« Il est urgent de philosopher »

Ce n'est pas parce qu'on est devenu pauvre qu'on n'a plus envie de se cultiver ou de savoir ce qu'il se passe. Partagez vos coups de cœur et bons plans => livres, musique, cinéma, télé, expos, etc...

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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 10 Mai 2010

Le déclin de la valeur esprit (Paul Valery)

"La valeur esprit a été remplacée par le fun, le diverstissement, le sport, le jeu, le tourisme, la consommation" Gilles Lipovetzky

Culture et mondialisation : France Culture : Répliques

http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra ... n_id=83455
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 17 Mai 2010

Patrick Viveret, sa formulation de la sidération (très judicieuse) puis ces réflexions sur la richesse et la monnaie :
Image
http://www.christian-faure.net/wp-video ... iveret.MP4
« Il y a suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun ».Ghandi,
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 27 Mai 2010

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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 31 Mai 2010

Eloge du pessimisme
le 31 mai 2010 par
Jacques Attali

Il court en ce moment, une petite dispute dans le monde intellectuel et politique français, qui en dit long sur ce que nous sommes : quiconque dévoile quelque risque est accusé de « pessimisme », grave accusation discréditant celui qui en est ainsi qualifié : le pessimiste voit tout en noir, donc son avis n’a pas d’intérêt, puisqu’il jurerait qu’il pleut en plein soleil.

Bien sur, il peut y avoir, dans certains cas, une dimension pathologique à un pessimisme systématique ; en, particulier quand il vient de gens pour qui tout était mieux avant, tout simplement parce qu’avant, ils étaient jeunes. Bien sur aussi, dans notre monde complexe, où les anticipations jouent un rôle déterminant, des prévisions pessimistes peuvent contribuer à un climat qui conduit au pire : par exemple en annonçant qu’un pays est insolvable, on pousse les préteurs à s’en éloigner, le rendant vraiment incapable d’honorer ses échéances.

Pour autant, il serait terriblement dangereux de discréditer le pessimisme.

D’abord parce que, malheureusement, dans les périodes les plus noires de l’histoire, les pessimistes ont eu raison ; et ceux qui les ont écouté se sont épargnés bien des désagréments. Ben Gurion avait, par exemple, raison de dire que, à sa connaissance, seuls quelques pessimistes étaient sortis vivants des camps de concentration.

Ensuite parce que ceux qui, dans les années récentes, ont annoncé l’imminence de catastrophes écologiques, économiques et financières n’ont pas été démentis par les faits.

Enfin, parce que la dénonciation systématique du pessimisme et l’apologie de l’optimisme systématique correspond à une posture de nantis : les riches peuvent se permettre d’être optimistes, parce qu’ils savent que, dans tous les maelstroms, ils s’en tireront mieux que les autres ; par exemple, la crise financière actuelle peut être pour eux une source de profit. Ainsi Guizot disait-il : « Le monde appartient aux optimistes ; les pessimistes ne sont que des spectateurs. ». En effet : les plus pauvres, eux, ne sont que des spectateurs, et ils ont raison aujourd’hui de craindre en particulier le risque de déclassement.

Dénoncer le pessimisme, c’est donc se satisfaire du monde comme il est ; et d’une certaine façon, l’optimisme est conservateur. Le pessimisme est révolutionnaire.

Etre pessimiste ne veut donc pas dire être résigné, au contraire ; cela implique d’être capable de faire l’analyse des menaces, de les comprendre, de les prendre au sérieux, et d’agir. Car on peut être à la fois pessimiste dans le diagnostic et optimiste dans l’action. Par exemple, je reste aujourd’hui, résolument pessimiste sur l’évolution à moyen terme de la crise économique et financière, si on continue à ne pas agir à l’échelle mondiale pour l’enrayer, et très optimiste sur la possibilité de la dépasser, et sur l’avenir formidable qui peut s’ouvrir au-delà.

