Quelque 50.000 personnes ont déjà annoncé qu'elles participeraient à la "Manifestation de la génération fauchée", prévue ce samedi 12 mars à Lisbonne et Porto. Sur la page Facebook qui lui est consacrée, on lit que la mobilisation sera "non partisane, laïque et pacifique".L'idée est de rassembler tous ceux qui n'ont ni emploi, ni revenu. Ceux qui se traînent de stage en stage et qui n'ont jamais reçu de prime de vacances (versée au Portugal à tous les salariés) ni même d'allocation chômage, puisqu'ils n'ont jamais cotisé. Ceux qui, dans l'incertitude du régime des recibos verdes ("reçus verts", conçus à l'origine pour rémunérer les travailleurs indépendants sans couverture sociale, mais qui se sont généralisés notamment dans la fonction publique et qui privent de nombreux droits — congés payés, congé maternité, indemnités chômage, etc. — ces employés devenus prestataires de service), repoussent sans cesse leur vie au lendemain. Ceux qui, bien que surdiplômés, résistent à la tentation de l'émigration (11% des diplômés préfèrent quitter le pays). Des milliers de jeunes Portugais, représentants de cette "génération sans rémunération" dont parle la chanson du groupe Deolinda, devenue leur hymne, sont attendus le 12 mars pour dire haut et fort que ça suffit.
"Nous voulons que la société portugaise ouvre les yeux : au bout du compte, nous sommes la génération la plus qualifiée de notre histoire, et le pays est con de ne pas mettre à profit tout notre potentiel [référence au surnom donné de "geração parva", génération conne, stupide évoquée dans la chanson de Deolinda]", explique João Labrincha, un des organisateurs de la "manif". A 27 ans, titulaire d'une maîtrise et chômeur sans indemnité parce que son dernier "emploi" était un stage, le jeune homme assure n'avoir personne dans son entourage qui travaille en CDI. "Les gens que je connais sont soit au chômage, soit précaires, intérimaires ou boursiers, et dans tous les cas dans l'incertitude la plus totale pour leur avenir."
Un portrait instantané de la jeunesse actuelle qui se confirme aussi dans l'entourage de la réalisatrice Raquel Freire, qui s'est déjà mobilisée pour ce mouvement de protestation. "Près de 60% de mes amis diplômés travaillent comme vendeurs ou dans des centres d'appels pour 400 euros par mois. Et puis il y a les 10% qui s'en sortent et qui sont contents, et les autres ont émigré." Raquel qui, quand elle ne tourne pas, donne des cours, a gagné l'année dernière en moyenne 400 euros par mois, à temps partiel. Elle a 37 ans, un fils et n'a jamais signé un contrat de travail de sa vie. "J'ai arrêté de cotiser à la sécurité sociale il y a quelques années, tout simplement parce que je ne pouvais pas. Et si ces dernières années je suis revenue à un militantisme plus concret, c'est parce que, comme tout le monde, j'ai du mal à m'en sortir. Il y a une prolétarisation de la bourgeoisie portugaise, mais cela va plus loin : c'est toute une génération qui est condamnée à ne pas bénéficier des conditions de base minimales pour vivre dignement."
Autre zoom sur cette réalité, le journaliste João Pacheco. A 30 ans, papa d'un petit garçon de deux ans, il est journaliste depuis 2005. Lui non plus n'a jamais eu de contrat de travail, pas même à durée déterminée, et n'a jamais pu sortir du régime des recibos verdes. Il vit dans un logement qu'a acheté sa mère. "Dans la situation actuelle, si je devais vivre uniquement des revenus de mon travail, si ma famille ne m'aidait pas, j'aurais déjà baissé les bras." João lui aussi est "ami" avec la manifestation de la génération fauchée sur Facebook. "J'y vois un phénomène d'imitation de ce qui se passe dans les pays arabes." Non sans différence, toutefois : "La police ne nous bastonne pas comme en Tunisie mais, comme les Tunisiens, nous sommes des otages. Ma génération tout entière est l'otage d'un chantage : C'est ça ou rien, c'est ça ou le chômage."
