Vers 100% d’augmentation du chômage sur un an

Dimanche, 31 Mai 2020 16:19
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Les 6 à 7 millions de chômeurs de catégorie A seront probablement atteints.

altCe que nous redoutions se confirme : Nous n’allons pas manquer de travail sur Actuchomage dans les douze mois à venir.

Les premières données indiquent sans conteste que le tsunami Chômage 2020 - que nous annonçons depuis mars - va bien nous submerger.

Ses vagues successives devraient être plus dévastatrices que nous ne l’envisagions.

Partant du principe que le PIB français pourrait se rétracter de 12 à 15 points (1), nous estimions en avril que deux millions de chômeurs supplémentaires pourraient gonfler les effectifs de la catégorie A. Ce qui porterait le nombre officiel de demandeurs d’emploi à 5,5 millions contre 3,5 avant la crise Covid-19, soit 60% d’augmentation sur un an. Auxquels s’ajouteraient 2 millions de personnes inscrites dans les autres catégories. 

Le chômage total ou partiel pourrait donc impacter de 7 à 8 millions de personnes.

Mais les indicateurs confirment qu’on s’oriente plus vraisemblablement vers les 6,5 à 7 millions de chômeurs de catégorie A, soit près de 100% d’augmentation sur un an

En un mois et demi (du 17 mars à la fin avril), leur nombre a bondi d’un million, passant de 3,5 (avant crise sanitaire) à 4,5. Et la récession ne fait que commencer…

Même les entreprises soutenues par l’État (Air France avec 7 milliards d’euros, Renault avec 5 milliards) envisagent des «compressions de personnel» portant sur des milliers de salariés.

Et que va-t-il se passer dans celles qui ne bénéficient pas du soutien de la puissance publique ?

Combien de licenciements vont toucher les 800.000 salariés des secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, à l’arrêt en mars, avril et mai, dont l’activité reprend progressivement en juin. Le chiffre d’affaires déjà perdu et le manque à gagner qu’imposeront les mesures de distanciation sociale pendant l’été ne se rattraperont jamais. Les plus fragiles (ils sont nombreux dans la restauration) mettront la clé sous la porte à l’automne, au mieux.

D’autres secteurs sont dans la tourmente :

• Les loisirs culturels qui emploient des dizaines de milliers d’intermittents et techniciens. La quasi-totalité des festivals de théâtre et de musique qui animent et dynamisent la saison touristique estivale sont annulés. Les intermittents et techniciens du spectacle ne travailleront pas assez pour s’ouvrir des droits à l’assurance-chômage. Beaucoup vont basculer dans une grande précarité.

• Le commerce pourrait lui aussi payer au prix fort la crise qui s’accélère, notamment les magasins qui réalisent une bonne part de leurs chiffres d’affaires avec la clientèle étrangère. Ils sont nombreux à Paris. Mais pas seulement ! Dans les stations balnéaires réputées (Nice, Cannes, Biarritz…), autour des Châteaux de la Loire, dans les régions viticoles (Bordelais, Champagne…).

• Des dizaines de milliers de jeunes en région parisienne notamment, se trouvent aujourd’hui sans emploi ou en activité réduite du fait du fonctionnement partiel des aéroports de Paris (premier employeur d’Île-de-France), de la fermeture d’EuroDisney, de l’absence de la clientèle internationale qui utilise les chauffeurs de taxi et Uber.

Et ainsi de suite…

La quasi totalité des secteurs accusent un effondrement inédit de la demande, donc de leurs chiffres d’affaires, qui se traduira par le licenciement de centaines de milliers de collaborateurs d’ici la fin de l’année.

Le sommet de la vague sera sans doute atteint en septembre/octobre avec 300.000 à 400.000 inscriptions supplémentaires à Pôle Emploi.

La relance, qui seule peut limiter les destructions massives d’emplois, est improbable dans les semaines (mois ?) qui viennent.

L’épisode Covid-19 a souligné les carences de notre économie. Nous avons été incapables d’anticiper cette crise sanitaire depuis décembre 2019. Notre pays s’est révélé TOTALEMENT désarmé sur l'essentiel : Les masques, les tests, les respirateurs artificiels… Nous ne sommes plus en capacité de produire les matériels indispensables à notre survie.

Que se serait-il passé si nous avions été la cible d’une attaque bactériologique ou d’un incident nucléaire de grande ampleur ?

Le fleuron de notre Marine nationale (et de notre armée), le porte-avions Charles de Gaulle, a lui-même sombré dans la tempête Covid-19, contraint de rentrer piteusement au port avec la moitié de son équipage infecté.

Nous avons découvert ébahis que nous ne produisons plus les matériels de première nécessité, comme les compresses médicales que nous importons de Chine.

Alors, quel secteur peut relancer l’économie du pays et tirer la croissance ?

Le tourisme… qui fait grise mine et ne retrouvera pas son dynamisme avant l'année prochaine au plus tôt ? L'OMT - Organisation mondiale du tourisme - envisage un effondrement de l'ordre de 60 à 80% des flux internationaux de voyageurs en 2020.

L’industrie automobile qui croule sous les stocks de voitures invendues ?

Airbus qui voit ses commandes annulées par les compagnies aériennes, et ne sait plus où entreposer les avions qui sortent de ses usines ?

Ces trois seuls secteurs en difficulté représentent plus de 20% du PIB national : Près d'un quart de la richesse produite !

La France est TOTALEMENT en panne car nous sommes inexistants dans les rares domaines qui ont tiré leur épingle du jeu dans la crise sanitaire, à l’image des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) qui ont vu leurs chiffres d’affaires bondir ces derniers mois, comme la fortune de leurs dirigeants et actionnaires qui s’est accrue de 20 à 40%.

Pour l’heure, nous n’entrevoyons aucun signe de reprise économique qui, si elle se manifestait, serait dans un premier temps profitable aux entreprises étrangères puisque nous ne fabriquons quasiment plus rien : Ni ordinateurs et tablettes, ni Smartphones, téléviseurs, Hifi, High-tech, ni prêt-à-porter, et quasiment plus de meubles et même de matériels de bricolage…

Notre chute est vertigineuse. Elle sera douloureuse.

Nous envisageons bien 100% d’augmentation du chômage de catégorie A sur les douze prochains mois.

Actuchomage

(1) En avril, nous annoncions -12% de PIB pour 2020 sous réserve d’un retour à la normale courant de l’été. Jacques Attali, lui, pronostique -15%.

Les photos d'illustration «Chômage Année Noire» ont été prises en 2009. Nous alertions alors des conséquences sur l'emploi de la crise financière de 2007/2008. Nos sombres prévisions se sont alors avérées conformes à la réalité…

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Mis à jour ( Mercredi, 09 Septembre 2020 00:07 )