Pour Mélenchon, les travailleurs détachés volent le pain des autres

Samedi, 09 Juillet 2016 19:54
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Quand Gauche et Droite posaient un voile pudique sur le sujet des travailleurs détachés, Actuchomage militait depuis 2005 contre cette mise en concurrence institutionnalisée des travailleurs entre eux. Mélenchon est aujourd'hui plus catégorique.

altDifficile d'aborder le sujet sans être taxé de xénophobie, de «faire le jeu du FN»… des griefs infondés que nous attribuent quelques excités dès lors que nous l'évoquons sereinement et sans excès.

Oui, sur Actuchomage nous pensons que notre engagement doit s'inscrire en priorité en faveur du retour à l'emploi des personnes présentes depuis des années sur notre territoire, qu'elles soient de nationalité française ou immigrées.

Cela ne fait pas pour autant de nous des collabos au service des thèses frontistes ou populistes. Nous estimons depuis toujours que cette posture, nous pouvons parler de conviction, relève du bon sens. Car nous savons que l'exaspération (légitime) de millions de laissés-pour-compte fait le jeu des extrémistes : le plus sûr moyen de radicaliser une part grandissante de l'opinion étant de masquer les problèmes, de refuser de les aborder, tenter de les enterrer et pire, culpabiliser ceux qui en débattent.

Depuis des années, nous déplorons le silence gêné d'une partie de la Gauche, notamment concernant l'épineux dossier des «détachés», ces fameux travailleurs issus de la Communauté européenne qui par centaines de milliers bossent en France aux conditions salariales françaises (pas toujours respectées d'ailleurs) auxquelles s'appliquent les règles sociales de leurs pays d'origine.

Faire appel à des Polonais, Roumains, Bulgares, Chypriotes… coûte aux employeurs 20, 30 ou 40% de moins qu'un Français. Ce dumping s'explique par le différentiel entre nos taux de cotisations et leurs équivalents dans les pays cités.

Les institutions sont incapables de fournir les chiffres précis du phénomène : 200.000 minimise le ministère du Travail (aux ordres de l'Europe de la déréglementation), 300.000 à en croire le Sénat lui-même, 500.000 ou 600.00 selon diverses sources syndicales. Une tendance semble cependant établie, elle émane des  statistiques de l’Union qui attestent que le nombre de «détachés» a augmenté de 46% entre 2010 et 2014. Une progression fulgurante ! Après l’Allemagne, la France est le pays qui a le plus recours au détachement de travailleurs.

Les «détachés» étaient jusqu'à maintenant un sujet abandonné au Front National et aux souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan qui n'en espéraient pas tant pour se démarquer des autres formations politiques. Dernièrement pourtant, le 5 juillet, Jean-Luc Mélenchon l'a abordé au Parlement européen en des termes pour le moins tranchants. Jugez-en : «Je crois que l'Europe qui a été construite est celle de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu'arrive un travailleur détaché qui VOLE SON PAIN à celui qui se trouve sur place (…). Tout cela est une folie ! Et cette Europe-là, les peuples ne cessent de vous le dire, où bien vous la changer en faveur des êtres humains, où bien nous la quitterons tous !».

Le travailleur détaché qui «vole le pain» d'un autre, voilà une formule choc que nous n'aurions jamais osé écrire, et qui clouera le bec une bonne fois pour toutes à ceux qui nous soupçonnent de rouler pour le FN. Si tel est le cas, Jean-Luc Mélenchon tient le volant ! ;-)

Voir l'intervention de J-L Mélenchon devant le Parlement européen.

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Mis à jour ( Lundi, 11 Juillet 2016 00:02 )