Actu Chômage

mercredi
23 mai
  • Connexion
  • Créer un compte
    Enregistrement
    *
    *
    *
    *
    *
    (*) Les champs marqués avec astérisque sont requis.
    Captcha plugin for Joomla from Outsource Online
     
  • Recherche
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Les experts des 35h se lèvent plus tôt que toi

Les experts des 35h se lèvent plus tôt que toi

Envoyer Imprimer
Ta gueule, le salarié, t'y connais rien au travail : le boulot c'est le bonheur, travailler plus c'est incontournable et puis tu vas gagner plus (en estime de toi, parce que niveau thune c'est… enfin… Mais bon, ta gueule).

C'était, en synthèse, le message véhiculé dans un style mi amphigourique, mi oui-oui t'apprends la vie entre 7h30 et 8h00 sur les ondes de RTL et RMC squattées par le duo Hervé Novelli/Jean-François Copé, respectivement secrétaire général adjoint et secrétaire général de l'UMP.

Rebondissant sur la polémique lancée sur le dos des travailleurs par Manuel Valls, name-brandeur en quête de gloriole appelant à "augmenter la durée légale du travail", les deux compères ont prêché la parole libérale, moralisatrice et coercitive, truffée de ses contre-vérités et énormités assénées avec le genre de bonhomie décontractée qui vous ouvre désormais, avec vaseline et tapis rouge, la porte des médias.

Sujet de l'offensive : en finir avec les 35 heures. Merci Manu d'avoir respecté le timing de cette campagne de promo avec ta super bande-annonce. Il est vrai que si tu avais conclu (sur la base des statistiques de l'OCDE et d'Eurostat en 2009) que les Français travaillant plus que les Allemands (que tu prends pourtant en exemple) avec une productivité horaire supérieure (preuve qu'ici la thune va ailleurs que dans la poche du travailleur) en rappelant qu'il y a, au minimum, chez nous 5 millions de chômeurs et qu'il nous faudrait donc plutôt passer aux 32 heures : ta vanne aurait probablement eu moins d'écho.

Revenons à nos experts de droite en gestion morale de l'effort d'autrui.

7h40. Hervé Novelli sur RMC. Incompétence, obsolescence mentale et ravissement permanent : Novelli, c'est le Géo Trouvetou de l'UMP. L'auto-entreprise, c'était déjà lui. Il a été mandaté, avec Gérard Longuet, par Jean-François Copé pour prendre la tête d'un comité de réflexion cherchant des pistes pour mettre fin aux 35 heures.

Novelli décline l'argumentaire standard : il faut qu'il y ait débat, et qui dit débat dit solutions. Ça tombe bien, il est là pour ça. «Aujourd’hui, il y a 22 milliards d’euros par an d’allègements de charges» payés par l'Etat en compensation pour les entreprises qui «représentent une perte de compétitivité pour l'économie française». Vu que la France est l'un des pays les plus productifs du monde voire le plus productif, c'est que le problème de la croissance doit se situer ailleurs, non ? On connaissait la propension de la droite pour prioritairement financer les milliards de cadeaux fiscaux accordés au Medef grâce à la ponction sur salariés, voici son autre variable d'action face à la baisse du pouvoir d'achat du salarié : ne pas lui faire perdre ses journées à dépenser un argent qu'il ne gagne pas, en le consignant plus longtemps au travail. CQFD.

HERVÉ NOVELLI
«On va faire un certain nombre de préconisations. Ce que je souhaite, c'est l'idée de relancer le dialogue social en France. Et que dans les entreprises et les branches on négocie. Ça se fait quasiment partout en Europe, voila la réalité. Ce ne sera plus une durée légale mais une durée conventionnelle.»

La droite aurait soif de "dialogue social" ? En décodé : elle veut faire sauter le dernier verrou (avant le salaire minimum, l'autre barrière). Éclater la norme commune. En finir avec la durée légale, non pas tant pour la durée en question (dans moult secteurs, on ne compte plus en heures mais en objectifs — d'où la multiplication dans mon entourage des "cadres" sur-stressés à 1.800 euros qui touchent 20 euros de prime pour 120.000 euros de CA généré) mais, sur fond idéologique de mérite au travail, pour diviser les corps de métier, isoler le travailleur (auquel on ne cesse de répéter qu'il lui faudra sans cesse changer de métier, se réinventer, travailler de nuit et se délocaliser, pourquoi pas), éparpiller les traitements et empêcher les conditions d'union dans la réaction (chacun s'accrochant à son cas particulier). A noter la similarité avec l'auto-entreprise : chacun devient le concurrent de l'autre, tous béatement épanouis par un labeur acharné le plus prenant possible au niveau horaire et transport, le plus longtemps possible au niveau des années. Dans cette optique, le salaire compte moins que l’effort pour en décrocher un. No pain, no gain. Ce que Copé confirmera par la suite. Gérard Longuet annonçait déjà la couleur en décembre dernier, en déclarant au Monde qu'il fallait que le salarié français travaille plus pour le même prix (et bref que c'était ça ou sortir de la zone euro : ce qui est supposé me terrifier).

