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Accueil s'informer La revue de presse Le taux de prélèvement global des Smicards est supérieur à 50%

Le taux de prélèvement global des Smicards est supérieur à 50%

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Une piqûre de rappel bien nécessaire alors que le Smic n'est revalorisé que de 0,5% au 1er janvier 2010 et que le footballeur Nicolas Anelka a déclaré qu'il ne veut pas payer aux impôts plus de la moitié de ce qu'il gagne...

Alors que, par souci de «cohérence», le gouvernement a finalement décidé d'inclure la «taxe de solidarité active» de 1,1% dans le «bouclier» fiscal qui protège 234.000 foyers très riches de l'impôt (son principe étant que nul ne peut être taxé au-delà de 50% de ses revenus), l'économiste Thomas Piketty remet les pendules à l'heure.

[...] Les salariés modestes sont avant tout des contribuables comme les autres, et non des «assistés». Qu’ils travaillent à temps complet ou à temps partiel, les Smicards — qui représentent au moins 15% des salariés soit 2,3 millions de travailleurs — versent aujourd’hui l’équivalent de deux mois de salaire au titre de la TVA, plus d’un mois de salaire au titre de la CSG, sans compter les taxes indirectes annexes (essence, tabac, alcool, etc…) et les cotisations sociales, soit un taux de prélèvement global supérieur à 50%. Et, contrairement à ce que l’on essaie de faire croire, les augmentations de PPE ou de RSA ne sont pas prêtes de les transformer en allocataires nets !

La gauche doit se saisir d’urgence de cette question fiscale, d’autant plus que Nicolas Sarkozy s’illustre chaque jour par les errements de sa politique dans ce domaine. Après avoir créé plus de 15 milliards d’euros de nouvelles niches dans un système qui en compte déjà beaucoup trop, et après avoir constaté que les caisses étaient trop vides pour financer le RSA, voici donc que notre président a eu l’idée géniale d’inventer une nouvelle taxe de 1,1% sur les revenus du patrimoine et de placement. Recette classique souvent utilisée dans le passé pour colmater les trous des finances sociales françaises, ce prélèvement a en outre la particularité intéressante d’être régressif : avec le bouclier fiscal, les gros patrimoines en seront de facto exonérés.

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch s’entendent bien : ils ont le même goût pour les slogans clinquants sur la forme, et pour l’improvisation et le bricolage sur le fond.

=> Lire tout l'article dans Libération

NDLR : Nous rappelons que le versement du RSA est limité à un salaire ne dépassant pas 1,04 Smic et qu'il s'annule au-delà de ce montant, sans compter la perte de tous les droits connexes. Quand certains — lire en commentaire — osent comparer le RSA à un «bouclier pour les démunis», il y a de quoi s'agacer !

A lire également => Le gouvernement veut la peau du Smic


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Mis à jour ( Vendredi, 09 Mars 2012 16:39 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-09-03 01:56 Dans un édito archi-simpliste, une certaine Sophie Gherardi nous sert un brouet un peu répugnant.

Le revenu de solidarité active est la mesure phare de la rentrée 2008, comme le bouclier fiscal fut la mesure phare de la rentrée 2007.

À première vue, nous avons changé de film. Derrière le RSA et son promoteur, Martin Hirsch, se profilent la soutane, le béret et la barbe de l'abbé Pierre. Derrière le bouclier fiscal défilent en fond d'écran la nuit au Fouquet's et le yacht La Paloma. Néoréalisme en noir et blanc d'un côté, azur et ambiance hollywoodienne de l'autre. Ceux qui aiment tout expliquer par la communication auront tôt fait de décrypter : Sarkozy saison 1, version droite décomplexée, misait sur le choc de confiance et l'accélération de la croissance ; Sarkozy saison 2 doit faire face à l'amenuisement du pouvoir d'achat, au chômage qui remonte et à la récession qui menace.

À réalité changée, positionnement politique modifié. Il y a sans doute du vrai dans cette analyse, mais une autre lecture est possible. En termes de fonctionnement économique, le RSA n'est pas l'antithèse du bouclier fiscal, il en est le symétrique. Osons plus : le RSA est le bouclier fiscal des plus pauvres.

Pour les économistes, il faut le savoir, l'impôt n'est ni juste ni injuste, il est simplement un outil plus ou moins bien utilisé ; l'impôt peut être positif (c'est l'argent prélevé sur les ménages) ou négatif (c'est l'argent versé aux ménages sous forme d'aide de l'État). Troisième notion, essentielle, le comportement du contribuable est modifié par l'impôt, et notamment par l'impôt qui frappe tout revenu nouveau, additionnel. Si je gagne 100 € de plus et si mon impôt augmente en conséquence de 100 €, les économistes disent que mon taux marginal d'imposition est de 100% : l'État me prend tout mon surplus, je n'ai aucun intérêt à "travailler plus pour gagner plus".

Ce taux punitif n'existe qu'à deux endroits de l'échelle sociale, tout en haut et tout en bas. En haut, parce que le cumul de toutes les taxes peut dans certains cas limites excéder le revenu disponible ou en dévorer la presque totalité. En bas, parce qu'en trouvant un emploi peu rémunéré qui lui fait perdre d'un coup toutes ses aides sociales d'un montant équivalent, le RMiste subit une taxation à 100% de son nouveau revenu. Aux deux bouts de l'échelle, la réaction sera une stratégie d'évitement : le riche va être tenté de s'expatrier,le pauvre de renoncer à travailler. Quantité d'études internationales le démontrent.

Le RSA comme le bouclier fiscal visent à réduire l'impôt le plus dissuasif. Ce sont des mesures sorties tout droit de la recherche en économie. La politique, c'est tout l'emballage autour.

(Source : La Tribune)
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