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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités La grève des chômeurs se poursuit

La grève des chômeurs se poursuit

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Plusieurs collectifs de chômeurs et précaires ont occupé et fait fermer aujourd'hui la plateforme téléphonique régionale de Pôle Emploi à Noisy-le-Grand, chargée de l'inscription des chômeurs à distance en Ile-de-France, selon une source syndicale et la direction.

Signe d'une exaspération croissante, pour la première fois depuis le début de la crise, ces collectifs ont lancé une "grève des chômeurs" et multiplient depuis le 3 mai les actions de protestation et intrusions symboliques, comme en 1997-98.

Aujourd'hui, une trentaine de manifestants ont pénétré sur la plateforme téléphonique de Noisy-le Grand (93) vers midi et en sont ressortis trois heures plus tard, après avoir discuté avec le personnel et déposé une liste de questions et de doléances auprès de la direction régionale.

Machine kafkaïenne

Les occupants protestent notamment contre l'utilisation de la plateforme depuis début 2009, qualifiée de «machine kafkaïenne», car elle oblige les demandeurs d'emploi à avoir leur premier contact avec le service public de l'emploi par téléphone. «Nous voulons être conseillés et non baladés. Nous voulons un véritable accompagnement adapté à chacun et non un accès standardisé. Nous refusons la substitution d'un véritable accueil physique par un ersatz coûteux, peu pratique et discriminatoire», ont affirmé les manifestants dans un communiqué adressé par la Coordination des intermittents et précaires CIP-Idf.

Le SNU-FSU, premier syndicat à Pôle Emploi, a apporté son soutien à cette nouvelle action. «Le 3949 est un lieu emblématique de la "rationalisation" du service public pour l'emploi, et de la conception industrielle et inhumaine de sa transformation», a expliqué le syndicat. Le SNU est d'autant plus opposé au 3949 que les salariés qui y travaillent sont des précaires, recrutés en CDD. Le syndicat a réclamé leur embauche en CDI et leur intégration immédiate au réseau des agences de Pôle Emploi.

(Source : Le Figaro)

Post-scriptum : Le syndicat SUD-Pôle Emploi soutient également cette mobilisation, et y participe.

Prochain rendez-vous d'action parisien le lundi 17 mai à 10h30 place du Châtelet.
Prochaine AG publique mardi 18 mai à 18h30 à la Bourse du Travail - 3 rue du Château d’Eau 75010 Paris (M° République).

Lettre ouverte des chômeurs grévistes aux conseillers de Pôle Emploi

Vous n’êtes pas sans savoir que, depuis lundi 3 mai, plusieurs dizaines de précaires ont commencé une «grève des chômeurs» à Rennes, mouvement relayé dans un certain nombre de villes telles que Paris, Montreuil, Brest, Caen, Nantes, Tours… La plupart des agences de Rennes, jusqu’aux directions, ont vu un certain nombre d’entre nous «envahir» leurs locaux.

Vous le savez également : nous n’agissons pas contre vous. En 2008 et 2009, nous sommes venus à trois reprises marquer notre soutien à vos journées de grève contre la manière dont s’est opérée la fusion, et faire nôtres toutes vos revendications. Jamais nous n’avons manifesté vis-à-vis des conseillers la moindre agressivité, même si la morgue de vos directions peut difficilement susciter, vous en conviendrez, autre chose que de l’hostilité.

Pourtant, nous devons constater que notre présence suscite chez certains d’entre vous de la gêne, de la tension, quand ce n’est pas de l’exaspération. Que nous accompagnions des chômeurs souvent découragés, injustement privés de leur droits aux allocations du fait des dysfonctionnements quotidiens d’une institution inadaptée à tous points de vue à la situation (moyens, offres d’emploi et prestations proposées…), cela fait grincer les dents à plus d’un, et pas seulement à la direction.

Nous croyons que pour quelques uns d’entre vous, un chômeur n’est rien d’autre qu’un chercheur d’emploi, quelqu’un dont toutes les pensées, s’il est normalement constitué, doivent être mobilisées à cette unique fin, faute de quoi il peut être dit responsable, et coupable de sa situation. Manifester son mécontentement du fonctionnement des institutions, c’est déjà se dérober à un tel devoir. Pire, accompagner d’autres chômeurs, c’est s’endurcir dans le mal, et risquer d’en contaminer d’autres. Ces accompagnements ont le tort de rendre visible l’ampleur de la violence institutionnelle, la disproportion des forces entre un précaire isolé et l’appareil d’Etat néolibéral que l’on vous demande d’incarner. En fait, ils mettent à mal le difficile exercice, à la base de votre fonction, de mettre en conformité votre conscience personnelle et professionnelle et l’adhésion qu’exige de vous l’institution, adhésion dont nous voulons bien croire qu’elle est toute relative.

Cette adhésion «malgré tout » explique à nos yeux l’incessant report, malgré nos propositions en ce sens, du moment où il s’agira de résister ouvertement, c'est-à-dire de commence à lutter à nos côtés.

Opposer, comme certains d’entre vous l’ont fait à Rennes Saint Louis, votre professionnalisme d’accompagnateurs des demandeurs d’emploi à l’accompagnement collectif, à l’organisation collective des chômeurs et précaires, c’est nous dénier toute capacité d’être sujets et pas seulement objets des discours et des statistiques institutionnelles, objets des «politiques de l’emploi» dont nous sommes encore et toujours les cobayes plein de bonne volonté. Nous ne voulons pas être les «clients» de Pôle Emploi : un «client» a pour vocation d’être tondu.

