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La charte de l'association APNÉE

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Contexte historique

Début 2004, des "Recalculés de l'Assédic"* en lutte contre l'amputation de leurs indemnisations se mobilisèrent pour créer une association de défense des droits des chômeurs et d'initiatives au retour à l'emploi.

Le terme APNÉE fut finalement retenu pour conduire les destinées d'une structure capable d'accueillir et de soutenir les projets en devenir.

APNÉE était alors un détournement humoristique (voire impertinent) du sigle d'un organisme bien connu de toutes et de tous : ANPE, désormais Pôle Emploi.

APNÉE symbolise surtout la période que traverse nombre d'entre nous avant de reprendre leur souffle dans la vie active.

Apnée est un champ d'actions et d'expressions qui signifie :
Alternatives Pour une Nouvelle Économie de l'Emploi
APNÉE, l'association des chômeurs qui veulent s'informer, échanger et entreprendre.

* Ces "Recalculés" furent spoliés de leurs droits par l'application rétroactive de la Convention d'Assurance Chômage 2004/2005. Par centaines - et parmi ceux-ci les membres fondateurs d'APNÉE -, ils portèrent plainte contre leur organisme de tutelle et obtinrent gain de cause.
Les tribunaux (de Marseille et de Paris notamment) condamnèrent les Assédic à les réintégrer dans leurs droits. Décision confirmée par Jean-Louis Borloo, Ministre de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale.

I N F O R M E R
Nous nous engageons à initier, développer et promouvoir des alternatives d'information et d'analyse.

Pour défendre les droits de celles et ceux qui sont privés d'emploi.

Le chômage ne doit plus être vécu (et perçu par ceux qui y échappent) comme une sanction, un couperet, un échec personnel. Il est une composante d'un système économique qui l'entretient, voire l'amplifie et l'exploite. Ce système se doit de supporter les conséquences et les coûts de sa propre évolution.

Pour sortir des schémas réducteurs.

Nous proposons une alternative d'information pour sortir des schémas d'appréciation généralement observés par les partis politiques et les médias. Schémas qui sont souvent empreints de simplifications abusives, d'erreurs d'appréciation, d'absence de fond, de soumission aux diktats du marché et aux codifications du moment.

Pour décrypter les dispositions économiques, politiques et sociales.

Nous revendiquons une analyse alternative de l'actualité économique, politique et sociale dont il convient de décrypter avec soin les nouvelles dispositions et leurs conséquences. Le chômage relève aujourd'hui d'interactions complexes.
Selon les cas, il est instrumentalisé par le pouvoir économique, pris ou non en compte par le pouvoir politique, supporté ou ignoré par la solidarité nationale.

Pour redonner l'envie de se battre et insuffler l'espoir.

Nous offrons une alternative de moyens pour redonner l'envie de se battre à celles et ceux qui l'ont perdue, redonner l'espoir à celles et ceux qui éprouvent un sentiment d'abandon et/ou d'injustice, à celles et ceux aussi qui veulent se relancer et se mobiliser autour de projets de toute nature, innovants et pertinents. Le demandeur d'emploi doit être reconnu comme acteur de la vie économique, un statut qui lui assure une "reconnaissance" et l'inscrit dans une dynamique sociétale.

É C H A N G E R
Nous nous engageons à initier, développer et promouvoir de nouvelles pistes de réflexions concernant le développement d'activités allant dans le sens de l'intérêt collectif et de l'épanouissement personnel.

Pour dénoncer les dérives du productivisme.

L'emploi est notre principale préoccupation, notre motivation profonde. Il est la finalité de notre démarche, l'expression de notre réussite dès lors qu'il sert l'épanouissement de l'individu et enrichit l'œuvre collective.
Certes nous nous réjouissons du retour à l'emploi de ceux qui, pour un temps, en furent privés. Certes, nous pensons que l'emploi est un facteur d'épanouissement et de reconnaissance sociale. Mais nous aurons à cœur de dénoncer les dérives d'un système qui vise à le réduire à sa seule acceptation productiviste. Nous devons nous affranchir de cette orientation dépassée par la réalité d'un monde qui ne saurait que produire toujours plus alors qu'il semble voué, à terme, à la pénurie.

Pour s'opposer à la déréglementation.

Le marché du travail est aujourd'hui aux mains de ceux qui tirent profit d'une situation de pénurie d'emplois et non dans les mains de ceux qui devraient tirer profit de la mise à disposition de leur savoir-faire. La recherche d'un emploi est aujourd'hui pour le demandeur une source d'interrogations, et par conséquent une source de stress, d'angoisses et de remises en question de ses propres compétences.
Trop âgé, trop jeune, trop expérimenté ou pas assez, trop grand, trop petit, trop typé… La discrimination est aujourd'hui admise dans les faits, dans le libellé même des annonces. L'embauche d'un collaborateur est aujourd'hui encadrée par des critères qui ne relèvent plus du tout de ses seules compétences professionnelles. Des interférences relevant d'une subjectivité arbitraire viennent complexifier à l'extrême les procédures de recrutement.
La déréglementation du marché de l'emploi se traduit aussi par une déréglementation du marché du recrutement.

Pour s'inscrire en force de proposition.

