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Xynthia et la commisération sarkozyste

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Pour Nicolas Sarkozy, il y a des catastrophes qui sont moins acceptables que d'autres. Zoom sur une compassion à deux vitesses.

Chopée au Zapping, cette déclaration présidentielle : «Comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison ? Nous devons faire de toute urgence la lumière sur les causes de ce drame inacceptable et incompréhensible.»

Une réaction de riche occidental dans toute sa splendeur, de surcroît truffée de contradictions qui nous font douter, une fois de plus, de ses capacités intellectuelles...

Incompréhensible ? Les catastrophes naturelles ont toujours existé, et existeront toujours. En France, nous avons la chance d'être dans une zone du globe relativement épargnée : de ce fait, nous y sommes peu habitués et quand tombe la neige, c'est un peu la panique. Quand déboule Xynthia, dernier modèle de cataclysme, les bras nous en tombent. Cependant, avec le réchauffement climatique (dont le libéralisme économique effréné - que Nicolas Sarkozy a cautionné et cautionne encore malgré la crise et ses enjeux - est la cause principale depuis 30 ans), au Nord comme au Sud, les catastrophes naturelles s'accentueront ou prendront de nouvelles formes. À vouloir défier la Nature et l'exploiter sans respect ni limites, voilà à quoi on expose l'humanité.

Inacceptable ? Depuis qu'il est apparu sur Terre, l'être humain a toujours mis son intelligence au service de sa fragilité afin d'améliorer sa condition en luttant contre la précarité de l'existence, que ce soit par le biais de la science ou d'une organisation sociale. Il n'y a que Laurence Parisot pour estimer que la précarité est une fatalité et, finalement, plutôt une bonne chose. Laurence Parisot, présidente d'une organisation patronale «naturaliste», que sert avec zèle Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui, paradoxalement, va ici à l'encontre de ce «naturalisme» d'usage en déplorant la précarité… de l'homo-propriétarius (ce modèle français qu'il appelait de ses vœux) en dépit, par exemple, du risque à construire dans certaines zones : quand il s'agit de pognon, une fois de plus on ferme les yeux et on se moque de Dame Nature. Mais M. Sarkozy, allié de Mme Parisot et de ses sbires, ne prend jamais la parole pour déplorer la précarité économique (fort peu «naturelle» car volontairement entretenue) des victimes d'un système qu'il défend, bien au contraire : il les stigmatise aux yeux de l'opinion et s'évertue à détruire le peu de protections et de droits dont ils peuvent bénéficier depuis le programme du Conseil National de la Résistance.

Souhaite-t-on faire la lumière sur les milliers de morts de Haïti et du Chili ? Souhaite-t-on faire la lumière sur les millions de cadavres qui s'entassent chaque année dans les pays pauvres à cause des maladies (dont les remèdes ne sont accessibles qu'aux riches) et, surtout, de la faim (25.000 morts par jour) que la mondialisation spéculative n'a pas endiguée malgré ses soi-disant bienfaits ?

Re-voilà le riche occidental qui se plaint de ses petits bobos alors que l'humanité pauvre et souffrante subit en silence sa rapacité hégémonique.

Drôles de drames... Balayant devant sa porte, Nicolas Sarkozy souhaite-t-il faire la lumière sur les causes profondes de la crise qui, détruisant des emplois par centaines de milliers et dégradant ceux qui restent, jette dans le chômage puis la pauvreté des millions de Français ? Souhaite-t-il faire la lumière sur la précarité énergétique dont souffrent 3,4 millions de ménages ? Souhaite-t-il faire la lumière sur le mal-logement qui en touche 10 millions ? A-t-il remarqué que, dans la rue ou le métro parisien, il y a de plus en plus de mendiants et de SDF (un mort par jour chaque année) ? S'intéresse-t-il seulement aux causes de la mort de Français au travail (2 décès par jour dans le seul secteur privé) ? Non.

Depuis quelques temps, moins on le voyait, mieux on se portait. Sur ce coup-là, une fois de plus, Nicolas Sarkozy a loupé une occasion de se taire.

SH

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Mis à jour ( Mercredi, 03 Mars 2010 20:41 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2010-03-03 18:43 Mister President : On meurt aussi de froid en France, tous les hivers !

On meurt aussi sur son lieu de travail. On meurt en prison. Et on meurt des effets du chômage et de la précarité professionnelle .

Et dans ce registre, ce ne sont pas 40 ou 50 personnes qui disparaissent !

Combien de suicides (sur les 12.000 "constatés" chaque année en France) sont motivés par un désespoir professionnel, une exclusion sociale, une vie de famille anéantie après des années de galère ?

Combien ?

Comme à son habitude, Sarkozy profite de l'emballement médiatique pour faire sa com', à quelques jours d'un scrutin électoral.

Si notre solidarité va - évidemment - à celles et ceux qui ont tout perdu suite aux inondations, n'oublions pas ceux qui, chaque année et par centaines de milliers, font les frais d'une gestion opportuniste de l'économie.
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0 # LOL 2010-03-03 19:17 En fait, l'ami nicolas est simplement en train de transférer la richesse collective vers la richesse individuelle (en général ces amis du cac et de la bourgeoisie du 92). Il suffit de voir qui sont ces amis et ainsi de voir quels sont leurs revenues pour comprendre en quoi sa présidence avait pour objectif.

Ayant moi même eu a confronter l'un de ceux la, il est évident que l'avidité n'est pas un mot, mais un modus operandi.

Mais plus loin, d'un point de vue économique, il est visible pour les spécialistes qu'il ne maîtrise pas grand chose, si ce n'est la capacité a faire des projets de loi qui permettent de donner de nouveau marché a ces amis.

Ce qui se passe en Grèce actuellement est le reflet de ce qui se passera vers fin 2011. Nous pourrons le constater.

Et les derniers objectifs démontrent que la retraite est un business commercial juteux que la famille après le textile, va participer a une perte de revenus d'ici a 2020 de 5 a 10% pour les ouvriers et 20% pour les cadres.
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0 # superuser 2010-03-04 03:13 Qui a dit :

« Quel est le problème ? C'est la réglementation. Il faut libérer l'offre. Pour le coup, il faut déréglementer. […] Il faut rendre constructible les zones inondables, mais par des bâtiments adaptés à l'environnement et au risque. […] Allez, pour être plus clair, parce que j'ai conscience de ne pas l'être assez, il faut changer notre façon de concevoir les choses, sortir du respect passif d'une réglementation de plus en plus pesante.

Il ne s'agit nullement de laisser le champ libre au marché, mais il faut que la ville vive, respire, évolue, se développe en respectant des règles fortes, compréhensibles , efficaces, écologiques. […] J'ai demandé que soit conduite cette réflexion approfondie sur ce changement de philosophie de notre droit de l'urbanisme. »

La réponse ici…
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