"Le travail, non merci !"

Ce n'est pas parce qu'on est devenu pauvre qu'on n'a plus envie de se cultiver ou de savoir ce qu'il se passe. Partagez vos coups de cœur et bons plans => livres, musique, cinéma, télé, expos, etc...

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"Le travail, non merci !"

Messagede tristesir » 09 Fév 2011

"Le travail, non merci !", livre de Camille Dorival

Image

Présentation de l'éditeur:
En quelques mots Leur mot d’ordre ?? Travailler moins, voire pas du tout ?! Portraits de militants du temps ­libre, de chômeurs épanouis, et autres adeptes du non-travail. Des portraits qui s’accompagnent d’une réflexion sur le travail aujourd’hui. Un livre en partenariat avec Arte éditions et Arte radio.

Le livre Travailler plus pour gagner (peut-être) plus, travailler le dimanche, travailler plus longtemps... La " valeur travail " voit ses actions grimper plus que jamais ?! Un drôle de paradoxe dans une société qui compte quatre millions de chômeurs et où la souffrance s’invite souvent au contrat.

À rebours de ce discours, ils sont de plus en plus nombreux à refuser de mettre le travail au centre de leur vie. Ils assument de ne pas travailler, ou le moins possible. Cela ne les empêche pas d’être actifs ? : ils s’investissent dans des associations, ont une activité créatrice. Corollaire évident ? : ils consomment moins, ou différemment. Ni flemmards ni profiteurs, ils ont souvent un regard politique sur ce mode de vie. Certains prônent même la décroissance ? : une frugalité volontaire, un refus de la consommation à outrance, afin de préserver les ressources de la planète.

Le livre propose de nombreux portraits de ces objecteurs de travail, et interroge ? : à quoi sert le travail pour chacun d’entre nous ?? Peut-on vivre sans travailler ?? Le temps libre est-il condamnable ?? Le " revenu d’existence " est-il une utopie réaliste ?? Économistes et sociologues (Dominique Méda, Denis Clerc, Alain Lipietz...) apportent leur pierre au débat.

L’auteur Camille Dorival est journaliste au magazine Alternatives Économiques, où elle est chef de la rubrique sociale, et vice-présidente de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). Elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris.


http://www.alternatives-economiques.fr/ ... 4_liv.html
L'avenir appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt.
Le travail c'est la santé du capital.
Tout travail mérite patron.
Si tu n'as pas délocalisé une usine Molex avant 50 ans, tu as raté ta vie !
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede lobozo » 22 Fév 2011

j'ai trouvé cet extrait, je n'ai pas encore eu le temps de le lire:

http://www.lespetitsmatins.fr/upload/extrait_82.pdf
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L'Emploi, non merci !

Messagede superuser » 23 Fév 2011

«Comment peut-on ne pas travailler ?» (titre de l'introduction) est une question idiote, basée sur un faux postulat.

Désolée, mais tout le monde travaille ! Tout le monde, à tout moment et à tout âge, exerce une ou plusieurs activités utiles à lui-même et/ou autrui. Le retraité qui bricole ou cultive des légumes dans son jardin travaille. La femme au foyer qui éduque ses enfants et effectue des tâches domestiques travaille. L'enfant qui va à l'école, l'étudiant qui planche sur son mémoire travaillent. Le chômeur qui exerce une activité bénévole dans une association travaille.

Quand le chômeur dit «Je n'ai pas de travail», il se trompe et devrait dire «Je n'ai pas d'emploi». Car c'est l'«emploi» qui donne une (fausse) légitimité et une soi-disant «valeur» à notre travail. L'«emploi» est l'institution qui le monnaie, le dévalorise, l'enferme et le dénature : pour bien comprendre, il faut lire André Gorz.

«Comment peut-on vivre en dehors de l'emploi ?», telle est la vraie question.

Et pour être exacte, Camille Dorival aurait plutôt du intituler son livre «L'emploi, non merci !»
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]«L'emploi, non merci !»

Messagede Pili » 23 Fév 2011

«L'emploi, non merci !»:
wink: oui

et aussi Bernard Friot explique bien en "finir avec l'emploi,mais pas avec le travail"

http://www.dailymotion.com/video/xh3iqg ... ptage_news
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede superuser » 07 Nov 2011

Je l'ai trouvé à la bibliothèque et suis en train de le lire.

C'est pas mal du tout !!! :D

Je vous le conseille.
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede romm » 03 Déc 2011

D'accord sur l'idée que la nature du travail/emploi/salariat est à repenser, les écrits de André Gorz, du groupe Krisis, de la critique radicale de la valeur étant très intéressants.