Picabia a raison d’écrire que : « le pessimiste pense qu’un jour est entouré de deux nuits, alors que l’optimiste sait qu’une nuit est entourée de deux jours. ». Mais le pessimiste sait, comme l’écrivait le jeune Jean Racine, que les nuits peuvent être plus belles que les jours. Et que c’est justement dans l’adversité que se révèle le meilleur de l’homme.

http://blogs.lexpress.fr/attali/2010/05 ... imisme.php



"Les adversaires de la liberté aiment à lui opposer une vérité imposée. Mais une vérité imposée de force, comme une réalité tombant du ciel, n'existe pas. La vérité est à la fois voie et vie, et c'est une conquête spirituelle." Nicolas Berdiaev
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 05 Juin 2010

Juin 2010

ESPRIT

Un monde incompréhensible ?


Une crise de plus, encore une crise... Plus grave que les précéden­tes ? Peu importe, il n'y a d'emblée pour nos commentateurs/experts (toujours les mêmes) pas d'autre issue que de s'interroger sur la sortie de la crise financière dans un premier temps (d'où la liturgie permanente du Cac 40 chargée de nous rassurer sur les marchés confiants, ou non, en l'euro !). Puis de s'inquiéter des conséquences sociales dans un deuxième temps. La croissance toujours attendue n'est pas au rendez-vous ! N'importe : la rigueur en voie d'être imposée par le gouvernement de droite affecte des mesures sociales (Apl, Rsa) plus que le bouclier fiscal tandis qu'à gauche on ne lésine pas, dans les programmes annoncés, sur les dépenses publiques au risque de se cacher derrière grands emprunts et endettements qui font croire à de faux naïfs au retour de l'État keynésien. La crise est plus grave que jamais ! Mais on se rassure en saluant nos morceaux de bravoure (il est vrai que notre Président s'est donné hardiment à la tâche « européenne ») alors que le Fmi fait du Fmi en plus grand et que nos États s'accordent pour ne pas succomber les uns après les autres. L'histoire va vite, les séquences se succèdent sans qu'on puisse non pas s'arrêter mais simplement prendre un peu de distance. C'est-à-dire réfléchir un peu.

Qu'est-ce qui empêche de penser un petit peu alors que nos élites économiques continuent à tenir les rênes ? Ce n'est pas l'intelligence ni la subtilité qui manquent mais un peu de cette réflexion sans laquelle on ne touchera plus terre et on écrasera le réel sous les théorèmes. C'est donc bien notre « relation au réel », indissociable qu'elle est de notre représentation de ce qui se passe dans le monde, qu'il faut scruter. Pour interpréter et transformer, ne faut-il pas une description critique minimale ? N'est-ce pas ce que nous ont appris les penseurs du soupçon aujourd'hui tous déconsidérés (pauvre Freud !) comme si le soupçon n'avait plus de place ?

De fait, nous voyons très mal car nous oscillons désormais entre une approche qui ne sait plus délimiter notre réalité proche ou lointaine et une autre qui, à l'inverse, la limite drastiquement. Bref, deux lectures du réel fort contrastées s'imposent et embrument les esprits. Il y a une double focale, l'un est trop large, l'autre trop étroite : ou bien le réel est dévalorisé au profit d'un excès des possibles, c'est tout le sens de la révolution technologique qui libère à l'extrême la puissance illimitée du virtuel ; ou bien le champ des possibles est limité à une vision restrictive, celle d'une pratique de l'économie rivée à une représentation orthodoxe du marché. Celle de l'homo œconomicus, celui qui a un seul but (l'intérêt égoïste), une seule méthode (l'optimisation), l'unique étalon de la valeur marchande, et comme référence décisive le prix (« je vaux ce que je coûte »).Cet état de fait conduit à une situation qui crée des « disjonctions » et des « disjonctés » : d'une part, l'« illimitation » d'un réel spongieux et protéiforme car tiré par le virtuel qui mise sur tous les claviers du possible et, d'autre part, un réel capté et « limité » par une logique économique aspirante et restrictive. Plus encore, ces deux visions des choses peuvent s'accorder comme on l'a vu dans le cas de la crise des subprime qui est incompréhensible sans le recours au virtuel. Tel est l'état flou et ambivalent d'un réel qui ne sait plus se limiter tout en se courbant devant les impératifs limités de l'économique. Quel brouillage ! Quelle irresponsabilité ! En effet, la marchandisation à outrance oublie que le marché, la monnaie et la terre sont des fictions qui ont un effet sur nos vies et doivent donc être « vivables », « soutenables » et « durables ».

