PARIS, le 3 Mai 2010 — Une centaine de manifestants, soutenus par différentes organisations et associations, ont occupé une partie du siège de Pôle Emploi afin de dénoncer la situation intolérable des chômeurs et des précaires du fait de la politique du gouvernement et du Medef qui protègent les banques et veulent faire payer la crise aux salariés en détruisant tous les droits sociaux, à commencer par le droit à un travail stable et bien rémunéré. La police a procédé à un important déploiement de force et interpelé les manifestants pour les emmener dans différents commissariats.Nous étions une centaine à occuper le siège national de Pôle Emploi, Porte des Lilas.
Au dernier étage, des bouteilles de champagne en nombre attendaient sagement une réunion des dirigeants, ceux-là mêmes qui nous radient, nous contrôlent. Les mêmes qui veulent nous manager à mort.
Mais nous avons trouvé les bouteilles avant eux et, pour une fois le champagne, c’était pour nous !
Nous nous sommes réunis autour de la gigantesque table où, d’habitude, ils décident de notre sort et nous y avons discuté de ce qui nous concerne : de la précarité partout, au boulot, dans la rue, dans les institutions de gestion des précaires, de la mise au travail forcée.
Combien se sont retrouvés radiés, sans thune, sans ticket, et incarcérés pour délit de précarité ? Et dans les prisons, contraints d’accepter des boulots payés trois euros de l’heure pour survivre ? Dans les E.S.A.T (établissement de soin et d’aide par le travail), on fait travailler les handicapés un mois gratuitement et on les remercie.
Combien d’entre nous sont contraints d’accepter des emplois bifteck pour bouffer et se loger, payés au lance-pierre dans des contrats aidés qui subventionnent les employeurs ?
Combien se sont vu orientés par Pôle Emploi vers des sous-traitants privés, des boîtes qui se font du fric sur notre dos et qui n’ont rien à nous proposer ?
Le directeur de Pôle Emploi, Christian Charpy, qui n’a pas daigné venir nous parler, a permis à la police d’entrer, de nous déloger et de nous arrêter.
À cette heure, la centaine de manifestants est sortie des commissariats.
Il semblerait que Pôle Emploi porte plainte, nous exigeons le retrait de cette plainte.
Isolés téléphoniquement face au 3949 ou dans un box à la CAF, chacun pour soi dans les queues de Pôle Emploi, divisés sur les lieux de travail.
La Grève des chômeurs, c’est tout d’abord se rassembler et discuter partout, s’organiser, reprendre un peu de liberté par l’action collective.
C’est refuser la concurrence de tous contre tous. Nous ne voulons pas être licenciés au rabais, ni contraints d’accepter n’importe quel travail dans le cadre de l’offre raisonnable d’emploi.
Nous voulons l’argent sans contrepartie.
La Grève des chômeurs, c’est refuser d’être radiés, contrôlés, culpabilisés et exiger beaucoup.
Déjà à Rennes, Brest, Tours, Lannion, Lorient, Quimper, Lille, Montpellier, Nice, Bruxelles, Nantes, St Brieux, la Grève des chômeurs a commencé. Demain, d’autres actions auront lieu.
Nous appelons tous les chômeurs, précaires, intermittents du spectacle et de l’emploi, intérimaires des quartiers populaires, enfermés de la précarité, handicapés interdits de grève, avec ou sans papier, avec ou sans logement, étudiants, retraités à «grèver» ensemble. Plus d'info ici...
GRÈVE DES CHÔMEURS À NICE ET MENTON
A Nice, rendez-vous était donné à 11h sur l'Avenue, devant Nice-étoile.
Nous avons diffusé l'appel "Bloquons la machine à précariser - Grève des chômeurs" (celui qui a été lu en direct sur France 2).
Aucun incident à signaler avec la police et ce sont les R.G., présents, qui nous ont appris que le Pôle Emploi de Menton était fermé suite à une diffusion annonçant la grève des chômeurs.
Puis nous sommes partis visiter trois Pôle Emploi de Nice (rue Pastorelli, Barberis et Port). En général, nous avons reçu un bon accueil des personnes présentes, autant chômeurs que salariés et même direction des agences.
