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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Le chômage est volontaire, pas le chômeur

Le chômage est volontaire, pas le chômeur

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Aujourd’hui, c’est la rentrée… du Medef. Laurence Parisot ouvre son "université" d’été sur le thème «L’étrangeté du monde, mode d’emploi», et par une interview aux Échos. Florilège.

«Nous sommes au milieu du gué pour celle [la réforme structurelle] des retraites. Il faudra ensuite lancer très vite celle de l’assurance-maladie.»
Souvenons-nous de la déclaration ancienne de Madame Parisot : «La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?» (Le Figaro économie, 30 août 2005). Elle donne le sens de la réforme structurelle à venir...

«La pénibilité, c’est l’exception.»
Le dossier est fermé avant de l’ouvrir.

«Je vous mets en garde contre la métaphore de la “niche” fiscale qui laisse penser qu’on s’y trouve à l’abri. Par exemple, si les charges sur les bas salaires restent plus élevées en France qu’ailleurs malgré les allègements de charges, cela signifie que ces allègements de charges, loin d’être une niche, doivent être considérés comme partie intégrante du barème des cotisations sociales.»
Un barème à la baisse pour une assurance-maladie à la baisse...

«L’inquiétude peut nourrir les manifestations, mais les manifestations peuvent aussi nourrir l’inquiétude. Ce serait un cercle vicieux qui nous éloignerait de la bonne attitude. Soyons lucides, n’en rajoutons pas dans la peur et acceptons d’ouvrir des dossiers.»
La bonne attitude ? «Il faut seulement demander comment encourager au maximum l’entreprise, car c’est le seul acteur qui puisse tirer tout le monde vers le haut.»
Qui est-ce, l’entreprise ? Les dirigeants, les actionnaires, les salariés… ? Tout le monde dans le même bateau ? Alors pourquoi diable le partage n’est-il pas fait ?

«Le gouvernement doit donner un signal très fort aux entreprises pour que le chômage ne remonte pas en n’augmentant pas les prélèvements obligatoires.»
Cette phrase est reprise dans le titre de l’entretien : «Pour que le chômage ne remonte pas, il ne faut pas augmenter les prélèvements»
Là, c’est le must. Attention, gouvernants, n’augmentez pas les prélèvements car les entreprises vont décider de diminuer l’emploi ! Ainsi donc, le chômage est la menace proférée par Madame Parisot.
Avouerait-elle que la mise au chômage relève d’une décision délibérée des employeurs pour réagir aux contraintes pesant sur les actionnaires ? CQFD : le chômeur n’est pas volontaire mais le chômage l’est !

«L’étrangeté du monde, mode d’emploi. C’est un double clin d’œil à Freud et à Perec. Nous pouvons être troublés par ce monde que nous connaissons sans pourtant toujours le reconnaître depuis la crise.»
Elle a raison, Madame Parisot, d’appeler à son secours Freud car l’inconscient du patronat est tel qu’il croit avoir les clés d’avant la crise. Pourquoi invoque-t-elle Perec : L’Homme qui dort ne serait-il pas la figure tutélaire d’un patronat mimant la somnolence pour mieux nous endormir ? Ou bien la pensée de droite ne s’y retrouve-t-elle plus ?
Jean d’Ormesson publie un livre dont le titre est une citation d’Aragon : «C’est une chose étrange à la fin que le monde». Freud, Perec et Aragon invités à l’"université" du Medef. «C’est le monde à l’envers», dit Madame Parisot à propos d’une éventuelle remise en cause des allègements de «charges».

Jean-Marie Harribey - Alternatives Economiques


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Mis à jour ( Samedi, 19 Février 2011 02:28 )  

Commentaires 

 
0 # Desarbres 2010-09-18 01:01 Cet horrible mot de "charges" à tout bout de champ en place de "salaire (indirect ou socialisé)".
Commençons par appeler les choses par leur nom, rejetons les locutions biaisées du patronat, nous pourrons au moins penser librement.
"Charge" n'a d'autre but que de culpabiliser les salariés et donner bonne conscience aux exploiteurs. Leurs soi-disant "charges" c'est du salaire, c'est pour celà que l'on travaille! et les baisser c'est baisser tous les salaires. Boycottons leurs mots, nous y verrons plus clair! Les véritables charges, sans manipulation du sens des mots, ce sont les charges financières: la rémunération des banques et des actionnaires. Et les salaires pharaoniques des dirigeants. Et ces charges saignent littéralement les entreprises.
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0 # superuser 2010-09-18 01:33 Vous remarquerez que l'auteur de ce billet, M. Harribey, a mis le mot «charges» entre guillemets, et pour une double raison : la première, parce qu'il cite la patronne des patrons; la seconde parce qu'il n'est pas dupe et sait que ce vocable est erroné, pour les motifs que vous expliquez très bien.

Ici, sur Actuchomage, parlons toujours de COTISATIONS SOCIALES, et rappelons autant que faire se peut au gré de nos articles qu'il ne s'agit pas de «charges», et nous plaçons toujours ce mot entre guillemets pour lui donner une connotation péjorative.

Pour abonder dans votre sens, lire cet extrait du
«petit lexique économique partiellement incorrect»

Je cite :

Le terme charges patronales est un terme inapproprié. Il laisse entendre que se sont des cotisations sociales payées par les «patrons» (propriétaires de l’entreprise) alors qu’elles sont payées par l’entreprise elle-même.
Les véritables charges patronales pour l’entreprise sont les dividendes distribués aux actionnaires. En effet, la part distribuée aux actionnaires est, pour l’entreprise, une charge prise sur la valeur ajoutée qui diminue ses capacités d’investissemen t.

Cette appellation est source de confusion et idéologiquement chargée. Elle confond l’entreprise et le propriétaire de l’entreprise. Elle laisse croire que les intérêts de l’entreprise et les intérêts des propriétaires de l’entreprise sont semblables, ce qui est faux. L’entreprise n’a pas intérêt à distribuer des revenus à ses propriétaires (sauf stratégiquement : augmenter le capital, fidéliser ses actionnaires…), c’est pour elle une charge qu’elle ne peut pas affecter à son autofinancement (cash-flow).
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0 # Desarbres 2010-09-18 14:00 Vous avez raison, j'ai lu trop rapidement et mal interprété l'article.
Mille excuses et bravo aux animateurs du site pour la clarté des démonstrations!
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