Dis-moi ton prénom, je te dirai ta profession

Mardi, 25 Avril 2006 15:48
Imprimer
«Olivier, Gérard et Mohammed ont-ils les mêmes chances de faire carrière ?» L'Observatoire des discriminations publie aujourd'hui une enquête du sociologue Jean-François AMADIEU, qui cherche à établir si «le fait de porter un prénom plutôt qu'un autre modifie la destinée professionnelle».

Le chercheur s'est appuyé sur des «enquêtes emploi» de l'INSEE réalisées en 1983, 1986 et 1989 – après cette date, l'Insee n'indique plus le prénom – auprès de 407.552 hommes et femmes nés entre 1930 et 1959. Cent quatre-vingt-seize prénoms «très fréquemment attribués» ont été retenus : des prénoms dits bourgeois, d'autres populaires, les derniers d'origine maghrébine.

Les résultats sont éloquents. Les filles de cadres au prénom «bourgeois» (Chantal, Elisabeth...) ont «50% de chances en plus» de devenir cadres que les filles au prénom populaire (Andrée, Ginette...). Pour les garçons, l'écart est «de près de 10%».

Selon l'étude, 83% des fils d'ouvriers au prénom maghrébin sont restés ouvriers, alors que la moitié des fils d'ouvriers au prénom «français de souche» ont connu une ascension sociale. Pour Jean-François Amadieu, «le prénom est un marqueur révélant une origine sociale, géographique, un âge, ou une appartenance religieuse». L'examen s'arrête à 1989, mais selon le sociologue, «le phénomène s'est renforcé depuis, car l'ascenseur social est encore plus bloqué que durant les années de l'étude, donc les prénoms jouent davantage encore un rôle discriminant».

Les Clés du destin par J.-F. Amadieu - Odile Jacob - 336 pages - 21,90 €

(Source : 20 Minutes)

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Mardi, 25 Avril 2006 15:48 )