plus besoin pour avoir un petit plus, mais en vain : la somme de la vente sera déduite de votre allocation.)

Vous aurez parfois la visite de "fouineurs sociaux" qui exigeront de voir votre chambre à coucher et compteront les brosses à dents dans la salle de bain pour savoir si vous vivez vraiment seul(e). Une brosse à dents de trop et vous êtes soupçonné(e) de vivre en couple, ce qui entraînera des difficultés.

Vous ne vivez pas seul(e) pour partager un loyer comme le font toujours nombre d'Allemands : l'exigence de preuve que votre colocataire(trice) n'est pas votre amant(e) est renversé. C'est vous qui devez démontrer à la BA qu'il s'agit d'une simple colocation. Et comment le prouver ? En laissant entrer les "fouineurs sociaux" qui chercheront des traces de "vie de couple". Votre appartement n'est plus votre espace privé et inviolable, comme c'est garanti par la loi. Ce droit fondamental n'est réservé qu'aux gens qui travaillent.

Vous avez des biens de valeurs, alors vous devez les vendre et en vivre avant de toucher quelque chose. Il y a néanmoins quelques indulgences si la vente s'effectue à perte.

• Votre oncle décède et vous héritez d'une somme de 20.000 €. Votre allocation sera alors interrompue jusqu’à la fin de la consommation de cet héritage.

• Recevant l’Alg2, vous cotisez à votre retraite : vous capitalisez... 2,64 € par année de chômage en Alg2 !

Bon, pour l’instant j’arrête la liste, mais sachez qu'elle est plus longue. Il y a encore des informations du même style concernant les héritages et les obligations alimentaires envers la famille + une nouveauté : la BA peut désormais faire appel à des détectives privés pour espionner ses chômeurs...

Puis il y a un document sur les méthodes d’une Bundesagentur für Arbeit à Bochum, révélé sans complexe et publiquement dans une interview par un expert du marché du travail avec le directeur de l’agence, qui raconte sans gêne comment il radie - entre autres - des personnes qui élèvent seul(e)s leurs enfants : le vendredi, il leur envoie une convocation pour le lundi matin afin de participer à une action qui durera toute la jounée, sachant qu’il y a de fortes chances pour que la personne ne trouve pas de garde d’enfant dans un délai aussi serré et ne puisse pas se présenter à la convocation. Pour lui, c’est une "preuve" que la personne n’est pas immédiatement disponible pour le marché du travail comme c’est exigé, donc elle n'a pas de raison de figurer dans les statistiques et de revevoir l'Alg2. Oui, ce directeur d'agence n'a pas d'états d'âme et ne voit aucun problème d'ordre moral dans cette "méthode" : il fait seulement son travail.

Ce qui se discute en ce moment (Hartz V) est une baisse de l’Alg2, associée avec la possibilité de ne garder que 20% de l’argent que vous gagnez. Donc c’est une obligation de travailler à tout prix pour au moins pouvoir revenir au niveau des 359 € que vous aviez auparavant. Les critiques posent la question de savoir ce que feront les personnes pour qui il n’y aura pas de travail même dans le secteur des bas salaires – et n’ont pas obtenu de réponse des responsables politiques. Devront-ils vivre avec 300 ou 250 € par mois ?

Donc, comme on peut le voir, ces mesures visent à minimiser à tout prix les dépenses et à créer un marché de stages-jobs à 1 €-bas salaires au profit du capital.

Pour faire passer cette pilule très amère, le gouvernement doit recourir à la propagande du "chômeur fainéant" et du "parasite social". La solidarité entre ceux qui ont encore un travail et les demandeurs d’emploi est quasi inexistante. Dans un jeu politico-médiatique, les gouvernants dressent les salariés contre les chômeurs, les salariés étant eux-mêmes angoissés de perdre leur emploi et agacés de voir leurs salaires baisser, tout en ayant l’impression qu’ils soutiennent financièrement le demi-million de chômeurs.
Vous rajoutez à cela les émissions de télévision hebdomadaires (RTL) où l'on présente quelques cas sociaux qui se vantent devant plusieurs centaines de milliers de spectateurs de ne pas avoir envie de travailler car avec les allocs plus un peu de black ils vivraient bien mieux que les "imbéciles" qui bossent 45h par semaine, et le tour est joué. (Personne n'a jamais eu l'idée de demander si ces cas sociaux provocateurs ont une "indemnisation" de la part de RTL. Ils mériteraient un bon salaire, car ils sont une aide précieuse pour l'État dans la diffusion de l'image du chômeur profiteur et fainéant et c'est avec ce type d'émission qu'on fait de l'audience.)

Une enquête socio-médicale a avéré une augmentation significative de la consommation de psychotropes suite à des souffrances psychiques chez des personnes sans emploi et des personnes qui sont menacées de perdre leur travail.


En faisant ma petite enquête, je savais que le résultat ne serait pas gai et, maintenant, j’aurais envie de finir l’article sur une note un peu positive mais je me rends compte que j’ai du mal. Désolé. Je souhaite à mes compatriotes de la solidarité et de la force pour dire non. La limite du supportable est atteinte.

Stephan M. / Les dessous de l'Allemagne


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(Billet publié le 17 septembre 2006 et régulièrement mis à jour)
Mis à jour ( Mardi, 09 Novembre 2010 11:24 )  

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