Nous avons demandé :
- l'arrêt des radiations et autres formes de harcèlement,
- que l'appel "Grève générale" soit faxé à la direction de P.E.,
- un affichage dans toutes les agences du département informant de notre permanence sociale afin que les chômeurs, chômeuses, précaires et autres intermittents ne restent pas isolés,
- une rencontre avec les salarié(e)s de Pôle Emploi à qui nous avons diffusé le communiqué de Solidaires et demandé son affichage.
Il n'y a pas 200.000 "offres" pour 10% de la population active sans emploi (soit environ 4 millions de personnes inscrites officiellement à Pôle Emploi et 9 millions de personnes vivant, en France sous le seuil de pauvreté).
Assez du chantage à la misère !
Le capitalisme global abolit massivement le "travail" tout en restaurant les pires formes de domination, d'asservissement et d'exploitation, en contraignant tous à se battre contre tous, à tous les âges de la vie, pour obtenir ce "travail" qu'il abolit, en prétendant le perpétuer comme une obligation, comme une norme, comme un fondement irremplaçable des droits (dont le droit à la retraite qui n'est pas le moindre) et de la dignité.
Ce même travail, précisément, il en abolit les normes, la dignité et l'accessibilité.
Franchement, nous avons mieux à faire que de vendre notre temps de vie pour un salaire de misère, à des entreprises qui décident à notre place quoi et comment produire.
Avec ou sans emploi, à la retraite ou plus jeunes, nous voulons un revenu garanti pour tous et toutes, inconditionnel, qui nous permette de vivre et ne plus penser le travail comme ce que nous avons ou n'avons pas, mais comme ce que nous faisons.
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.
Inventons ensemble la grève des chômeurs et précaires !
A Nice, notre collectif se renforce dans l'action.
Nouveau rendez vous dans une semaine ...
GRÈVE DES CHÔMEURS À RENNES
Ce lundi, pour le premier jour de la grève des chômeurs, nous nous sommes retrouvés à la Place du Parlement à 10H. Le temps de discuter un peu et nous nous retrouvions à 50 pour occuper la CAF.Nous avons diffusé des tracts, discuté avec des « bénéficiaires », été rencontrer des agents dans les étages. Très vite, la direction a décidé de fermer l'accueil et tenté de retourner les allocataires contre nous en nous en faisant porter le chapeau. Une fois le bâtiment évacué de ses usagers et de ses agents, la police a pu faire son travail de nettoyage tranquillement. L'accueil a ensuite repris sous escorte policière.
Ensuite, nous sommes allés manger au chaud à la Maison des Associations, histoire de passer un petit bonjour à la directrice qui n'avait pas tenu sa promesse de nous donner une salle le 5 décembre après la manifestation et donner libre accès à la BAC et aux flics pour nous tabasser (cf manif du 5 décembre à Rennes).
Nous avons ensuite décidé de nous diviser en groupes d'une quinzaine de personnes pour rendre visite à trois Pôle Emploi. L'accueil fut quasiment chaleureux. Pas de problème pour afficher, distribuer des tracts, soutenir les personnes qui avaient des problèmes : les dossiers se réglaient immédiatement. La direction avait même le temps de discuter... Par contre, interdiction de discuter avec les agents qui, pour certains, étaient en grève il y a peu. C'est seulement à la fin de journée que quelques échanges ont pu avoir lieu, loin de leur hiérarchie...
Nous nous sommes retrouvés ensuite à la Place du Parlement pour tenir une assemblée générale à 18 heures.
Il a été décidé de poursuivre et d'intensifier la lutte avec un nouveau rendez-vous à 10 heures mardi matin et une assemblée générale à 18 heures. Ces deux rendez-vous auront lieu Place du Parlement et valent pour tous les jours de la semaine sauf indications contraires.
L'A.G. des chômeurs et précaires de Rennes exige la libération immédiate de tous nos camarades parisiens et l'absence totale de poursuites et nous enjoignons, au vu de ce qui s'est passé, toutes les villes à se mobiliser quotidiennement. Nous ne pouvons laisser l'État et ses institutions continuer de nous foutre en taule, de nous humilier, de nous contrôler...
Vive la grève !
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Commentaires
Vingt-huit agents du Pôle emploi étaient en grève lundi à Champigny-sur-Marne (94), entraînant la fermeture de l'un des deux sites de la ville, a précisé à l'AFP la direction régionale du Pôle. Ils protestaient contre des "locaux inadaptés" à l'accueil du public et "des conditions de travail qui se dégradent".
