Actu Chômage

mercredi
8 février
  • Connexion
  • Créer un compte
    Enregistrement
    *
    *
    *
    *
    *
    (*) Les champs marqués avec astérisque sont requis.
    Captcha plugin for Joomla from Outsource Online
     
  • Recherche
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil s'informer La revue de presse Faut-il exonérer de «charges» l'emploi des seniors ?

Faut-il exonérer de «charges» l'emploi des seniors ?

Envoyer Imprimer
Pour favoriser l'emploi des plus de 55 ans, le gouvernement envisage un dispositif d'exonération de charges patronales. Mais la facture pour l'Etat risque d'être lourde. Et attention aux effets d'aubaine...

La France n'est pas en pointe en matière d'emploi des seniors. Le taux d'emploi des 55-64 ans dans l'Hexagone (39%) est l'un des plus faibles d'Europe (45% en moyenne). Un chiffre peu glorieux alors que le gouvernement prévoit de reculer l'âge légal de départ à la retraite à 61, 62 voire 63 ans. Les syndicats, qui s'opposent au projet de réforme du gouvernement, affirment que reculer le seuil de 60 ans aura pour effet de créer des chômeurs supplémentaires. Pour ne pas leur donner du grain à moudre, le gouvernement a fait de l'emploi des seniors une priorité.

Deux pistes sont privilégiées : le tutorat (un senior forme un jeune) pour encourager les entreprises à garder leurs seniors en poste [1], et l'abaissement du coût du travail. En effet, si les entreprises n'embauchent pas des seniors, c'est "parce qu'ils coûtent trop cher", affirme le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez.

Les seniors coûtent-ils vraiment trop cher ?

De fait, les salariés de plus de 45 ans gagnent en moyenne près de 23.000 € par an, contre 10.660 € pour les moins de 30 ans, selon l'Insee. "En France, les salaires progressent avec l'ancienneté, explique Eric Heyer, directeur adjoint du département analyse de l'OFCE. Les salariés atteignent leur seuil de compétence vers 50 ans. Après cet âge, leur productivité stagne ou décroît. Donc oui, les seniors coûtent plus cher aux entreprises que les 30-50 ans."

Mais "ceci ne vaut que pour les professions dont la trajectoire salariale est croissante, principalement les cadres et les fonctionnaires. Car les ouvriers et employés peu qualifiés ont une trajectoire salariale plate, réplique Bruno Palier, chargé de recherche du CNRS, spécialiste des systèmes de retraite. Or, ce sont principalement ces catégories d'actifs qui sont au chômage après 50 ans, pas les cadres. Cette idée que les seniors coûtent trop cher est basée uniquement sur le rapport salaire/productivité. Si les entreprises investissaient dans la formation de leurs salariés qui ont plus de 50 ans, ce qui n'est pas le cas, leur productivité continuerait d'augmenter."


Pour baisser le coût "trop élevé" du travail des seniors — une idée véhiculée par le patronat, selon Bruno Palier —, le gouvernement réfléchit à la transposition du dispositif "zéro charges" [2] pour les TPE en faveur des seniors. Instauré en décembre 2008, le "zéro charges" équivaut à une aide durant un an de 185 euros par mois pour les employeurs de moins de dix salariés recrutant un salarié au Smic.

Premier problème : ce type de mesures a un coût élevé pour le budget de l'Etat. Le dispositif "zéro charges" a coûté 380 millions d'euros en 2009 et devrait coûter 410 millions cette année. Plus globalement, les exonérations de cotisations patronales (exonérations sur les bas salaires de manière dégressive jusqu'à 1,6 Smic, exonérations pour le recrutement d'apprentis et de chômeurs, défiscalisation des heures supplémentaires, etc.) coûtent entre 20 et 33 milliards d'euros par an à l'Etat.

Les exonérations de charges sont-elles efficaces ?

Deuxième problème : l'efficacité de ces exonérations n'est pas avérée. Le gouvernement affirme que le dispositif "zéro charges" a permis environ un million d'embauches en 2009. Mais embauche ne signifie pas création d'emploi, souligne Eric Heyer. "En France, il y a en moyenne 4 millions d'embauches par trimestre, explique le directeur adjoint de l'OFCE. Pourtant, le chômage continue d'augmenter et l'économie ne crée toujours pas d'emplois. Ce qui signifie que ces embauches sont des remplacements, pas des créations de postes."

Selon Bercy, supprimer les exonérations de charges patronales détruirait quelque entre 600.000 et 800.000 emplois. Mais aucune étude n'évalue, en revanche, l'incidence de ces exonérations sur la création d'emplois. L'exonération des charges patronales en lien avec la mise en place des 35 heures auraient permis la création de 400.000 à 500.000 emplois, selon des estimations. Mais quelle est la part attribuable à la réduction du temps de travail et celle à la réduction des charges ? Nul ne le sait.

