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Clap de fin pour Actuchomage

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L’aventure Actuchomage s’achève. Une autre commence.


altComme le savent celles et ceux qui nous suivent régulièrement, Actuchomage tel que vous le connaissez va lentement mais assurément s’effacer après 15 ans de bons et loyaux services.

Nous ne reviendrons pas sur la multitude d’initiatives (parfois retentissantes) qui ont vu le jour ici, au lendemain de la Bataille des Recalculés qui a permis, en 2003/2004, la réintégration dans leurs droits de 800.000 chômeurs pour 2 milliards d’euros débloqués par l’État. Une victoire sociale historique, au terme d’un combat juridique mené par une quarantaine de chômeurs à Paris et Marseille, dont étaient les fondateurs du site.

Par la suite, nous sommes intervenus – non sans succès parfois – sur des dossiers sensibles. Le Non au projet de Constitution européenne en 2005 se manifesta très tôt sur Actuchomage, à l’initiative de notre camarade Jean-Marc, grand reporter à France2 qui dénonça l’engagement partisan des médias et de la télévision publique en faveur du Oui.

Plus tard, notre association porta les premières plaintes déposées auprès de la HALDE, Haute autorité de lutte contre les discriminations (5 procès gagnés). Les grands médias nous consacrèrent alors des dizaines d’articles et autant d’interventions télé, notamment dans le magazine «7 à 8» sur TF1 et l’émission «Ça se discute» sur France2 … Et plein d’autres coups d'éclat encore qu’il serait fastidieux de lister.

Tout cela appartient au passé. Et du passé faisons table rase !

Depuis quelques années, la mouvance militante sur les questions sociales s’effondre à mesure que les problématiques sociétales (droits des minorités, flux migratoires…) trustent l’actualité, lobotomisent le «temps de cerveau disponible» plus sûrement que la propagande publicitaire des grandes marques.

Plutôt que de débattre des thèmes de fond, ceux qui conditionnent l’existence de la majorité d’entre nous (l’emploi, le chômage, la précarité, les conditions de travail, les inégalités, l’accès au logement, le pouvoir d’achat, les travailleurs détachés…), on disperse l’opinion sur des sujets qui ont leur importance sans pour autant être prioritaires. Nous l’avons souvent déploré ces dernières années.  

Souvenez-vous. Quand François Hollande est arrivé au pouvoir, il s’est attelé à promouvoir le mariage pour tous tout en renonçant à lutter contre cette finance internationale qu’il désigna pourtant comme son principal ennemi lors de la campagne électorale 2012. Une trahison parmi tant d’autres… qui coûta cher au Parti Socialiste aujourd’hui exsangue.

Le chômage ne fait qu’augmenter depuis 40 ans, les inégalités se creusent, des précaires en arrivent à exploiter plus miséreux qu’eux (des immigrés clandestins comme on l’a vu dernièrement chez les livreurs Uber Eats ou Deliveroo), les emplois qu’on nous promettait non délocalisables (dans le BTP par exemple) sont occupés par des travailleurs délocalisés (les travailleurs détachés présents par centaines de milliers en France)… et pendant ce temps, nous nous chamaillons sur l’accueil que nous devons réserver à ceux qui entrent sur le territoire – clandestinement donc illégalement – depuis des décennies. La belle affaire ! Voilà un débat passionnant… qui ne fait que fragiliser les précaires.  

Pour qui suit de près ces sujets, cette fumisterie est désespérante, désolante, car aucune décision, ni dans un sens ni dans l’autre n’émerge. On gère la pagaille au gré des aléas et au détriment des Françaises et Français, ces cochons payeurs qu’on accable de taxes et de cotisations diverses tout en les accusant d’être d’ignobles égoïstes xénophobes.  

