Le chirurgien Cahuzac trompait aussi la Sécu

Vendredi, 12 Avril 2013 16:50
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Quand on voit le questionnaire inquisiteur que doivent remplir les demandeurs du RSA, accusés en permanence de profiter du système ou de frauder, il y a de quoi avoir la rage.

Sortez vos sacs à vomi ! Outre ses inavouables amitiés avec des "GUDards" de Marine Le Pen, affairistes d'extrême droite avec qui ce "socialiste" partait en week-end à La Baule jouer au golf et ouvrait son compte en Suisse, on apprend que Jérôme Cahuzac, vingt années durant, s'était déclaré généraliste de secteur 1 (conventionné, sans dépassements d'honoraires) au lieu de chirurgien de secteur 3 (spécialiste des implants capillaires aux tarifs libres, non remboursés) dans les fichiers de l'assurance maladie sans que celle-ci, ni l'Ordre des médecins, n'y prêtent particulièrement attention...

Un choix de statut, raconte Le Monde,
qui lui a permis une prise en charge de cotisations à la retraite complémentaire des médecins bien qu'il n'ait pas exercé une activité de médecin conventionné. «En secteur 1, les deux tiers des cotisations de la retraite complémentaire des médecins conventionnés, dont les rendements sont en outre plus intéressants, sont pris en charge par l'assurance-maladie. Résultat, la Sécurité sociale a payé depuis vingt ans pour sa retraite complémentaire — le forfait mis en place pour les médecins à l'activité réduite s'élevait à 2.900 euros pour 2012. Et selon un calcul du Parisien, le praticien touchera, pendant sa retraite, au moins 15.000 euros de plus par an que s'il avait choisi de ne plus être conventionné (secteur 3).»

Et ça traite les autres d'assistés ?

Comme d'habitude, on note que la lutte contre la fraude est à géométrie variable «selon qu'on est puissant ou misérable», dixit Jean de La Fontaine dans sa fable "Les Animaux malades de la peste". Alors que c'est la fraude des professionnels de santé qui lui porte le plus préjudice, l'assurance maladie a fait preuve d'une coupable négligence… tandis qu'on stigmatise les salariés qui s'arrêtent et les pauvres au RSA. Tout juste a-t-elle «trouvé, à Paris, une cinquantaine de médecins sans vraiment d'activité, mais dont elle prend en charge une bonne partie des cotisations. Elle réfléchit aux suites à donner», ironise Le Monde.

Le gouvernement se félicite que le déficit du régime général de la Sécu ait été contenu en 2012, «malgré la dégradation du contexte économique». Grâce à qui, et à quel prix ? Sur qui ont pesé les plus lourds sacrifices ? Qui devra se sacrifier encore davantage ?

Certainement pas les cols blancs de la trempe de Jérôme Cahuzac, qui a toutes les caractéristiques d'un psychopathe et nous dévoile à quel point ce système, perméable à l'imposture et aux injustices, est malade d'une «peste» qu'il devient urgent d'éradiquer.

SH

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Mis à jour ( Vendredi, 12 Avril 2013 17:02 )