"Avant la fusion [ANPE-Assedic], ce site ne recevait que des demandeurs d'emploi. Aujourd'hui, les agents voient arriver des personnes pour des problèmes d'indemnisation. Les locaux sont inadaptés à la population", dénonce Philippe Valéry, délégué syndical départemental FO. Pointant "des conditions de travail qui se dégradent" et des "agressions qui se multiplient", le délégué syndical assure que les agents ont "la peur au ventre".
Bernard Chambre, directeur régional délégué du Pôle emploi, se dit "surpris" par cette grève. "Il est vrai que les locaux sur le site ne sont pas adaptés mais nous avons proposé aux agents des plans de réaménagement des locaux des deux sites et ils étaient tout à fait satisfaits", a-t-il dit à l'AFP. Les travaux, prévus pour durer quinze jours, devraient démarrer "dans les prochains jours", après leur présentation au CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) cette semaine, a-t-il précisé. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Mobilisation nationale des chômeurs et des précaires Répondre | Répondre avec citation | Citer
Félicitations à celles et ceux qui se sont mobilisé-E-s à l'occasion de la première journée de la Grève des Chômeurs.
Mais combien de personnes en étaient ?
À Paris, au départ de l'action (Place de la République à 11h00) : une soixantaine.
Allez, en visant large, on multiplie par 3 leur nombre sur l'ensemble du territoire (à Rennes, Montpellier, Nice…).
Ça nous donne 200 personnes max.
On nous dira : "Oui mais, sans visibilité nationale, comment rassembler plus de monde ?".
Pour une fois, justement, par leur "incursion" sur le plateau de Guillaume Durand, par leur présence remarquée sur le principal défilé du 1er Mai à Paris, par leur communication sur les sites et réseaux militants (notamment Actuchomage), on ne peut pas dire que la Grève des Chômeurs n’a pas été annoncée. Même si ces actions restent marginales.
Quelques dizaines de milliers de chômeurs et précaires ont été informés de cette tentative de mobilisation.
Pour quel résultat ? 200 personnes dans toute la France.
Moins de 100 sur Paris et l’Île-de-France qui comptent entre 500.000 et 700.000 chômeurs et précaires officiels (inscrits dans les différentes catégories de Pôle Emploi), ça ne pèse pas lourd dans la balance.
Alors, que foutent les millions de chômeurs ? Ils travaillent ?
Pour reprendre les propos de Xavier Mathieu, un Conti qui n'a pas la langue dans la poche : "Quand t'es chômeur, si tu ne sors pas dans la rue, tu ne sortiras jamais".
(À voir et entendre dans la vidéo de Pili mise en ligne sur la page d'accueil du site).
Faut croire que les chômeurs ne sortent plus de chez eux, en effet.
On n’est pas sorti de l’auberge ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Monsieur le PDG de Pôle emploi.
Nous nous sommes invités, au siège de Pôle Emploi, à votre petit pince-fesse pathétique de managers formatés en école de commerce.
Vous ne vous refusez rien mes cochons. Vous buvez du champagne pendant vos réunions,
la suite : www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5031 Répondre | Répondre avec citation | Citer
mis en ligne mercredi 5 mai 2010 par jesusparis
Depuis le début de la grève des chômeurs lundi 3 mai, des actions et des occupations ont eu lieu à Brest, Bruxelles, Caen, Lannion, Lorient, Paris, Nice, Menton, Montpellier, Montreuil, Quimper, Rennes, Tours.
Mardi 4 mai les Pôles emplois de Brest et Caen étaient occupés, ainsi que la direction régionale de Pôle emploi à Rennes. Des actions auront bientôt lieu dans d’autres villes. Dans plusieurs villes les rdv sont quotidiens.
À Montreuil, le piquet de grève continue chaque jour jusqu’au samedi 8 mai de 14h à 19h, consultez le programme, des affiches et un appel à la grève des chômeurs.
Inventons ensemble la grève des chômeurs, intermittents et précaires.
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.
Coordination des intermittents et précaires
14-16 quai de la Charente, Paris 19e, Métro Corentin Cariou. Tel :01 40 34 59 74 Répondre | Répondre avec citation | Citer
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5060 Répondre | Répondre avec citation | Citer