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Gilets Jaunes, Retraites : Un gouvernement d’amateurs

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On reste poli. 

altAh ça, on peut dire qu’on tient une belle brochette d’incapables, les Macron, Philippe, Castaner, Schiappa, Le Maire (celui qui, alors ministre de l’Agriculture, ne savait pas à combien de mètres carrés correspond un hectare)…  

Pas une ou pas un pour relever le niveau. Pas une ou pas un pour alerter ses collègues du gouvernement des risques encourus. Stupéfiant !

Pas une ou pas un pour calmer des ardeurs «réformatrices» qu’il aurait été plus sage de remettre à plus tard, le contexte social ne s’y prêtant pas depuis plus d’un an !

Ben non, ils n’ont pas retenu la leçon. Ils ont pris pour argent comptant leurs propres mensonges, notamment le plus flagrant qui, depuis le 24 novembre 2018, assène que la mobilisation est en baisse. Celui-là, ça fait plus de 56 semaines qu’on nous le bassine en toutes occasions.

==> Les 1er et 8 décembre 2018, alors que le Palais de l’Élysée était «bunkérisé» (entendez par-là totalement verrouillé par les forces de l’ordre équipées de véhicules blindés) et qu’un hélicoptère se tenait prêt à exfiltrer le président si nécessaire (selon les informations du Canard Enchaîné).

==> Le 26 mars 2019 aussi, quand l’avenue des Champs-Élysées était vandalisée pendant des heures.

==> Le 1er Mai où l’on n’avait plus vu depuis des lustres un tel rassemblement unitaire à Paris.

==> Le 14 Juillet, quand Emmanuel Macron se fit copieusement siffler alors qu’il passait les troupes en revue.

==> Tout l’été aussi, où par milliers, chaque semaine, d’irréductibles Gilets Jaunes ont battu le pavé.

==> À la rentrée de nouveau, tous les samedis. Si les défilés semblaient plus clairsemés, le potentiel mobilisateur paraissait alors intact.

==> Puis pour le premier anniversaire du mouvement, en novembre, où les cortèges à Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Marseille, Paris… ont été émaillés de multiples incidents et échauffourées avec les forces de l’ordre.

==> Sans omettre que nous avons vu poindre ces douze derniers mois des mobilisations inédites par leur ampleur et leur durée. Dans la fonction publique hospitalière, chez les avocats, chez les pompiers (qui se sont fait copieusement matraqués par «leurs frères d’arme» gendarmes et CRS), chez les policiers aussi qui par milliers ont défilé dans les rues de Paris la veille de l’attaque de la Préfecture…

Mais notre gouvernement, nos ministres et notre président n’ont rien vu. Au contraire, il leur a semblé que la période était propice à l’engagement d’une grande réforme qui passerait probablement comme une lettre à La Poste : celle des retraites et des régimes spéciaux. «Non mais Allo quoi !»

On pensait avoir atteint des sommets de médiocrité dans «Les Anges de la Téléréalité», les Démons de la Macronie les ont surpassés.

Ils ne pouvaient pas choisir pire moment pour engager une réforme qui immanquablement allait mobiliser contre elle la plupart des organisations syndicales. Toutes depuis la dernière déclaration d’Édouard Philippe qui, en évoquant «l'âge pivot» de 64 ans, a suscité le courroux de la réformiste CFDT.

À quoi d’autre s’attendaient-ils ces imbéciles ?

Ils ont créé les conditions de cette convergence entre Gilets Jaunes autonomes et travailleurs syndiqués qu’on a longtemps espérée mais qui n’est jamais venue. Eh bien maintenant, elle est là ! Bien enracinée qui plus est. Plus encore depuis que nous avons appris qu’un autre abruti, Jean-Paul Delevoye, a pris quelques largesses avec sa fonction de haut-commissaire, en percevant 123.000 euros de rémunération pour des activités exercées dans le privé alors qu’il était membre du gouvernement (ce que la constitution interdit formellement).

On hallucine !

Voilà. Nous sommes le 12 décembre 2019, 57 semaines après l’entame du mouvement Gilets Jaunes. Ce jour, la CGT annonce que les grèves dans les transports (notamment à la SNCF) pourraient se poursuivre jusqu’aux fêtes de Noël et même au-delà. Aujourd’hui, plus de 1.000 CRS ont déposé un arrêt maladie pour manifester leur réprobation à l’égard de la réforme des retraites présentée par Édouard Philippe au Conseil Économique Social et Environnemental, hier 11 décembre, devant lequel des centaines de policiers cette fois manifestaient. «Quelle chienlit !», aurait dit le Grand Charles.

Nous avons bien affaire à un gouvernement de branleurs, n’ayons pas peur des mots !

On a rarement vu une équipe d’amateurs battre des professionnels. Ça arrive en Coupe de France de football. Il n’est pas certain que l’exploit se réalise sur le terrain politique et social.

Yves Barraud - Actuchomage

Mis à jour ( Lundi, 30 Décembre 2019 19:19 )  

Commentaires 

 
+1 # Yves 2019-12-13 03:11 Première reculade du gouvernement face à la menace de grève des forces de l'ordre : Le régime spécial de retraite des policiers sur le terrain ET dans les bureaux est maintenu.

Le principe d'universalité de la réforme est d'ores et déjà rompu. Autant dire qu'elle a du plomb dans l'aile.

Le maintien du régime spécial pour les fonctionnaires des services administratifs de la police est une sérieuse brèche dans laquelle vont s'engouffrer les autres syndicats.

Le combat promet d'être âpre !

Usagers SNCF et RATP, armez-vous de patience…
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0 # Yves 2019-12-16 14:43 Paris, le 16 décembre 2019

J’ai présenté, ce jour, ma démission au Président de la République et au Premier Ministre.

Pendant plus de deux ans, j’ai pu contribuer à la construction du régime universel de retraite, sous l’autorité du Premier Ministre et avec le soutien du Président.

Cela fut aussi possible grâce à la richesse du dialogue social noué avec les partenaires sociaux : leurs critiques, leurs analyses, leurs propositions ont constamment enrichi le projet. Cela fut aussi vrai avec les parlementaires et les citoyens lors des ateliers.

Il y a eu aussi un investissement considérable des administrations afin de nourrir les débats entre ministres, sous l’autorité du Premier Ministre.

Je mesure et remercie chacun et chacune pour la dimension humaine et la richesse des contributions. Cela ne fut possible que par la confiance réciproque.

Aujourd’hui, cette confiance est fragilisée sous les coups d’attaques violentes et d’amalgames mensongers. En instrumentalisa nt mon procès, en réalité, on veut porter atteinte au projet.

Ce projet est essentiel pour la France. En me maintenant, je le fragilise.

Je tiens à exprimer mon profond respect pour toutes celles et ceux qui ont un engagement pour la France, et en particulier les parlementaires.

Mon erreur est d’une légèreté coupable. Je la paye. C’est la dure loi de la responsabilité, de l’exemplarité et de la transparence qui doit s’appliquer à tous et à moi en particulier.

Jean-Paul Delevoye
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