« Il est urgent de philosopher »

Ce n'est pas parce qu'on est devenu pauvre qu'on n'a plus envie de se cultiver ou de savoir ce qu'il se passe. Partagez vos coups de cœur et bons plans => livres, musique, cinéma, télé, expos, etc...

Modérateurs: superuser, Yves

« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 09 Oct 2010

Sommes-nous devenus fous ou vivons-nous une mutation ?
Par Patrice van Eersel


« Mais depuis les années 90, explique Nicole Aubert, ce capitalisme industriel a été supplanté par un capitalisme financier sans foi ni loi. Gagner le maximum d’argent dans le minimum de temps, par n’importe quel moyen, est devenu le but suprême. C’est de là qu’est partie la spirale folle, qui a accru le sentiment d’urgence et l’a répandu dans toutes les strates de la société, jusque dans nos vies intimes. »

http://nouvellescles.com/article.php3?id_article=2016

" Tempo giusto "

Chaque chose en son temps et du temps pour chaque chose .


http://www.ddmagazine.com/333-Eloge-de- ... ement.html


http://www.dna.fr/fr/a-trier/info/39487 ... LENTISSONS
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 17 Oct 2010

Michela Marzano ( philosophe ) " Le contrat de défiance "(Grasset),

... Il est enseigné que faire confiance à autrui est l’apanage des faibles, des fragiles, de ceux qui n’ont d’autre issue que de s’en remettre aux autres. Avec cette héroïsation de la toute-puissance de la volonté, on a totalement occulté l’importance de la coopération avec les autres pour bâtir n’importe quel projet commun (du couple à l’entreprise). Or une société sans confiance est une société sans squelette. ...

http://pascalvittori.com/?p=3796
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 22 Oct 2010

Audrey Pulvar reçoit dans le 6/7 de France Inter,Michela Marzano, Auteur de "Le contrat de défiance" aux Editions Grasset .

http://actu-video.tuxboard.com/michela-marzano/
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 26 Oct 2010

Michela Marzano ( philosophe ) "Extension du domaine de la manipulation : De l'entreprise à la vie privée" (Grasset)

http://www.dailymotion.com/video/x75eqp ... autre_news
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 28 Oct 2010

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L' ESSAI DU JOUR


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http://www.franceculture.com/emission-l ... 10-28.html

Le gouvernement par la peur

... Le paradoxe et la perversité de la régression ainsi engagée sont que la production de la peur, motivée par les seuls profits marchands (pour les médias) et électoraux (pour la droite réactionnaire), est aussi un bien public, dans la mesure où elle exerce une réelle fonction d’utilité publique. Dans une société minée par la rivalité et l’injustice, qui nourrit le stress, la frustration et la rancoeur dans une large fraction de la population, une société qui chemine ainsi en permanence au bord de l’insurrection, il faut bien détourner l’attention vers une préoccupation triviale et universelle qui tient encore les gens ensemble. La peur pour sa propre sécurité remplit une fonction de maintien de l’ordre. Au lieu de se révolter contre la dissociété qui les désunit, les individus l’approfondissent en se retranchant contre un ennemi imaginaire; alors ils sont tenus ensemble grâce à la peur née de leur désunion. La place de l’Autre se trouve ainsi occupée par la peur de l’Autre.

Raison de plus pour se regrouper entre semblables.

http://jacquesgenereux.fr/
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Re: « Il est urgent de philosopher »

Messagede tristesir » 30 Oct 2010

L' ESSAI DU JOUR


Aré, aré Mélenchon ! 8)
L'avenir appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt.
Le travail c'est la santé du capital.
Tout travail mérite patron.
Si tu n'as pas délocalisé une usine Molex avant 50 ans, tu as raté ta vie !
tristesir
 
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Lordon, le capitalisme, et Spinoza

Messagede superuser » 31 Oct 2010

L'économiste Lordon analyse le capitalisme à rebrousse-poil en faisant appel à la philosophie...

