C'est la seule mesure inattendue du budget de la Sécurité sociale (les hausses d'impôts avaient été dévoilées avant), mais elle fait déjà l'objet de vives critiques dans les rangs syndicaux. Le gouvernement a annoncé ce jeudi l'harmonisation du mode de calcul des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale alors que les bases sont différentes aujourd'hui selon qu'il s'agit d'indemnités pour un arrêt maladie, un accident du travail ou un congé maternité. A l'avenir, elles seront toutes calculées sur la base du salaire net.
Plusieurs taux de remplacement
Mais au passage, le taux de remplacement va diminuer dans le cas des arrêts : l'assurance-maladie versera 60% du salaire net au lieu de 50% du salaire brut au titre des indemnités journalières. «Le taux de remplacement sera moins relevé que ne l'aurait exigée la simple conversion du brut au net», admet le gouvernement qui vise une économie de 220 millions d'euros. Pour les accidents du travail, l'indemnité va passer de 60% du salaire brut à 80% du salaire net en cas d'arrêt inférieur à 29 jours, et de 80% du salaire brut à 100% du salaire net au-delà. Pour les congés de maternité, le taux est de 100% du salaire net jusqu'à un plafond.
L'exécutif justifie ce choix en soulignant la «dynamique» des arrêts maladie (6,6 milliards de dépenses en 2010, en hausse de 3,8% après +5,1% en 2009) et souligne que le taux de remplacement «réel» en cas d'arrêt maladie a mécaniquement beaucoup augmenté depuis 1970 en raison de la forte hausse des cotisations qui a accru la différence entre brut et net. «Il s'agit de revenir au taux de remplacement originel», souligne l'entourage du ministre du Travail, Xavier Bertrand. La différence représentera quelque 30 euros par mois en moyenne.
«Les salariés les moins favorisés» seront les plus touchés
Les syndicats sont très remontés : «Cette mesure va toucher les salariés les moins favorisés, pour lesquels l'entreprise ne compense pas la perte de salaire, et elle va accroître le coût des contrats de prévoyance pour les autres», critique Danièle Karniewicz (CGC). Une enquête récente du CTIP (institution de prévoyance) indique que 77% des salariés du privé se disent couverts, une estimation jugée basse au sein du gouvernement où l'on évalue entre 80% et 90% la part des arrêts donnant lieu à un complément par l'employeur ou la prévoyance. Par ailleurs, au-delà de 8 jours d'arrêt, l'employeur est tenu de verser un complément (pour atteindre 90% du salaire) à leurs salariés ayant plus d'un an d'ancienneté.
La question des indemnités journalières est sensible. La fiscalisation des indemnités versées après un accident du travail avait suscité de vifs débats fin 2009. Saisi par le gouvernement, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) avait demandé l'abandon du projet. Le Parlement avait finalement opté pour une fiscalisation de 50% de l'indemnité au titre du revenu de remplacement, les 50% restant étant toujours exonérés au titre de la réparation du préjudice subi.
(Source : Les Echos)
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Les recettes
- Réintégration des heures supplémentaires dans le calcul des allégements généraux sur les bas salaires (600 millions d'euros)
- Réduction de l'abattement de CSG-CRDS de 3 à 2% et suppression de l'abattement pour la participation et l'intéressement (595 millions)
- Augmentation du taux du forfait social de 6 à 8% (410 millions)
- Homogénéisation de l'assiette de la C3S dans le secteur financier (150 millions)
- Assujettissemen t du complément de libre choix d'activité (CLCA) à la CSG (140 millions)
- Relèvement des taxes sur les boissons alcoolisés (340 millions)
- Révision du barème de la taxe sur les véhicules de société (100 millions).
- Taxe sur les boissons avec du sucre ajoutée (120 millions)
- Hausse du prix du tabac (600 millions).
Enfin, les comptes de la Sécurité sociale bénéficieront de l'alignement sur le droit commun des assiettes et des taux de cotisation dans les industries électriques et gazières, qui sera réalisé par voie réglementaire (210 millions).
Les dépenses
- L'Objectif de dépenses d'assurance maladie (Ondam) est fixé à 171,8 milliards d'euros (+2,8%)
- A partir du 1er juin 2012, augmentation de 40% du plafond de ressources pour les parents isolés leur permettant de bénéficier d'une augmentation du complément de mode garde (4 millions).
- Amélioration de l'aide versée par la CAF lorsqu'un ex-conjoint ne paie intégralement pas la pension alimentaire (moins d'un million).
- Plan d'aide à l'investissement dans les établissements médico-sociaux (50 millions).
- Reconduction du Fonds de cessation anticipée des travailleurs de l'amiante (890 millions) et du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (315 millions)
- Poursuite du plan Alzheimer - créations de maisons, de structures de répit… - et du plan solidarité grand âge - places en établissements, personnel… (près de 400 millions)
- Revalorisation du minimum vieillesse pour les personnes seules de 4,7% en avril 2012
- Majoration de 30% de l'aide à la garde d'enfant pour les parents bénéficiaires de l'allocation adulte handicapée (AAH) et ayant un enfant de moins de 6 ans.
Les économies
- Maîtrise médicalisée des dépenses de soins (550 millions)
- Médicaments : baisses de prix, déremboursement et montée en charge des génériques (770 millions)
- Modification du mode de calcul des indemnités journalières de maladie (220 millions)
- Contrats de performance des établissements de santé (150 millions)
- "Rationalisation " des achats effectués par les hôpitaux (145 millions)
- "Convergence tarifaire" entre établissements publics et privés (100 millions)
- Lutte contre la fraude à l'hôpital (55 millions)
Au total, 2,2 milliards d'économies sont prévues pour la branche maladie. La branche vieillesse bénéficiera de 5,5 milliards d'euros grâce à la réforme des retraites.
lexpansion.lexpress.fr/economie/ce-qu-il-faut-retenir-du-budget-de-la-secu-en-2012_262803.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
La Sécu est victime de nombreux mauvais payeurs, dont en premier l'Etat :
www.actuchomage.org/200711233205/Social-economie-et-politique/La-Secu-est-excedentaire.html
Le déficit de la Sécu est-il dangereux pour notre protection sociale ?
www.actuchomage.org/200907088794/Mobilisations-luttes-et-solidarites/le-deficit-de-la-secu-est-il-dangereux-pour-notre-protection-sociale.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
www.francesoir.fr/actualite/sante/grippe-vaccins-et-400-millions-d-euros-partent-en-fumee-136298.html Répondre | Répondre avec citation | Citer