"Ça", en l'occurrence, c'est la précarité du travail, les stages qui s'enchaînent, l'impossibilité d'acquérir une voiture ou un logement à soi, voire de nourrir ses enfants. Selon l'Institut portugais de la statistique, au dernier trimestre 2010, le pays comptait 68.500 chômeurs titulaires d'une maîtrise. Ce chiffre n'inclut évidemment pas ce million de Portugais qui, selon le mouvement Fartos/as d'Estes Recibos Verdes ("marre de ces reçus verts"), sont contraints de travailler indûment à ce régime. Il faut aussi ajouter ceux qui dépendent d'agences de travail temporaire, les boursiers et les éternels stagiaires... Avec eux, la précarité touche près de 2 millions de personnes.
Ceux qui n'en font pas partie s'ingénient à trouver des surnoms en tout genre pour cette génération. La génération "kangourou", parce que ces jeunes tardent à quitter le cocon parental ; les "ni-ni" pour ni travailleurs, ni étudiants ; les mileuristas, concept repris à l'Espagne — mais qu'on n'applique au Portugal qu'avec beaucoup de bonne volonté puisque leur salaire moyen, quand ils ont un emploi, atteint rarement les 500 euros. Pas de doute, "la colère monte, monte et va finir par exploser, estime João Pacheco. Ce que je me demande, c'est si les gens vont continuer à opter pour les antidépresseurs et l'autodestruction, ou bien s'ils vont se mettre à réclamer que des têtes tombent et dans ce dernier cas, j'espère qu'ils le feront par le biais du vote et de mouvements démocratiques."
Car le risque est bien de voir cette grogne générationnelle dégénérer en violences. "Le mécontentement va croissant, marqué par une mise en cause d'un certain type d'encadrement et de filiation idéologique, qui montre l'incapacité des forces organisées (syndicats, partis, etc.) à s'imposer comme porte-voix de ce mécontentement," analyse le sociologue Elísio Estanque. "Et cette absence d'encadrement augmente le risque d'explosion sociale."
Avec ou sans violence, s'il n'y a pas de révolution, c'est le pays tout entier qui y perd, met en garde Raquel Freire. "Si cette génération ne fait pas ce qu'a fait la génération du 25 avril (celle de la Révolution de 1974), dire basta! et montrer clairement au pouvoir politique qu'elle a eu sa dose d'esclavage — parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, quand on n'a pas les droits sociaux fondamentaux qu'on avait il y a dix ans —, la seule solution sera l'émigration et c'est trente années de développement qui s'envoleront en fumée." Autrement dit, "le Portugal prend le risque de perdre la génération la mieux formée qu'il ait jamais eue, une génération qui a pourtant tout pour le faire avancer et pour empêcher qu'il ne devienne le bordel des touristes anglais et allemands."
(Source : Courrier International)
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L'agence de notation a décidé jeudi d'abaisser d'un cran la note souveraine de l'Espagne, à "Aa2" contre "Aa1" auparavant, avec perspective négative, se disant toujours sceptique sur la capacité du gouvernement à améliorer les finances du pays.
L'agence, qui avait déjà retiré fin septembre 2010 sa note maximale "Aaa" à l'Espagne, avait ensuite prévenu en décembre qu'elle envisageait d'abaisser à nouveau la note, en raison de ses "besoins élevés de refinancement en 2011" qui rendent le pays susceptible de connaître de nouvelles périodes de tension pour se financer sur le marché. Avec une note "Aa2", l'Espagne reste toutefois bien notée.
Dans un communiqué, Moody's donne deux raisons à sa décision : la première, son sentiment que "le coût éventuel de la restructuration bancaire dépassera les estimations actuelles du gouvernement, entraînant une nouvelle hausse du taux de dette publique". En conséquence, l'agence dégrade également d'un cran le fonds public spécial d'aide au secteur, le Frob, à "Aa2" contre "Aa1" auparavant, avec perspective négative, "car la dette du Frob est entièrement et inconditionnell ement garantie par le gouvernement espagnol".
Deuxième motif pour baisser la note de l'Espagne, "les inquiétudes persistantes de Moody's sur la capacité du gouvernement espagnol à parvenir à la nécessaire amélioration structurelle et durable des finances gouvernementale s, compte tenu des limites du contrôle du gouvernement central sur les finances des gouvernements régionaux et du contexte de croissance économique seulement modérée à court et moyen terme". "Le chemin de la consolidation budgétaire reste flou pour certains gouvernements régionaux en Espagne", s'inquiète Moody's.