"Baisser le coût du travail de certaines catégories de population a un impact certain sur l'emploi, explique Eric Heyer, mais il s'agit le plus souvent d'effets d'aubaine." Selon l'économiste de l'OFCE, 90% des embauches générées dans le cadre des contrats jeunes mis en place en 2002 par François Fillon (500.000 embauches en CDI) sont liés à des effets d'aubaine, c'est-à-dire que dans 9 cas sur dix, l'entreprise aurait de toute façon embauché.

"Dans une période de non croissance et de taux de chômage élevé, les exonérations de charge patronales sur une population ciblée ne sont pas efficaces et pénalisent les autres catégories de salariés", conclut Eric Heyer. Selon lui, baisser le coût du travail des 55-64 ans aura peut être un effet positif sur leur recrutement, mais cela se fera au détriment des moins de 55 ans.

(Source : L'Expansion)


[1] On rappelle qu'il fut un temps où le «tutorat» coulait de source et n'avait pas besoin d'être décrété par le gouvernement.

[2] Le patronat et la droite ont gagné une bataille idéologique en remplaçant le mot «cotisations» par le mot «charges» (pesante métaphore visant à discréditer notre protection sociale), terme qui, bien que fallacieux, est repris allègrement par les médias puis rentré dans le langage courant.
Mis à jour ( Mercredi, 09 Juin 2010 11:41 )  

Commentaires 

 
+2 # superuser 2010-06-04 14:57 Le CDD Senior… un flop qu'on n'a pas oublié !

Initié par l'inénarrable Dominique de Villepin et mis en œuvre par un décret datant du 29 août 2006, le CDD Senior (ou «emploi vieux») devait permettre aux salariés de plus de 57 ans d'acquérir, par leur activité, des droits supplémentaires en vue de la liquidation de leur retraite à taux plein. Ce contrat, l’un des plus longs ouverts aux employeurs pour l’embauche d’un senior, pouvait s’étaler sur 18 mois maximum et être renouvelé une fois, ce qui offrait une perspective de 36 mois de salariat.

Or, un an après, le CDD Senior (ou «contrat dernière embauche») n’aura permis qu’à une petite vingtaine de chômeurs de plus de 57 ans d’accéder à un emploi. Aujourd'hui, il a été abandonné.

Preuve supplémentaire que :
1) Dominique de Villepin a collectionné les ratés durant son mandat de Premier ministre,
2) même si on leur graisse copieusement la patte, les entreprises, qui ne veulent déjà plus des quadras, veulent encore moins des quinquas.
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
+1 # laurent 2010-06-12 17:34 aprés un entretiens téléphonique auprés d'une entreprise pour une candidature, il m'a été répondu que { pour la cohésion du groupe, ils ne souhaitaient pas embaucher de quadra }.
y aurait t'il une discrimination de la part des autres collégues ?
et dans ce cas je doute que même aidé une entreprise fasse le geste de ecruter un cadre sénior.
en revanche pour des sous travaux, et comme le RSA !, je suis sur que nombres de collectivitées et association y seraient pour, ce serait presque du travail Gratuit payé par les contribuables !
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # Hypathia 2010-06-19 18:09 Il y en a marre de se faire traiter comme des salarié-e-s au rabais devant pleurnicher pour avoir un travail ; donner une aumône aux entreprises qui emploient un senior est contre-productif et humiliant ; ils ne veulent pas de nous, donc pas d'aumône. S'ils veulent de nos compétences, la négociation existe, enfin si le mot négociation veut encore dire quelque chose en français et si négocier est encore une compétence ! De toutes façons, il n'y a pas de travail dans ce pays, pour personne sauf quelques réseauteurs, fils de, petit-fils de, neveux de… Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # tintin74 2010-06-24 00:53 Il faut arrêter toutes ces aides à l'embauche pour les entreprises, que ce soit pour les jeunes ou les vieux travailleurs, elles côutent une fortune à l'état pour des résultats minables et dont les effets sont très pervers pour le monde du travail, par exemple mutliplication excessive des CDD au détriment des CDI : l'entreprise profite des aides le temps du CDD, ne le reconduit pas ou ne le transforme pas en CDI et à la fin le travailleur retourne au chômage Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Votre avis ?

Que souhaitez-vous le plus en 2012 ?
 

Zoom sur…

 

En finir avec l’«assistanat», c’est possible !

Ce week-end, le Figaro Magazine remet le couvert et s'acharne contre «la France des assistés». Riposte.

 

Convocation pour «entretien téléphonique» : pas de sanction possible

Zoom sur une pratique qui se répand, source d'angoisse supplémentaire pour les chômeurs. Une dérive du système aux motifs peu avouables que ses victimes peuvent aisément contrer… à leurs frai...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...