La prime à l'embauche d'un stagiaire a fait un flop en 2010, selon les chiffres du ministère de l'emploi révélés par Le Figaro. Elle n'a bénéficié qu'à 7.279 jeunes en dix-huit mois, soit moins de 15% de l'objectif initial.
Annoncée en avril 2009 par le chef de l'Etat, cette mesure prévoyait d'accorder une prime de 3.000 € à tout employeur qui recruterait avant fin septembre un stagiaire en CDI. «Je veux que les stages conduisent à des emplois durables», avait alors justifié, très volontariste, Nicolas Sarkozy.
L'Elysée avait prévu d'y consacrer 150 millions d'euros, tablant sur 50.000 créations d'emplois en trois mois. La prime avait été prorogée une première fois jusqu'en juin 2010, avant d'être soldée à la fin décembre 2010.
(Source : L'Expansion)
NDLR : Selon le collectif Génération Précaire, les stagiaires sont payés en moyenne six fois moins qu'un salarié. Pourquoi voudriez-vous que les employeurs se privent d'une main d'œuvre aussi abondante, relativement qualifiée et surtout bon marché (l'indemnisation minimum s'élève à 417,09 € par mois pour 35 heures hebdomadaires de présence, sans cotisations sociales) en échange d'une petite prime de rien du tout ?
Cette "mesure emblématique" du "plan d'urgence" du gouvernement contre le chômage des jeunes n'aura coûté que 22 millions. Ainsi, grâce à la mauvaise volonté et aux bons calculs des entreprises, l'Etat dispose toujours de 128 millions qui n'ont pas été dépensés.
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Commentaires
Vous habitez dans le Languedoc-Roussillon, vous aimez Internet et vous cherchez un stage ? Ça tombe bien : le Medef local vous propose un stage de webmaster pour une durée de six mois renouvelable, payé 500 euros par mois. Serait-ce un de ces «stages qui ne sont pas des stages» que dénonce aujourd'hui Laurence Parisot ?
Le Medef Languedoc-Roussillon vient d'envoyer son offre à l'université de Montpellier. Au programme de ce stage d'«assistant(e) communication numérique», des missions de «webmaster et community manager» :
• «Gérer la mise au point de la nouvelle version des sites e-medef de la région»
• «Rédiger les contenus des sites et assurer la mise à jour des informations»
• «Développer la communication sur les réseaux sociaux»
• «Envoi de newsletter»
Outre ces «missions principales», l'offre du Medef évoque des «missions potentielles» :
• «Assistance à l'organisation d'événementiels»
• «Réalisation d'enquêtes en ligne : études économiques quantitatives, sondages…»
• «Assistance à la réalisation de supports de communication : flyers, plaquettes, etc…»
Sur la rémunération, rien à dire : à partir de 3 mois de stage, une entreprise doit verser l'équivalent d'un tiers du Smic par mois, soit 417 euros actuellement. Cette offre-là est donc un peu plus généreuse : 500 euros par mois, sans compter «une prime de fin de stage» dont on ignore le montant. Contacté à deux reprises depuis mercredi, le Medef Languedoc-Roussillon n'a pas répondu à nos questions.
Qu'est-ce qu'un stage qui n'en est pas un ?
C'est la durée du stage qui peut faire tiquer : six mois renouvelable, ce qui pourrait donc amener à une collaboration d'un an au total. Même avec cette mystérieuse prime, et vu l'étendue des missions envisagées, et l'exigence d'avoir «une première expérience en entreprise», cela fait tout de suite un peu moins généreux.
De quoi, peut-être, fournir un exemple concret à Laurence Parisot. La semaine dernière, le Medef et les syndicats ont en effet ouvert des négociations sur l'emploi des jeunes. Au programme, notamment, les éventuels abus liés aux stages…
Laurence Parisot se dit d'ailleurs «tout à fait opposée aux stages qui ne sont pas des stages». Il ne reste plus qu'à établir avec les syndicats la définition exacte d'un stage qui n'est pas un stage. Y compris lorsque ces stages sont proposés par le Medef lui-même.
http://eco.rue89.com/2011/02/17/offre-de-stage-au-medef-jusqua-un-an-a-500-euros-par-mois-190782 Répondre | Répondre avec citation | Citer
Selon Ophélie Latil, une des porte-parole du collectif Génération précaire, l’explosion du nombre de stagiaires favorise la productivité et l’actionnariat, mais nuit à l’emploi.
Selon vous, les mesures annoncées en mars par le gouvernement vont-elles améliorer la condition des jeunes ?
Livre vert, missions jeunes… Chaque année les mêmes annonces, les mêmes objectifs qui ne sont jamais atteints, parce que les politiques ne sont pas coercitives. Le taux de chômage des jeunes est officiellement de 25 %. Si on ajoute les fausses mesures (stages, volontariat, autoentrepreneu riat) pour faire dégonfler les chiffres, on dépasse largement ce chiffre. Et plus l’emploi est rare, plus on est prêt à accepter n’importe quoi, comme un poste d’assistant de l’assistant, à n’importe quel prix.
