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«Plan rebond» : le fiasco est confirmé

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Un bilan transmis aux partenaires sociaux montre que, jusqu'ici, seuls 113.000 chômeurs en fin de droits et sans revenu en ont bénéficié. Soit trois fois moins que prévu.

Le moins que l'on puisse dire est que le Plan Rebond pour l'emploi, qui s'achève le 31 décembre, n'aura pas creusé le déficit de l'Etat ni celui de l'assurance-chômage !

Le bilan chiffré de 6 pages du dispositif, destiné à apporter une solution à tout chômeur en fin de droits et sans revenu de remplacement, présenté aux partenaires sociaux le 17 décembre lors du dernier conseil d'administration de Pôle Emploi, le montre : l'impact du plan, qui a donné lieu à un accord entre l'Etat, le patronat et tous les syndicats (sauf la CGT) fin avril, a été très limité. A la lecture de ce document que Les Echos se sont procuré, on comprend que le successeur de Laurent Wauquiez, le ministre du Travail Xavier Bertrand, ne se soit pas précipité pour organiser la réunion du comité de suivi du dispositif, prévue le 18 novembre et annulée pour cause de remaniement.

Les pouvoirs publics s'étaient engagés à consacrer 286 millions d'euros au «plan rebond», tout comme l'Unedic. S'y ajoutaient 133 millions d'euros du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, et 50 millions d'euros de l'Apec. Un plan à plus de 700 millions d'euros, donc. L'objectif affiché était de faire bénéficier quelque 325.000 chômeurs d'une solution : 170.000 via un contrat aidé, 70.000 via une formation rémunérée, et le solde via une allocation temporaire de crise d'environ 460 euros par mois durant six mois. Le nombre de bénéficiaires de cette dernière prestation était chiffré entre 80.000 et 110.000.

Le résultat concret aura été très en deçà. Si 740.000 courriers ont été envoyés par Pôle Emploi, l'opérateur public a comptabilisé à l'arrivée 75.000 emplois aidés (là où l'entourage de Laurent Wauquiez en évoquait 85.000 début novembre), dont les deux tiers correspondent à des contrats conclus avant la fin de l'indemnisation par l'assurance-chômage, et pour une bonne part avant même l'entrée en vigueur du plan…

Autre fait marquant : il y a eu deux fois moins de formations rémunérées que prévu, si bien que le Fonds paritaire de sécurisation des parcours n'a même pas été sollicité. Quant à l'allocation temporaire de crise, elle n'avait été versée qu'à 8.000 bénéficiaires à la fin octobre pour un coût de 22 millions d'euros, dix fois inférieur aux prévisions. Comme la prime de 500 euros destinée aux chômeurs ayant travaillé entre deux et quatre mois, elle a fait un flop.

Au total, ce sont 113.000 demandeurs d'emploi, soit trois fois moins qu'attendu, qui bénéficiaient du «plan rebond» à la fin octobre ; et les deux derniers mois de 2010 n'auront pas permis de renverser la tendance avec le coup de frein apporté à la conclusion de nouveaux contrats aidés en fin d'année.

Toute la question est désormais de savoir ce qui sera fait des moyens qui n'auront pas été dépensés. Il est peu probable que, dans le contexte budgétaire actuel, l'Etat décide de le réaffecter aux chômeurs en fin de droits plutôt qu'à réduire son déficit. Il est pourtant une catégorie d'entre eux qui ne cesse de croître : celle des chômeurs de longue durée, pour lesquels Pôle Emploi s'est engagé à mettre en œuvre un suivi renforcé en 2011. Certes, ils constituent plus des trois quarts des bénéficiaires du «plan rebond», soit 80.000 personnes environ. Mais cela reste sans commune mesure avec la masse des demandeurs d'emploi depuis plus de douze mois. En hausse de 21,5% sur un an, leur nombre a franchi le cap du 1,5 million en novembre. Du jamais-vu depuis mars 2000.

(Source : Les Echos)

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