Pour faire du marché un principe général de la régulation de la vie économique, il faut faire comme si la terre, le travail et la monnaie étaient des marchandises, alors que ce n'est pas bien sûr le cas. L'économie de marché repose aussi sur des fictions juridiques. Or les fictions juridiques ne sont pas des fictions romanesques : elles ne sont soutenables qu'à la condition d'être humainement vivables1.

Dès lors, comment s'y retrouver dans ce capharnaüm labyrinthique d'une réalité à double face, à double tranchant, entre trop-plein et restriction, entre desserrement des possibles à l'infini et resserrement marchand, entre « illimitation » et limitation ? Invoquer le politique une fois encore ! Mais comment faire de la politique si le réel échappe ? Comment interpréter et transformer si on ne sait plus où on est, où on en est ! Le risque est qu'il ne reste plus de la politique que du pouvoir et de l'histoire en cours des processus...

Esprit



1. Alain Supiot, l'Esprit de Philadelphie. La justice sociale face au marché total, Paris, Le Seuil, 2010, p. 60.


http://www.esprit.presse.fr/index.php
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 31 Juil 2010

Conférence donnée le 7 Mars 2010 au Lieu Unique -
Nantes

Face aux difficultés de notre monde contemporain, Robert Misrahi examine la possibilité d’un dépassement en s’appuyant sur la doctrine de la liberté à deux niveaux et sur les conditions d’un passage de la réversibilité à la réciprocité . Dans la perspective d’un accès à la joie d’être, une sociabilité heureuse pourrait s’instaurer.

http://philosophies.tv/spip.php?article222
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 31 Juil 2010

Robert Misrahi évoque sa vie à propos de son dernier livre "Le Travail de la liberté".

: Bonheur, joie, liberté

http://www.dailymotion.com/video/x7kqq3 ... e_creation
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 03 Aoû 2010

« Ne plus se hisser au-dessus des autres »
Leur écologie et la nôtre

Visionnaire, le philosophe André Gorz avait prévu, dans ce texte paru en 1974, la récupération de l’écologie par l’industrie, les groupes financiers — en un mot, le capitalisme.
Par André Gorz


Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n’y a pas de pauvres.

http://www.monde-diplomatique.fr/imprim ... ae1eb99632
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Cette vitesse qui nous paralyse ...

Messagede naejjm » 09 Aoû 2010

Résumé : Poursuivant le projet de l’École de Francfort, Hartmut Rosa élabore une théorie critique qui dénonce les effets pathologiques de l’accélération dans la société postmoderne.

... Le paradoxe majeur est que le progrès technique, censé libérer du temps libre, s’accompagne au contraire d’une "raréfaction des ressources temporelles", dans la mesure où il est motivé par une exigence de croissance toujours plus élevée : produire davantage, se déplacer plus loin et plus souvent, multiplier les échanges sociaux, etc. Loin de vivre plus sereinement, nous sommes soumis à une course déchaînée contre la montre. ...


http://www.nonfiction.fr/article-3579-c ... ralyse.htm
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«Il y a une limite à la vitesse que l'homme peut supporter»

Messagede superuser » 09 Aoû 2010

Oui : j'avais lu son interview dans le Télérama du 30 juin. Malheureusement, on ne la trouve pas sur le Net...
Résumé/extraits :

Selon Hartmut Rosa, il y a trois types d'accélération. La première est technologique (moyens de transport, communication…). La deuxième est celle du rythme social, qui déstabilise nos types d'agrégation et rend nos connaissances de + en + vite obsolètes. La troisième est celle du rythme de la vie elle-même, où nous augmentons notre productivité tous azimuts. La pression pour accélérer est partout : à l'école, au boulot, dans la vie quotidienne. C'est Sisyphe. Et, surtout, personne ne sait ce qui l'attend demain.

