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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Fiscalité et plan de relance : les mensonges d'Eric Woerth

Fiscalité et plan de relance : les mensonges d'Eric Woerth

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A la sortie du conseil des ministres, Eric Woerth s'est félicité hier de l'impact des baisses d'impôts accordées à 5,5 millions de foyers dans le cadre du plan de relance. Examinons cela de plus près...

Décidées après le «sommet social» réuni en février à l'Elysée, ces baisses concernaient les contribuables situés dans la première tranche d'imposition (5,5%) dont le versement du deuxième tiers provisionnel a été suspendu, et une partie de ceux situés dans la deuxième tranche (14%).

«C'est un milliard d'euros que l'Etat n'a pas perçu, qui sont restés aux Français et sont venus doper le pouvoir d'achat des Français en cette période de crise», a notamment déclaré Eric Woerth. Cette déclaration lapidaire mérite que l'on s'y attarde...

Tout d'abord, 1 milliard d'euros répartis sur 5,5 millions de foyers, cela représente environ 182 € par foyer soit environ 1% du revenu annuel médian. Ensuite, en affirmant que ce milliard d'euros est «resté aux Français», Eric Woerth semble sous-entendre que le produit des impôts part en fumée.

Ce qu'il oublie, c'est que la majeure partie des dépenses publiques (55% du PIB au total) n'est pas consommé par des administrations publiques mais redistribué aux citoyens par le biais notamment de prestations sociales, qui représentent en France 35% du PIB. Ces mécanismes, que les économistes appellent communément «stabilisateurs automatiques», permettent de «lisser» les revenus des ménages en temps de crise (minima sociaux, allocations chômage…). Ils sont vraisemblablement plus efficaces que le saupoudrage de ce milliard d'euros !

Ainsi, dans son discours stéréotypé, classiquement libéral, Woerth oublie que l'argent de la dépense publique ne part pas en fumée. Il oublie que la moindre intensité de la récession qui affecte la France tient moins aux mesures adoptées ces derniers mois qu'à la résistance de ce fameux «modèle social français» que sa famille politique entendait démanteler sans états d'âme… C'était avant que la crise ne survienne !

On pourrait également mettre en balance le fameux milliard avec le bouclier fiscal. Même s'il ne coûte «que» 450 millions d'euros à l'Etat, il a permis aux 3.506 contribuables les plus aisés de toucher chacun un chèque de l'Etat de 116.193 € en moyenne : presque dix ans de Smic...

Et n'oublions pas les multiples réformes menées depuis le début des années 2000 afin d'alléger la fiscalité des plus riches. Selon Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques, «ramener les impôts sur le revenu et sur le patrimoine à leur niveau de 2000 rapporterait environ 30 milliards d'euros par an»… de quoi financer des mesures en faveur des plus démunis, qui ne payent pas d'impôts et sont les grands oubliés du plan de relance.

«On voit bien que la consommation s'est bien tenue tous ces mois. Cette mesure et d'autres mesures du plan de relance ont joué», a ajouté Eric Woerth. Selon la Comptabilité nationale, les dépenses de consommation des ménages ont représenté environ 545 milliards d'euros sur le 1er semestre 2009. Le milliard d'€ de réduction d'impôt représente donc… 0,18% du total. Quant aux autres mesures du plan de relance, il serait peut-être souhaitable de préciser lesquelles ont un impact sur la consommation !

Pour terminer, on peut noter qu'Eric Woerth a été beaucoup plus discret sur l'abandon du projet de plafonnement des niches fiscales dont le coût global avoisine les 70 milliards d'euros, soit 25% des recettes de l'Etat, dont l'essentiel profite aux plus aisés… C'est pourtant bien une forme de «soutien» au pouvoir d'achat de sa clientèle électorale, non ?

(Source : Eco89)

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Mis à jour ( Jeudi, 16 Septembre 2010 01:09 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2009-09-04 14:07 Le gouvernement veut relever à 50 %, contre 15 à 35% actuellement, la taxation des dividendes, des intérêts et des redevances versés aux personnes et entreprises domiciliées dans des paradis fiscaux, révèlent Les Echos.

Après avoir dévoilé l'existence d'une liste de 3.000 évadés fiscaux détenant des comptes en Suisse, le ministre du Budget Eric Woerth devrait prochainement annoncer le relèvement des taux de retenue à la source des revenus passifs (dividendes, intérêts et redevances) versés à des personnes, physiques ou morales, domiciliées dans des paradis fiscaux, selon Les Echos de vendredi 4 septembre.

Aujourd'hui, ces taux de retenue s'élèvent entre 15% et 35%. Bercy envisage de les faire passer de 35% à 50%. Ces mesures devraient constituer, avec la taxe carbone et la taxe professionnelle , "l'un des principaux volets du projet de loi de Finances 2010", affirme le quotidien économique.

Les régimes fiscaux de faveur (abattement sur les revenus de capitaux mobiliers, fusion en régime de faveur, etc.) "seront également interdits dès lors qu'ils impliquent un pays non coopératif", écrivent Les Echos. Les versements faits à une personne ou à une entreprise domiciliées dans un paradis fiscal ne seront, ainsi, plus jamais déductibles d'impôt.

"Les banques implantées en France qui refusent d'identifier les transferts d'argent de plus de 10.000 € vers ces pays non coopératifs" feront l'objet de pénalités qui pourront atteindre "jusqu'à 50% des fonds transférés par leurs clients", poursuit le quotidien économique.

(Source : L'Expansion)

Affaire à suivre…
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