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Accueil Social, économie et politique Chômage de janvier : +60.800 (cat. ABC)

Chômage de janvier : +60.800 (cat. ABC)

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Comme d'habitude, les médias régurgitent le discours officiel qui vise à atténuer cette explosion en mettant en cause la récente réforme des radiations, affirmant que, sans elle, la hausse ne serait que de 22.800. Une excuse sujette à caution.

Oubliées, les quelque 20.000 sorties de listes inexpliquées du mois précédent... Un bond de 6% des «cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation» (+11.700 contre +4.200 en novembre) doublé d'une explosion de 24,5% des «radiations administratives» (+9.200 contre -100 en novembre) : allez comprendre ! Le phénomène n'est, hélas, pas nouveau et les «évolutions particulièrement erratiques et inexpliquées de certains chiffres» de la note mensuelle de la Dares/Pôle Emploi sont récurrentes, des sorties de listes au nombre d'offres collectées, en passant par celui des «demandeurs d'emploi ayant un droit payable au RSA».

Mais, pour être précis et puisqu'il s'agit d'une réforme portant sur les radiations administratives, les surprenantes 9.200 sorties de décembre sur cet unique motif ont visiblement été réintégrées… et toutes les autres dans la foulée : voir plus bas au chapitre des sorties. Etonnant, non ? Nous n'en doutions pas : la soi-disant "stabilisation" de décembre (+300 chômeurs de catégorie A seulement) était bel est bien factice.

Donc, rien de neuf sous la neige : le chômage enfle sans discontinuer depuis 21 mois avec 1.000 nouveaux inscrits/jour en moyenne et le chômage de longue durée, charriant pauvreté et dépressions, fait toujours plus de ravages. Voici notre décryptage mensuel de la note de janvier...


Catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) : +43.900
Ils sont désormais 3.169.300 en métropole, 3.421.800 avec les DOM (+41.900).
Progression annuelle : +10,7% dans l'Hexagone, +10,4% dans toute la France.

Précarité, quand tu nous tiens. On remarque un boom des chômeurs qui sont restés inscrits tout en exerçant une activité réduite, faute d'emploi véritable :

Catégorie B (chômeurs en activité réduite inférieure à 78h/mois) : +9.100
Ils sont 624.900 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +11,7%

Catégorie C (chômeurs en activité réduite supérieure à 78h/mois) : +7.800
Ils sont 886.000 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +5,4%

Au total, en janvier 2013, le nombre des inscrits en catégories ABC — c'est-à-dire l'ensemble des demandeurs d'emploi «tenus d'accomplir des actes positifs de recherche» — a crû de 60.800 en métropole.
Ils sont désormais 4.680.200 en France métropolitaine (+9,8% sur un an) et 4.967.500 avec les DOM (+59.600).

Passons maintenant aux voies de garage...

On note que le nombre des contrats aidés, des prestations occupationnelles et autres CSP ne cesse, bizarrement, de reculer :

Catégorie D (chômeurs non disponibles car en arrêt maladie ou en maternité, en stage, formation ou convention de reclassement) : -2.000
Ils sont 260.800 en France métropolitaine.
Variation annuelle : +9,6%

Catégorie E (chômeurs non disponibles car en contrat aidé) : -3.200
Toujours en France métropolitaine, ils sont 353.800 ainsi occupés.
Variation annuelle : -4% !

Au total, fin janvier 2013, toutes catégories confondues (ABCDE), le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi en métropole s'élève à 5.294.800 (+55.600 personnes sur un mois et +8,7% sur un an). Avec les DOM, on arrive à 5.603.700, soit 54.600 personnes de plus par rapport à décembre (+8,5% sur un an).

A ces 5.603.700, il convient d'ajouter les 96.600 "seniors" indemnisés de métropole (chiffre non précisé pour les DOM) bénéficiant toujours de feu la dispense de recherche d'emploi, non catégorisés.
Ainsi, on atteint 5,7 millions d'inscrits.


Dans le détail...

L'ancienneté moyenne des inscrits des catégories ABC de métropole augmente encore (+3) à 480 jours (contre 461 il y a un an), soit 16 mois. La moyenne d'inscription des sortants remonte à 257 jours (255 le mois dernier, 247 il y a un an).

A noter que la durée moyenne d'inscription des sortants en ABC reste stable à 147 jours pour les moins de 25 ans (146 jours il y a un an), mais bondit à 458 jours (+11) pour les plus de 50 ans, soit une augmentation de 54 jours sur l'année.

Du côté des chômeurs de longue durée, ils sont désormais 1.847.600 rien que dans les catégories ABC de métropole (+34.400 en un mois), 1.995.000 avec les DOM (+33.600), auxquels on peut rajouter les 350.000 chômeurs de catégorie E et les 96.600 seniors en DRE. Ainsi, le volume des "DELD" — comme on les appelle — frôle 43% de l'ensemble des inscrits à Pôle Emploi.

En glissement annuel, le volume des inscrits depuis plus d'un an a augmenté de 13,9%. Celui des inscrits depuis plus de 3 ans — enkystés dans la crise — a progressé de 18,5%, celui des inscrits entre 1 et 2 ans de 13,5%, et celui des inscrits entre 2 et 3 ans de 9,3%.