Encore faut-il le décrocher…
Pour obtenir un stage, il est souvent nécessaire d’avoir deux ou trois ans d’expérience. Du coup, on assiste à l’apparition de stagiaires-managers qui prennent la place de CDI dans les boîtes. À leur corps défendant, ils nourrissent le système : c’est le stage qui devient la norme, plus le CDI.
Les stagiaires sont donc une main-d’œuvre de remplacement ?
L’explication est simple : les stagiaires ne sont pas comptabilisés dans les effectifs, puisqu’ils n’ont pas de statut et qu’il n’y a pas d’obligation de les inscrire au registre des employés. Mais en reportant leur travail sur la productivité totale de l’entreprise, on augmente celle-ci et on envoie un message « positif » aux actionnaires…
En 2008 déjà, vous aviez fait une étude qui montrait que les stages représentaient 10 % de la population active. Vous la rééditerez ?
Cette année, on a fait un autre calcul, en se basant sur 1,5 million de stagiaires en 2009 (après la crise, leur nombre a encore explosé). Avec une moyenne de 4 mois de stage par personne, on arrive à 400.000 équivalents temps plein par an. Pour les entreprises, c’est entre 2 et 5 milliards d’économies. Le stage est donc une niche fiscale.
www.humanite.fr/13_04_2011-g%C3%A9n%C3%A9ration-pr%C3%A9caire-%C2%AB-le-stage-est-une-niche-fiscale-%C2%BB-470141 Répondre | Répondre avec citation | Citer
ou alors une formation mais vous redevenez étudiante (vous perdez vos droits CMU mais vous avez un salaire pour une formation en alternance) sauf qu'il faut trouver une structure qui vous accueille pour réaliser cette formation et que passé 25 ans on doit vous payez au moins 80 à 100 % du smic donc vous n'intéressez pas les entreprises. L'alternance ou la potence? Répondre | Répondre avec citation | Citer
Bien sûr 15 personnes dans cette formation de la C.C.I. du VAR et à la fin, 15 chômeurs sur les banc de l'ANPE de l'époque !
Voyez le système comme il est déjà vieux, dénoncé maintenant et comme d'habitude, on se réveille à retardement !
Cherchons l'erreur ensemble ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
L'objectif annoncé avait été jugé irréaliste par beaucoup. Il l'était. Hier, une étude de la Dares, le service statistique du ministère du Travail, a révélé que la prime de 3.000 euros à l'embauche en CDI de stagiaires, créée en juin 2009 dans le plan d'urgence pour l'emploi des jeunes, a entraîné sept fois moins d'embauches qu'espéré. Martin Hirsch, à l'origine de cette mesure, tablait sur 50.000 embauches en un an (la mesure courait jusqu'à mi-2010). La Dares n'en a recensé que 7.245. Une mauvaise nouvelle pour la Rue de Grenelle, mais une bonne nouvelle pour Bercy : le dispositif n'aura coûté que 20 millions d'euros alors que 150 millions avaient été budgétisés.
Faute de données disponibles sur les embauches de stagiaires en année classique, il n'est pas possible de mesurer l'impact réel de la prime. Mais l'étude laisse penser qu'elle a surtout eu un effet d'aubaine, comme le craignaient les syndicats. La Dares note que 70% des embauches ont été effectuées au cours du troisième trimestre 2009, qui correspond à la période à laquelle les jeunes diplômés du supérieur achèvent leurs stages de fin d'études. Et 85% des stagiaires embauchés étaient au moins bac+3, et 60% bac+5.
Surqualificatio n
Les longs stages constituant souvent de vraies préembauches, on peut supposer que beaucoup de ces recrutements seraient intervenus de toute façon. D'autant que l'effet déclencheur d'une prime de 3.000 euros est limité au vu de l'investissement que représente le recrutement en CDI de futurs cadres. A l'inverse, seuls 7% des stagiaires embauchés étaient de niveau bac ou inférieur.
Quelque 5.200 entreprises ont profité du dispositif. Le secteur du service aux entreprises, traditionnel gros recruteur de jeunes diplômés du supérieur, a concentré la moitié des recrutements, en particulier dans l'informatique (23%). Le poids de ce secteur explique que 63% des embauchés aient été des hommes.
L'étude pointe au passage un phénomène de déclassement, davantage lié à la crise qu'à la prime elle-même : plus d'un stagiaire embauché sur quatre «semble surdiplômé» pour le poste sur lequel il a été recruté. «La forte pression sur le marché du travail a pu contribuer à cette situation, les jeunes ayant pu opter pour un CDI sur un poste où ils sont surqualifiés afin d'éviter d'être sans emploi pour une durée indéterminée», analyse l'étude.
www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201888237822-stagiaires-retour-sur-le-flop-de-la-prime-a-l-embauche-286535.php Répondre | Répondre avec citation | Citer