Nous l’avons écrit souvent ces derniers mois, le système, le patronat, la finance, ont gagné. Ils ont divisé les classes populaires avec l’assentiment d’une partie de la gauche. Dispersées, laminées, elles ne sont plus en mesure de se rebeller, de réagir et s’unir. Les capacités de mobilisation et de contestation ont été pulvérisées par leur subdivision en communautés d’intérêts divergents et statuts multiples. Comment réunir autour d’une cause commune un autochtone de 50 ans au chômage, un ouvrier à temps partiel, un travailleur détaché polonais, un auto-entrepreur, un intérimaire, un clandestin prêt à accepter n’importe quel boulot pour survivre… ? On regrette le bon temps d’avant, ces années 1950/1970, quand les classes populaires étaient encore homogènes donc en capacité de faire front.  

Ces temps sont révolus et nous qui suivons au jour le jour l’actualité économique et sociale, on ne peut que constater que la dispersion se poursuit au point de rendre invisible toute initiative. Ainsi, dans notre sphère militante, il ne se passe plus rien alors que le chômage et la précarité n’ont jamais atteint de tels sommets depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Si nous avons toujours joué la carte de la solidarité avec les autres associations et collectifs de chômeurs et précaires, en annonçant leurs manifestations, en rédigeant des articles et dossiers, en réalisant des dizaines de vidéos sur leurs actions, on ne peut pas dire que nous avons été suivis et soutenus en retour.

Chacun dans son coin défend son pré carré, son «petit business» de misère, ses pauvres intérêts. Nous estimons n’avoir plus rien à attendre de ce côté-là tant la dispersion et le chacun pour soi sont aujourd’hui de mise. Nous n'en tirons nulle amertume. C’est la vie, comme on dit. Eh bien, nous ferons autre chose !

Nous irons investir notre énergie ailleurs, là où ça vaut encore le coup de se battre. Mais certainement plus aux côtés de gens qui se croient encore dans les années 60/70, caressant l'espoir improbable d’un Grand Soir dont tous ceux qu’ils soutiennent et qu’ils accueillent se contrefoutent.

Nous avons décidé – à nos frais – de maintenir quelques mois encore nos forums qui conservent leur vocation d’échange et d’entraide entre chômeurs et précaires. Un vrai espace de solidarité… virtuelle mais bien réelle.

En revanche, nos pages d’informations prennent une toute autre orientation, le temps pour nous de concevoir un nouveau site. Il s’agit d’un repositionnement éditorial intégral qui, nous en sommes parfaitement conscients, froissera les convictions de la majorité qui nous suit depuis 2004. Nous l’assumons !

Nous ne prenons personne en traître. Nous annonçons notre mutation qui durera 12 mois, l’année 2019, pendant laquelle nous ne solliciterons aucun soutien financier. Cependant celles et ceux qui souhaitent nous accompagner dans cette nouvelle aventure peuvent toujours adhérer à APNÉE. Ils le feront alors en toute connaissance de cause. Quand notre mutation sera complète, nous créerons une nouvelle association en 2020.

Les derniers articles mis en ligne le confirment, nous revendiquons à présent une approche éditoriale plus radicale, «complotiste» estimerons certains. Nous ne chercherons pas à les dissuader de le penser. Nous avons acquis les preuves, la matière et la certitude que des groupes de pression et autres lobbies manigancent dans l’ombre (et très souvent ouvertement) pour accaparer le pouvoir et le conserver le plus souvent au détriment de la majorité. Ne pas en convenir revient à se couper de la réalité des luttes et des enjeux fondamentaux de cette actualité qui conditionne l’histoire. Tout le reste n’est que gesticulations et postures, de celles qui emplissent notre quotidien de riens alors que le grand tout s’écrit sous nos yeux qui refusent de voir.

Dorénavant notre approche s’inscrit dans une lecture dissidente. Chômage et précarité ne sont plus pour nous que des sujets parmi d’autres, l’écume d’une tempête profonde.

Nous accorderons la parole à celles et ceux qui portent des analyses critiques radicales du système, marginalisées et ostracisées par les médias et les partis politiques mainstream parmi lesquels nous classons la France Insoumise et le Rassemblement National. Oui ! Nous nous positionnons plus à gauche que l’extrême gauche et plus à droite que l’extrême droite. De quoi en déstabiliser plus d’une et plus d’un. ;-)

Alors d'où parlons-nous ?