Sur l'utilisation de cette notion de travail/emploi, ne devrait-on pas plutôt questionner l'usage qui veut/fait que l'on utilise le terme emploi (employeur, pole-emploi, employé, etc).
Comme tout cela est question de mot, le littré dit (il est intéressant de lire toutes les acceptions de la définition et non seulement celle qui nous intéresse pour comprendre sa place dans notre langue)
http://littre.reverso.net/dictionnaire- ... travailler
Causer du malaise, de la souffrance physique.
Tourmenter, inquiéter.
Occuper, préoccuper.
Mais aussi "Soigner, exécuter avec soin."

Pour "emploi" c'est au contraire très neutre, contrairement au "travail" qui est plutôt négatif dans les définitions.
http://littre.reverso.net/dictionnaire- ... ion/emploi

Donc n'est-ce pas plutôt "tout le monde s'emploi à", n'est-ce pas un "emploi" que l'on effectue lorsque l'activité pratiquée est librement consentie ? Lorsque l'on entretien le potager, cuisine, bricole, en gros toute activité non soumise à rémunération.

J'utiliserai plutôt volontiers le terme travail pour toute activité salariale. Emploi est trop neutre, et n'est-ce pas un hasard si le Travail salariale, le travail subi, non choisi (pour la majorité des travailleurs, la "nécessité de gagner de l'argent" biaisant toute réflexion), simple échange monétaire salariale est étatiquement donc officiellement et donc usuellement nommé "Emploi" !
Ceux qui ont affaire à pole-emploi étant en grande partie la majorité pauvre, qui travaille car "pas le choix", car à aucun moment la question ne s'est posé de la nature salariale de la société, et qui dans cette fatalité essaye de trouver le travail le moins pire (sic) et de se convaincre que c'est un choix libre, pour les plus chanceux qui ont effectivement une marge de choix.
Comme si le caissier du super-U du coin s'était dit "tiens, cette année, je vais m'employer à cette tâche de caissier, ça me tente bien".
Il me semble donc que le terme le plus adéquat et précis est Salariat, car il s'agit bien d'une occupation corporelle échangée avec un salaire (que l'ont soit employé, libérale ou fonctionnaire).
Donc Pole-Salariale.

Et le chômeur ne devrait pas dire "je n'ai pas d'emploi", car il s’emploie à plein de chose. Il devrait donc dire, si l'on veut être juste sur les termes, "je ne suis actuellement pas soumis à un contrat salariale". Car on y est soumis, c'est un cadre précis, une obligation non discutable une fois signée (mais en fait même avant, l'utopie libertarienne/libérale du contrat librement consenti fait rire), qui règle notre vie, notre emploi du temps et la définition de ce temps.
N'est-ce pas même une soumission, car l'on se soumet, même de manière voulue et choisie, à une activité salariale, à un rythme précis d'activité. Mais le terme soumission étant négatif, le terme emploi passe mieux.
C'est vrai que l'on peut également dire qu'en cultivant un potager on se soumet à un rythme, celui de la nature.
L'usage des mots est donc complexe et infiniment discutable, limite fatiguant quand on y réfléchie trop.

Mais personnellement je ne dirai jamais "j'ai un emploi" :)
Et j'accepte donc de dire "le travail, non" (merci étant trop religieux!), travail étant synonyme de salariat pour moi, même si je m'y soumet.

Mais peut-être la lecture du livre permet-elle d'avancer sur ce point ? :)
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede superuser » 04 Déc 2011

romm a écrit:Mais peut-être la lecture du livre permet-elle d'avancer sur ce point ? :)

Pas suffisamment, hélas. C'est le reproche que je lui fais.

La distinction entre "travail" et "emploi" est évoquée dans un chapitre autour des "activités non marchandes" (travail domestique, éducation des enfants, bénévolat, etc), mais elle ne constitue pas le premier chapitre du livre, ce qui à mes yeux aurait été fondamental pour asseoir son sujet.
Du coup, le livre est peu décousu, même s'il est intéressant (j'avoue que de la part d'un membre du staff d'Alternatiques Economiques, qui sont trop souvent consensuels à mon goût - sociaux démocrates —, je m'attendais à pire).
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede superuser » 04 Déc 2011

romm a écrit:J'utiliserais plutôt volontiers le terme travail pour toute activité salariale.