Pour nous, un chômeur, un salarié, est d’abord un sujet politique. Et s’il faut toujours biaiser, manœuvrer, être pragmatique parce qu’«il faut bien manger», nous ne confondons pas ce «faire avec» les «dures lois de l’économie et de la conjoncture» avec l’exigence politique, celle de l’égalité, selon laquelle un chômeur, un salarié, un directeur de Pôle Emploi, un employeur doivent être amenés à discuter publiquement, d’égal à égal, des griefs qu’ils éprouvent les uns envers les autres.

S’il faut assurément un grand courage pour faire votre métier dans les circonstances actuelles, un tel courage est effectivement tout ce que votre direction, depuis l’agence locale jusqu’à Charpy et Sarkozy, vous demandent de faire preuve, indépendamment des différences d’interprétation très importantes quant à la manière de l’exercer. Quand le bateau coule, on n’y regarde pas de si près. D’entrer en relation avec nous, d’accepter la discussion, de vous poser très sincèrement la question des gestes de solidarité qui pourraient ouvrir les possibilités de liaison et de lutte commune, voilà qui serait faire preuve d’un courage qu’à coup sûr vos (nos) dirigeants ne sauraient encourager. Gageons qu’un tel acte serait plus concret et conséquent que l’attente des improbables «lendemains qui chantent ( ?)» de la reprise économique.

Vive la grève des chômeurs et précaires !
Vive la grève des agents de Pôle Emploi !
Pour un service public de l’emploi coopératif et égalitaire !

Le Collectif du 3 Mai - http://collectifdu3mai.blog-libre.net
Mis à jour ( Mercredi, 12 Mai 2010 20:35 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2010-05-12 22:35 Le compte-rendu d'action de la CIP-IdF

Ce matin mercredi 12 mai 2010, nous étions une vingtaine de précaires, intermittents de l'emploi et autres chômeurs en grève à occuper la plate-forme téléphonique du 3949 de Pôle Emploi à Noisy-le-Grand en Seine-St-Denis, au 480 Clos de la Courtine.

Nous avons commencé à débattre avec les salariés embauchés pour faire fonctionner cette machine kafkaïenne. Ici au nombre de 120, ils sont principalement chargés des inscriptions (et non l'ouverture de droits, qui ne concernent d'ailleurs que la moitié des chômeurs) au moins pour toute l'Ile-de-France. Peu de temps après notre arrivée, les employés ont arrêté de travailler et la direction leur a ordonné de quitter les locaux, coupant court à toute discussion collective avec les salariés. Exactement comme dans les Pôle Emploi qui ferment leurs portes dès que des chômeurs viennent s'y exprimer et y agir autrement que comme des individus isolés.

Nous avons cherché à contacter le directeur régional, Raymond Lagré, pour le sommer de répondre à la série de questions suivantes :
- Pouvez-vous confirmer la suppression du suivi mensuel personnalisé à la fin du mois de mai ?
- Quel nombre de radiations a eu lieu en Ile-de-France sur l'année 2009 et pour quels motifs ?
- Combien y-a-t-il de sous-traitants privés (spécialisés dans le coaching, les stages de motivations, etc…) ? Pouvez-vous nous donner la liste de ces entreprises ainsi que le budget qui leur est consacré ?
- Y-a-t-il une directive interne qui oblige les directions des agences de Pôle Emploi à appeler la police dès que des chômeurs et allocataires viennent faire valoir le droit d'information aux usagers ?
- Y-a-t-il une directive interne qui officialise la présence de vigiles à l'entrée des Pôle Emploi et qui les charge de faire le tri parmi les chômeurs et les allocataires ? (Comme à l'antenne Kléber de Montreuil où les vigiles disposent désormais d'un cahier avec la liste nominative des chômeurs et allocataires sectorisés dans cette antenne). Combien coûte l'emploi de ces vigiles ?
- Combien coûte l'installation des lampes bleues en Ile-de-France ?
- Comment le plan de rigueur gouvernemental va-t-il se traduire pour les usagers de Pôle Emploi ?

Vers 16h, le directeur de cabinet de M. Lagré, M. Baillot, est venu rejoindre les quelques flics présents en bas de l'immeuble. Il a refusé de nous rencontrer dans les locaux pour répondre à nos questions. Nous avons alors décidé de le rejoindre au bas de l'immeuble, ainsi que les salariés en chômage technique. Là aussi, il a refusé tout dialogue, précisant ne s'être déplacé que "pour prendre des nouvelles de ses collègues" et "constater que le droit de retrait des salariés avait bien été appliqué". Mais, au fait, c'est quoi un droit de salarié imposé par une direction?

En tous cas, cette obligation d'éviter tout contact avec les chômeurs grévistes est parfaitement cohérente avec la "révolution managériale" qui partout passe par un vaste processus de dématérialisati on et d'informatisation . Plus nous sommes "dématérialisés" par Pôle Emploi (à travers internet, le téléphone ou les portes fermées), moins nous avons d'espace pour nous rencontrer et lutter contre les injonctions qui nous sont faites.

Aujourd'hui, nous nous sommes matérialisés là, en chair et en os, nous avons cessé de n'être que des dossiers, des chiffres, en somme des "D.E". Car nous ne pouvons être réduits à des "demandeurs d'emploi", des victimes en manque de travail. Nous pouvons aussi bien user individuellemen t et collectivement du chômage pour résister à la mise au travail forcé, pour repousser les injonctions à l'adaptation à la conjoncture économique.

Ni travail forcé Ni culpabilisation Ni management

Vive la grève des chômeurs !

Coordination des intermittents et précaires
14-16 quai de la Charente, Paris 19e, Métro Corentin Cariou. Tel : 01 40 34 59 74
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