Parmi eux, toutes catégories confondues, 817.200 sont indemnisés au titre du RSA (+12,5% sur un an) et quelque 400.000 perçoivent une allocation de solidarité de l'Etat (ASS, AER… Pas de chiffres récents disponibles; environ +15% sur un an).

Du côté des seniors, les inscriptions de chômeurs de plus de 50 ans dans les catégories ABC de métropole ne mollissent pas : +13.500 par rapport à décembre.
Ils sont 958.700 dont 498.400, soit 52%, sont des femmes.
Progression annuelle : +15,4% (et +16,8% pour les seniors de catégorie A, sans aucune activité).

En comparaison, les moins de 25 ans en ABC sont 770.600 (+9,9% sur l'année).

Du côté des sorties, on note un rééquilibrage d'ampleur des «cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation», pourtant non concernées par la réforme du mode de calcul : -9.500 (contre +11.700 en décembre) pour un total de 196.500 (contre 209.700 le mois précédent). Les radiations administratives ont littéralement fondu : -26.400 (contre +9.200 en décembre) pour un solde de 19.000 (contre 46.700). Les «autres cas» reculent aussi : -200 (contre +800 en décembre) pour un total stabilisé à 49.500.
Ces trois motifs représentent 63,4% du volume des sorties.

Du côté des entrées, les fins de CDD et de mission d'intérim représentent à elles deux 31,4% des motifs.

Du côté des offres, en janvier 2013, Pôle Emploi en a collecté 25.500 de moins, soit 216.700 au total. La progression annuelle demeure désespérément négative (-19,7%). Les emplois dits "durables" (plus de 6 mois) représentent 44% du total, le reste étant "temporaire" ou "occasionnel". Et sur le compteur d'offres en ligne de pole-emploi.fr, c'est la bérésina : il en affiche bravement 129.391, tandis que 1.277.835 CV en ligne espèrent trouver preneur.

L'année 2013 pourrait être la pire pour l'emploi depuis 1997. Manquent 72.000 nouveaux inscrits pour atteindre ce triste record, c'est-à-dire, à ce rythme, dans deux ou trois mois.

SH

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Mis à jour ( Mercredi, 27 Février 2013 12:45 )  

Commentaires 

 
0 # Paulina1 2013-02-27 13:08 Merci Sophie pour ce décodage. C'est énorme + 60 800. Ca ne s'arrange pas. A quand l'inversion de la courbe ? Pour cela j'entends dire qu'il faut 1.5 % de croissance. Il va falloir attendre. A moins d'un miracle… Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2013-02-27 13:18 Le mois précédent, ils n'étaient "que" 10.200 de plus (cat. ABC) grâce à quelque 21.000 sorties de listes inexpliquées. Coupons la poire en deux et disons qu'en moyenne, on a environ 30.000 chômeurs supplémentaires par mois, soit 1.000 par jour. Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # tristesir 2013-02-27 15:32 Sauf erreur, 60 000 chômeurs c'est l'équivalent de 2 plans de licenciement de type Goodyear par jour !!

Le gouvernement et les patrons vont pulvériser le record de chômage de 1997.
Si j'ai bien compris, L'UE prévoit un taux de chômage de 10,7% à la fin de l'année.
Ils pourraient être en dessous de la vérité…
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0 # Yves 2013-02-28 03:04 Ils seront en dessous de la vérité… Comment en douter une seconde ?

Un véritable tsunami social se prépare car, malheureusement , la spirale du chômage entraîne celle de la récession qui entraîne celle du chômage.

Aujourd'hui, en Europe, personne n'a de solution pour briser ce cercle vicieux.

Les économies budgétaires plombent la "croissance". Et la "croissance" en berne plombe les recettes fiscales (et sociales). Des recettes en baisse, c'est toujours plus de déficits qui imposent… des économies budgétaires.

C'est à ce schéma calamiteux qu'on assiste en Grèce, en Espagne, en Italie (dans une moindre mesure) et en France.

L'effet "boule de neige" va être dévastateur en Europe.

Donc, je confirme, l'UE peut d'ores et déjà revoir à la hausse ses prévisions en matière de chômage… et encore à la baisse, en matière de "croissance".

C'est tellement évident qu'il n'y a pas besoin de sortir de Polytechnique pour l'envisager !
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0 # superuser 2013-03-01 17:07 Chômage record en zone euro : 12%

www.20minutes.fr/economie/1110573-zone-euro-chomage-record-119-janvier

Selon Eurostat, 19 millions d'actifs étaient au chômage en janvier dans les 17 pays de l'eurozone : +201.000 personnes en un mois, et +1,9 million sur un an.

La France est un peu en dessous de la moyenne avec bientôt 11% de chômeurs (Insee).

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage s'est établi à 10,8% en janvier contre 10,7% le mois précédent. Au total, 26,2 millions d'actifs étaient officiellement sans emploi dans l'UE27 début 2013.
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0 # superuser 2013-03-07 18:33 Dernier taux de chômage Insee : 10,2% en métropole, 10,6% avec les DOM

www.20minutes.fr/societe/1113755-20130307-chomage-annonnce-hausse
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