Pas d'accord.
Voici ma vision des choses :

Le travail est un terme générique.
Au sens anthropologique, on appelle habituellement "travail" l'activité par laquelle les humains façonnent et transforment leur milieu de vie.
Au sens philosophique, le concept de "travail" englobe les dimensions multiples de l’activité humaine.

Travail = activité, qu'elle soit rémunérée ou non.
Il peut être agréable (créatif et épanouissant : c'est la poiesis, le travail de l'artisan, de l'artiste, du "producteur", ou la praxis, activité non utilitaire mais intellectuelle qui comprend la réflexion, l'enseignement, le débat politique et philosophique…) ou désagréable (on peut détester faire le ménage, mais on le fait quand même : c'est le travail-corvée, ou ponos), ou les deux à la fois (par exemple, élever des enfants relève du ponos et de la praxis).
Il est donc librement consenti, l'intérêt personnel pesant lourd dans la balance : qu'il relève du plaisir ou de la survie, il doit avoir un sens.

L'emploi, c'est un travail que l'on doit exécuter sous contrat en échange d'une rémunération.
Emploi = activité salariée.
Salariat = ensemble des actifs exerçant une activité salariée, ou statut des actifs sous contrat de travail.
Le contrat de travail implique un lien de subordination : le salarié s'engage à œuvrer sous la direction et le contrôle de celui qui le paie en échange de sa force de travail.
Cette subordination est dite "volontaire", y compris pour ceux qui vont bosser à reculons parce qu'ils n'ont pas le choix. :?
Cette subordination existe à d'autre niveaux (professions indépendantes, sous-traitance, etc…) chaque fois qu'il s'agit de délivrer un savoir-faire contre de l'argent via un contrat.

Pour André Gorz, salariat = dépossession du travail :

http://www.actuchomage.org/Les-dossiers ... avail.html


N'est comptabilisé dans le PIB et considéré par la société que le travail/l'activité à qui on attribue une valeur marchande.
Pourtant, les activités non marchandes (qui sont du travail non rémunéré) pèsent lourd dans la création de richesses d'un pays :

http://www.actuchomage.org/201103061454 ... ndesr.html

romm a écrit:Et le chômeur ne devrait pas dire "je n'ai pas d'emploi", car il s’emploie à plein de chose. Il devrait donc dire, si l'on veut être juste sur les termes, "je ne suis actuellement pas soumis à un contrat salarial"

On va le tourner autrement...
Je reprends les termes de Bernard Friot : le chômeur ne devrait pas dire "Je n'ai pas de travail" mais plutôt "Je n'ai pas d'emploi".
Tout chômeur est, comme chaque être humain, amené à exercer des activités multiples afin d'améliorer son quotidien. Mais ces activités ne sont pas rémunérées dans le cadre d'un contrat de travail (sauf celle de chercher activement un emploi, ou d'agir en vue de créer une activité génératrice de revenu, donc ayant une valeur marchande : c'est pour ça que Pôle Emploi l'indemnise).

Enfin, je vais chipoter sur ton usage du verbe "s'employer". S'employer à quelque chose, c'est déployer son énergie dans une activité qui n'a pas forcément un lien avec l'emploi. Employer, c'est utiliser (un objet, ou quelqu'un).
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede romm » 04 Déc 2011

J'ai plutôt l'impression que l'on est d'accord sur le fond, mais qu'il s'agit juste d'un problème de termes.

Si : Travail = activité, qu'elle soit rémunérée ou non.
Ou commence l'activité ? Est-ce que la vie n'est pas activité ? Donc, avec cette définition de travail : vie = travail. Donc inutile d'employer le terme travail.
Ou alors la vie n'est pas qu'activité ? Mais si elle n'est pas qu'activité, que peut-elle être d'autre ? Passivité ?
En reprenant tes 2 définitions, est-ce que ce que l'on appellera passivité (la randonnée est-elle passivité ? Lire un livre ? Regarder la Télé ? Observer la nature et penser ?) n'est pas également quelque chose qui façonne et transforme notre milieu de vie ? Que ce soit en laissant les autres faire (alors que l'on est contre leur façon de transformer notre milieu de vie, qui est commun), ou en pensant et donc influençant nos actions futures. C'est une certaines façon d’influencer la transformation du milieu de vie.
Ca renvoie d'ailleurs à la responsabilité personnelle. N'est-on pas tous activement responsable par notre passivité face à des actes étatiques qui nous déplaisent ? En gros, une neutralité est-elle possible ?