Il estime que la société moderne a besoin d'accélérer, d'innover pour maintenir… le statu quo. Nous n'avons pas besoin d'accélérer pour améliorer les choses, mais pour les maintenir en l'état et garantir l'ordre social. Sans cette accélération permanente, l'économie s'écroulerait sur elle-même et entraînerait à sa suite notre système de protection sociale, nos structures politiques et toute notre culture. Ce système social qui ne parvient à se reproduire que de façon dynamique et à une vitesse folle est un phénomène unique dans l'histoire de l'humanité.

Il y a une limite à la vitesse que l'homme peut supporter, sur le plan individuel comme sur les plans politique et écologique. Et cette limite a été atteinte : nous épuisons nos ressources naturelles et nous produisons des déchets à un rythme beaucoup trop élevé pour nos écosystèmes; la nécessité de "garder les moteurs allumés" en permanence, d'être "à fond" dans la vie sociale et professionnelle pompe les énergies collectives.

La politique contemporaine ne définit plus la société : elle se limite à garder les moteurs allumés et la compétition vivace en fustigeant l'immobilisme. Du coup, les signes de basculement dans l'âge post-démocratique se multiplient : épuisés par les exigences de la vie sociale, limite aliénés, les gens sont incapables de se réinsérer aussi vite qu'il le faudrait. Ils sont "cramés", deviennent dépressifs sinon suicidaires, quand ils ne se tournent pas vers des formes de fondamentalisme qui leur donnent l'impression de retrouver une certaine stabilité. Au total, ils sont "désynchronisés". On retrouve cette désynchronisation entre les gens pressés qui courent après leur train en râlant sur les retraités qui marchent lentement; entre le capitalisme financier qui engrange des profits en quelques secondes et l'économie réelle qui a besoin de temps pour produire et investir.

Nous devenons esclaves de la vitesse que nous avons instaurée depuis la modernité des Lumières : sauf que l'autodétermination prônée par les Lumières a fait place à l'adaptation, pour ne pas dire la soumission (car les structures temporelles de la société ne sont ni des données naturelles, ni des choix individuels mais des constructions sociales). Si nous ne mettons pas un frein à la vitesse et à la compétition, nous allons vers une guerre majeure ou un désastre écologique où la condition humaine virera au tragique.

Hartmut Rosa conseille que l'on se demande quelle vitesse nous souhaitons adopter afin de vivre une "bonne vie" (concept à définir également) et prône, sans illusion, l'autonomie et la solidarité.
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Dame sobriété

Messagede naejjm » 13 Aoû 2010

Dame sobriété

Jacques de Guillebon

... Nous n’étions les maîtres de rien en vérité, mais les esclaves de beaucoup, c’est certain. Esclaves de l’argent au premier chef, ce maître dur, ce maître froid, ce maître tranchant qui n’en supporte aucun autre à ses côtés, mais qui délègue à des demi-dieux factices les reliefs de l’adoration qui lui est due. Demi-dieu le spectacle, demi-dieu le confort, demi-dieu la science satisfaite, demi-dieu la technologie aliénante, demi-dieu le pouvoir, demi-dieu le satisfait mépris du prochain. ...

... Au feu, les émoluments mirobolants des anciens ministres chargés de mission ! Au feu, le salaire des adolescents footballeurs à qui l’on donna les clés de la ville ! Au feu les privilèges des dignitaires de l’État ! Mais au feu aussi les appétits de fric, de puissance et de jouissances des gamins des cités qui ne sont en dernier ressort que les petits-enfants des soixante-huitards ! Au feu les révoltes de playstation ! Au feu les leçons de ces hommes d’ancien régime qui ne réclament, syndicats dévastés, partis de gauche atteints de psittacisme ou intellectuels en retard de deux guerres, qu’un peu plus de facilité, de débraillé, de fange, de bauge, de gourmandise et de luxure ! ...

http://www.lanef.net/t_article/dame-sob ... llebon.asp
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La sobriété heureuse de Pierre Rabhi

