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Chômage : les mesures "riquiqui" de Nicolas Sarkozy

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Accompagnement des licenciés économiques et formation en alternance pour les jeunes sont les seules pistes évoquées par le chef de l'Etat. "On est loin d'une politique active de l'emploi pour faire baisser durablement le chômage…" a réagi Eric Heyer, de l'OFCE.

"Le chômage reculera l'année prochaine". Telle est la prédiction faite par Nicolas Sarkozy lors de son intervention à la télévision mardi soir. (...) La question de l'emploi est pour autant loin d'être résolue.

"Le gouvernement et le président ont pour hypothèse que la croissance est repartie durablement, qu'elle va créer des emplois et faire baisser le chômage, analyse Eric Heyer, directeur adjoint du département prévisions de l'OFCE. Or, la croissance française est aujourd'hui essentiellement tirée par le restockage des entreprises, mouvement qui va prendre fin cette année. Qu'est-ce qui va tirer la croissance l'an prochain ? Pas les investissements publics, vu la politique d'austérité budgétaire, ni la consommation, en raison de la hausse de l'inflation qui va peser sur le pouvoir d'achat des ménages. C'est pourquoi la croissance va ralentir en 2011. Et le chômage remonter."

Pire : il n'y a pas de miracle à attendre des mesures proposées par Nicolas Sarkozy. Explications.

Généralisation du CTP

"Je souhaite qu'on arrive à un système où en France il n'y ait plus de licencié économique qui se retrouve au chômage", a-t-il déclaré. Nicolas Sarkozy entend profiter de la négociation sur la nouvelle convention d'assurance-chômage que vont engager les partenaires sociaux d'ici au 31 mars pour obtenir la généralisation du contrat de transition professionnelle (CTP).

Pour résumer, le CTP est un dispositif qui permet aux licenciés économiques d'entreprises de moins de 1.000 salariés de bénéficier d'un accompagnement renforcé pendant un an (formation de reclassement, rendez-vous hebdomadaires avec des conseillers Pôle Emploi) tout en touchant l'intégralité de leur salaire. Disponible dans 33 bassins d'emploi sinistrés, le CTP concerne aujourd'hui environ 14.000 chômeurs.

Pour les licenciés économiques des autres zones du territoire, il existe les conventions de reclassement personnalisé (CRP), dont les conditions d'accès sont plus restrictives et l'accompagnement moins renforcé. Actuellement, 75.400 personnes en bénéficient.

L'idée de Nicolas Sarkozy serait donc de fusionner les deux dispositifs. Toute la question est de savoir si les deux formules seront alignées sur la CRP (au risque d'une moindre efficacité) ou sur le CTP (au risque d'une envolée du coût).

Les deux dispositifs sont pris majoritairement en charge par les partenaires sociaux via l'Unedic. L'Etat, pour sa part a prévu de consacrer 134 millions d'euros en 2011 aux deux dispositifs contre 115 cette année. Mais la facture pourrait être beaucoup plus lourde en cas d'alignement de la CRP sur le CTP. "Le contrat de transition professionnel est un dispositif qui coûte très cher, rappelle Maurad Rabhi, secrétaire confédéral de la CGT, membre du bureau de l'Unedic. C'est pourquoi il est limité à quelques zones d'emploi." Or ni l'Etat, ni l'assurance chômage ne disposent de marges de manoeuvre budgétaires...

Au-delà du coût, c'est l'efficacité même de cette mesure qui pose question. En effets, les licenciés pour motif économique ne représentent qu'une infime part du nombre de nouveaux inscrits à Pôle emploi (2,77% en septembre, 3,13% sur les neuf premiers mois de l'année). La grande majorité des salariés qui pointent au chômage le sont suite à un licenciement individuel ou une fin de contrat précaire (intérim, CDD). Or, ces populations ne peuvent aujourd'hui pas prétendre aux contrats d'accompagnement renforcé.

A moins d'élargir les critères de ces deux dispositifs à tous les nouveaux demandeurs d'emploi — ce qui paraît peu probable vu le coût que cela engendrerait —, ce n'est pas cette mesure qui va faire reculer le chômage. D'autant que le principal problème, c'est le chômage de longue durée (plus d'un an) qui ne cesse de progresser et touche désormais plus du tiers des inscrits à Pôle Emploi. Sans oublier les chômeurs arrivés en fin de droits en 2010, dont le nombre frôle à ce jour 730.000.

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Mis à jour ( Jeudi, 18 Novembre 2010 18:52 )  

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