Banques : le scandale du Libor

Halte aux idées reçues !!! La délinquance la plus lucrative (et la plus dangereuse) n'est pas celle que tout le monde croit… Nous attendons vos réactions.

Modérateurs: Yves, superuser

L'Etat et les banques, les dessous d'un hold up historique

Messagede superuser » 07 Mai 2012

L’affaire du Libor : ce qu’un (énorme) scandale financier nous apprend du fonctionnement des marchés

Depuis deux mois, la planète financière est choquée par le scandale de la manipulation du LIBOR. L’histoire n’est pas très originale : les plus grandes banques du monde se sont entendues pour s’enrichir aux dépens de leurs clients. Une telle banalité, reconnaissons-le, ne vaut pas plus d’une brève… sauf si l’escroquerie en question se chiffre en milliards d’euros. Surtout, s’intéresser à cette histoire apprend des choses étonnantes sur le fonctionnement concret des marchés financiers.

LIBOR, qu’es a quo ?

Le Libor est le London Inter Bank Offered Rate. C’est le taux d’intérêt sur le marché interbancaire à blanc de Londres. A blanc, c’est-à-dire sans que la banque emprunteuse ne fournisse de titres en gage pour obtenir les sommes qu’elle emprunte. Il existe une gamme de taux LIBOR, qui couvrent dix devises différentes et quinze échéances allant de un jour à un an. Ces taux sont très importants, car ils servent de référence pour la conclusion de nombreuses opérations de prêt, pour la révision des taux des prêts à taux variable et pour les marchés de dérivés de crédit. Au total, plus de 300.000 milliards d’euros de produits financiers divers voient leur prix dépendre du LIBOR (pour donner une vague idée de ce que représente cette somme, c’est 1.500 ans de production de la France).

D’autre part, comme tout prix de marché, le LIBOR indique quelles sont les tensions entre offre et demande. Il sert donc de guide pour lire la situation financière, par exemple pour savoir si les grandes banques éprouvent des difficultés pour se refinancer à court terme ou pas.

Or, pendant plusieurs années, ce taux (ainsi que le Tibor, qui concerne le marché de Tokyo) semble avoir été manipulé par les grandes banques qui y jouaient le rôle principal. Le soupçon s’est dessiné lorsque des observateurs perspicaces ont remarqué que les tensions sur les marchés devenaient énormes, la crise de confiance entre les banques faisant exploser les taux d’intérêt, mais que le Libor restait très bas. Le soupçon est devenu certitude lorsque, caché dans les centaines de pages du rapport de la grande banque suisse UBS pour le quatrième trimestre 2011, on trouve le passage suivant, à la page 83 (traduction perso) :

« Plusieurs agences gouvernementales, notamment la SEC, l’USCFTC, le Ministère de la justice et la FSA, enquêtent sur la détermination du taux LIBOR de la BBA (Association des banquiers britanniques). Il semble que ces investigations se focalisent sur le point de savoir si des tentatives inappropriées de la part de UBS (parmi d’autres), seule ou avec d’autres, ont eu lieu en vue de manipuler le taux LIBOR à certains moments. […]
UBS a obtenu une immunité conditionnelle des autorités de certaines juridictions, notamment le ministère américain de la justice et la commission de la concurrence suisse, en relation avec d’éventuelles violations de la loi concernant le soumissionnement du LIBOR. […] En conséquence de ces garanties conditionnelles, nous ne serons soumis à aucune poursuite, amende ou sanction pour violation des lois anti-trust en lien avec les éléments que nous avons rapportés à ces autorités, sous réserve de notre coopération permanente. »

La conclusion évidente est qu’il y a eu des entorses au droit de la concurrence, qui ont été dénoncées aux autorités par UBS, l’un des participants, en vue d’éviter des poursuites. La question est de savoir pourquoi.

A qui profite le crime ?

Si certaines banques manipulent le LIBOR, à quoi cela peut-il leur servir et qui en est victime ? Plusieurs hypothèses ont été avancées ces dernières semaines. On peut penser que minorer le LIBOR aide ces banques à se procurer des ressources à bas prix et à rassurer le marché sur leur santé financière (le taux payé informant sur la confiance du marché envers l’emprunteur, comme le grand public le sait depuis la crise grecque), ce en pleine tourmente financière. En même temps, ces banques sont également prêteuses et la baisse du LIBOR réduit les taux variables sur les emprunts immobiliers, par exemple, ce qui fait perdre de l’argent à la banque. La situation est donc confuse et cette explication n’a rien d’évident.

Une hypothèse plus gênante est qu’orienter les taux à la hausse ou à la baisse permet de gagner de l’argent sur les marchés de produits dérivés, car cela revient à connaître l’avenir, donc à gagner à tous les coups en pariant sur l’évolution des taux. Mais cela supposerait que le département qui fait du courtage au sein des grandes banques communique avec le département qui fait du trading, notamment en compte propre ; ce qui est interdit.

