Par solidarité avec mes “camarades” journalistes dans les médias “responsables”, professionnels du bourrage de mou et de la sanctuarisation du fait-divers, je vais moi aussi vous passer une petite couche à ma façon, sur l’épidémie de peste noire à venir... Je n’invente rien : il s’agit simplement d’informations glanées de ci de là et si possible recoupées. Car selon le sens dans lequel on passe le pinceau, le fini de la peinture change énormément d’aspect, les peintres le savent bien.[...] J’ai donc beaucoup apprécié ce texte de Martin Winckler, publié sur son propre blog et repris notamment sur le site d’information Altermonde. L’auteur remet la question à plat sur le plan médical et explique de façon très claire certaines notions qu’il faut avoir bien en tête avant de discuter de cette affaire : les symptômes d’une grippe, la différence entre virus et microbe, l’efficacité des antibiotiques et des antiviraux, les particularités du virus H1N1... C’est très clair, facile à lire et il est difficile de faire mieux en la matière. Je vous invite donc, en parallèle à ma chronique, à lire ce texte qui développe l’aspect médical du problème que je ne traiterai pour ainsi dire pas du tout.
En tant que “chercheur de petite bête noire”, ce qui m’intéresse surtout, ce sont les aspects politiques et économiques de la vaste opération médiatique lancée qui me semble être une énième tentative de manipulation de l’opinion publique internationale.
[...] L’essentiel est que l’opinion publique, totalement traumatisée, se mobilise et soit la plus concentrée possible sur ce dérivatif anxiogène plutôt que sur de vrais problèmes insolubles sans changement de cap social (insupportable pour nos élites). En bref, la crève doit occuper les esprits et non la grève !
=> Lire tout l'article sur Le blog de Jean Dornac
=> (Re)lire aussi l'article de Libération : Le droit du travail, prochaine victime de la grippe A ?
Les mesures à mettre en place en cas de propagation rapide du virus H1N1 ne sont pas que sanitaires. Une circulaire officielle, relative à la pandémie, s'attaque aux conditions de travail des salariés...
Piqûre de rappel : Toutes les 4 secondes, un être humain meurt de faim sur la planète.
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Commentaires
Plus que la grippe, le travail rend malade et tue, chaque jour, chaque année, tous secteurs et toutes catégories professionnelle s confondues. En France, le nombre officiel des maladies professionnelle s reconnues a explosé : 13.658 en 1996, 52.979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an.
Ces chiffres officiels sont, on le sait, grandement sous-estimés en raison d’une importante sous-déclaration. Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.
Cette situation ne tombe pas du ciel : elle est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, et intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses décennies. Et l’Inspection du travail comme la médecine du travail n’ont toujours pas les moyens d’assurer leurs missions.
Alors que le simple voleur de sac à main est condamné à 6 mois de prison ferme devant le moindre tribunal correctionnel en comparution immédiate, l’employeur coupable d’homicide dit involontaire à l’égard de son salarié, après des années d’instruction, est condamné — quand il est déclaré coupable ! — à quelques mois de prison avec sursis.
La mise en danger délibéré d’autrui par des choix de politique économique bénéficie dans ce pays d’une incroyable mansuétude. Les employeurs ne sont pas considérés comme de véritables délinquants. Trop souvent les procédures relatives à des accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations, lorsqu’elles interviennent, ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance et sont symboliques. Les grands donneurs d’ordre y compris l’Etat, dont la responsabilité dans l’organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu’exceptionnel lement concernés et les indemnisations largement insuffisantes.
L’inégalité des armes entre le salarié et son employeur est patente et scandaleusement disproportionné e : l’égalité devant la loi est devenue une pure fiction.
Et cette injustice se nourrit du silence collectif. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ce n'est pas fini, avec la nouvelle Loi, le procureur sera le Roi. Répondre | Répondre avec citation | Citer
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Pas un seul mot dans les médias traditionnels ! C'est écœurant. Répondre | Répondre avec citation | Citer