Dans cette vision neo-con, tes heures supplémentaires ne seront plus payées en tant que telles et tes RTT «seront progressivement apurées», comme l'esquisse pudiquement un Novelli auquel Jean-Jacques Bourdin rappelle qu'il a peut-être un chouilla oublié "le salarié" dans son équation des winners.

Novelli s'en tape. Quand on lui parle "salarié", il répond économie pour "le contribuable" (on est à l'UMP, merde, le parti des golden-retraités et des rentiers, bref une confrérie idéologique où dirigeants et électeurs ont bien saisi, pour eux, les bénéfices à tirer du travail des autres).

Hervé Novelli précise que la nouvelle durée légale ne pourra pas dépasser le plafond fixé par l'Union Européenne de «44 heures» (c'est 48) par semaine. Comme Novelli a précisé que sa redéfinition de la durée légale suit le «mouvement» global de l'UE, voila qui laisse le champ libre pour d'autres améliorations si un des pays opte pour les 70 heures.

Voilà qui doit ravir le salarié sur le chemin du boulot (mais un opportun sondage nous certifie qu'il est heureux ainsi). Au cas où il n'aurait pas emmagasiné les conditions pour son émancipation améliorée, Jean-François Copé passe la deuxième couche cinq minutes plus tard sur RTL.

Reprise de l’argument d’inéluctabilité d’"il fallait qu'il y ait ce débat" et du poids pesant sur les finances publiques. Notons au passage l’élément de langage de la matinée : «L'Etat paye pour travailler moins et pour travailler plus» (tandis que la salarié, ce gros feignant, lui, se tourne les pouces). Rappelons à toutes fins utiles qu'un Français sur deux n'a pas le luxe de gagner assez pour payer des impôts sur le revenu (et que, là dedans, il y a un paquet de salariés) et qu'au pays des "contraignantes" 35 heures, il est de moins en moins rare de se voir offrir un contrat de travail de 8 heures !

Copé s'en tape aussi. Reprise du "c'est intenable pour les entreprises car cela leur coûte en com-pé-ti-ti-vi-té". Je te renvoie aux statistiques du dessus : c'est faux. Et suivant cette logique, quelle serait la prochaine étape ? Va t-on devoir aussi s'aligner sur le salaire minimum chinois dix fois inférieur au nôtre ? L'hypothèse a déjà ses adeptes chez la crème des penseurs français, Jacques Séguela et Pascal Nègre.

Copé décline sur l'axe moral du travail et compare "la question" (tellement taboue qu'on en parle sans cesse) des 35 heures avec celle de la burqa (bien que dans la façon de ramener un faux problème sur le devant de la scène, il y ait une certaine similitude).

JEAN-FRANCOIS COPÉ
«C'est [les 35 heures] intenable pour le mental de notre pays, car cela donne un rapport au travail qui est aussi à intégrer dans les explications que l'on pourrait donner sur le sondage sur le moral et sur le pessimisme des Français pour le pays. Cela veut dire que lorsqu'on est plafonné sur la perspective du travail, on ne voit pas l'avenir de la même manière.»

En philosophie néo-libérale, ton pessimisme (là où tu es joyeux d'aller au boulot dans un autre sondage, va comprendre) n'est pas du à la stagnation de ton salaire, ni à l'envolée des prix et des taxes, ni au dynamitage de ta retraite, ni même à ton absence totale de revenus pour cause de gros chômage chronique, mais bien au fait que tu ne turbines pas assez au boulot. Quant à la deuxième partie de la phrase, je ne peux, à titre personnel, que confirmer : sortir du salariat (paradis de l'empapaouatage) te rend plus heureux.

JEAN-MICHEL APATHIE
«Est-ce qu'on peut envisager de demander aux Français de travailler plus sans les payer plus, au même salaire ?»