Il y aurait donc eu une manipulation géante… mais sans qu’on sache comment les banques qui l’ont réalisée en ont tiré profit. Mieux vaut donc s’arrêter là avant d’en savoir plus et nous intéresser à une autre question fort intéressante : comment peut-on manipuler un taux essentiel comme le LIBOR ?

Un marché est-il un club ?

Pour un économiste naïf (moi, par exemple), un prix de marché se détermine par la confrontation, réalisé par un teneur de marché, d’une offre et d’une demande. Les prêteurs d’euros à trois mois envoient leurs offres, les emprunteurs font part de leurs demandes, un taux d’équilibre est annoncé. Manipuler le marché supposerait donc une manœuvre assez sophistiquée, impliquant pas mal d’argent.

La réalité est toute autre.

Chaque matin, sur le coup de 11h40, 18 banques internationales (pourquoi elles ?) font part du taux auquel elles pensent pouvoir emprunter ce jour-là. La BBA fait une petite moyenne de tout cela, après avoir écarté les quatre taux les plus bas et les quatre plus élevés, et annonce le LIBOR du jour. Très précisément, selon la BBA, les banques sélectionnées, car jugées les plus actives sur le marché, répondent à la question suivante : «à quel taux pourriez-vous emprunter des fonds, si vous deviez le faire en demandant puis en acceptant des offres interbancaires dans un marché de taille raisonnable juste avant 11 heures du matin ?»

Cette question est tellement extraordinaire dans sa formulation qu’on se demande vraiment comment un tribunal (et de nombreuses plaintes sont déjà déposées) va pouvoir juger quoi que ce soit. En effet, il ne s’agit pas de transactions réelles, ni même de promesses de transactions, mais d’une question purement hypothétique. D’autre part, la notion de marché de taille raisonnable est d’une imprécision remarquable. Lorsque le marché interbancaire est gelé, comme ce fut le cas fréquemment ces dernières années, cette formulation est une invitation à décrire ce que devrait être le taux interbancaire, en se moquant éperdument de la réalité des forces en présence sur le marché. C’est à peu près aussi pertinent que si on demandait à la météo de nous dire, compte tenu de ce que nous sommes le 6 mai, quel temps il devrait faire s’il n’y avait aucun aléa climatique particulier.

Remarquons également la méthode employée par la BBA pour établir sa moyenne : écarter les taux extrêmes revient à supposer que ces taux n’ont rien à nous dire, que les éventuelles difficultés d’approvisionnement en liquidités qu’anticiperait une grande banque ne sont pas une information pertinente, digne d’être incorporée dans les prix. Ce mode de calcul traduit donc une conception étonnante de ce qu’est un prix.

Cette affaire illustre donc de manière spectaculaire l’écart qui sépare la présentation du marché comme ensemble de forces impersonnelles, objectives, qui produiraient des verdicts inattaquables («le marché a toujours raison»), de la réalité : un club de banquiers qui fabriquent chaque jour, au gré de leurs intérêts et à l’abri des regards, les règles du jeu auquel eux-mêmes participent.

http://alternatives-economiques.fr/blog ... s-marches/
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Banques : le scandale du Libor

Messagede tristesir » 13 Juil 2012

Le nuage toxique du « scandale du Libor » contournera-t-il la France ? Le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, a confirmé que les banques françaises entraient dans le champ de l’enquête visant à déterminer qui avait participé à la manipulation de ce taux d’intérêt interbancaire. Mais a précisé qu’il n’avait pas connaissance d’une éventuelle implication d’une banque française...


Suite:
http://www.rue89.com/2012/07/10/banques ... uls-233739
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Liborgate : les banksters, en prison !

Messagede superuser » 19 Juil 2012

Cinq ans après le début de la crise financière, l'affaire de la manipulation du Libor place de nouveau les banques au cœur de la polémique et pourrait (enfin) conduire à un durcissement de la règlementation. Explications.

http://lexpansion.lexpress.fr/entrepris ... 15535.html


En plein scandale du Libor, le secrétaire d'Etat britannique au Trésor Mark Hoban a déclaré au quotidien économique allemand Handelsblatt qu'il était favorable à ce que les banquiers ayant manipulé des indices de marché aillent en prison.

http://www.challenges.fr/finance-et-mar ... iques.html
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Re: Liborgate

Messagede superuser » 20 Juil 2012

Deux banques françaises, Crédit Agricole et Société Générale, pourraient être impliquées dans ce scandale qui est en train de jeter le discrédit sur la City londonienne :

http://lexpansion.lexpress.fr/entrepris ... 16440.html


C dans l'air en parlait tout à l'heure (pas inintéressant pour une fois) :

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/econ ... ster-36604
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Re: Banques : le scandale du Libor

Messagede lololongwy » 20 Juil 2012

Bonjour à tous
:lol:
Et ces dégueux de la HSBC qui ont blanchi l'argent des cartels de drogue et peut-être aussi celui des organismes de soutien de terrorisme ? Oh, désolée - ils ont "présenté leurs excuses" :lol: au Sénat des E-U, donc c'est pas bien grave ...
:lol:

Le pire c'est que s'ils n'avaient pas été pris la main dans le sac, ils auraient touché des sommes faramineuses en tant que primes :twisted: .

