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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités «Entre nos mains», l'histoire d'une SCOP au cinéma

«Entre nos mains», l'histoire d'une SCOP au cinéma

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L'aventure d'une société reprise par ses salariés, filmée par la réalisatrice Mariana Otero, un documentaire à voir en salles à partir du 6 octobre.

Confrontés à la faillite de leur entreprise de lingerie Starissima, située près d’Orléans, des salariés — majoritairement des femmes — tentent de la sauver en la reprenant sous forme de Scop (société coopérative de production), un statut particulier dans lequel les salariés sont associés majoritaires dans le capital et vivent un projet commun en mutualisant équitablement les risques et les grandes décisions : une alternative démocratique peu connue en ces temps où le débat sur la répartition des profits entre travail et capital est exacerbé par la crise...

Au fur et à mesure que leur projet prend forme, ils se heurtent à leur patron et à la réalité du «marché». L’entreprise devient alors un petit théâtre où se jouent sur un ton espiègle, entre soutiens-gorge et culottes, des questions économiques et sociales fondamentales. De simples sujets passifs, les voilà désormais acteurs/actrices de leur destin.
Vont-ils adhérer au projet ou pas ? Suspens et humour sont les ingrédients du film qui reste léger malgré son contexte lourd. La réalisatrice magnifie la dignité ouvrière, dénonce sans discours appuyé les méfaits des mutations économiques et des patrons indélicats, et évite tout message préconçu en demeurant ouverte à ce qu’elle filme et aux mille facettes de la nature humaine. La fin de ce documentaire est si belle et si inattendue qu’elle atteint, paradoxalement, l’évidence cinématographique.

La bande annonce :



Des salariées et la réalisatrice parlent du film :



Mariana Otero et Philippe Frémeaux (PGD d'Alternatives Economiques, qui est une SCOP) parlent du système coopératif :



La Scop, une utopie qui se confronte au réel

La montée en puissance des coopératives dans l’univers entrepreneurial français vient de connaître une nouvelle étape. Une sorte de consécration, puisque le 7e art lui-même vient de se pencher sur le phénomène avec la sortie, le 6 octobre prochain, du documentaire de Mariana Otero.

«Je voulais porter mon regard sur une utopie qui se confronte au réel», explique la réalisatrice qui parcourt actuellement la France pour présenter son film. «C’est pourquoi je me suis intéressée aux Scop, des entreprises qui fonctionnent sous forme de coopératives participatives. Elles révolutionnent intimement notre manière instituée de travailler et de vivre ensemble et amènent chacun à penser différemment son rapport au travail, aux collègues, aux proches, et plus généralement à revoir sa manière d’être au monde.»

Avant de poser sa caméra dans une entreprise de lingerie féminine qui était en redressement judiciaire depuis plusieurs mois, Mariana Otero a visité un certain nombre de coopératives. Et en a tiré ce constat : «Les salariés avaient retrouvé le plaisir de travailler et ils n’avaient plus la même place dans la société : c’était donc une utopie réalisable».

Un modèle économique qui a davantage résisté à la crise que les autres, peut-il encore être considéré comme une utopie ? «Les Scop, comme toutes les entreprises, ont été affectées par la crise financière devenue crise économique», admet Le réseau des Scop qui accompagne la création, la transmission et le développement des sociétés coopératives en France. Pourtant, malgré une conjoncture défavorable, leur activité a encore progressé de 2,6% en 2008 et elles ont continué de consolider leurs fonds propres (+12,5% en un an). Or, ce dernier point constitue justement le talon d’Achille des PME "classiques"...

(Source : NetPME)

Ce que ne dit pas NetPME : Si les Scop résistent souvent mieux aux turbulences et aux crises, c'est parce qu'une grande partie des bénéfices sert non pas à rétribuer les actionnaires, mais à alimenter un fond de réserve qui leur permet de faire face en cas de difficultés => lire en commentaire.

«Entre nos mains» été présenté à Cannes en mai dernier dans la sélection de l’ACID, Association pour le cinéma indépendant et sa diffusion.

Les salles qui le diffusent

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Mis à jour ( Jeudi, 07 Octobre 2010 04:28 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2010-10-04 02:52 Les Scop, Sociétés Coopératives et Participatives, sont des entreprises coopératives dont les salariés sont les actionnaires majoritaires.

Les Scop introduisent un système démocratique au cœur même de leur fonctionnement. Avec au moins 51% du capital et 65% des voix, les salariés, devenus associés, participent aux grandes décisions stratégiques en Assemblée Générale et élisent leurs dirigeants selon le principe «1 personne = 1 voix» : chacun en effet, quel que soit le nombre d’actions qu’il détient, son travail ou sa fonction, bénéficie du même pouvoir et devient co-responsable de l’entreprise.

Démocratie, égalité, équité, solidarité, transparence et responsabilité sociale sont les valeurs défendues par les Scop. Tels des enfants de la Commune de Paris, des Conseils d’ouvriers et des utopies anarchistes, mais dans un esprit aujourd’hui moins «politique» ou directement «militant», ces Scop renversent complètement l’organisation prescrite du travail et la division dirigeants/exécutants qui aujourd’hui imprègnent l’ensemble de notre société et de son fonctionnement. Cette organisation redonne du sens au travail des salariés et plus généralement à leur vie.

D’un point de vue purement économique, les Scop résistent souvent mieux aux turbulences et aux crises, du fait de l’engagement de chacun dans l’activité de l’entreprise, mais aussi parce qu’une grande partie des bénéfices sert non pas à rétribuer les actionnaires, mais à alimenter un fond de réserve qui leur permet de faire face en cas de difficultés.

Quelques données économiques

Les Scop sont présentes dans tous les métiers, y compris les plus innovants comme les biotechnologies , l’édition de logiciels, le conseil en innovation, et connaissent un développement régulier en France depuis plus de quinze ans.

Le réseau des Scop, organisé au niveau régional et national, soutient et aide les salariés à créer leur Scop (par transmission, reprise ou création ex nihilo) et à survivre sur le marché :

http://www.scop.coop/p193_FR.htm

Fin 2009, le nombre de Scop était de 1.925 et elles représentaient plus de 40.424 salariés, dont notamment 37% dans les services divers (15.081 emplois), 29% dans le BTP (11.586), 23,5% dans l’industrie (9.509), ou 10% dans le commerce, le transport, l’hébergement et la restauration (4.000 emplois).

Chiffres clés à fin 2009

• 1.925 Scop
• 40.424 salariés (hors filiales)
• 3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires
• 1,8 milliards d’euros de valeur ajoutée
• 158 millions d’euros de résultat net
• Taille moyenne : 21 personnes
• Pourcentage de salariés associés après plus de 2 ans : 80%
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0 # Yves 2010-10-07 00:27 Mon commentaire (après visionnage).

Un film qui se laisse regarder, à la conclusion inattendue (la défaite en chantant), mais qui n'apprend rien ou presque sur la naissance et, plus encore, le fonctionnement d'une Scop.

Et pour cause, le projet n'aboutit pas !

Cette chute a sans doute contrarié les plans de la réalisatrice qui aurait sans doute préféré que la Scop vive.

Reste que 50 salariéEs se sont retrouvés sur le carreau (au chômage) en chantant, puisque le film se finit sur fond de "comédie musicale" (visiblement souhaitée par les salariéEs eux-mêmes).

Cet épilogue en déconcertera plus d'unE.

Pour ma part, je reste sur ma faim.
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