JEAN-FRANCOIS COPÉ
«A moyen terme, non... A court terme, c'est inéluctable.»

Oui, tu as bien lu. Nous entrons dans une nouvelle dimension de l'UMP (sonde test d'un possible argument de campagne pour 2012) : celle du travailler plus pour gagner moins. Rien de neuf, si ce n'est que c'est totalement assumé. C'est aussi ça la droite décomplexée. Et pourquoi ? C'est simple, Copé lâche l'argument exogène et indiscutable, supposé dessiner une perspective de sortie alors qu'il est juste le prétexte du double exposé matinal :

JEAN-FRANCOIS COPÉ
«Je pense qu'aujourd'hui, la crise mondiale commande qu'on aille plus loin.»

Et Apathie de conclure...
«On parlera des 35 heures toute l'année 2011.»

Enlevé c'est pesé.

A gauche comme à droite, cette "fin des 35 heures" est d'abord une opportunité pour les challengers de faire parler d'eux. Il reste stupéfiant que des "ténors" socialistes peinent à revendiquer que la diminution du temps de travail est le dernier véritable progrès social français, une conquête logique pour un pays arrivé à un niveau de développement qui permettrait à ses citoyens de, théoriquement, vivre décemment.

A droite, ce martèlement du "toujours plus loin" sur fond de "shock doctrine", aussi grossière soit-il, doit alerter. La remise en cause des 35 heures n'était pas au menu du Monarque, pas plus que ne l'était, il y a 3 ans, la réforme des retraites.

Pour le reste, il va falloir en finir avec ce mythe persistant, au pays de Candy comme dans tous les pays, prétendant que l'augmentation des heures de travail accroît la richesse du salarié. A titre d'exemple, le travailleur grec bosse à l'année 25% de plus que le Français est sa situation économique est si resplendissante... qu'on lui demande de travailler plus pour encore moins.

Manuel, Hervé et Jeff connaissent pourtant le préambule du "Que sais-je ? Le monde de l'entreprise" : faire du profit, dégager de la marge. Si tu n'as pas de loi pour contraindre cette logique, le travailleur finit par bosser 90 heures par semaine pour un quinzième de Smic.

Travailler plus ne garantit qu'une chose : travailler plus.

Seb Musset - Les jours et l'ennui

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Lundi, 10 Janvier 2011 04:50 )  

Commentaires 

 
# superuser 2011-01-06 17:52 A lire également chez notre ami SLOVAR : Pourquoi le MEDEF et la CGPME sont volontairement absents du débat sur les 35H…

http://slovar.blogspot.com/2011/01/le-medef-et-la-cgpme-volontairement.html

Ce retour à l'ancien horaire se traduirait également par une demande immédiate d'augmentation de salaires compensatoires. Et ça, au MEDEF et à la CGPME, on le sait !
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# superuser 2011-01-07 14:42 Les 35 heures ? Il faut poser la question à Mme Parisot…

On pourrait s’étonner du retour en force de la proposition de «déverrouiller» les 35 heures, aussi bien dans la bouche d’un Manuel Valls, prétendument socialiste, que d’un Jean-François Copé et d’un Hervé Novelli, authentiquement UMPistes, car beaucoup se félicitaient il y a peu encore de les avoir déjà «détricotées», ou bien que le «problème est résolu dans les PME», comme le disait récemment Jean-François Roubaud, président de la CGPME. Comment peut-on supprimer quelque chose qui n’existe déjà pratiquement plus ? Il faut donc voir quelle est la portée véritable de regain du «travailler plus pour gagner…».

On se souvient que, dès la seconde «loi Aubry», le ver avait été introduit dans le fruit, puisque le Medef avait obtenu la suppression de la clause faisant obligation aux entreprises de créer 6% d’embauches pour pouvoir bénéficier des allègements de cotisations sociales attribués en compensation de la RTT pour les entreprises. Dès lors, l’effet de création d’emplois permise par la RTT était considérablemen t amoindri, puisque les gains de productivité absorbaient le passage aux 35 heures.

Mais l’arrivée au pouvoir en 2002 du gouvernement Raffarin, suite à la seconde élection de Chirac à la présidence de la République, allait aggraver les choses de plusieurs manières.

• En suspendant l’application de la loi des 35 heures aux entreprises de moins de 20 salariés qui avaient bénéficié sous le gouvernement Jospin d’un délai supplémentaire. Cela a empêché environ 8 millions de salariés de passer aux 35 heures. Légalement, ils pourraient toujours y prétendre puisque les lois n’ont pas été abrogées, mais elles sont encore suspendues.