L'emploi, c'est un travail que l'on doit exécuter sous contrat en échange d'une rémunération.
Emploi = activité salariée.
Salariat = ensemble des actifs exerçant une activité salariée, ou statut des actifs sous contrat de travail.
salariat = dépossession du travail
S'employer à quelque chose, c'est déployer son énergie dans une activité qui n'a pas forcément un lien avec l'emploi. Employer, c'est utiliser (un objet, ou quelqu'un).

Je comprend pas ici d'où vient le terme emploi. A quel moment de l'histoire et qui a dit que l'emploi c'était cela ? Il semble tomber là sans aucune logique.
Pour le travail, j'accepte/comprend la définition. Mais quand je dis que "J'utiliserais plutôt volontiers le terme travail pour toute activité salariale", c'est que je ne dirai jamais que je travail à jardiner, je travail à bricoler, je travail en m'occupant d'enfants, je travail en débattant. Je dirai simplement que je jardine, je bricole, je m'occupe d'enfants, je débats. Pourquoi chercher à catégoriser.

Ce problème de terme touche au problème même du travail/emploi/salariat et à son dépassement. Si c'est le salariat qu'il faut dépasser, c'est donc le salaire, donc l'argent (ou pas?), et donc que peut-être une société sans argent, est-ce possible, et comment agiraient les forces sociales (lesquelles ?) sur chacun pour déterminer qui fait quoi. Ca touche donc également à la conception de la communauté, aux pouvoirs politiques, à la justice...
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede Murie » 04 Déc 2011

Pour ma part, le mot “emploi“ m'a toujours paru bizarre, voire suspect. « Je m'emploie à faire un travail.... pour un autre » :?
Pourquoi ne pas dire directement «contrat salarié» ?
“Emploi“ ça glisse mieux ? Ça fait moins mal que “travail“ (= labeur) et moins direct/patronale que “salarié“ ?
Je dirais que le travail répond soit à une contrainte (toute activité - artistiques ou autres - a sa part de contraintes, et dans ce cas là je préfère employer ce mot), soit à un besoin (celui de survivre).

Ainsi que le disait Henry Laborit (Eloge de la fuite) :

« L'Homme est un être de désir. Le travail ne peut qu'assouvir des besoins. Rares sont les privilégiés qui réussissent à satisfaire les seconds en répondant au premier [j'ajoute au moins de manière équivalente]. Ceux-là ne travaillent jamais.
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Re: "Le travail, non merci !"

Messagede superuser » 04 Déc 2011

romm a écrit:J'ai plutôt l'impression que l'on est d'accord sur le fond, mais qu'il s'agit juste d'un problème de termes.

C'est pourquoi j'ai mis mon grain de sel : les mots sont importants, et mieux vaut être précis. :wink:

romm a écrit:Si : Travail = activité, qu'elle soit rémunérée ou non.
Ou commence l'activité ? Est-ce que la vie n'est pas activité ? Donc, avec cette définition de travail : vie = travail. Donc inutile d'employer le terme travail.

Tu as raison, tout est travail, qu'il soit physique ou intellectuel. A la clé il y a une production/transformation, qu'elle soit matérielle ou de l'ordre des idées, qu'elle soit marchandise ou non. Hélas, notre société accorde plus de valeur à ce qui se vend et se quantifie financièrement, l'enrichissement intellectuel et le travail/les activités non marchand(es) étant méprisés.

Tu as raison, dans l'absolu, la vie est "activité" : même quand on dort, notre organisme travaille.

Mais il n'est pas inutile d'employer le mot "travail".
"Travail" est surtout synonyme d'effort (le fameux trepalium).
Le mot "activité", volontiers synonyme d'occupation ou de passe-temps, a un double sens : il concerne l'exercice d'un travail mais aussi la détente, indispensable pour recharger ses accus. Et c'est là que ça se corse...

L'usage du terme "inactivité" est fallacieux, dans le sens où il est utilisé pour des populations considérées comme "inactives".
Un "actif" (grossier terme statistique) est quelqu'un qui est en âge de travailler, c'est-à-dire d'être "en emploi" ou de s'adonner à une activité lucrative/marchande. Pourtant, les enfants scolarisés, les femmes au foyer ou les retraités ne sont pas inactifs. Ils travaillent, eux aussi, ou exercent tout un tas d'activités.

romm a écrit:Ou alors la vie n'est pas qu'activité ? Mais si elle n'est pas qu'activité, que peut-elle être d'autre ? Passivité ?
(...) Que ce soit en laissant les autres faire (alors que l'on est contre leur façon de transformer notre milieu de vie, qui est commun), ou en pensant et donc influençant nos actions futures. C'est une certaines façon d’influencer la transformation du milieu de vie.
Ca renvoie d'ailleurs à la responsabilité personnelle. N'est-on pas tous activement responsable par notre passivité face à des actes étatiques qui nous déplaisent ? En gros, une neutralité est-elle possible ?