Interrogez-vous de savoir en quoi votre engagement militant ou politique – pour autant que vous en ayez un – a changé la vie en dehors de la vôtre. Pour ce qui nous concerne, nous admettrons être arrivé nulle part, sans pour autant renier un parcours qui nous a amenés là où nous sommes. Ce qui est déjà honorable.

Si la portée de notre engagement fut des plus modestes, pour ne pas dire insignifiante, elle nous a permis de saisir l’essentiel qu’on ne trouve pas dans les petites phrases lâchées sur BFM TV, LCI ou CNews, pas plus que dans les débats de l’Hémicycle. Les grandes décisions se prennent ailleurs et s’inscrivent dans une dynamique historique millénaire. Au point que tout semble écrit, si ce n’est par des mots, disons par des signes qui ne trompent pas. Nous les avons perçus…

Voilà ce vers quoi nous allons. Avec ou sans vous. Ici ou ailleurs. Cette histoire là par contre reste à écrire.

Merci à Celles et Ceux qui ont participé à l’aventure Actuchomage qui nous a tant appris.

Mis à jour ( Vendredi, 16 Novembre 2018 23:10 )  

Commentaires 

 
+1 # Yves 2018-11-16 10:46 Je chanterai le nouveau monde,
Né de la zone et de l'ordure.
En ces temps-là vos belles actions
Passaient toujours par l'écriture.


Vous vous gaviez de projections,
De projects sérieux, de futur,
Pendant que l'ordre et la répression
Vous alignaient contre les murs.

Vous ronronniez pour le vieux monde
Dans l'opposition objective,
Respectant la règle et la ronde
Dans vos manchettes maladives.


Ça sentait le médicament,
La frustration et le soumis.
Ça puait déjà l'électron,
Le temps qui passe à crédit.

Des technocrates maigrichons
Vous prédisaient des jours meilleurs,
Des aurores de l'expansion
À la sournoise nuit des chômeurs.

Vous faisiez du lard aux ceintures.
Les pancartes au bout des bras mous
Faisaient des cercles dans l'ordure
Où vous vous traîniez à genoux.

Les barbares, qui montraient leurs crocs
Aux barrières des périphériques
Ricanaient, remplaçant vos mots
Par des cris de guerriers celtiques.


Vous en aviez froid dans le dos
Bien qu'expliquant ce phénomène.
Vous essayiez de rentrer tôt
Détestant les milices urbaines.

Vous nous regardiez en ces temps
Inventer une autre musique,
Faite de violence et de sang
D'ignorance et de prophétique.


Votre raison vous pesait lourd
Dans vos masochistes partouzes,
Dans vos dérisoires amours,
Votre révolte et vos ventouses.

La petite gauche vivotait
Frileuse comme une alouette.
Vos bars, vos fêtes, vos congrès,
Vos chanteurs, vos peintres, vos poètes,
Votre raison, votre droiture,
Vos illusions, vos habitudes,
Vos soumissions, votre culture,
Vos ambitions, vos certitudes.


Cette lucidité bidon
Qui remplaçait si bien les tripes,
Était sinistre et sans passion
Et militante et castratrice.

Elle vous bloquait le creux des reins
Comme un calcul diabétique.
Elle vous laissait sur votre faim
De bien nourris et d'asthmatiques.

Nous rêvons d'une autre planète
En ce futur, t'en souviens-tu ?
Nous tirons des plans à facettes
Vers des comètes disparues.

Nous installons nos mines d'or
Sur des podiums itinérants
Où nous jouons toujours très fort
De la guitare et du vent.


Nous pressentons une cassure,
Une crevasse nette et sanglante,
Une balafre dans l'azur
Un cran d'arrêt dans le silence,
Une fissure dans le certain,
Une embolie dans la finance,
Un détonateur dans la main,
Un embarras dans la nuance.

Nous vivons au ras des pavés
N'ayant jamais connu la plage.
Et jamais le roi des étés
Ne s'est inscrit au paysage.

Nous avons la haine au profond.
Une haine fondamentale
De la hiérarchie et des cons,
Du quotidien et du fatal…

Bernard Lavilliers - Utopia - 15e Round - 1977
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