• En augmentant progressivement le contingent d’heures supplémentaires annuelles autorisées : de 130 heures à 180, puis à 220. En autorisant, depuis la loi du 31 mars 2005, les entreprises à aller encore au-delà de cette limite si elles obtiennent l’accord du salarié.

• En défiscalisant et en supprimant de toute cotisation les heures supplémentaires , augmentant ainsi le recours à elles.

• En permettant, par la loi de 2008 sur le «dialogue social», de déroger à la durée hebdomadaire légale du travail.

Le coût de ces différents cadeaux au patronat est connu : 10 milliards au titre des 35 heures proprement dites, 12 milliards au titre des suppressions de cotisations en dessous de 1,6 Smic, et 4,4 milliards au titre des heures supplémentaires . Au total, 26,4 milliards par an sans aucun effet notable sur l’emploi, en quantité et encore moins en qualité.

Que se cache-t-il donc derrière cette nouvelle salve droitière, qu’elle vienne de la droite patentée ou de la gauche usurpatrice ? Il s’agit d’une offensive à double détente. La première est d’en finir avec la notion même de durée légale du travail, qui fut introduite et imposée à la suite de luttes incessantes depuis deux siècles. Cela s’inscrit tout à fait dans le cadre de la volonté patronale qui n’a jamais pu accepter l’idée même de réduire le temps de travail, et dans celui de la Directive européenne du temps de travail dont la Commission veut modifier le contenu pour accroître jusqu’à 65 heures la durée hebdomadaire. Le second aspect est de parachever la «victoire» obtenue sur les retraites qui consiste justement à accroître la durée du travail sur l’ensemble de la vie.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que, en filigrane de la durée du travail, il y a la répartition des revenus, cette question que précisément le mouvement social sur les retraites vient de remettre en lumière. Baisser le temps de travail sans diminution parallèle du salaire, c’est baisser les profits. «Travailler plus pour gagner pas plus ou même moins», c’est au contraire augmenter les profits.

Après les multiples pas de deux du PS lors de la bataille sur les retraites, le «coup» de Valls sonne comme un avertissement. Au lieu de voir dans le débat récurrent sur le temps de travail un signe de la lutte pour le partage de la richesse produite entre capital et travail, on le travestit en proposant aux salariés d’arrondir leurs maigres fins de mois en travaillant davantage, pourvu, bien sûr, qu’ils aient un emploi. La manœuvre est évidente : rassurer une fois de plus les marchés financiers dont l’exigence ne peut aller que croissant au fur et à mesure que leur appétit est satisfait à chaque intrusion des agences de notation dans la sphère d’où elles devraient être exclues : la démocratie.

Valls, Copé, Novelli, Sarkozy… démocrates, ou bien les voix de leurs maîtres ? Demandez à Mme Parisot.

Jean-Marie HarribeyAlternatives Economiques
http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/01/05/les-35-heures-il-faut-poser-la-question-a-mme-parisot/
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# superuser 2011-01-07 16:06 Novelli l'incompétent

L'ex-secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli commet un double contresens quand il attribue aux 35 heures un coût du travail français qu'il croit supérieur à celui de l'Allemagne. En réalité, les coûts du travail français et allemands sont très proches, et ne dépendent pas vraiment de la durée légale du travail.

Dans Les Echos du 27 décembre, Hervé Novelli, le secrétaire général adjoint de l'UMP affirme, dans un entretien avec Véronique Le Billon, que «le coût du travail français est supérieur au coût du travail allemand depuis le début des années 2000, c'est-à-dire peu ou prou depuis que nous sommes passés aux 35 heures».

Effectivement, l'indice (base 100 en 2000) du coût du travail horaire dans l'industrie manufacturière — seul domaine où la comparaison ait un sens, puisque les producteurs ont le choix entre produire sur place ou délocaliser, et les consommateurs entre acheter made in France ou fabriqués à l'étranger — est à 130,7 en 2008 (dernière année connue) en France, contre 119,1 en Allemagne. L'évolution est donc très nettement en défaveur de la France. Mais ce n'est pas à l'évolution que M. Novelli fait référence. C'est au niveau qu'il en a. Et il a tort. En 2000, le coût horaire du travail (cotisations sociales et congés payés inclus) s'élevait à 24,98 € en France et à 27,60 € en Allemagne, soit 10,5% de plus. En 2008, les niveaux se sont presque rejoints, l'évolution ayant été plus rapide chez nous qu'outre-Rhin : 32,36 en France, contre 32,87 en Allemagne.