Tu pousses un peu, là ! :lol: Le contraire de l'activité n'est pas systématiquement la passivité.
Le salarié qui est obligé d'accomplir un travail pour lequel il est payé mais qui ne lui apporte aucune satisfaction est, en quelque sorte, passif. Il subit bien qu'étant "actif", ou tout du moins considéré comme tel.
La passivité, c'est quand on subit sans intervenir, à quelque échelle que ce soit (là : changer de boulot, ou alors défendre ses droits et tout simplement se faire respecter).

Oui, tu as raison : la passivité (ou la "neutralité") de bon nombre de nos concitoyens est synonyme d'irresponsabilité. Ça peut être dramatique quand on pense à ce qui s'est passé durant la seconde guerre mondiale...

romm a écrit:En reprenant tes 2 définitions, est-ce que ce que l'on appellera passivité (la randonnée est-elle passivité ? Lire un livre ? Regarder la Télé ? Observer la nature et penser ?) n'est pas également quelque chose qui façonne et transforme notre milieu de vie ?

Comme je viens de te le lire, la randonnée est une activité de détente, pas du tout passive. Elle ne transforme pas notre milieu de vie (sauf si en marchant on balance ses déchets en pleine nature), mais transforme intérieurement celui qui l'exerce.
Penser — même si la passivité n'est qu'apparente — est plutôt un travail.
Lire un livre ou regarder la télé est entre les deux : tout dépend ce que tu lis ou regardes. :lol:
En ce qui concerne la télé, on en revient à la passivité : ou on accepte de subir un lavage de cerveau débilitant pour soi-disant se détendre, ou on se détend en apprenant quelque chose (on réactive ses neurones).

romm a écrit:Je comprend pas ici d'où vient le terme emploi. A quel moment de l'histoire et qui a dit que l'emploi c'était cela ?

Le terme "emploi" est apparu dans le sillage de la création du contrat de travail, au début du 19e siècle.

romm a écrit:Pour le travail, j'accepte/comprend la définition. Mais quand je dis que "J'utiliserais plutôt volontiers le terme travail pour toute activité salariale", c'est que je ne dirai jamais que je travail à jardiner, je travail à bricoler, je travail en m'occupant d'enfants, je travail en débattant. Je dirai simplement que je jardine, je bricole, je m'occupe d'enfants, je débats. Pourquoi chercher à catégoriser.

La langue française est ainsi faite, même si les tours de passe-passe sémantiques (les cotisations patronales qui sont devenues des "charges", etc) ont beaucoup influé.
"Travailler à" (tout comme "s'employer à") est une variante de langage qui signifie qu'on déploie de l'énergie pour quelque chose.
Par exemple, si je dis trop de gros mots et que je décide de mieux m'exprimer afin de ne pas choquer mes interlocuteurs, je dis que "je vais travailler à parler moins vulgairement". Si je suis naïve et que je me fais souvent couillonner, je me promets de "m'employer à plus de vigilance". Dans les deux cas, il s'agit bien de travail sur soi, qui nécessite un effort de transformation/production.

romm a écrit:Si c'est le salariat qu'il faut dépasser, c'est donc le salaire, donc l'argent (ou pas?), et donc que peut-être une société sans argent, est-ce possible, et comment agiraient les forces sociales (lesquelles ?) sur chacun pour déterminer qui fait quoi. Ça touche donc également à la conception de la communauté, aux pouvoirs politiques, à la justice...

A mon humble avis, une société sans argent (c'est-à-dire un outil d'échange commun et étalonné) est impossible.

De toutes façons, ce n'est pas l'argent, le problème : c'est la "profitation", comme on dit aux Antilles (le profit et ses excès). Le cancer de la société, il est là. Pour reprendre la métaphore du thermomètre et de la fièvre, l'argent n'est qu'un outil que l'être humain utilise.

Il faut plutôt dépasser le salariat, qui sert à utiliser les humains pour faire du fric. André Gorz prônait le revenu d'existence. Une idée qui fait son chemin :

http://www.actuchomage.org/Les-dossiers ... esque.html

Ce "revenu universel" est, d'ailleurs, abordé - quoique mollement - dans un chapitre du bouquin de Camille Dorival.
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