L'économie espagnole, engagée dans un processus d'assainissement de ses comptes, a atteint fin 2010 des niveaux de déficit (9,24% du PIB) et de dette publique (60%) légèrement meilleurs que prévu, même si les finances régionales restent préoccupantes. Le déficit des 17 régions autonomes est ainsi en hausse, à 2,83% du PIB, après 1,92% en 2009 et, surtout, il dépasse largement l'objectif officiel de 2,4%.
Fin 2010, une région était "très légèrement" au-dessus de 2,4% (Andalousie, 2,74%), quatre ont atteint un déficit "significativeme nt" éloigné de l'objectif, entre 3,07% et 3,25% (Aragon, Navarre, La Rioja et la Communauté de Valence), et quatre autres ont affiché un chiffre "considérablemen t" supérieur, de 3,86% à 6,22% (Catalogne, Iles Baléares, Murcie et Castille-La-Manche), selon le gouvernement.
Cette annonce survient le jour même où la Banque d'Espagne doit communiquer sur les besoins de financement des banques et caisses d'épargne espagnoles pour répondre aux nouvelles exigences des autorités en termes de solvabilité.
Sur l'enveloppe globale dont a besoin le secteur, les chiffres divergent: l'estimation du gouvernement de 20 milliards d'euros (après 12 milliards de fonds publics en 2010) est jugée trop optimiste par le marché, dont les évaluations vont jusqu'à 50 milliards environ. "Moody's pense que le coût total devrait être plus proche des 40-50 milliards", écrit ainsi l'agence.
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/moody-s-degrade-de-nouveau-l-espagne_250346.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
Le taux de chômage en Grèce a encore grimpé en décembre sur un an, à 14,8% de la population active (contre 13,9% en novembre et 10,2% un an auparavant), le plus haut niveau depuis au moins cinq ans, affectant particulièremen t les 15-24 ans dont près de 40% sont touchés, a indiqué mercredi l'Autorité statistique grecque (Esa).
En décembre, la situation des jeunes s'est encore aggravée avec 39% des 15-24 ans au chômage contre 28,9% un an plus tôt.
Le chômage des femmes continue d'être plus élevé que celui des hommes, à 18,7% contre 14,8% en novembre 2009, par rapport à 11,6% pour les hommes (6,9% en 2009).
L'Esa a comptabilisé 228.535 chômeurs en plus en novembre, en hausse de 45,2% sur un an et de 5,9% par rapport à novembre, portant le total des sans-emploi à 733.645.
La détérioration de l'emploi continue alors que le pays est plongé dans une profonde récession pour la troisième année consécutive, sur fond d'une cure d'austérité sans précédent. Avec une poursuite attendue de la récession en 2011 (recul de 3% du PIB contre -4,2% en 2010), le gouvernement prévoit une aggravation du chômage à 14,5% cette année et 15% en 2012, envisageant une première décrue, à 14,6%, en 2013. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos a annoncé de nouvelles réformes structurelles afin de convaincre ses partenaires de sa "détermination" à sortir de la crise budgétaire.
(…) Parmi ces mesures qui doivent permettre de "dégager une marge de sécurité supplémentaire, de l'ordre de 0,8% du PIB", figurent notamment des économies dans le secteur de la santé, une nouvelle baisse des dépenses sociales, l'imposition d'un plafond de dépense pour les entreprises publiques ainsi que la reprogrammation de projets d'infrastructures .
(…) Outre les mesures de réduction du déficit, le ministre portugais des Finances a présenté vendredi un projet de réforme du marché du travail réduisant le coût du licenciement et révisant les conditions d'attribution des allocations chômage.
lexpansion.lexpress.fr/economie/le-portugal-s-inflige-de-nouvelles-mesures-d-austerite_250462.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/546721-manifestations-contre-l-austerite-et-la-precarite Répondre | Répondre avec citation | Citer
Quand vont-ils comprendre que leurs plans d'austérité ne servent à rien et que les marchés sont des vampires ? Répondre | Répondre avec citation | Citer