L'argent n'a pas d'odeur ....

Bonne journée
lololongwy
 
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Re: Banques : le scandale du Libor

Messagede superuser » 26 Juil 2012

Bruxelles propose des sanctions contre les manipulations de marché

Suite au scandale du Libor et de l'Euribor, la Commission européenne a avancé des sanctions pénales contre les auteurs de manipulations de taux interbancaires, y compris de la prison. Elle fera une proposition législative à la rentrée :

http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html


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Re: Banques : le scandale du Libor

Messagede superuser » 28 Juil 2012

Pour Paul Jorion, "le scandale du Libor" n'est qu'une "fraude à la petite semaine" sans grande conséquence qui permet, en pointant des boucs émissaires, de projeter un énième écran de fumée devant les vrais responsables de la crise, qui restent en poste et impunis :

http://www.dailymotion.com/video/xsa1ji ... sundefined
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La loi des gredins par Serge Halimi

Messagede maguy » 28 Juil 2012

Extrait :
Dans le scandale financier relatif à la fixation frauduleuse d’un taux interbancaire britannique — le London InterBank Offered Rate (Libor) —, on hésite à identifier le policier véreux, tant les prétendants au rôle sont nombreux. Chaque jour, une vingtaine de grands établissements financiers (Barclays, Deutsche Bank, HSBC, Bank of America, etc.) fixent le niveau du Libor. Lequel sert d’étalon à des transactions d’un montant total de 800 000 milliards de dollars (non, il n’y a pas d’erreur d’impression), notamment sur le marché des produits dérivés (1). Les sommes en cause sont à ce point pharaoniques qu’elles encouragent la presse non financière à concentrer son attention sur des peccadilles, mais à échelle humaine : parents qui touchent des allocations familiales sans s’assurer de la présence de leurs enfants à l’école, salariés grecs qui complètent leur pauvre ordinaire en travaillant au noir. Haro sur eux ; les foudres des gouvernants et de la Banque centrale européenne leur sont réservées

article complet sur le Monde Diplomatique
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Victor Hugo
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Le Libor : Le Meilleur Ennemi de Goldorak

Messagede batman » 24 Oct 2012

http://archives.lesechos.fr/archives/20 ... 39-ECH.htm


10/07/2012
Rue 89
Banques : le scandale du Libor expliqué aux nuls
Pascal Riché | Redchef



Le nuage toxique du « scandale du Libor » contournera-t-il la France ? Le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, a confirmé que les banques françaises entraient dans le champ de l’enquête visant à déterminer qui avait participé à la manipulation de ce taux d’intérêt interbancaire. Mais a précisé qu’il n’avait pas connaissance d’une éventuelle implication d’une banque française...
Bob Diamond part avec 3,1 millons de dollars
La banque Barclays a annoncé que son patron démissionnaire, Bob Diamond, partira avec 12 mois de salaires et autres avantages, soit environ 3.1 millions de dollars (2,5 millions d’euros) . De quoi se retourner ? Il renonce toutefois à 31 millions de dollars de bonus.

L’affaire est en tout cas assez grave pour que le commissaire parle de « trahison aux conséquences potentiellement systémiques ». Du fait de ces manipulations, des millions d’emprunteurs ont payé un taux d’intérêt faussé entre 2005 et 2009. Un tel scandale a au moins une vertu pédagogique : il vient rappeler qu’aucune réforme sérieuse n’a été engagée depuis la crise financière de 2008 pour mettre au pas la finance.

Pour la Grande-Bretagne, qui tire une grande fierté des activités financières de la City, cette affaire est vécue comme une catastrophe : elle révèle que le cœur de la City est pourri, que la cathédrale de la finance globale repose sur des mensonges. Le parlement britannique a ouvert une enquête et interroge depuis la semaine dernière les différents responsables.

Jusque-là, seule la banque Barclays a été directement impliquée dans le scandale : ses principaux dirigeants ont dû démissionner début juillet, à commencer par le patron Bob Diamond, un Américain. D’autres établissements européens pourraient être concernés. Une enquête a été ouverte en Allemagne par l’autorité allemande de régulation des marchés, la BaFin. La Deutsche Bank est dans le viseur des autorités.
1
Qu’est-ce que le Libor ?