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Pour comprendre pourquoi le capitalisme est devenu hégémonique, Frédéric Lordon s'est d'abord penché sur la nature humaine en s'appuyant sur un concept central de Spinoza : le conatus, qui est la capacité de l'homme à produire des efforts — action ou pensée — pour maintenir sinon augmenter sa puissance d'être. Le conatus s'exprime aussi bien dans le corps, qui cherche l'utile et l'agréable, que dans l'âme, qui recherche la connaissance. Cette stratégie dynamique, dans son expression et son intensité, varie selon les individus. Une chose est sûre : le conatus est indissociable du couple d'affect joie et tristesse, car ce qui vient augmenter notre puissance d'être provoque la jouissance et, inversement, tout ce qui la réduit ou l'empêche provoque la frustration.

«On ne désire pas une chose parce qu'elle est bonne, c'est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne. (...) Ce qui fonde l'effort, le vouloir, l'appétit, le désir, ce n'est pas qu'on ait jugé qu'une chose est bonne ; mais, au contraire, on juge qu'une chose est bonne par cela même qu'on y tend par l'effort, le vouloir, l'appétit, le désir», écrivait Spinoza qui estime que c'est bien le désir qui produit les valeurs et non l'inverse.

Cette théorie balaie donc des concepts bien connus : celui du "libre arbitre", celui du "bien" et du "mal", celui du "dominant" et du "dominé".

Pour Spinoza, l'homme est essentiellement gouverné par ses passions (qui, si elles augmentent sa puissance d'agir, mènent aussi à la violence). On retrouve l'éternel combat entre nature et culture : Spinoza oppose la passion, qui relève de l'imagination, à l'entendement, qui relève de la connaissance. Or, la passion est souvent plus forte que l'entendement. De ce fait, la servitude passionnelle inhérente à l'homme altère sévèrement son jugement, donc sa responsabilité et son libre-arbitre.

Spinoza estime que le bien est un dogme érigé de toutes pièces, un concept général défaillant, tandis que le mal est lié à idées incomplètes ou inadéquates, donc à la méconnaissance ou à la privation de l'entendement. Or, personne n'est parfait et encore moins à l'abri de l'erreur.

Enfin, n'oublions pas l'impact des affects tristes ou joyeux liés à notre conatus : ils modifient notre perception des choses, notre conscience. Ainsi trouve-t-on des esclaves heureux... :roll:

Spinoza estimait qu'il faut considérer l'homme tel qu'il est, et non tel qu'il devrait être. Si le communisme a échoué, c'est parce qu'il a voulu créer un "homme nouveau" par la contrainte et dans la précipitation. Sur ces bases philosophiques, Frédéric Lordon démontre que le capitalisme a bien compris Spinoza et s'en sert de manière subtilement totalitaire, puisqu'il colonise notre conatus en flattant au maximum nos désirs, nos appétits, y compris nos instincts les plus bas, pour parvenir à ses fins.

Je vous conseille cet entretien passionnant du professeur Lordon avec Judith Bernard, sur le site d'Arrêt sur Images :

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3405 (accès libre)

Très nourrissant. :D
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Re: « Il est urgent de philosopher »

Messagede Invité » 31 Oct 2010

non, ça marche :wink:
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 31 Oct 2010

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La seconde humanité. De l’impasse majeure de ce que nous appelons l’économie