Bien des schémas et perceptions doivent aujourd'hui être définitivement éradiqués de l'inconscient collectif. L'image du chômeur "profiteur" ou, a contrario, "victime", appartient à une autre époque. La situation du demandeur d'emploi ne saurait être appréhendée de façon si simpliste.
La "victimisation" du privé d'emploi le place dans un état contraire aux intérêts de son épanouissement et de sa "reconnaissance sociale". Il se doit de défendre ses droits, ses intérêts, ses choix, ses ambitions et ses envies, et lutter avec détermination contre des orientations qui tendent à le marginaliser. Il doit s'inscrire en force de proposition, de décision, d'aspirations sociales et existentielles qui le place au cœur de l'activité.
Dans une société qui considère la "mobilité", l'"adaptabilité" et la "réactivité" en valeurs de référence, le demandeur d'emploi doit disposer des moyens techniques et matériels d'y souscrire.

Pour aller de l'avant et faire front.

Nous ne saurions nous satisfaire de cette perception idéalisée du statut de demandeur d'emploi. Pour beaucoup, les contraintes matérielles et psychologiques de leur situation ont des conséquences désastreuses sur leur quotidien. Cette réalité ne nous échappe pas. Mais, nous ne pouvons nous résigner à en accepter l'efficience. Nous renoncerions alors à notre détermination à aller de l'avant, à faire front face aux difficultés auxquelles nombre d'entre nous sont effectivement confrontés.

E N T R E P R E N D R E
Nous nous engageons à initier, développer et promouvoir de nouvelles pistes de réflexions concernant l'emploi dans ses approches économique, politique et sociale.

Pour anticiper et accompagner les évolutions du marché du travail.

Le chômage fait partie intégrante de la vie professionnelle.
Dans une société en constante évolution, il marque pour un nombre croissant d'entre nous des étapes nécessaires de réflexions, d' adaptation, voire de reconversion.
De ce fait, il ne saurait être appréhendé sous son seul aspect "d'inactivité professionnelle".

Pour reconquérir et inventer des champs d'expression, d'implication et d'action.

L'économie dicte ses lois aux acteurs de la société quelles que soient leurs fonctions. Ce phénomène, cette dérive, s'accélère et marginalise chaque jour un peu plus l'initiative à but non lucratif et l'engagement moral en faveur de convictions qui échappent à l'endoctrinement consumériste. L'économie impose ses dogmes, ses règles, son pouvoir de domination à tous ceux qui la nourrissent et l'enrichissent. Certains, beaucoup même, tirent profit d'une situation qui leur assure un confort matériel et moral conforme à leurs aspirations. Nous ne saurions nous opposer par principe à l'évidence de cette adhésion collective. Pour autant, l'économie ne saurait nous soumettre à ses seules vues sans nous accorder un espace d'autonomie. Nous devons donc nous battre pour reconquérir et inventer des champs d'expression, d'implication et d'action qui ne peuvent être encadrés, orientés et régis que par les seules règles du marché.

Pour faire évoluer le système de l'intérieur.

L'économie peut être un facteur de développement et d'épanouissement pour beaucoup. En nier l'évidence, nous renverrait à un combat d'arrière-garde qui manque singulièrement de pertinence. Mais quand elle s'érige en pouvoir de soumission, d'oppression, de marginalisation, de manipulation - telle qu'elle nous est imposée aujourd'hui -, elle doit être combattue avec détermination. Mais pas combattue de l'extérieur car elle se nourrit de cette dérisoire opposition qui conforte son hégémonie et la nourrit. La suprématie de ses dogmes se combat de l'intérieur, par l'expression et l'imposition d'idées, de concepts et d'engagements qui s'enracinent en elle par petites touches. Les chômeurs doivent imposer leurs vues et leurs choix dans le système auquel ils appartiennent. Le poids économique de cette population à part entière, son pouvoir de décision et d'orientation, sont les atouts de la reconnaissance de ses droits et de ses aspirations.

Pour se réapproprier les leviers de commande.

L'économie trouve dans l'expression de ceux qui la font, de ceux qui la vivent, de ceux qui en subissent les contraintes et les revers, matière à mutations sur le fond et dans les formes. Nous ne saurions renoncer au pouvoir d'inflexion que nous avons entre les mains. Nous ne pouvons abandonner ce pouvoir à ceux qui en feront un usage contraire à celui qui sert nos intérêts. L'économie nous appartient. Nous devons nous réapproprier de l'intérieur les leviers de commande que nous avons abandonnés, par résignation peut-être, par obligation aussi quand d'autres nous les ont arrachés des mains.

Pour peser sur les orientations.

Nous œuvrons dans le sens du développement d'activité de toute nature. Sans restriction, sans a priori, sans exclusive, dès lors qu'il participe à notre reconnaissance collective. Création d'entreprises à des fins profitables, d'associations à des fins solidaires, initiation de forums d'échanges, engagement militant, voire politique… notre implication doit couvrir toute la diversité sociale et économique de notre société contemporaine.


Notre démarche est animée par l'expression d'individualités dans un élan collectif et solidaire :

L'individualité pour la responsabilisation qu'elle induit et la prise de risque qu'elle impose.
Le "collectif" pour l'expression de son pouvoir, de sa solidarité, pour la richesse de ses échanges et de ses convergences.

Notre vigilance vis-à-vis du système traduit notre volonté de nous y impliquer pour peser sur ses orientations.
Nous sommes une force de propositions et d'actions constructives.

Mis à jour ( Vendredi, 10 Juillet 2009 22:29 )  

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