Le Libor, pour « London interbank offered rate » (« taux interbancaire proposé à Londres »), est le taux d’intérêt de référence auquel les banques, sur le marché de Londres, se prêtent entre elles (pour des prêts sans garantie et d’une durée de moins d’un an).

On parle du Libor, mais on devrait dire « les » Libor : il existe en effet des Libor pour dix devises différentes et, pour chacune d’entre elles, de quinze durées différentes, de un jour à douze mois. Il existe donc 150 taux Libor.

Ces taux sont publiés une fois par jour, à 11h45, par l’Association des banquiers britanniques. Ils sont calculés en fonction de ce qui se pratique dans un groupe de 18 banques, le « panel ». Le Libor est donc une moyenne, calculée à partir de transactions réelles réalisées par ces 18 banques et après avoir éliminé les taux les plus bas et les taux plus élevés, pour éviter les anomalies.

La fraude porterait sur le Libor mais aussi sur l’Euribor, un taux similaire calculé pour la zone euro, sur la base d’un panel de 57 banques.
2
En quoi consistait la manipulation ?


Certaines banques du panel, à commencer par la Barclays, ont menti sur les taux pratiqués, faussant donc le Libor.

La Barclays a commencé en 2005, pour des raisons qui restent à élucider. Il s’agirait d’une fraude pure et simple, visant à générer des taux favorables aux positions prises par les traders de la banque.

En 2008, la manipulation a eu lieu pour cacher les fragilités de certaines banques.

Les conditions des prêts à court terme (« liquidités ») que s’accordent entre elles les banques dépendent de nombreux facteurs ; l’un d’entre eux est la confiance que l’on place dans la solidité financière de la banque emprunteuse. Si celle-ci présente un risque, le taux exigé d’elle est plus élevé. Pendant la crise financière, certaines banques ont vu leurs conditions d’accès aux liquidités interbancaires se durcir.

C’était le cas de la banque Barclays. Mais pour que ça ne se sache pas, elle a fait de fausses déclarations au panel du Libor, affirmant avoir obtenu des taux de refinancement plus faibles que dans la réalité.

La Barclays a agi au lendemain d’un coup de téléphone entre le patron de la banque Bob Diamond, et le numéro deux de la Banque d’Angleterre, Paul Tucker. Interrogé par la commission d’enquête parlementaire, lundi, ce dernier a nié vigoureusement avoir conseillé à Barclays de tricher, comme un document interne à Barclays peut le laisser penser. Selon ce document, Tucker aurait déclaré à Diamond qu’il n’était « pas toujours nécessaire » que Barclays affiche des taux « aussi élevés ».

A l’époque des faits (fin 2008), Barclays était si fragilisée que le gouvernement songeait à la nationaliser.

Mais elle n’est visiblement pas la seule banque du panel à avoir menti : l’enquête vise d’autres banques du cartel, qu’elles soient britanniques (Royal Bank of Scotland, Lloyds Bank...) allemande (Deutsche Bank...) américaines (Citigroup, JPMorgan Chase...), suisse (UBS)... en attendant d’éventuelles banques françaises.


Quelles sont les conséquences de la fraude ?

Le Libor, c’est le cœur de la finance : il sert de référence à de très nombreuses transactions : prêts à la consommation, épargne, swaps, crédits immobiliers... Au total, la valeur des produits indexés sur le Libor se chiffrerait à plus de 350 000 milliards d’euros.

Si le Libor, censé être déterminé dans la transparence, est faussé, cela signifie que l’ensemble de la finance mondiale repose sur du sable. Et que les bilans des banques, leurs comptes de résultats, sont biaisés.

« Certaines banques manipulaient le thermomètre et se débrouillaient pour qu’il n’indique jamais de fièvre », résume Rama Cont, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des marchés financiers, dans une interview au Monde.

Cette fois-ci, c’est à Londres qu’éclate ce scandale, avec des preuves tangibles que le cœur du système est corrompu. Il y a dans ce scandale de quoi conduire à l’effondrement de la confiance entre les acteurs du système. D’où le « risque systémique » évoqué par Michel Barnier.

Que risquent les banquiers ?


Les banques risquent d’être sanctionnées par des amendes : les autorités américaine et britannique ont déjà infligé la semaine dernière à la banque Barclays une amende de 350 millions d’euros.

Les dirigeants des banques, eux, risquent la démission forcée s’il est prouvé qu’ils ont trempé dans ces manipulations. Mais au-delà ? Théoriquement, des poursuites pénales sont possibles puisque, un peu tardivement certes, le Serious Fraud Office britannique a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête criminelle.

Mais il n’est pas certain que cette enquête débouchera sur des inculpations. Depuis le début de la crise de 2008, aucun patron de grande banque n’a encore été condamné au pénal, malgré les irrégularités qui ont été découvertes.
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