AVEC LA FONCTION MAJEURE paraît le pouvoir. Pas un pouvoir, mais vraiment le pouvoir qui s'impose
à tout et à tous : parce qu'il assure la cohérence même du monde et de l'existence. Il garantit la possibilité
d'être.
Pouvoir fait songer à l'opposition binaire des dominants et des dominés, ou encore du maître et de
l'esclave. On en sait la fortune, spécialement chez Marx; et qu'elle ouvre à la dialectique. Mais, quand
paraît la fonction majeure, le rapport est en réalité à trois termes : il y a un Maître du maître. Ainsi, par
exemple, dans un monde religieux, les prêtres sont soumis à Dieu; dans un monde guerrier, les guerriers
sont soumis à l'honneur et au service du roi ou de la patrie, et le roi lui-même doit servir la couronne, ce
«fidéicommis de la nation», comme disait Saint-Simon (le duc, sous Louis XIV). Et dans un État
révolutionnaire, ce sont les membres du Parti qui doivent montrer le plus de zèle et d'abnégation. C'est à
prendre tout à fait au sérieux : car c'est cette obéissance qui justifie le maître. S'il commande aux
autres hommes, il obéit davantage qu'eux au souverain Pouvoir. Le simple fidèle, le manant, le simple
citoyen n'ont pas les charges écrasantes du prêtre, du guerrier, du responsable du Parti.
C'est du moins ce qui assure la cohérence d'une société. Quand les maîtres commencent à dédaigner leur
Maître, à n'y point croire, à s'en moquer, la fin de la société est commencée.
Dans le règne de l'économie, les maîtres sont ceux qui disposent du pouvoir économique; ils sont du côté
de l'argent - financiers, managers, chefs d'entreprise, grands manieurs d'investissement... Ils peuvent
paraître n'obéir qu'à leurs intérêts ou leur ambition. Pourtant, ils doivent aussi, à leur façon, obéir. A qui?
Dans le règne de l’économie, le Maître du maître, c'est le désir des masses. Car tout ce fonctionnement
économique ne tient que par le profit, en tout cas la rentabilité; et la rentabilité, par la vente, directe ou
indirecte; la vente, par l'achat, l'achat par l'acheteur, l'acheteur par son désir, qui le pousse à s'approprier
l'objet de sa satisfaction.
Tout le système repose là-dessus: l'envie d'acheter. C'est pourquoi le « prêtre » de ce monde-là est le
publicitaire, qui a pour fonction d'entretenir et stimuler les désirs « Saupiquet crée l'envie » !). Et à ces
envies sans cesse croissantes sont proposées, en symétrie, des possibilités de satisfaction sans cesse
croissantes elles aussi.
Qu'il s'agisse bien du Maître, c'est ce que révèle le fonctionnement de l'économie, et cette loi du marché
qui en est le coeur : qui ne vend pas est condamné. A terme, c'est le meilleur produit au meilleur prix qui
finit par gagner. La concurrence signifie que les plus puissants seigneurs sont soumis à ce désir de
l'acheteur : la plus grande firme automobile ou de télé ou de médias ou d'informatique peut s'effondrer, si
elle cesse d'obéir à cette loi: satisfaire le demandeur.
Prodigieux court-circuit ! Dans tant de sociétés, peut-être en toutes avant la nôtre, le Maître souverain
exige que l'homme se hausse au-dessus de lui-même, il veut l'effort, le sacrifice, chez les maîtres sans
doute, mais en la masse aussi, fatalement. Et dès que la situation devient dure, le sacrifice demandé aux
masses croît vertigineusement. Grandissime exemple tout près de nous: la guerre de 1914.
Quant aux sociétés qui ,nous paraissent «jouisseuses», Bas-Empire ou Belle Époque par exemple, c'était
en fait des sociétés où le plaisir était réservé aux maîtres et qui voyaient se creuser en elles l'abîme où
elles ont sombré. Mais dans le règne de l'économie, tel que je l'évoque, c'est vraiment le désir des
masses, c'est-à-dire en chacun le désir de chacun, qui devient ou tend à devenir le Grand Maître
universel. Ainsi pour servir le souverain pouvoir, je n'ai qu'à consulter mes envies et tâcher de les
satisfaire; et les puissants eux-mêmes sont là pour m'y aider.
Oui, prodigieux court-circuit. Finie la distance redoutable, écrasante, entre ce que je désire par ma pente
naturelle et les exigences du Dieu, du Roi, du devoir, de la raison, de la patrie, de la révolution, de la
famille, des générations à venir. Quand j'achète pour « jouir », je donne du travail, je sauve l'humanité!
Tout ce qu'exige la fonction majeure est ramenée à ce dont l'individu a envie. L’ordre primordial coïncide
avec l'explosion des envies individuelles.
On conçoit qu'un tel système puisse entraîner un formidable assentiment des masses - du moins tant que
les maîtres servent ce Maître-là et qu'on en peut voir ou espérer les effets. Et les contestations et
protestations contre les abus divers dont les maîtres se rendent coupables seront alors, non pas le début
d'une révolution, mais au contraire l'adhésion renforcée à ce système, pour exiger qu'il marche.