Qu'un ancien secrétaire d'Etat (au Commerce) confonde évolution et niveau est déjà étonnant. Mais qu'il attribue ces évolutions aux 35 heures est quasi hallucinant. Au sein de l'UE à 15, entre 2000 et 2008, seuls trois pays voient leur coût horaire de main-d'œuvre progresser moins vite que celui de la France : outre l'Allemagne, il s'agit de l'Autriche et du Portugal. Tous les autres – soit dix pays, dont huit font partie de la zone euro – connaissent une évolution égale (Belgique) ou plus forte (les neuf autres) à celle de la France. On est donc étonné d'apprendre implicitement, sous la plume (ou, plutôt la langue) de M. Novelli, que, sans le dire, tous ces pays auraient, comme la France, basculé dans quelque chose qui ressemble aux 35 heures.

M. Novelli, d'ailleurs, n'est pas dupe. Un peu plus loin dans l'entretien, il avance que, dans les entreprises françaises, «l'effet des 35 heures a été pour l'essentiel absorbé par la hausse de la productivité». La logique de M. Novelli semble très défaillante. Soit les entreprises (manufacturière s) françaises ont vu leurs coûts de main-d'œuvre tirés vers le haut à cause des 35 heures et, dans ce cas, elles devraient présenter des évolutions (et un niveau) de coût de main-d'œuvre plus élevées qu'ailleurs. Ce qui n'est pas le cas. Soit le surcoût des 35 heures a été compensé par des gains de productivité, les coûts de main-d'œuvre évoluant alors en France plutôt moins vite qu'ailleurs, et les problèmes de compétitivité éventuelle des entreprises doivent être cherchés ailleurs que dans la durée légale du travail. Comme la première proposition n'est pas vérifiée, M. Novelli devrait se rabattre logiquement sur la seconde, qui correspond davantage aux faits. Mais le bouc émissaire des 35 heures est si commode …

Comme l'écrivait Jean-Claude Bayol dans un récent courrier des lecteurs d'Alternatives Economiques (numéro de janvier 2011), justement à propos des «grands médias» et des 35 heures : «Je suis au regret de constater que leurs journalistes laissent assez souvent dire n'importe quoi à leurs interviewés, sans les reprendre, ni au cours de l'entretien, ni dans un commentaire annexe»…

Denis ClercAlternatives Economiques
http://www.alternatives-economiques.fr/35-heures—-l-evolution-et-le-niveau_fr_art_633_52429.html
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# MKL 2011-01-07 16:11 Pour le retour à la loi De Robien sur la semaine de 4 jours !

Je suis pour l'abrogation des 35h, loi mal ficelée, inefficace en matière de lutte contre le chômage et ruineuse pour l'état.

A condition que l'on revienne à son ancêtre, la loi De Robien (juin 1996) permettant aux entreprises de passer l'intégralité de leur personnel à la SEMAINE de 4 JOURS (modulable sur l'année), avec une baisse de salaire maxi de 3% au delà de 1500€/mois (400 pme sont toujours sous ce régime à l'heure actuelle).

Coût pour l'entreprise : 0

Potentiel de création d'emplois temps plein / CDI (selon une étude du Ministère du Travail): 1,6 MILLIONS au grand minimum !

Coût pour l'état (selon une étude de la Caisse des Dépôt) : 0
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
# superuser 2011-01-07 20:23 Vous avez raison. Je viens de publier un article à ce sujet. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Votre avis ?

François Hollande a été élu. Pensez-vous...
 

Zoom sur…

 

Chômeurs «fainéants» et «fraudeurs» : la fabrique d'un discours d'Etat

Etienne Penissat, chargé de recherches au CNRS et membre du CERAPS (Université Lille 2), s’intéresse à une catégorie souvent mobilisée par nos gouvernants : celle des chômeurs «fraudeurs» ...

 

Convocation pour «entretien téléphonique» : pas de sanction possible

Zoom sur une pratique qui se répand, source d'angoisse supplémentaire pour les chômeurs. Une dérive du système aux motifs peu avouables que ses victimes peuvent aisément contrer… à leurs frai...

 

En finir avec l’«assistanat», c’est possible !

Ce week-end, le Figaro Magazine remet le couvert et s'acharne contre «la France des assistés». Riposte.

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...