Messagede naejjm » 15 Aoû 2010

Pierre Rabhi, reprenant les concepts fondamentaux de l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen, convainc lorsqu'il explique que l'économie contemporaine n'a rien d'économique. A la base de l'économie se trouvent la recherche du toujours plus et l'esprit de concurrence. Les individus sont sous l'emprise de la crainte de manquer, alors qu'ils sont en même temps manipulés par la machinerie marketing qui, de manière permanente, génère de nouveaux besoins. Comment rompre cet enchaînement ? "La société, c'est chacun d'entre nous", dit Pierre Rabhi: il ne sert à rien de vouloir modifier ses structures si les individus n'entreprennent pas de se changer eux-même. Changer, c'est d'abord s'apaiser intérieurement et apaiser ses relations avec son entourage, renouer les liens, retrouver la convivialité ...

http://plusconscient.net/decroissance/5 ... erre-rabhi
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peurs irrationnelles

Messagede superuser » 16 Aoû 2010

Je remarque que ceux qui craignent de manquer ne manquent de rien,
à l'instar de ceux qui votent pour le FN alors qu'ils n'ont pas un Noir ou un Arabe dans leur village. :mrgreen:
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Re: « Il est urgent de philosopher »

Messagede tristesir » 17 Aoû 2010

"La société, c'est chacun d'entre nous", dit Pierre Rabhi: il ne sert à rien de vouloir modifier ses structures si les individus n'entreprennent pas de se changer eux-même. Changer, c'est d'abord s'apaiser intérieurement et apaiser ses relations avec son entourage, renouer les liens, retrouver la convivialité


De la philosophie de bazar pour bobos. Pardon d'être désagréable mais ce type a le don de m'agacer

Les Etres humains ont un corps qu'ils doivent entretenir pour survivre, ils ont besoin de se nourrir.
Cette philosophie s'adresse à des gens bien nourris dont le corps ne se rappelle pas à tous les instants pour distiller la souffrance du manque de nourriture, du manque de soins pour cause de pauvreté et de dénuement le plus total.

Cette philosophie prône le renoncement et non pas la révolte. Je veux bien qu'on se change soi-même mais pas dans le sens de la résignation et pas pour gérer la pénurie pendant qu'une minorité s'accapare tout.

Les problèmes sont collectifs et se résument essentiellement à des problèmes de partage des richesses.
L'avenir appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt.
Le travail c'est la santé du capital.
Tout travail mérite patron.
Si tu n'as pas délocalisé une usine Molex avant 50 ans, tu as raté ta vie !
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« Il est urgent de philosopher »

Messagede naejjm » 29 Aoû 2010

GRAND ENTRETIEN AVEC HARTMUT ROSA, AUTEUR DE l'ESSAI

"ACCELERATION. UNE CRITIQUE SOCIALE DU TEMPS" (LA DECOUVERTE)

NEWS NEWS NEWS. L’homme contemporain court désespérément sur une pente qui s’éboule. Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l’oubli, la désocialisation. Voilà le portrait du moderne, selon le sociologue allemand Hartmut Rosa. Le temps désormais s’accélère et nous dévore, comme hier Cronos ses enfants. L’accélération technique, au travail, sur les écrans, dans les transports, la consommation, a mené à l’accélération effrénée de notre rythme de vie. Puis à précipité le changement social. Rien n’y résiste. Les métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, aucun emploi n’est assuré, les derniers logiciels sont déjà dépassés, les traditions et les savoir-faire disparaissent, les couples ne durent pas, les familles se recomposent, l’ascenseur social descend, le court-terme règne, les événements glissent, les informations défilent en bas des écrans. L’impression de ne plus avoir de temps, que tout va trop vite, que notre vie file, d’être impuissant à ralentir nous angoisse et nous stresse. Ainsi Harmut Rosa, 45 ans, professeur à l’université Friedrich Shiller de Iéna, développe sa « critique sociale du temps » de « la modernité tardive » dans sa magistrale étude, « Accélération » (La Découverte, mai 2010). Après les études inquiètes de Paul Virilio sur la vitesse, il nous interroge sur la dissolution de la démocratie, des valeurs, de la réflexion, de notre identité, emportés par la vague de l’accélération.

Entretien de rentrée, alors que déjà, tous, congés derrière nous, on blinde, on cavale, on se magne... (publié dans Le Monde Magazine, 28 août)

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