Maurice Bellet
La seconde humanité. De l’impasse majeure de ce que nous appelons l’économie, Desclée de Brouwer, Paris, 1993, pp.25-27.
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 01 Nov 2010

domuni.org

Pour Teilhard de Chardin, la crise est l'expression d'une panne de la volonté d'avancer ; c'est
un bouleversement dans lequel les hommes et les femmes manifestent qu'ils ne
comprennent plus le monde dans lequel ils vivent, ce qui les conduit au découragement et
au désespoir. Son cri d'alarme résonne de façon quasi-prophétique pour notre temps :
"Continuez à tenir l'Homme pour un surcroît accidentel ou un jouet au sein des choses, et
vous l'acheminez à un dégoût ou à une révolte qui, s'ils se généralisaient, marqueraient un
échec définitif de la vie sur la Terre"
Il relevait que l'approche des grands changements
était repérable à certains signes, au nombre desquels l'unification du monde et la
personnalisation des consciences. Force est de constater que ces signes sont bien présents
dans nos sociétés.

Pierre Teilhard de Chardin, "Le Phénomène humain", Paris, Éditions du Seuil, collection Points Sagesse, 1960
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Le danger d'un récit unique ...

Messagede naejjm » 02 Nov 2010

Le danger d'un récit unique

... Sa(Chimamanda Adichie) conférence s'appelle "Le danger d'une histoire unique". Soit le danger qui nous guette lorsque nous nous contentons d'une seule histoire sur une personne, un peuple ou un pays. ...

Vidéo : Pour les sous-titres en français, cliquez sur "view subtitles" et sélectionnez la langue.

http://www.lavie.fr/sso/blogs/blog.php?id=67
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 03 Nov 2010

«Car enfin la justice entre les mains des puissants n'est qu'un instrument de gouvernement comme les autres. Pourquoi l'appelle-t-on justice? Disons plutôt l'injustice, mais calculée, efficace, basée tout entière sur l'expérience effroyable de la résistance du faible, de sa capacité de souffrance, d'humiliation et de malheur. L'injustice maintenue à l'exact degré de tension qu'il faut pour que tournent les rouages de l'immense machine à fabriquer les riches, sans que la chaudière n'éclate.»

Georges Bernanos dans Le journal d'un curé de campagne, de 1936.
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La rhétorique asymétrique de l'égoïsme

Messagede naejjm » 05 Nov 2010

... Pour prendre à rebours cette rhétorique absurde, retrouvons un certain courage. Osons reprocher leur égoïsme à ceux qui le maquillent sous les mots magiques et creux d’"efficacité économique", d’ "incitation au travail", de "concurrence fiscale internationale". Une fois ce changement rhétorique acquis, il sera d’autant plus facile d’imposer la fortune, d’être sévère avec les fraudeurs et autres objecteurs de conscience (fiscale), et enfin de trouver des ressources financières pour les dépenses vraiment utiles.

http://www.nonfiction.fr/article-3916-l ... goisme.htm
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 05 Nov 2010

Les nouvelles servitudes volontaires (A.Lebrun)

http://intercession.over-blog.org/artic ... 37283.html
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Décryptage « La Grande Régression »

Messagede naejjm » 07 Nov 2010

Marie-Anne Kraft

Jacques Généreux dresse un constat implacable sur les dérives et la perversité du système capitaliste néolibéral dans la mondialisation, un système destructeur tant socialement que sur le plan écologique, voire de l’espèce humaine.

1ere-partie
http://www.mediapart.fr/club/blog/marie ... ere-partie

2ere-partie
http://www.mediapart.fr/club/blog/marie ... ere-partie
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